#^^ r .«^?4,--;_''«?*»JtejB;i3SS^ÎÎ62Si m I ANNALES DES SCIENCES NATURELLES^ TOME VL IMPRIMÉ CHEZ PAUL RENOUARD, KUE GAItAKCIKBE, I^, 5, ANNALES DES SCIENCES NATURELLES COMPRENANT LA ZOOLOGIE, LA BOTANIQUE, l'ANATOMIE et la PHYSIOLOGIE COMPARÉES DES DEUX RÈGNES, ET l'histoire DES CORPS ORGANISÉS FOSSILES J ÎIÉDIGÉES POUR LA ZOOLOGIE FAR MM. AUDOUÎN ET MÎLME EDWARDS , ET POUR LA BOTANIQUE PAR MM. AD. RRONGNIART ET GUÎLLEMIN. TOME SIXIÈME. ^ BOTANIQUE. PARIS. CROCHÀRD, LIBRAIRE-ÉDITEUR, PLAGE DE l'École -DE -MÉDECINE; N. â3. Î836. -v,:^^ ^^iix^ \ ANNALES ©E5 SCIENCES NATURELLES PARTIE BOTANIQUE. Observations sur les Biforines, organes nouveaux situés entre les vésicules du tissu cellulaire des feuilles dans un certain nombre d*espèces végétales appartenant à la famille des AroïdéeSf Par M. TuRPiiï , membre de ilnstitut. (Lues à rAcadcmie des Sciences , dans sa séance du 16 mai i856.) Si quelquefois dans les sciences on est conduit, par la simple force de l'analogie , à la découverte |de faits simplement pré- sumés jusque-là, souvent aussi des découvertes plus [ou moini importantes sont le seul fruit du hasard. Telle est celle dont je vais avoir l'honneur d'entretenir, pendant quelques instans, l'Académie. En continuant mes recherches d'organogénie sur les tissus cellulaires des végétaux et sur la Globuline pariétale contenue dans chacune des vésicules dont l'agglomération constitue la charpente de ces tissus, j'aperçus, il y a quelques mois, sous mon microscope, des corps qui me parurent entièrement nou- veaux et qui me frappèrent vivement, tant sous le rapport de leur singulière structure que sous celui, bien plus surprenant , 6 TURPm. — Sur les Bifonnes\ de leurs divers raouvemens. Au premier instant, je crus que j'avais affaire à des animalcules ou au moins à quelque espèce de grandes Navicules; mais en les observant avec plus d'atten- tion , je vis bientôt que tous ces mouvemens» qui continuaient de me récréer, n'étaient dus qu*à des causes purement physiques et organiques que je ne pouvais encore m'expliquer, mais aux- quelles, bien certainement , la vie animale n'avait aucune part. C'est après avoir terminé l'analyse microscopique des tissus dont se compose la tige tuberculeuse arrondie et souterraine ou rhizome du Chou caraïbe {^Arum esculentum L., Caladium esculentum Vent) , et plus spécialement celle du tissu cellulaire et de la très petite et très abondante Globuline ou fécule nu- tritive de ces tubercules alimentaires , que , voulant étudier com- parativement la globuline verte des feuilles de la même espèce, comestibles aussi, je fis la découverte des Biforines, sujet de ce mémoire. Mais avant de vous en entretenir, qu'il me soit permis, mes- sieurs, pour plus de clarté, de fixer un instant votre attention sur les caractères de la tige souterraine de ce Caladium^ soit ceux que l'œil nu peut saisir, soit ceux qui sont intérieurs et vraiment microscopiques. Caractères vus à l'œil nu. Les tiges tuberculeuses, arrondies et souterraines du Cala- dium esculentum sont grosses comme le poing et paraissent quelquefois lobées par le développement de quelques bourgeons latéraux , ce qu'on voit assez souvent aussi dans les pommes de terre et les topinambours. Leur surface , brune et un peu ru- gueuse , présente le caractère qui distingue les véritables tiges, quel que soit le milieu dans lequel celles-ci végètent, caractère que j'ai déjà tracé ailleurs, et qui consiste dans la présence des nœuds vitaux symétriquement disposés. Cette disposition est ici, comme dans le plus grand nombre des végétaux monocotylé- dons (i), alterne et en spirale : l'écorce n'est pas distincte du reste du tissu. (r) La disposition opposée des nœuds vitaux et des feuilles qui en émanent, comme appen» TURPiur. — ' Sur les Bif ormes. 7 La coupe ou la cassure d'un tubercule offre une substance blanche, grenue, assez aqueuse à l'état frais, et traversée, sans ordre, par des fibres ou veinules d'un fauve clair. A la surface de celte coupe apparaissent bientôt un grand nombre de gout- telettes laiteuses, blanches, semi transparentes, visqueuses et filantes lorsqu'on les touche. Ces gouttelettes, formées par le suc propre dans lequel réside exclusivement la partie acre et vé- néneuse du tubercule, sortent, par l'ouverture des vaisseaux qui se sont trouvés divisés au moment de la section du tubercule. Caractères microscopiques des composans organisés fonnanti par simple contiguïté ^ toute la masse d'un tubercule. De petites tranches très minces de tubercule, mises dans une guttule d'eau entre deux lames de verre, et placées ensuite sous le microscope armé du grossissement d'environ trois cents fois, montrent que les composans organisés de toute la masse tu- berculeuse sont au nombre de cinq, savoir : 1° les vésicules constituant, par contiguité, le tissu cellulaire (i); 2° la globu- line ou fécule (2) contenue dans ces vésicules; 5** les vaisseaux dices et comme protecteurs des embryons gemmaires, n'existe point cirez les végétairs monoco- tylédons; mais dans quelques espèces, comme les Ravenala , les Strelitzia, etc. , les nœu !s vi- taux et les feuilles , quoique toujours alternes, sont distiques, c'est-à-dire disposés sur deux côtés. Ci) Tant que l'on a cru que le tissu cellulaire végétal était une masse homogène de matière organique simplement cellulée comme l'est, par exemple, un morceau de fromage de Gruyère, la dénomination de cellulaire était convenable; mais dès que l'on s'est aperçu que ce tissu primitif des végétaux était une agglomération de vésicules simplement contigaës les unes aux autres, tout aussi distinctes entre elles, tout aussi vitalement indépendantes que le sont entre eux les nombreux œufs agglomérés d'une carpe ou bien encore toutes les graines renfermées dans une capsule de pavot , alors la dénoonination dut être changée en celle bien plus conve- nable de vésiculaire ou d'utriculaire. (2) La substance blanche, farineuse, brillante, quelquefois légèrement nacrée, excessivement douce au toucher, presque insipide, oblenue par extraction et par lavage de quelques tissus blancs privés de lumière , tels que ceux de la pomme de terre, du manioc, du sagou, du sa- lep, etc. , a reçu le nom de fécule. Celte substance long-temps mal observée par les physiolo- gistes, plus mal encore par les chimistes, fut considérée comme le produit d'une simple sécré- tion ou comme une concrétion de matière, une sorte de cristallisation. L'observation microscopique a démontré depuis une trentaine d'années que cette prétendue concrétion ou plutôt que chaque graiu de fécule est un corps organisé qui naît , par extension, des parois intérieures d'une vésicule-mère et que ce corps organisé laisse voir quelquefois d'une 8 , TUKPiw. — Sur les Biforiiies. ou tigellules tiibuleuses (i); 4° les fibres qui avoisinent ces vaisseaux; 5° la globuline suspendue dans le liquide ou dans l'eau du suc propre. Le tissu cellulaire, ici comme partout, est un amas, une agglomération de vésicules distinctes, simplement contigués les unes aux autres, toujours incolores et transparentes , d'une min- ceur extrême , variables de formes et de volume selon qu'elles se sont plus ou moins gênées dans leurs développemens indi- viduels. Ayant toutes débuté par la forme sphérique, beaucoup d'entre elles conservent encore cette forme primitive, tandis que d'autres se sont allongées j sont devenues subtriangulaires, en cornemuse, etc. , etc. Toutes ces vésicules ainsi agglomérées forment la charpente du tissu cellulaire ; et comme elles ont joui (2) chacune d'un centre vital particulier d'organisation , d'absorption , d'assi- manière distincte , comme dans la fécule de pomme de terre , son hile ou point d'attache el ses zones d'accroissement, en sorte qu'il peut être assimilé assez justement à un ovule, et la vésicule-mère à une sorte d'ovaire. De nombreuses observations microscopiques comparées m'ayant en outre démontré que le même corps existe dans les vésicules de tous les tissus cellulaires où il est presque toujours, par sa couleur propre , la cause de toutes les nuances dont paraissent teintes les feuilles, les fleurs et les fruits , j'ai cru devoir substituer la dénomination générale de Glohuîine à celle , trop res- treinte, de fécule qui reporte toujours notre pensée vers la fécule blanche du commerce. (i) J'ai donné le nom de tigellule à toutes ces végétalions confervoïdes, âlamenteuses, pleines ou tubuleuses qui se développent entre les vésicules du tissu cellulaire ou qui forment à elles seules toute la masse des champignons (prétendus cellulaires), el que l'on a considérées comme des vaisseaux ou conduits destinés au transport de l'eau séveuse de l'un des points de la masse tissulaire sur un autre, sans songer que ces prétendus vaisseaux offrent souvent des cloisons ou diaphragmes assez rapprochés, que de plus ils sont toujours clos aux extrémités, et qu'enfin ils sont loin de parcourir toute l'étendue des tiges dont ils font partie. Quand on en sera venu enfin à reconnaître qu'un arbre , qu'une plante quelconque n'est point une individualité simple, mais bien une individualité composée , par association seule- ment contiguë, d'autant d'individualités ou existences distinctes qu'il se trouve dans la masse tissulaire de grains de globuline, de vésicules et de fibres pleines ou tubuleuses, mais bien en- tendu d'existences subordonnées à une vie d'ensemble, à une coordination générale, alors on renoncera à cette idée de vaisseaux el de tant d'autres semblables empruntées, par l'ignorance, au règne animal. (2) Je pense que la vésicule d'un tissu cellulaire achevé ne vit plus et qu'elle ne sert, en cet état, que d'enve'oppe protectrice à k globuline qu'elle a produit, comme, par exemple, un péricarpe sec abrite et protège les embryons des graines qu'il contient et auxquels il a donné Hais'sahce pni' continuité organique. ïURPïi\. — Sur les Biforines. 9 milation , d'accroissement et de reproduction, comme elles peuvent être comparées à autant d'ovaires distincts, il en résulte que , de leurs parois intérieures , il naît par extension une gé- nération nouvelle excessivement abondante, globuleuse dans son origine, à laquelle, dans certains tissus blancs et privés de lumière, on a donné le nom trop spécial de fécule, nom que j'ai cru devoir changer en celui de Glohuline, qui s'applique géné- ralement aux mêmes corps organisés partout où ils se ren- contrent dans le règne végétal, sans distinction de couleurs et de qualités. La glohuline des vésicules du tissu cellulaire des tubercules du Caladium esculentum est une des plus abondantes que je connaisse; ses vésicules, vues sous le microscope, en paraissent si pleines qu'elles en sont entièrement opaques, et quand elles se déclarent, elles répandent une quantité prodigieuse de grains assez généralement ronds , incolores et variables en grosseur, de- puis le point jusqu'à un centième de millimètre. Les plus grosglo- bules montrent, dans leur centre, un espace plus lumineux et assez bien circonscrit, ce qui annonce qu'ils sont déjà vésiculaires et qu'ils contiennent une substance organique. Les plus petits offrent un mouvement monadaire de grouillement que j'attribue à leur grande affinité pour l'eau dans laquelle ils sont plongés , opération qui nécessairement les met en mouvement, et non à cette propriété vitale intime qui fait mouvoir les corps organisés animaux. Parmi les vésicules du tissu cellulaire naissent, vivent et se développent deux autres sortes d'individus à forme filamen- teuse confervoïde. Les uns sont des tL»bes ou vaisseaux simples ou quelquefois rameux, interrompus, finement rayés en travers ou comme annelés, clos et assez obtus à leurs extrémités, pou- vant en partie se dérouler en filament spiral , contenant enfin un liquide acre (t) (suc propre), dans lequel nagent suspendus (i) Le principe acre et vénéneux du suc propre des végétaux laiteux se trouve-t-il dans l'eau ou dans les globules suspendus dans cette eau ? Comme c'est toujours dans l'eau séveuse que sont contenus les poisons végétaux et non dans ta matière organisée et féculente, ainsi que cela est prouvé par les lavages que l'on fait subir au tissu cellulaire des racines du manioc particulièrement, il est très probable qu'ici c'est seulement dans l'eau du suc propre que se trouve !c principe vénéneux. Du reste, l'expérieiice est l'aciie à faire. 10 TURPIN. — Sur les Biforines. un grand nombre cîe globules incolores, transparens et de gros- seur variable. Les autres sont des fibres très ténues et très nom- breuses qui accompagnent, dans leur trajet, les vaisseaux dont je viens de parler; du reste, on ne découvre aucune trace de raphides cristallines, fait très remarquable par rapport au tissu cellulaire des feuilles de la même plaate, qui en est abondam- ment pourvu, comme on le verra plus loin. L'épiderme, comme dans toutes les vieilles écorces des tiges, n'existe plus, (i) Caractères vus à Vœil nu de la feuille du Caladium esculentum. La feuille de cette espèce est tendre et mucilagineuse; sa forme est ovale, pointue au sommet, un peu échancrée à sa base, pel- tée ou ombiliquée comme celle du Nénuphar ( Nymphœa (i) Je donne ici les résultats de l'analyse chimique de la racine liiberculeuse du Caladium esculentum , qui m'ont été communiqués par M. Payen. La racine tuberculeuse de Chou Caraïbe contient les substances suivantes, dans des propor- tions qui sans doute offriraient quelques variations suivant les terrains et les circonstances at- mosphériques. Eau 73,00 Fécule iS.oo Tissu ligneux 4,5o Albumine < 1,10 Auîre matière azotée. •....'. 00, 5 Substance grasse el huile essentielle 0,10 Acides pectique et malique, sels à bases de pelasse el de chaux, silice, oxide de fer, traces de soufre. . . . 3,iS La fécule est un composé de très petits grains arrondis dont l'extraction serait moins facile que celle de la fécule de pomme de terre en raison de sa plus grande ténuité et par suite de sa jilus grande lenteur à se déposer. L'huile essentielle vireusc, âcrc, ne seni!)le pas devoir présenter d'obstacles ù l'emploi de celte racine dans l'alimentation des hommes et des divers animaux, car elle se dissipe pour la plus grande partie lorsque l'on soumet des tranches de celte racine à uiîe coction suffisante. La composition ci-dessus indique d'ailleurs qvie la racine tuberculeuse du Chou Caraïbe est douée d'une qualité éminemment nutritive. TUiiPiisr. — Sur les Biforines. 1 1 alba L.), de la Capucine {Tropœolum majus L.), etc.; elle est munie en dessous d'une nervure médiane qui, partant de l'in- sertion du pétiole, donne naissance à cinq ou six nervures la- térales dirigées de bas en haut, et dont les plus rapprochées du point ombilical descendent, en se dédoublant, dans les deux lobes inférieurs de la feuille, lobes qui, s'ils n'étaient pas soudés dans la moitié de leur longueur, feraient de cette feuille peltée ou ombiliquée une feuille sagittée, comme celle du Caladium sagittœfolium ou de X Arum vul gare. Sa grandeur est d'environ 7 à 8 pouces de long sur 3 ou 4 pouces de large, et sa couleur d'un vert gai en dessus, et d'un glauque remarquable en des- sous. Le pétiole qui la porte, et dont elle n'est qu'une expan- sion, est cylindrique, engainant à sa base, de la longueur de la lame de la feuille. Caractères microscopiques des composans organisés fonnant toute la masse de la feuille du Caladium esculentum. Ici, les composans organisés, plus nombreux que dans la tige, sont: i" Fépiderme; 2° les vésicules du tissu cellulaire; S"" la globuline; 4" les vaisseaux rayés ou fausses trachées; 5° les fi- bres qui avoisinent les vaisseaux rayés; 6" la globuline éparse et suspendue dans l'eau du suc propre ; et 7*" les Biforines. De VEpiderme ou Cuticule. Une seule couche de vésicules , très adhérentes les unes aux autres, incolores , transparentes , stériles, c'est-à-dire vides de globuline et ne contenant probablement que peu d'eau et beau- coup d'air, constitue la partie la plus apparente de l'épiderme ; nous disons la plus apparente , car, quoique nous n'ayons pu parvenir à l'isoler, nous ne doutons pas que cette couche de vésicules ne soit recouverte et protégée par cette pellicule ou enveloppe générale , translucide et très mince que notre con- frère M. Adolphe Brongniart a si complètement démontrée dans 12 TURPiN. — Sur les Biforines. les feuilles d'un grand nombre de végétaux monocotylédons et dicotylédons. (i) Lorsque, sans avoir recours à la macération, on se contente d'enlever, par déchirement, des lambeaux d'épiderme de la page inférieure de la feuille, ces lambeaux offrent sous le microscope une membrane ou pellicule incolore , transparente , ponctuée ou granuleuse. Sur cette membrane paraît , comme appliqué , une sorte de réseau dont les mailles formées d'un double trait sont d'inégales grandeurs et généralement hexagones. Dans le centre de ces mailles, qui sont autant de vésicules, on voit une sorte de nucleus ou de sphérule dont le double trait du con- tour indique l'épaisseur d'une vésicule qui est remplie de glo- bulinsverdâtres. Entre quelques-unes des mailles du réseau ou plutôt entre quelques-unes des vésicules de l'épiderme il existe, à des distances inégales et dirigés dans tous les sens , des sto- mates formés de deux vésicules oblongues , lunulées et pleines de globuline verte. Du Tissu cellulaire. Entre les deux épidermes ou entre les deux faces de la feuille on trouve les vésicules fertiles, c'est-à-dire celles qui sont rem- plies de globuline verte. Ces vésicules aussi incolores et aussi transparentes que celles du tissu cellulaire de la tige souter- raine, en diffèrent par leur forme plus allongée , plus triangu- laire et même quelquefois bizarre, et par leur disposition qui simule assez bien une sorte de réseau. La globuline ou fécule , moins abondante, mais plus grosse que dans le tubercule, ayant joui de l'influence de la lumière, est verte, au lieu d'être blan- che comme celle de tous les tissus cellulaires privés de l'action bienfaisante de cet agent qui, généralement joue un si grand (i) Nouvelles recherches sur la structure de l'épiderme des végétaux. (Ann. des Scienc. Nat. ae série, l i, p. 65, pi. 2 et 3.) L'épiderme des végétaux appendiculcs étant composé d'une ou plusieurs couches de vésicules stériles, dé))0urvues de globuline, simplement aéi'ifèrei'( non respiratoires ) , et d'une pellicule générale et protectrice, i! serait bon, je crois, de laisser le nom distinctif de cuticule à cette en- veloppe extérieure. TURi;m. — Sur les Bi;f ovines, i3 rôle sur les tissus organiques. Son diamètre est d'environ rn de millimètre. Parmi les vésicules du tissu cellulaire, vésicules simplement contiguès et très faciles à isoler les unes des autres, végètent des vaisseaux et des fibres semblables à ceux qui se trouvent épars dans le tissu cellulaire du tubercule. Ces vaisseaux qui contien- nent également le suc propre, acre et vénéneux de la plante constituent, joints aux fibres qui les accompagnent, les nervules de la feuille, dont ils suivent, par conséquent, la direction. Entre les mêmes vésicules on voit une assez grande quantité de petites aiguilles ou raphides cristallines, courtes, pointues par une extrémité , comme taillées en biseau par l'autre , épar- pillées sur le porte-objet du microscope, mais agglomérées pa- rallèlement en botte d'asperge dans leur gisement naturel, qui est l'intérieur de certaines vésicules vides de globuline. Leur lon- gueur est à-peu-près d'r; de millimètre. J'ai fait remarquer plus haut que le tissu cellulaire de la tige souterraine ne contenait pas une seule raphide. D'où vient cette différence ? On ne saurait dire qu'elle est due aux milieux dif- férens dans lesquels chaque partie végète, car les rhizomes des Iris, de quelques espèces de Rhubarbe et les feuilles écailleuses des ognons de Jacinthe quoique vivant sous la terre sont pour- vus de cristaux nombreux de diverses formes. Ce qui me pa- raît certain , c'est que la cause qui détermine, dans les tissus végétaux et animaux, la formation des nombreux cristaux qu'on y rencontre , dépend entièrement d'un certain état in- time de l'organisme de ces tissus. Ce n'est point un simple lieu, un creux, un abri pouvant servir à la formation cristal- line, car s'il en était ainsi, tous les tissus organiques placés dans les mêmes conditions environnantes pourraient indifféremment et accidentellement en contenir ; c'est ce qui n'est point. L'ob- servation démontre, au contraire, qu'on ne trouve des cristaux que chez certains végétaux, qu'en de certaines parties des indi- vidus; qu'ils existent quelquefois dans toutes les espèces d'une famille et non hors de là , de manière à pouvoir offrir parfois de bons moyens de rapprochement et un caractère bien plus prononcé que celui tiré de l'ensemble des organes extérieurs 14 TURpiN. — Sur les Biforines. qui, presque toujours, sur les limites et au point de contact des familles, se confondent entre eux. (i) Des Biforines. Ces organes singuliers, inaperçus jusqu'ici et qui font l'objet principal de ce mémoire, sont situés entre les vésicules du tissu cellulaire des feuilles du Caladium esculentwti, comme étant le lieu propre à leur développement et à leur formation. Pour les bien étudier on prend une feuille de ce Caladium , on l'étend sur l'index de manière à pouvoir la racler doucement avec la lame mouillée d'un canif et du côté de la surface infé- rieure qui est la plus tendre. Par ce moyen on obtient , sous forme pulpeuse , de petites portions de tissus que l'on étend ensuite, dans une guttule d'eau, sur le porte-objet du micros- cope. Alors, sous un grossissement d'environ 3oo fois, on voit pêle-mêle avec les vésicules du tissu cellulaire un assez grand nombre de Biforines. Chaque individu, parfaitement indépendant des vésicules glo- bulinifères ou féculentes parmi lesquelles il existe, se compose, tout à-la-fois, d'une partie organisée végétale, et d'une partie inorganisée cristalline. Presque double en grandeur d'une vési- cule du tissu cellulaire, il offre la forme d'un hexagone très al- (i) Tout, jusqu'à présent, me porte fortement à croire que la formation des innombrables et magnifiques cristaux rhomboëdriques de carbonate de cbaux qui enduisent et solidifient inté- rieurement Tenveloppe extéiùeure, molle et translucide des œufs des Limaçons , comme la même matière solidifie confusément la coquille des reptiles et des oiseaux , est un pbéuomène aussi rare qu'il est curieux ; qui, peut-être, ne se rencontre-t-il que dans les œufs des espèces du seul genre Hélix, ce qui, si l'observation le confirme, comme je l'ai fait déjà sur sept espèces diffé- rentes, fournira un excellent caractère générique^pour ce groupe de mollusques. '^ La Cryptelle des Canaries {Ciyj/tella Canariensis) publiée par MM. Webb et Bertlielot (Mag. de Zool. i''^ part., pi. 63) étant, pour ainsi dire, tout à-la-fois, un Limaçon dont les œufs sont pourvus de cristaux, et une Limace dont les œufs n'en présentent jamais, il était curieux d'ana- lyser ceux de ce mollusque intermédiaire, afin de s'assurer s'il y avait ou s'il n'y avait pas de cristaux. Eh bien, comme on devait s'y attendre , les œufs de la Cryptelle des Canaries ont uue enveloppe extérieure tapissée en dedans par de nombreux cristaux , mais de cristaux mal for- més, quoique au fond on y reconnaisse la forme rhomboédrique si pure dans les œufs des Lima- çons. Là, celte cause inconnue qui cristallise si admirablement le carbonate de chaux dans les ceufs des véritables Hélices , est prête à s'évanouir eu même temps que le caracîère extérieur de 'animal rcloiguc des cspècçs (^e ce genre. TURPiN. — Sur les Biforines. 1 5 longé, quelquefois celle d'une navette de tisserand, ou encore d'un grain d'avoine d'après M. Biot qui a vu ces corps sous son microscope. La partie organisée consiste dans une vésicule exté- rieure de la forme que je viens d'indiquer, assez résistante , assez épaisse comme l'indique le double trait de ses deux tables ou de sa surface, incolore et transparente comme du cristal, et, ce qui est surtout très remarquable, munie /à chaque extrémité , d'une bouche à bords un peu épaissis. Dans l'intérieur de cette vésicule il s'en trouve une autre, sorte de boyau intestinal, fusi- forme, composé d'une membrane transparente, incolore, exces- sivement mince, dirigé parallèlement avec la vésicule extérieure, aboutissant à ses deux bouches , et n'occupant qu'environ un tiers de la capacité intérieure de celle-ci. Ce boyau intestinal et longitudinal, qui se distingue dans l'in- térieur de la vésicule extérieure par sa couleur jaunâtre, con- tient plusieurs centaines de longues aiguilles cristallines, d'une ténuité extrême, de la longueur du boyau, incolores et transpa- rentes comme des fils de verre blanc quand elles sont isolées , mais produisant la couleur jaune d'ambre par leur rapproche- ment et leur disposition en faisceau serré. Une Biforine est donc formée de l'assemblage de trois parties bien distinctes dans lesquelles se trouvent réunis le règne orga- nique et le règne inorganique : le premier dans la vésicule bi- perforée extérieure et dans le boyau intestinal, le second dans les nombreuses aiguilles cristallines que contient le boyau. Les deux enveloppes naissent et vivent sans doute par absorption et par assimilation à la manière de tous les tissus organiques, tan- dis que les aiguilles cristallines, auxquelles les deux enveloppes organisées servent comme d'une sorte de géode, Jse forment, en ce heu d'abri, en suivant les lois ordinaires de la cristallin sation. Tel est l'état dans lequel les Biforines se trouvent entre ou parmi les vésicules du tissu cellulaire des feuilles du Caladium esculentum. Elles m'ont paru être dirigées dans tous les sens, comme si, dans leur développement, elles avaient profité de tous les espaces que leur abandonnaient les vésicules globuhnifères du tissu cellulaire. i6 TURPm. *— Sur les Biforines. Leur longueur est d'environ i/io de mill. ou à-peu-près dou- ble de celle d'une vésicule. Des divers mouvemeiis que subissent les Biforines. Lorsque sur le porte-objet du microscope les Biforines, plon- gées dans la guttule d'eau , jouissent d'un certain espace et que la température est élevée de 20 à 26° cent, (^i) , elles ne tardent pas à lancer, tantôt par l'une de leur bouche, tantôt par l'autre, et comme par des sortes de décharges intermittentes , les nom- breuses aiguilles cristallines qu'elles contiennent. A chaque décharge, qui consiste dans le vomissement de i à 5-6 des aiguilles, la Biforine, tout entière , comme une petite pièce de canon, fait un mouvement de recul, et ce mouvement est d'autant plus considérable qu'elle rencontre moins d'obsta- cles derrière elle ou que les aiguilles lancées et en partie sorties trouvent devant elles, soit une vésicule de tissu cellulaire, soit quelques grains de globuline. Il est presque superflu de dire que lorsque le vomissement ou l'explosion des aiguilles se fait par l'autre bouche, le mouvement a lieu en sens opposé. Par- fois on remarque chez certaines Biforines un léger mouvement de pirouette qui rappelle celui de l'aiguille aimantée. Au bout de quelque temps on voit toutes les Biforines entiè- rement vides de leurs aiguilles cristallines, par conséquent dé- colorées, et dont le boyau intestinal s'est affaissé sur lui-même de manière à ne plus paraître qu'un sorte de cordon tortillé. Les vésicules extérieures, quoique plus robustes, plus épaisses, finissent aussi par se déformer après l'entière expulsion des ai- guilles. Alors on voit le porte-objet du microscope tout couvert des innombrables aiguilles cristallines expulsées, et dont souvent quelques-unes , restées engagées par l'une de leurs extrémités , soit immédiatement dans les bouches des Biforines , soit dans ( i) Pour que les Biforines fonctionnent le mieux possible, soit dans les décharges intermittent tes de leurs aiguilles cristallines, soit dans leurs divers mouvemeus, toujours subordonnés à l'action des décharges, il faut opérer à une température de 20 à a5o cent, au moins; à un degré jpaojndre les Biforines restent inertes ou uc vomissent leurs aiguilles que très lentement. TURpm. — Sur les Biforines. ly une partie du boyau qui sort extérieurement comme dans cer- tains Pollens, et qui leur sert d'une espèce de gaine, simulent parfaitement, en cet état, ces élégantes aigrettes que l'on com- pose avec des fils de \erre blanc, droits et fins. De la cause qui produit la décharge intermittente des aiguilles cristallines et le mouvement de recul des Biforines, Au premier instant que l'on observe des Biforines, on est étonné de rencontrer un mouvement et des explosions d'ai- guilles chez des corps placés au milieu d'organes tissulaires tou- jours immobiles. On ne peut tout d'abord se rendre compte d'un semblable phénomène, fort simple pourtant en lui-même. Pour arriver à sa solution, il faut commencer par bien se rendre compte de la structure d'une Biforine, comme étant l'appareil du phénomène ; bien voir, comme je l'ai déjà dit, qu'elle se com- pose d'une vésicule extérieure, assez résistante, percée d'une bouche à chacune de ses extrémités , d'une autre vésicule inté- rieure, fusiforme, très mince, et n'occupant, chose qu'il ne faut pas perdre de vue , que le tiers en largeur de la capacité de la vésicule extérieure , laissant, par conséquent, un grand espace et étant remplie d'un nombre considérable d'aiguilles cristalli- nes; ne pas oublier surtout que les Biforines se développent dans le tissu cellulaire des plantes dont la sève est très mucilagi- neuse ; que cette sève mucilagineuse logée dans tous les creux des tissus est un liquide d'un densité remarquable ; et qu'enfin ce liquide doit occuper aussi ou remplir l'espace qui se trouve «ntre les deux enveloppes organisées des Biforines. On sent déjà qu'une Biforine, telle qu'elle a été décrite, est un véritable appareil naturel propre à mettre en jeu d'une ma- nière aussi simple que remarquable la cause et les effets de ce phénomène dont nous devons la connaissance à notre confrère M. Dntrochet, effets auxquels il a donné les noms à' Endosmose et d'Exosinose, Les Biforines observées dans l'eau pure, et sous la tempéra-, ture indiquée plus haut, offrent le rapprochemeot de deux li iS TURPiN. — Sii7' les Ei/orines. qtiîdes de densité très différentes : celui de la sève mucilagi- nense dont est rempli l'espace qui sépare les deux vésicules de la Biforine et celui de l'eau qui la baigne extérieurement. L'eau pure du dehors appelée ou aspirée fortement à l'intérieur par l'eau mucilagineuse qui en est pour ainsi dire affamée, y pénètre par tous les pores de la vésicule extérieure, peut-être aussi par la bouche des extrémités, et, à mesure qu'elle y ar- rive elle augmente nécessairement le volume ou la masse du liquide mucilagineux. Celui-ci pressant sur tous les points le boyau intestinal l'oblige à céder et à se décharger de quelques- unes des aiguilles cristallines qu'il renferme. C'est à cette dé- charge forcée que sont dus les mouvemens de recul que subis- sent les Biforines. Après s'être en quelque sorte soulagées par le dégorgement ou le vomissement de quelques aiguilles, les Biforines semblent se reposer ; mais le même liquide mucilagineux , loin d'être sa- tisfait, en continuant toujours d'attirer à lui l'eau pure qui l'en- vironne et d'augmenter de volume par ces additions successives, presse de nouveau le boyau jusqu'au moment où celui-ci, ar- rivé au dernier terme de sa résistance, cède, comme par une sorte de détente, et subit une autre décharge semblable à la première. C'est ainsi que, par une suite de petites décharges intermittentes , les Biforines se vident entièrement des nom- breuses aiguilles cristallines qu'elles contenaient, et qu'alors^ comme je l'ai déjà dit, le boyau intestinal s'affaisse sur lui- même, se chiffonne, et ne paraît plus qu'une sorte de cordon tortillé. Pressé par d'autres travaux au moment où j'observais le sin- gulier phénomène des Biforines, je ne pensai point à faire une expérience très simple , et que je ferai au mois de juin prochain : elle consiste à placer sous le microscope les Biforines , non dans de l'eau pure comme je l'ai fait jusqu'à présent, mais bien dans une solution d'eau gommée ou sucrée, de manière à équilibrer, autant que possible, la densité des deux liquides mis au voisi- nage l'un de l'autre. Il est plus qu'à présumer que , dans ce cas j les deux liquides n'ayant rien à s'offrir , rien à se demander, au- cune transmission, par endosmose, n'aura lieu ; que tout cou- TURPiN. *— Sut les Biforines. i^ rant de liquide sera nul; qu'alors le boyau, restàrit danâ sort état normal, conservera toutes ses aiguilles cristalline^, et qu^enfitï la Biforine tout entière n'offrira aucune explosion, et, pat coti* séquent, aucun mouvement, (t) l^ensant bien que la nature ne pouvait s'être mise en frais d^une structure aussi remarquable que l'est celle des Biforines pour une seule espèce de végétal, et qu'elle devait, comme cela ar- rive toujours , répéter ces corps chez un certain nombre de vé- gétaux analogues, ou , ce qui revient à-peu-près au même, danâ ime contrée végétale plus ou moins étendue, je me procurai, dans les serres du jardin du Muséum d'histoire naturelle, toutes les espèces du genre Caladium qu'on y cultive. Chez toutes éfï effet, moins une dont il sera parlé tout-à-l'heure , je trouvai, dans le tissu cellulaire des feuilles , des Biforines différant seu- lement de celles du Caladium esculentum par de très légères modifications de forme et de grandeur, mais toutes se compo- sant des trois parties indiquées plus haut, et toutes fonction- nant avec un peu plus ou un peu moins de sensibilité, de 1â même manière que je l'ai expliqué pour celles du Caladium éS" culentum. Les espèces observées, dont je mets une partie dés dessins sous les yeux de l'Académie, sont : les Caladium esculentum, se- guinum {Dieffenbachîa Schott) , colocasioides, bicolore, lacérum, pedatifolium, rugosum, tripartitum, trifoliatum, pinnatifôlium, auritum, crassipes et odovatum. Les Biforines du CaîadiUm seguinum sont les plus grandes de toutes, et se distinguent, eii outre, par leurs extrémités ou leurs bouches rétrécies èii ma- melon. Quelques-unes offrent leur vésicule plus dilatée que de coutume. Tous ces tissus cellulaires , indépendamment des Biforines , sont encore munis de raphides cristallines, rassemblées ou réu- nies en faisceau dans des vésicules particulières , closes et sté- riles , c'est-à-dire dépourvues de la globuline Verte. Dans le Caladium pedatlfolium y j'ai trouvé, outre les Bifo- rines, qui y sont assez rares, des vésicules couvertes dé grâ- (t) Voy, la tiote additionnelle à la fin de «e mémoire. ^o TURpirr. ^^ Sur les Biforines. nules dont une plus petite placée à l'intérieur et à distance de l'extérieure, contient une botte de petites raphides qui n'oc- cupe qu'une partie de la capacité de cette vésicule. Chez le Caladium rugosum , les Biforines sont très modifiées et se rapprochent beaucoup des vésicules stériles dans lesquelles se forment les raphides cristallines ordinaires. Une seule vésicule ovoïde, assez épaisse, comme les deux traits noirs l'indiquent, ou peut-être deux vésicules se touchant immédiatement et ren- fermant un faisceau d'aiguilles qui n'occupe qu'une partie de la capacité intérieure, constituent ces Biforines, qui, jusqu'à pré- sent, m*ont paru ne faire explosion que par une seule de leurs extrémités. En même temps que ces Biforines, on trouve de plus petites vésicules, closes de toutes parts, et dans lesquelles sont renfermées des bottes de très courtes raphides, plus des cristaux blancs, transparens, prismatiques, rectangulaires à sommets tétraèdres , groupés en agglomérats rayonnans , sphé- roïdaux , et parfaitement semblables à ceux que j'ai déjà fait connaître , et que l'on rencontre en si grand nombre dans les vésicules du tissu cellulaire de presque toutes les espèces de Cactées. Enfin, dans le Caladium odoratum^ on ne trouve plus, chose remarquable, que des raphides et des cristaux en sphéroïdes rayonnans, semblables à ceux dont il vient d'être question, mais aucune trace de Biforines. J'avais autrefois remarqué que chez les végétaux dont le tissu cellulaire contenait des cristaux agglomérés en sphéroïdes, comme celui des Cactées et des rhizo- mes ou tiges souterraines de la Rhubarbe, les raphides manquaient toujours, comme si ces deux sortes de cristallisations s'excluaient Tune l'autre et ne pouvaient s'opérer dans les mêmes conditions. Mais, comme on vient de le voir, cette règle n'est pas sans ex- ception, puisque le tissu cellulaire des feuilles du Caladium doratum contient en même temps des raphides ordinaires et des agglomérats rayonnans de cristaux. Maintenant on peut se demander quel peut être le but final des Biforines, le rôle physiologique qu'elles ont à remplir dans l'organisation des plantes où elles se trouvent; pour- cjuçi des vésicules particulières plus grandes du double que TURPm. — Sur les Biforines> al les vésicules fertiles qui contiennent la globuline verte du tissu cellulaire?; pourquoi des vésicules renfermant dans leur in- térieur une autre vésicule fusiforme, remplie de longues ai- guilles cristallines?; pourquoi, surtout, deux bouches, lorsque dans la situation normale des Biforines , pressées de toutes parts par les vésicules du tissu cellulaire , et baignées dans un liquide mucilagineux de même densité que celui qu'elles contiennent, ces deux bouches semblent ne pouvoir servir à l'explosion des aiguilles cristallines? J'avoue n'en rien savoir, et je ne puis que signaler, pour l'in*- stant, l'existence des Biforines dans le tissu cellulaire des feuilles des diverses espèces du genre Caladium ; leur structure très re- marquable; leur fonction comme servant de lieu et d'abri à la formation de nombreux cristaux ; la très curieuse manière dont elles expulsent ces mêmes cristaux , chaque fois qu'on les isole et qu'on les place dans de l'eau pure, c'est-à-dire dans un li- quide d'une densité moins grande que celui qui remplit l'inter- valle des deux vésicules emboitées des Biforines. Après avoir analysé le tissu cellulaire d'un grand nombre d'es- pèces du genre Caladium , et avoir trouvé dans toutes , une excepté (le Caladium odoratum) , des Biforines, il était inté- ressant de savoir si ces corps existaient ailleurs. Pour m'en assurer, j'ai fait l'analyse des mêmes tissus dans diverses espèces du genre Arum y savoir : les Arum, vulgare (A. maculatum L.), virginicum, italicum^ pictum , triphjllum , tenuifolîum. Toutes sont pourvues de nombreuses raphides cristallines j de dimen- sions variables selon les espèces ; mais aucune ne m'a offert une seule Biforine. L'absence ou la présence de ces corps singuliers, et cela, à ce qu'il paraît, d'une manière tout-à-fait tranchée, dans deux genres qui autrefois n'en faisaient qu'un , est une chose fort re- marquable qui vient à l'appui de ce que j'ai déjà dit dans ce Mémoire , que la présence des cristaux dans les tissus cellulaires végétaux dépend entièrement de l'organisme particulier de ces tissus, et que, par conséquent, ils peuvent offrir de très bons caractères distinctifs, soit d'espèces, soit de genres, soit de fa- milles j comme l'observation me l'avait déjà démontré. ©2 TURPiN. ^^ Sur les Biforines. On ne peut s'empêcher de remarquer, en passant, le rapport qui existe entre le caractère extérieur du genre Caladium , ctabli il y a plus de trente ans par Ventenat(i) aux dépens du genre Arum, et la présence des Biforines dans le tissu cellulaire des feuilles de ce nouveau genre. A cette époque, l'auteur était loin de penser sans doute que le caractère de son genre Cala- dium , fondé principalement sur le spadice entièrement recou- vert d'anthères dans sa partie supérieure, au lieu d'être nu comme chez les vrais Arum, se trouverait un jour fortifié par un caractère intérieur et microscopique fourni par la présence des Biforines. Enfin, l'analyse du tissu cellulaire des feuilles du Calla œthio- pica ( Richardia af ricana Kunth. ) , des Orontium japonicum et aquaticum, des Pothos fœtida et violacea , m'a démontré l'absence absolue des Biforines dans ces Aroïdes, et la présence d'un grand nombre de raphides. Le tissu cellulaire des feuilles des Acorus gj^amineus et calamus est non-seulement dépourvu de Biforines, mais il manque encore de raphides. Des décharges et des mouvemens analogues à ceux qu'offrent les Biforines étaient déjà connus dans la science. Les vésicules polliniques, formées également de deux enveloppes, mais de deux enveloppes immédiatement appliquées l'une contre l'autre, sont en grande partie susceptibles, étant mouillées d'eau pure, 4e faire explosion et de lancer au dehors les nombreux gra- nules (^fovillà) qu'elles contiennent, soit que l'émission ait lieu à nu sous forme de fusée (accompagnée d'un mouvement de recul analogue à celui des Biforines (2) , en rompant les deux enve- loppes ou en sortant par des ouvertures particulières, quelque- fois même operculées (3), soit qu'elle se fasse en s'étendant (i) Plantes i^ouveiles cultivées dans le jardin deCels, iio3o, sous le nom de Caladium bicolor. (2) Mouvement de recul observé et décrit par M. Guillpmin ( Recherches microscopiques sur le Pollen, Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris , t. 2, p. 119 ). (3) Cuciirbita Pepo, Pepo macrocarpus. ^.'Brongniart. Reçh. sur la génér. Ann, des Scienc» nat. t. 12, pi. 34, fig. I. IL TURpiN. — Sur les Blfonnes. 23 dans l'inlérieur d'un boyau (i) formé par distension de la vési- cule interne da Pollen. (2; • Les glandes vésiculaires eïont est composée la Lupnîine da commerce, et qui se développent sur les feuilles florales et les ovaires des fleurs fertiles du Houblon (^Humulus Lupulus'L^, étant isolées et mises dans l'eau , font également explosion et vomissent en tout ou en partie les innombrables globules qu'elles renferment. Dans ces deux cas, l'eau pure dans laquelle est pjongé l'objet qu'on observe, pénètre dans l'intérieur de la vésicule ou des vési- cules où l'appelle un liquide mucilagineux plus dense et des glo- bules ou granules susceptibles d'en être imprégnés et de se gon- fler. La masse formée du liquide mucilagineux et des globules se trouvant ainsi considérablement augmentée, force les enve- loppes à se rompre et à lui permettre de s'élancer au dehors. Le phénomène d'explosion, dans les Biforines, se passe tout autrement. D'abord , l'appareil est très différent. 11 y a bien, comme dans le Pollen , deux vésicules emboîtées , mais ces deux vésicules sont à distance et laissent entre elles un grand espace occupé sans doute par im liquide mucilagineux. La vésicule in- térieure, au lieu des globules organisés et perméables à l'eau comme ceux du Pollen et de la Lupuline, est remplie par de longues aiguilles cristallines que l'eau ne peut pénétrer ni gon- (i) A. Erongnlart, Rech. sur la géaér. et le développ. de l'Embr. Ann. des Scienc. uat. pi. 35,Cs. 1,1, K, fig. 2,H,I, M. pi. 36, fig. F, G, H. pi. 87, fig. i , tJ, K. fig. 2, B, C. Le boyau produit par extension delà vésicule interne du pollen qui s'insinue assez souvent entre les vésicules des stigmates et des st}les, et qui, dans des idées de fécondation, paraît des- tiné à conduire le plus convenablement et le plus profondément possible les granules sperma- tiques dans la vulve ou organe femelle doit, sans bésilatiou, prendre le nom de Pénis végétal que, le premier, je lui ai donné, et qui a été adopté ensuite par un homme sage, d'excellent goût et l'une des plus grandes autorités de notre époque. Je n'ai presque plus besoin de nommer Cu- vier. Voyez l'Analyse des travaux de l'Académie des Sciences, pour l'année 1826 , partie phy- sique, pag. 28. (2) Le boyau intestinal des Biforines poussé par les premières aiguilles cristallines qui ten- dent à sortir, s'allonge aussi, par distension, en dehors delà vésicule extérieure, jusqu'à ce qu'en fin arrivé au dernier degré de son élasticité il se crève (comme cela arrive aux Pénis végétaux) po ir laisser sortir les aiguilles. Cette observation a été faite la première fois , chez moi , par mon ami M. le doct. de Lén?; 24 TURPJN. — Sur les Biforines, fier et par conséquent augmenter de volume de manière à pro- duire leur sortie par explosion. Il faut donc, pour que l'expulsion des nombreuses aiguilles cristallines ait lieu par les bouches des Biforines , que le boyau intestinal soit soumis à une forte pression produite, comme nous l'avons déjà dit, par l'augmentation de volume du liquide mucilagineux contenu entre les deux enveloppes à mesure qu'il appelle l'eau pure du dehors, s'en empare, et se l'approprie en quelque sorte. Note ajoutée à ce Mémoire depuis sa rédaction» ■ Désirant connaître dans quel état se trouvent les Biforines dans des feuilles de Caladïum séchées et mises en herbier de- puis un an, je pris une feuille sèche du Caladium esculentum ; je la ramollis avec un peu d'eau tiède, et après l'avoir raclée et porté ces raclures sous le microscope, je vis que non-seulement les Biforines n'avaient rien perdu de leur forme et de leur cou- leur, mais qu'encore elles fonctionnaient parfaitement dans la décharge de leurs aiguilles avec autant de sensibilité que pen- dant le vivant de la feuille. La température de mon cabinet était ce jour là à 20° cent. L'occasion était favorable pour faire l'expérience dont j'ai parlé dans mon Mémoire, j'en profitai et je soumis des Biforines à plusieurs reprises, soit dans de l'eau gommée, soit dans de l'eau sucrée et , constamment , dans ces deux solutions il ne se fit aucunes décharges, les Biforines restèrent immobiles et ne vomirent aucune de leurs aiguilles cristallines. En essayant ensuite de me servir d'eau pure , mais chaude , j'accélérai la décharge des aiguilles à tel point que plusieurs Bi- forines vomirent tout le faisceau d'un seul jet. M. le professeur Delile vient de publier une brochure (i) dans laquelle il fait connaître que déjà il avait observé les Biforines dans l'épaisseur du tissu cellulaire de ces plataux ou glandes stériles situés entre les pistils et les étamines des spadices du Caladium bicolor. (i) ExI. du Biillct. de la Soc. d'AsricuU. du dép. do l'Héraulr, juin i836, avec une pi, litliogiaphice. TUBPiN. — Sur les Biforines. 2 5 EXPLICATION DES FIGURES DES PLANCHES I, II, III, lY ET V. PLANCHE I. Caladium esculentum Vent. (Chou caraïbe}. Analyse des tissus de la tige souterraine et tuherculée. Fi'g. I. Morceau, vu à l'œil nu, d'une tige tuherculée et souterraine; o, côté extérieur} i, côté intérieur. Fig.ja. Tissus vus sous le microscope (grossis a5o à 3oo fois); a.a. vésicules du tisssu cellu- laire, simplement agglomérées et remplies de leur globuline (fécule); b.b. tigellules tubuleu- ses, rameuses, interrrompues, rayées en travers (vaisseaux propres) et contenant le suc propre de la plante. Ce suc propre , coulant par l'extrémité coupée d'un vaisseau , se compose d'un liquide acre dans lequel sont tenus en suspension des globules organisés, comparables jusqu'à un certain point, à ceux, également suspendus de l'eau, du sang, de la lymphe, du lait, etc. ; d.d, fibres nombreuses qui accompagnent les vaisseaux propres. Fig. 3, Quelques vésicules du tissu cellulaire remplies de leur globuline. a. a. Deux vésicules crevées ou déchirées et laissant échapper leur globuline abondante ; b. une masse de globuline composée d'un nombre prodigieux d'individus globuleux et de grosseur variable, comme cela a lieu chez toutes les globulines ; c. deux chiffons provenant de deux vésicules-mères qui ont cessé d'exister, Fig. 4. Globuline du suc propre, dilatée, après avoir séjourné a4 heures dans l'eau. Fig. 5. La distance arbitraire limitée par ces deux lignes indique i/ioo^ de miil. En y pla- çant des grains de globuline de toutes les grosseurs on apprend que les plus gros ont i/ioo demill.^ le cercle intérieur fait connaître le centre lumineux des gros globules. PLANCHÉ IL Analyse des tissus de la feuille et Biforines qu'on y rencontre, Fig. X. Epiderme ou cuticule, a. Mailles du réseau, produites par les vésicules dont est formé l'épiderme; b. sphérioles, sortes de nucleus, composés d'une vésicule remplie de grains verdàtres et qui occupent, solitairement, le centre des vésicules de l'épiderme ; c. c. c. stomates formés de deux vésicules oblongues, luoulées et contenant de la globuline verte. Fig. 2. Une petite portion d' epiderme composée de quelques vésicules avec leur sphériola et d'un stomate Fig. 3. Vésicules de toutes sortes de formes, transparentes; incolores et coutenant de la glo- buline verte; 3 a. une vésicule crevée et laissant échapper sa globuline. Obs. Ces vésicules sont, dans leur étai naturel, disposées de manière à former par conliguité des sortes de mailles. Fig. 4. Tigellules tubuleuses ou vaisseaux propres, rayés en travers, coutenant le suc acre ou suc propre et pouvant quelquefoisj se dérouler en spirale 4 «. — 4 ^. gouttelette du suc propre avec ses globules» «a6 TURPiN. -— Sur les Biforines. Fig. 5. Fibres accompagnant les vaisseaux propres; Fig. 6. Raphides cristallines d'oxalate de chaux, éparses, mais réunies en faisceau et renfer-« mées dans des vésicules particulières dans leur situation naturelle. Ces cristaux, tétraèdres et aciculés, sont pointus par un bout, et paraissent taillés en biseau par l'aulre. Fig. 777. Biforines dont plusieurs sont en action de lancer au dehors leurs aiguilles cris- tallines. Fig. 7'. Biforine vide de ses aiguilles. Fig. 7". Biforine dont l'enveloppe extérieure est altérée dans sa forme normale. Fig. 7'". Une extrémité de Biforine, pour bien faire sentir l'ouverture de la bouche et des bourrelets qui la bordent. Fig. 8. Ces deux lignes expriment une dislance arbitraire, mais qui représentent i/roo de mil!, et dans laquelle on a placé quelques grains de globuline, dont le plus gros a, à-peu-près, 1/70 de mill. PLANCHE III. Fig. I. Figure idéale d'une Biforine vide de ses aiguilles cristallines, a. Vésicule allongée hexagonale, extérieure, assez épaisse, percée d'uue bouche à chaque extrémité, incolore et tran sparente; l/.i. bouches par lesquelles sortent, par décharges intermittente?, les aiguilles cristal- lines; c. vésicule ou boyau intestinal dans lequel sont contenues les aiguilles. Fig. 2. Biforines dont deux sont en action de lancer au -dehors leurs aiguilles. Fig. 2'. Biforine vide de ses aiguilles. Fig. "i". Biforine dont l'enveloppe extérieure est altérée dans sa forme normale. Fig. 3. Vésicules du tissu cellulaire remplies de globuliues. Fig. 4 . Rnphides cristallines d'oxatate de chaux. Fig. 5. Ces douze lignes marquent arbitrairement onze distances qui représentent autant de i/xoo de mill. Sur ces i/ioo on a placé, en relation, une raphide, une vésicule de tissu cel- lulaire et une Biforine afin de faire connaîtra qu'une raphide a un 2 S'' de mill., une vésicule un 17e à-peu'près, et une Biforine environ un lo^. PLANCHE IV, Biforines des feuilles du Caladium seguinum. Fig. ï. Biforine à l'état de repos. Fig. 2. Une autre se déchargeant, par l'une de ses bouches, de ses aiguilles cristallines, Fig. 3. Une atitre ayant déjà expulsé des aiguilles aa. par ses deux bouches. Fig. 4. Une Biforine dont la vésicule extérieure était plus dilatée que de coutume. Fig. 5. Raphides réunies en faisceau, a. Quelques raphides isolées. Fig. 6. Une Biforine dont le boyau intestinal s'est allongé par distension, comme cela a lieu dans la vésicule interne de certains pollens lorsqu'elle s'allonge en un boyau; a. enveloppe ou vésicule externe ; 6, vésicule interne ou boyau intestinal allongé en tube jusqu'au moment oii il se crève pour laisser sortir les aiguilles c Obs. Les Biforines du Caladium seguinum sont les plus grandes de toutes celles que j'ai observées. PLANCHE V; A. Biforines des feuilles du Caladium bicolor Vent. Fig. I. Biforine à l'état de repos. Fig. a. Une autre ayant lancé, pai' ses deux bouche^, une partie de ses aiguilles. Fig. 3. Quelcpies raphidesç TUEPm* -— Sur les Biforines. 27 "B, Biforines des feuilles du Q^hà^^xaco\Qtmo\àQ$i FJg. X. Biforine k l'état de repos, Fig. 2. Une autre en pleine acljvilé, Fig. 3. Quelques rapliides. [C. Biforines des feuilles du Caladiura lacerum Willd? Fig. I. Biforine commençant à expulser ses aiguilles. Fig, 2. Une autre en action. Fig. 3. Quelques raphides; «. une raphide plus grandie. D. B farines des feuilles du Caladium pedatifolium H. P. Fig. I. Biforine lançant ses aiguilles, aa. Vésicules globulinifères du tissu cellulaire. Eljes sont petites et contiennent une grosse globuline, mais peu abondante. Fig, 2. Indépendamment des Biforines et des vésicules du tissu cellulaire, on voit de grandes vésicules blanches trenspareutes, comme sablées à leur surface d'un grand nombre de granules am^ilacés, stériles sous le rapport de la globuline, contenant dans leur intérieur et à distance une autre vésicule dans le centre de laquelle réside une botte de petites raphides cristallines. a. Vésicule extérieure; b. vésicule intérieure; c, botte de raphides; d. raphides isolées, Obs. Cette double vésicule et cette botte de raphides intérieures présentent quelque analogie Qvec les Biforines, dont les aiguilles, malgré leur grande longueur et leur excessive ténuité, ont beaucoup de rapport par leur nature cristalline avec les raphides ordinaires. Mais ces vésicu- les emboîtées ont une forme différente et sont entièrement dépourvues de bouches. E. Raphides et cristaux du Caladium rugosum H. P. Je n'ai pu découvrir dans 'e tissu cellulaire des feuilles de celle espèce aucune trace de Bi- forine. J'y ai seulement trouvé de grandes vésicules ovoïdes contenant un faisceau d'aiguilles tenant le milieu, pour la longueur, entre les raphides ordinaires et les aiguilles des Biforines, Une seule fois j'ai vu une de ces vésicules lançant par une de ses extrémités quelques aiguilles. En même temps que ces vésicules en on voit[d'autres plus petites renfermant dans leur centre une botte de très courtes raphides ; et, pèle-mèle avec les grandes et îes petites vésicules cristal- lifères et les vésicules globulinifères du tissu cellulaire, un nombre assez considérable jdecrisf tau^î^ prismatiques, rectangulaires, à sommets tétraèdres et groupés en sphéroïdes rayonnans, Fig. j. Vésicule offrant un peu d'analogie avec les Biforines par la manière dont elle lance ses aiguilles. Obs. J,ps aiguilles sont-elles contenues dans une vésicule intérieure ? Fig. 2. Une vésicule analogue dont la surface paraissait comme saupoudrée de granules, Fig. 3, Une plus petite vésicule renfermant des raphides ordinaires, a. Quelques raphides isolées. Fig. 4. Un agglomérat de cristaux semblables à ceux que l'on trouve dans les vésicules da tissu cellulaire des tiges de la plupart des Cactées et dans les rhizomes de la Rhubarbe. F. Raphides et cristaux du Caladium odoratum Roxb, Aucune trace de Biforine. Fig. I, Un sphéroïde de cristaux agglomérés. Fig. 2. Id. plus grossi. Fig. 3. Un sphéroïde imparfait. Fig, 4. Quelques raphides. 28 c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France» Notice sur les plantes cryptogames récemment découvertes en France, contenant aussi Vindication précise des localités de quelques espèces les plus rares de la Flore française ; Par C. MoifTAGNE, docteur en médecine. Suite. (Voy. tom. i, p. 295 et 33/.) UnEDiNÉEs Dub. Bot. Gail. 66. •{• Isarîa Fnesii Montag. : minima fasciculata erumpens candida tindiquè villosa, pilis apice monosporis. PI. 12, fig. 3. (/. ramealis Fr. in litt.) Exs. Nob. n. 848. Notre plante prend naissance sous l'écorce des rameaux morts, qu'elle perce pour se montrer au jour. Elle paraît alors sous la forme de pointes extrêmement courtes, aiguës, divergentes au sommet, réunies en faisceaux par leur base, en plus ou moins grand nombre , rarement solitaires , d'un blanc pur, simples ou bifurquées, et comme farineuses ou pulvérulentes quand on les regarde à la loupe. Observées à un fort grossissement du microscope composé, toute leur surface paraît pelucliée; elle est, en effet, couverte de fibrilles courtes qui ne sont que la continuation de celles qui composent le réceptacle, et à l'ex- trémité libre desquelles on voit un spore unique. Ce spore est oblong; l'épiderme du rameau soulevé recouvre souvent la base du faisceau qui constitue cette espèce. La plante entière n'a pas une ligne de longueur. Je l'ai découverte à Sedan, au bois de la Marfée, en 1 832.1 67. * Isarîa furcellata Mart. Erl. p. 364. — Fr. Syst. Myc. m. p. 278. J'ai trouvé cette espèce dans l'intérieur carié des vieux saules , près de Perpignan , mélangée avec X Agaricus applicatus Batsch, Elle est voisine de la précédente. 68. f Tubercularia concentrica Montag. et Fr. : erumpens, receptaculis con- vexo-planis ssepiùs ia séries subconcentricas coordinatis demiim con- fluentibus stratoque sporidiorum incarnatis. Exs. Nob. n. 462. Elle forme, sur les feuilles languissantes ou mortes de VAgaue americana, des lignes courbes concentriques^ analogues à celles c. MONTAGNE. •— Cryptogames nouvelles de France. 29 du Ferrucaria petrœa Hoffrn. (i) {^Lecidea Ach.), et dont le rayon des plus extérieuresatteintquelquefoisjusqu'à trois pouces; rarement, au reste, forment-elles un cercle entier, et qu^nd cela a lieu, le diamètre de l'aire occupée par cette cryptogame, a tout au plus deux pouces. D'autres fois enfin, et c'est le cas le plus rare, les tubercules épars n'observent aucun ordre dans leur disposition. Ces tubercules naissent du parenchyme sous- épidermique, dont la nature et surtout la couleur ont subi une profonde altération. Ils sont irréguHers, convexes, hémisphé- riques ou planes, très souvent confluens, composés de filamens dressés, pellucides, rameux, un peu dilatés au sommet, mais tellement ^?//ç'«e5 et adhérens entre eux, qu'ils sont inextri- cables. Leur couleur, comme celle du parenchyme, d'où ils tirent leur origine, est d'un incarnat qui pâlit avec le temps. La couche des sporidies, dont la couleur est aussi la même, ne noircit point avec l'âge. Les sporidies sont un peu obrondes. Les feuilles sur lesquelles on trouve cette tuberculaire ont perdu leur belle couleur verte et sont devenues jaunes. C'est en au- tomne ou à la fin de l'été que l'on commence à l'observer. Je l'ai recueillie à Perpignan en 1829; les fibres dressées du récep- tacle n'en font-elles pas plutôt un Psilonia ? 69. ■]- Tubercularia mycophila Montag. et Fr. : stipite curto, disco hemi- sphaerico nudo capitato, sporidiis glohosis pellucidis minimis celerrim o diffluentibus. PI. i3, fig. 1. Cette tuberculaire n'a pas une ligne de haut; elle ressemble à un Agaric pygmée qui ne serait pas encore développé. Son disque rouge est hémisphérique, à bord obtus, réfléchi sur le stipe; celui-ci est jaune, court et oblong; les sporidies globuleuses, transparentes, occupent le disque comme dans toutes les es- pèces de ce genre, dont la nôtre est certainement une des plus singulières, soit par sa forme, soit surtout par son habitat. Je l'ai en effet observée sur le Poljporus adustus Fr. à Char- bonnières près de Lyon. Le seul échantillon que j'aie trouvé a été envoyé à M. Fries; je n'en ai conservé qu'un dessin que je donne ici. (i) PI. tieben. Tab. L. f. K 3o c. MOKTAGNE. »— Cfjptogames nouvelles de France, 70. Volutella dliata Fr. Syst, Myc. m. p. 467. — Tuhercularia ciliata Alb. et Schw. Consp. p. 68. t. 5. f. 6. non Dittm. — Fusariumhk, Spec. 2. p. io5. — Dub. Bol. Gall. p. 880. J'ai observé cette espèce à Sedan, aux mêmes lieux et à la même époque que le Siilbum erythrocephalum. Elle croît aussi au Bois de Boulogne, sur les feuilles tombées et à demi pourries des Pins. 71. * Volutella carnea Fr. l. c. p. 468. Je cite cette espèce d'après M. Fries, auquel je l'ai envoyée sans le savoir, et probablement sur quelque rameau portant une autre cryptogame. 72. -|- Puccinia ? Brassicœ Montag. : spoiidiis longe clavatis pedicellatis rniil- tiseptatis, segmentis 8-10 inœqualibus , pellucidis, ia acervos fiiscos ampLigenos epidermidc semper sectos conglutinalis. PI. 12, fig. 4. A moins de réformer le caractère générique des Puccinies, il est impossible d'y rapporter cette espèce anormale qui, comme me le mandait M. Fries, mériterait de former un genre nou- veau, analogue au genre Phragmidium ; on l'en distinguerait à la forme en massue de ses sporidies, et surtout à leur mode de végétation bien différent, puisque, dans notre plante, elle ne deviennent libres que par la destruction de l'épiderme. Le nom de Rhopalidium (de poTraXov, massue), lui conviendrait assez. En attendant de nouvelles observations , j'adopte la réserve du professeur d'Upsal, qui, en remarquant la singularité du dé- veloppement de cette cryptogame, n'en parle que dans une note au bas de la page 617 du troisième volume de son Systema mycologicum. Cependant, pour éveiller l'attention des crypto- gamistes français, je crois devoir en donner une courte descrip- tion. Cette parasite se présente sous forme de pustules membra- neuses, brunes, d'une à deux lignes de diamètre, \isibles sur les deux, faces de la feuille qu'elle envahit, et constamment re- couvertes par l'épiderme. Si l'on délaie dans de l'eau une de ces pustules, et qu'on soumette le liquide au microscope, on observe des espèces de corps transparens en forme de massue, portant c. MONTAGNE. ■— Cryptogames nouvelles de France. Zi de huit à dix cloisons dans leur moitié supérieuire, amincis à l'autre bout en un pédicelle formant à-peu-près îa moitié infé- rieure : ce sont les sporidies. Leur longueur totale est d'un cin- quièrne à un quart de millimètre. Dan& un même tas, on en trouve dont le pédicelle est avorté et qui paraissent cylindriques; il en est encore de plus ou moins difformes; le plus grand nombre est en massue , en sorte que c'est là l'état normal. Cette espèce si curieuse, ou plutôt ce genre , croît sur les feuilles mourantes du chou cultivé. Je l'ai découverte eir dé- cembre 1 828, dans un champ à Cuire, près de Lyon. MucEDiNÉEs Ad. Brongu. 73, * Stilhum erytîirocephalum Dittm. in Sturra. Dcuts. FI. t. 45. L'unique échantillon que j'aie trouvé de,cette charmante Mu- cédinée gisait sur des îiges d'herbes en décomposition et reje- tées des jardins. C'est près de Sedan que je l'ai observée en août 1 83i. Bien que sa tête soit purpurine au lieu d'être rose, hémi- sphérique et non globuleuse turbinée, qu'enfin le stipe, loin d'être aminci au sommet, soit, au contraire, un peu épaissi, comme tous les autres caractères cadrent parfaitement, je n'ai pas cru devoir la distinguer de l'espèce de Dittmar. 74. -|- Cîadosporium hacilligerum Montag. et Fr. : floccis tenuibus ! simplici- bus ramosisque flexuosis in maculas minutas intricatis, spoiidioruin catenis fusiformi-bacillarîbus, spoiidiis globosis. PI. 12, fig. 5. ( \/p;\„ Exs. Nob. u. 568. Ce Cladospore naît par petites touffes sous î'épiderme de la face inférieure des feuilles; il y forme des taches arrondies, petites, confluentes, olivâtres ftdigineuses, que l'on ne saurait distinguer à l'œil nu de ces J'umagines si communes sur toutes les feuilles tombées et même sur les tiges herbacées mortes. Vu au microscope, on observe qu'il est composé de fibres dressées, réunies en faisceaux, simples ou rarement rameuses, cloisonnées de loin en loin, inégales, flexuéuses, obtuses et même renflées un peu au sommet. Les sporidies ressemblent aux animalcules spermaliques ou à certaines Puccinies. Elles sont fixées le long 52 c. MONTAGNE. — Cryptogames nouçelles de France. des fibres et diversement réunies entre elles. On aperçoit, dans leur partie renflée, des globules qui sont sans doute ce que M. Fries regarde comme des sporidies, tandis que ce que je nomme ainsi serait, suivant lui, des espèces de sporanges. Pour prendre une idée passablement exacte de cette plante, il faut se figurer des sporidies d'une Puccinie mêlées avec les filamens {fibrœ) d'une Dématiée. Ces sporidies sont pellucides : les fila- mens le sont bien aussi un peu , mais en même temps ils offrent, par transparence , une légère teinte bistrée. Cette espèce envahit les feuilles de ÏAlnus qludnosa L. Je l'ai trouvée à Roche-Cardon près de Lyon , dans un e herborisa tien que je fis avec M. Aunier, en 1828. 75. * Clados/wrium umbrinumVv. 1. c. p. S/a. Cette Dématiée forme sur XAgaricus olearius'DC un e couch brune épaisse et comme soyeuse, à laquelle M. Fries présume qu'est due sa phosphorescence. Je l'ai découverte aux environs de Perpignan en 1 829. 76. Cladosporîum ïumago Lk. Sp. i. p. 46. — Fr. 1. c — Dub. Bot Gall. p. gSo. — Torula Fitmago Chevall. FI. par. 1 . t. 3. f. 4. Me trouvant à Perpignan au printemps de 1829, je fus con- sulté par quelques personnes qui desiraient savoir si elles de- vaient attribuer à la végétation en question le défaut d'évolution des fleurs de leurs oliviers. Les feuilles de ces arbres étaient en effet recouvertes en dessus d'un duvet velouté noir et luisant; les rameaux eux-mêmes en étaient comme enduits. Les pieds d'oliviers, qui furent envahis par cette cryptogame, ne fleurirent point cette année-là. Cette maladie, pour être heureusement fort rare, n'était cependant point nouvelle pour les cultivateurs de ce pays. Ayant soumis au microscope une portion de ce duvet délayé dans un peu d'eau, je reconnus l'espèce de Dématiée que Persoon nommait Fwnago /oliorum, et que Link, et après lui Fries, ont rapportée au vrai genre auquel elle appartient. 77. * Oïdium fulvum Lk, Obs. 1. Fr. 1. c, p. 45o non Persoon. — Torula fulpa Corda in Sturm. l)euts. fl. m. t. 47. Hab. Daps l'intériçui: des saules creux à Saint-Clair^ près de J>yon. c. MONTAGNE. »— CryptogaiTies nouvelles de France, 33 78. * ActinocladiuTTi minimum Fr. 1. c. p. 353. Exs. Nob. n. i58. Hab. Sur les feuilles vivantes de VArum italieum auprès de Perpignan; en avril i83o. 79. * Myxotrichumchartarum Kze. et Schmidt. Myc. Heft. 2. p. 110. — Lfc. Spec. 1. p. 124. — Fr. 1. c. p. 349. — Oncidium chartarumF.Hiees in Kze et Schmdt. 1. c. p. 62. t. 2. f. 1. — Myxotrichum episcopale Montag. in sched. M. sphœrico-depressum ; fibris caespitosis è centre divergenli ramosis fra" gilibus nudis, aliis brevibus fastigiatis, aliis elongatis simplicibus, apic pedi pontificii instar convolutis , sporidiis oblongis conglutinaîis sem pellucidis. Nob. Exs. Desmaz. Crypt. du Nord n. 760. — Nob. n. 998. J'avais fait descendre dans ma cave quelques malles dont je ne me servais plus. Plusieurs mois s'étant écoulés, j'en fis re- monter une dont j'avais besoin, et je trouvai la toile dont son intérieur était garni, toute couverte de larges plaques d'un byssus du plus beau blanc et très abondant, aux nombreux flocons duquel était fixée la production remarquable dont il est ici question. Examinée au microscope, son organisation est véritablement merveilleuse. Qu'on se figure des filamens rayon- nans d'un centre dans tous les sens, anastomosés entre eux d'abord, puis seulement ramifiés, à rameaux divariqués, dans les mailles desquels sont réunies en un globule central les spo- ridies destinées à reproduire la plante; qu'on imagine ensuite que, de distance en distance, naît de l'un des rameaux précédens un filament particulier qui dépasse de beaucoup la hauteur à laquelle ils s'arrêtent, et se roule en volute ou en crosse d'évêque, d'où le nom d' episcopale que je lui avais imposé d'abord, et avant de métré convaincu que la forme que j'avais sous les yeux n'était que l'état parfait de cette singulière byssoïde. Le filament en crosse se renfle un peu vers sa partie supérieure, mais à son sommet, qui est mousse, il a repris son épaisseur première. La plante entière, si parva licet componere magnis ^ offre, comme le globe terrestre, une forme sphérique un peu déprimée dans deux sens opposés. C'est cette figure bien régu- Hère, et surtout Xhabitat , qui m'avaient de prime-abord fait VI. BoTAK. — Juilkt, 3 34 0, MOSîtAG^E, '^ Cfyptag&me^'mni^^lleêd^ France, considérer cette espèce comme différente du M, chartarum ^ auquel on attribue des fibres dressées quand son évolution n'est gêné<3 pgr aa^wn obstacle. Nul des auteurs que j'ai cité§ ne parle non plus de l'épais byssus au duvet duquel est accrochée et solidement fixée notre plante. Ce byssus lui serait-il étranger? Au r^ste, de la toile en décomposition, qu'est-ce autre chose que du papier nou encore confectionné? Reste donc la forme régu- lièrement sphérique que je considère comme l'état parfait, le îype^ si Von aime mieux ^ de çetle singulière Dérnatiée. Mesurée ait fnk^proètfe^ h. plaî^tç e^;^^içr& ^ ïiîi demimiliimètpe envi^^o^ de iliiiftiàîft ^p deçà d^â éiSim^^«s ^p (.lesëç, Ueus^-'Ci ont 3po°^ de millimètre de longueur, à partir ô\i poiat où ils sont libres. Les sporidies. spnt piutijt elliptiques que globuleuses, et ont un diamètre, de ~^ de millimètre. Vers l;i m\ de leur yie, elles prennent une teinte brime ou d'un jaune rougeâtre, Lesfilamens bont très fragiles. Bien que la figure des MyçÇ':'x)g;i,sçh3 Hefte donne l'idée de la plante, elle est loip de la rep.^ùt.iiter halA^v.iora. 'ij'^i.:^iU -elle n'en montre pas la sphéricité. Un y vou, uii toiar^âip, 'ï^j^^ lïieaux s'élevant en divergeant îi ae^ hauteui\s diliéreniL£% iitiidis que, dans nos échantillons nombreux, de m^^me q<,ie dartià ceu:: communiqués par mon savant ami Desmazières^ ces ramcaiiz, ù rexception des filamens en crosse qui les dépassent de la maîil«bre la plus élégant^, s'jirretent tous à une même hauteur, et sont çonséquemment fastigiés. En a^ b y ç , les sporidies sont figurées globuleuses, tandis qu'elles ressemblent beaucoup plus à la fig. ai, qui les montre un peu obi orgues. Quant à la synonymie donnée par Fries, je ne l'ai point rap- portée, bien que je penche avec lui à l'admettre, presque com- plètement convaincu que je suis des anamorphoses variées et innombrables des espèces de cette tribu. 80. °\ Myicotricluun œruginosum Monîag. : spîiaericuiîî, filjiis cœspitosis e ■eentro divcigenti-ramosis fiagilib'jspulvercaîruî^inoso conspcrsis, aliis bievihus fastigiatis, aliis cbiigatus simpUcibus suLiiluis ! sporidiis coj;- gluti'nalis ^jpUucidis snl)glubusis. lixs. Nob. ji. 999. ç, 3»«ONTAaKE^ »-* Cryptogames noupelles de Frmce. ^^ Quelle que soit ma répugnance à établir de nouvelles es- pèces, je ne puis pourtant pas, en conscience, réunir en- semble des êtres dont lo. faciès est si différent. Voisin du pré- cédent par &es. e^ractères généraux, auprès duquel il croît suF des plaques séparées d'un byssus {Mycélium d'un autre cham- pignon?) couleur de soufre, il en diffère par sa forme toujours parfaitement sphérique, par sa grosseur moindre, par ses fila- mens amincis, subulés, droits et jamais roulés en crosse, enfin par la belle couleur verte qu'il doit à l'espèce de poussière dont il est comme saupoudré, le suis d'autant moins po":îé à les çon» fondre, que ces deux productions, nées dans des conditions absolument semblables, puisque je les ai trouvées toutes deux dans la même malle^ ont constamment occupé des plaques sé-r; parées, ne se sont jamais confondues, enfin n'ont jamais offert d'intermédiaires. On m'objectera peut-êtic que cette poussière d'un vert-gai, qui fait distinguer ma p'r^nte au premier coup- d'œil, tient à la couleur jaune-soufre du byssus sur lequel elle se plaît. Mais est-ce cette condition qui entraîne la sphéricité parfaite de l'espèce, et surtout la rectitude et la forme des fila- mens simples? Je me suis assuré que ce byssus ne portait aucune fructifica- tion, afin de détourner de l'idée que ses spores ou ses conidies auraient pu fournir la poussière verte. Quoi qu'il en soit de ces questions que je ne suis pas à même de résoudre aujourd'hui, i'ai cru ne pas devoir passer sous silence une forme aussi re- marquable de ce genr«« EXPLICATION DES PLANCHrS XII ET XIIÎ DU VOLUME V, PLANCHE Xn. Fig. r. a. Jgnrîcus aclhiorlnzus de graûdeiii' natutellej h. le même plus avancé et grossi; c. le même .iu tnilieiide son développement, vu de grandeur natnrelle; d. coupe longitudinale du même; e, une autre coui)e du chapeau pour montrer la disposition des feuillets. Fig. 2. a. Pistitlaria culmigena de grandeur naturelle ; b. la même grossie, Fig. 3. a. Isaiia Friesii grande comme nature ; b. un individu tjès grossi ; c. sommet d'un rameau encore plus amplifié pour montrer les spores qui terminesU les filnmens; d. d. lilamens séparés et terminés chacun par un spore ; c, spores. Fig. 4. a. h. c. Spnridies dn Piiccinia Brassicœ vues à un tiàs fort g: ossissemeut du micios- eopo roniposé et en différens états, 3. 36 c. MONTAGNE. — Cryptogames noupelles de France. Fig. 5. a. Touffe du Cladosporium baciUigerum grossi i5o fois, où l'on voit ea b. by les espèces de chaînes que forment les sporidies; c. forme normale de celles-ci ; d. différentes au- tres formes sous lesquelles on peut les observer; e. filament (Jibra) vu séparément. Fig. 6. Polyporus Lonîcerœ. a. Plusieurs individus de grandeur naturelle sortant de l'é- eorce du Lonîcera pyrenaica L. b. coupe d'un individu très grossi pour montrer la forme, la longueur et la disposition des tubes. , PLANCHE XIII. Fig. I. a. Tubercularia mycophila de grandeur naturelle, croissant sur le Polyporus adus- tus', b. un individu grossi et entier; c. coupe longitudinale du même. Fig. 2. a. -^ganVu^ o^rjo^mw^ jeune et de grandeur naturelle ; 3. le même parvenu au terme de son accroissement et accompagné en c. d'un autre individu plus jeune encore que le pre- mier et coupé en long par la moitié; d. autre coupe du champignon développé, pour faire voir la manière dont les feuillets se comportent envers le pédicule et la cavité dont celui-ci est creusé dans toute sa longueur. Fig. 3. Stictis? lichenicola. a. plusieurs individus de Cladonia pyxldata réunis, où Von voit le champignon parasite, le tout de grandeur naturelle; b. un individu de ce Lichen déta- ché et grossi pour montrer plus clairement la forme des parasites dont son thalîe et même le podetium sont envahis ; c, d, e. cupules du Stictis à diftérens degrés d'évolution et très gros- sies ; /, g, h. coupe verticale des mêmes cupules ; i. thèques et paraphyses tout-à-fait identiques, comme il est facile de ,s'en assurer , avec celles du Parmella scruposa var. bryophila, et vues à un très fort grossissement du microscope composé; k et l. deux étals différens des sporidies contenues dans les thèques. Fig. 4. Tympanis Lonicerœ. a. Plusieurs individus de cette espèce croissant réunis sur un petit rameau mort du Lonicera PetycUmenum ; b. une cupule entière grossie et détachée du groupe et de l'écorce dans laquelle elle est un peu enchâssée par sa base ; c. coupe verticale de cette cupule; d. la même vue à vol d'oiseau; e, thèques filiformes fort longues '^ environnées de paraphyses encore plus longues que je n'ai point représentées) et vues à un très fort grossissement; /. sporidies extrêmement nombreuses et très grossies. Fig. 5. a. Pexiza ardennensis de grandeur naturelle croissant sur un rameau de Rubus JrU' ticosus; b. portion de rameau très grossie, où l'on voit quelques individus de notre champignon c. Pézize très grossie vue de face; d. la même coupée et vue de profil encore enchâssée par la base dans l'écorce du rameau dont elle soulève l'épidermeen se développant; e. thèques et pa- raphyses également très grossies; / thèque vue à un très fort gi-ossissement. G. BENTHAM. — Labiatœ orientales, 87 Labiat^e ORIENTALES HERBARiiMoNTBRETiANi, SBu Lahiolaram spe- cies novœ uel minus cognitœ quas in Syrid et uisid minore collegerunt Gustavus Coquebert-de-Montbret et Aucher- Eloy. Ex speciminibus herbarii Montbretiani descripsit G, Bentham. (i) MONARDE^. I . Salifia (Eusphace) divaricata (Montbr. et Auch.) : caule basi fruticoso pubescente; foliis integris petiolatis oblongis rugosis supra glabris subtus junioribus cano-tomentosis, petiolis ciliatis, floralibus minutissimis subnullis ; panicula nuda divaricata gla- bra glauca;verticillastris a-4-floris,floribus longe pedicellatis; ca- lycibus tubuloso-campanulatis viscoso-pubescentibus, labio su- periore subintegro. Hab. in Cappadocia orientali. (i) En publiant cette notice sur quelques-unes des plantes nouvelles recueillies en Orient par M. Gustave Coquebert de Montbret, qu'il me soit permis de payer «n faible tribut à la mé- moire d'un jeune botaniste auquel j'étais uni par les liens du sang et d'une ancienne amitié, et qui vient d'être enlevé à la science, qu'il cultivait avec ardeur, au moment où des matériaux réunis depuis plusieurs années avec un zèle toujours croissant , allaient lui permettre d'incrire honorablement dans les annales de-la science un nom déjà porté avec distinction par plusieurs membres de sa famille. Fils d'Antoine Coquebert de Montbret, magistrat qui consacra toujours ses loisirs à l'étude de l'histoire naturelle et publia un ouvrage estimé sur l'Entomologie {Illustraûo îconographica insectorum quœ in museis parisinis ohservavit. in-fol. Paris 1 799-1 804) et neveu de Charles Co- quebert de Montbret, membre de l'Institut, dont les vastes connaissances dans toute les branches des sciences ont été appréciées de tous ceux qui l'ont connu, Gustave de Montbret prit facile- ment du goût pour l'histoire naturelle. Des voyages dans la France méridionale, les Alpes et les Pyrénées développèrent ce goût, et la végétation si belle et si variée de ces contrées le portè- rent à s'occuper spécialement de botanique. Il voulut alors profiter de l'indéperdance dont il jouissait pour visiter des pays plus éloigné». Il parcourut d'abord dans l'année i83o la Grèce, la Turquie et une partie de la Syrie ; puis suivant les traces d'un de ses cousins, M. Ernest Coquebert de Montbret, membre de l'expé- dition d'Egypte, comme lui passiotiné pour la botanique et mort à l'âge de vingt ans, victime de ce funeste climat, il explora anssi l'Egypte, si remarquable sous tous les rapports, en recueillit les productions avec soin, puis revint en France où il passa une année à mettre en ordre les ré- sultats de ce premier voyage et à étendre ses connaissances en botanique. Mais bientôt la passion des voyages reprit une nouvelle fore* et l'Oj'ient le rappela B&okgria&t. G. BjiNTHÀM. "^ JLabiaice orientales. 89 4. Sahia (Eiispliace) cœspitosa (Montbr. et Auch.) : caiile basi fruticoso ramosissirao ; ramis adscenclentibiisbrevibiis dense fo- liosis; foliis pinnatisectis, segmentis 3-4 jn gis oblongis dentatis utrinque toraeritoso-pubesceïîtibus villosisque ; petiolis ciliatis birsutisve foliis floralibusintegris ovatis coloratis calyces sequan- tibus ; racemis brevibus densis; calycibus campanulatis coloratis \iscoso villosis, îabio superiore integro vel minute tridentato. Hab. in Monte Saru-tchilchek in Cappadocia orientali* Habitns S. rosœfoliœ sed calyce aliisque notis dlversa. Rami numéros! 4-6 pollicares. Petioli basi dilatati in ramis vetusîis persisteutes. Pubesceotia fo- liorura mollis subcanescens.Foliorum superiorum petioli et rachis saepe dilatati et gradatim in folia floralia merabranacea abcunt. Flores pauci subcapitati. Corolla ampla sesquipollicaris piilchra caeruica extus pubescens. Genitalia Euiphe^^ cearum. Nota. Cette espèce se place après le S. roscefoUa Sm. Bcnth. Lab. 212. 5. Sahia (Eusphace) bracteata Russ. Benth. Lab. 21 3. Hab. circaAlep. Biffert ab exemplaiibus Russeliauis caille ramosiore subpaniculato, foliis ple- rumque triscctis, sed eadem species videtnr. Herba praesertim apice viscosa» Çaii-' lis pilis nonnulis patentibus rigidis hispldus et viscoso-pubescens. Foliorum seg- mentum ultimum maximum, lateralia minora. Calycis labium superius longius , breviter tridentatum , inferius bifidum (nec. ut in Benth. 1. c. errore typogra- phico 4-dentatum,) 6. Salifia (Eusphace) suffruticosa (Montb. et .Auch.) : ramis adscendentibus glaberrimis subglaucis; foliis distantibus pinna- tisectis, petiolis ciliato-hirtis, segmentis 3-7 sessilibus oblongis dentatis terminalimaxirao, utrinque pubescentibus; foliis flora- libus ovato-acîiminatis subincisis, calyce brêvioribus; verticil- lastris remotis 2-6-floris; calycibus campanulatis hirtis, Iabio su- periore brevissime tridentato. Hab. ad Akdog in Tauro orientali. Affinis S. incarnatœ et scabiosœfoliœ. Habitus prioris at diversa foliis caly- cibusque. A S. scabiosœfolia difîert foliis caulinis minus dissectis, segmentis la- tioribus, calycibus foliisque floralibus minoribus, etaliis notis. Corolla ampla'fere S. scabiosœfolia. 4o g: bentham. — Labiatœ orientales. 7. Sahia (Eusphace) pilifera (Montb. et Aucher) : ramis gla- berrimis subglaucis; foliis distantibus pinnatisectis, petiolis longe ciliatis, segmentibus 3-5 lato-ovatis duplicato-crenatis terminali maximo basi subcordato , junioribus pilosis rugosis demum gla- bratis membranaceis, floralibus ovatis acuminatis calyce subse- qualibus; verticillastris 2-6-floris distantibus; calycibiis pedicel- latis amplis campanulatis hirtis, labio superiore breviter tri- dentato, dentibus omnibus acutissimis. Hab. ad Akdog in Tauro orientali. Ab affine S. scahiosœfolia distincta prsecipue foliorum segmentis paucis saepe pollicem latis. Calyces 8-io lin. longi, fructiferi latissimi atnon membranacei. GoroUa fere S. Linkianœy tubo minus amplo quam in S. scabiosœfolia^ calyce yix duplo longior. Nota. A cause du calice cette espèce termine bien la section des Eusphace^se rangeant après le S. scabiosœfolia. - 8. Salçia (Hymenosphace) euphratica (Montb. et Auch.): frutico- sa ramosissima; foliis petiolatisovato-oblongisbasisubcordata vel utrinque segmento parvo auctis, crenatis rugosissimis tomentoso- lanatis villosisve, floralibus ovatis acuminatis, calyce plerumque brevioribus; racemis secundis; verticillasîris 2-4-floris; caîycibus sessilibus ampîis campanulatis, labiis membranaceo-dilatatis su- baequalibus, supremo integro apice recurvo, inferiorebilobo. Hab. in Cappadocia orientali. Species calyce et villositate valde variabilis. Rarai nunc laxe lanati nunc vil- losi , nunc prsesertim floriferi glaberrimi glauci. Foîia caulina constanter to- mentoso-Ianata vel villosa, floralia inferiora nonnuuquam caulinis conformia (at sessilia), superiora saepe colorata Isevia venosajnunc glabeirima glaucanunc la- nata vel villosula. Calyces semipoUicares vel pollicares et ultra, inferne atte- nuati vel a basi amplissimi, glaberrimi glauci lanati vel vilîosi, virides vel pur- purasccntes. Gorollae tubusamplus magniludiue et forma 5. .rchioscpfolice. Nota. Cette espèce , fait le passage àes Hymenosphace à tcL.iies pinnées à ceux à feuilles entières et devra se placer entre les S. acetahulosa et po- mifera. 9. Salpia (Hymenosphace) crjpiantha{M.on\h. et Auch.) : suf- fruticosa humilis; foliis îongè petiolatis ovatis obloigisve basi subcordatis rugosis, junioribus albo-tomentosis, floralibus ovatis G. BENTHAM. »— Labiaîce orieniale$l 4i acuminatis calyce dimidio brevioribus; verticillastris 4-io-floris^ parum distantibus; calycibiis subsessilibus basi striatis, labiis amplis, membranaceo-dilatatis , venosis, superiore integro vel obscure trilobo, inferiore dimidio minore bilobo. Hab. in Gappadocia orientali. "Nota. Cette plante doit avoir beaucoup de rapports avec le S. multicaulis Vahl, que je ne connais que par la description de cet auteur. Il paraît cependant en différer par les feuilles florales {hracteœ Vahl) larges et non lancéolées, et par la grande inégalité des deux lèvres du calyce, qu'un auteur aussi exact n'aurait pas manqué de décrire. Les corolles, dans les échantillons que j'ai sous les yeux, sont à peine plus larges que le calice, mais la floraison en est peu avancée et les calices ont déjà acquis une partie de leur développement ultérieur. 10. Sahia (Hymenosphace) molucella Benth. Lab. 216. Hab. circa Alep. • Calyces juniores piloso-hispidi. Labia saepissime purpurascentia , superius in- tegrum vel obscure trilobum. Gorolla calyce florifère vix duplo longiorj labio superiore, ut in omnibus Hymenosphaceis medilerraneo-pouticis erecto, nec ut in Capensibus falcato-compresso. 1 1. Sahia (Horminum) Forskalii Lin. — Benth. Lab. 221. Hab. prope Alep. 12. S. (jEthiopis) syriaca Linn. — Benth. Lab. aaS. Hab. circa Alep. i3. Sahia {E^Ûiioi^i?,) candidissimaNM. - — Benth. Lab. 224. Hab. prope Besnie in Asia Minore orientali. 14. Salna (^thiopis) sclarea Linn. — Benth. Lab. 224. Hab. prope Smyrnam. i5. Salifia (^thiopis) staminea (Montbr. et Auch.): caule her- bacée, erecto, laxi , glutinoso-villoso basi sublanato ; foHis infi- mis petiolatis ovatis basi rolundatiscordatisve, superioribus am- plexicrtalibus minoribus , omnibus eroso-dentatis rugosissimis utrinque laxe sublanatis, floralibus latissimis obtusis persisten- 43 o. BENTHAM* -^ LabiatCB orientales. tibiis, Galycesiîbbrevioribus;racemis parce ramosis; verticillas- tris dense 6-io-floris; calycibus campanulatis hispidis, labio su- periore tridentato, inferiore bifido , dentibus omnibus erectis acutis ; corollis calyce subduplo longioribusj genitalibus exsertis* Hab. in Cappadocia orientali. Habilu Plethosphaceis, characteribus S.^thiopidl&^ms;sh hac differt prée- cipue panicula virgata, parum ramosa, foliis floialibus muticls, caljcibus mino- ribus, minus acutis et genitalibus exsertis. Verticillastri juniorcs approximati, demum distantes. CoroUa S. jEthiopidis. i6. SaMa (^thiopîs) Mthiopis Linn. — Bénth. Lab. 227. Hab. in Cappadocia orientali. 17. Salvia (^Ethiopis) uerbascifolia Bieb. — Bentb. Lab. a 2 7. Hab. in Cappadocia orientali. 1 8. iSa/wa(iEthiopis) Ifo/z^^re/iV (Bentb.): suffriiticosa; câuîibus erectis, basi albo-îahatis, apice viscoso-villosis ; foliis lanceoJatis, infimis in peîiolum angiistatis , superioribus cordato-amplexi- caulibiis, omnibus crenulatis vel remote et obscure-pinnatifido- dentatis, rugosissimis supra laxè sabtus dense albo-ianatis, flo- ralibus latissimis acutis concavis persistentibus calyces superan- tibus, subtus albo-Ianatis ; racemis simpîicibus ; verticillastris dense 6-io-tloris; calycibus breviter pedicellatis; oblonge tubu- losis striatis viscoso-pubescentibus , labio siiperiore tridentato, dentibus omnibus brevibus acutissimis erectis; corollis calyce dupîo longioribus. Hab. ad Antab in Syria septentrional!. Specics affinis S. lanatœ sed cah^cibus foliisque florallbus diversa. Foba cau- lina pleruraque angustiora, Pluribus notis etiain S. canescenti haud dissimilis, sed folia caulina angustiora rariuslobaîaj floraîia majora et inflorescentia calyces- que diversa. Corolla fere 5. lanatœ. ig. Sah'ia (^Ethiopis) ceratophylla'L. — Benth. Lab. 229. Hab. in Cappadocia orientali. 20. Salvia (Plethiosphace) Sibthorpii Sm.^— Bentb. Lab. 236. Hab* prope Erzeroura. G. ï^NTHAM. -^ Labiatœ orîentaîëÉ, %% 21. Saîvîa (Hemisphace) perticillata L. -*- Bentîi. Lab. 3ii. 11. Sabîa (Hemisphace) napîfolia Jacq. •— Benth. Lab. 3i i. Hab. ad Antab in Syriâ septentrionali. a 3. Zizîphora acutifolia (Montbr. et Auch.): foliis ovatis acu- tissîmis basi angusjt^atis pubescentibus, floralibus conformibiis , verticillastris distinctis axillaribus subsexfîoris, calycibus bre- viter pedicellatis pubescentibus apice attenuatis. Hab. propè Alep. Affinis Té. hispanicœ et Z. acinoidi; ab illa differt floribus pedicellatis, ab hac caîycibus vix pilosis apice elongatis magis attenuatis^ ab utroque foliis angustio- ribus acutissiinis|; a Z. tenuiori divérsa praecipue latitudine foliorum. 24. Ziziphoraccqyitata L. — • Benth. Lab. Saa. Hab. circa Alep, et in Tauro orientali. 35. Zîziphora tenuiorJu, — Benth» Lab. 822. Hab. propè Alep. 26. Zizîphora taurina Bieb. — Benth. Lab. 323. Hab. ad muros arcis Pergami. SATUREINE^. 27. Amaracus cordifoUus (Montbr. et Auch.): fohis sessiUbus cordiformibus ramisque glaberrimis ; calycis labio superiore or- bicûlato-brèviter tridentatô, iii6eriofé minore bifido. Hab. in insulâCypro. Species inter Amaracos et Origana ferè média, sed prioribus affinior habi- tu , calycis labio superiore multo majore vix denîato et fauce intus nuda. Ab A. Tournefortii difFert foliis iiicutis ramis elongatis , racemo subsimplici laxiore, corolîis minoribus et calyce ; ab Origano sipyleo foliorum forma , ramis sub- SimpVicibus, râciemo multifloro, calyce eîcorolla. 44 Cr, BENTHA.M, — LaHatco orientales* 28. Satureia cuneifolia Ten. fl. Nap. I5I^ a. glabriuscula vel apice scabro-hirta. — .S.77^07^^t^;2<3evar.Benth. Lab. 353. — S. ohovata Lag. — S, hyssopifolia Léon Dufour. Hab. ad rupes montis Tauri. j3. tota hispida. — iS*. virgata Vis. — Benth. Lab. 353. — S, interme- dia C. A. Meyer. Enum Pi. cauc. casp? Hab. propè Trebizondem. y. angustifolia , foliis glabris minus rigidis, caule hirsuto. Hab. in regno Ponte, Asiae Minoris. Nota. Cette espèce ne diffère du 6'. montana que par ses fleurs plus petites et ses rameaux allongés. Peut-être n'en est-elle qu'une variété. 29. Satureia Thymbra L. — Benth. Lab. 354- Hab. propè Pergamum. MELISSINEiE. 30. Melissa graiidi/lora L. — Benth. Lab. 394. Hab. circa Constantin opolim. 3i. Thymbra spicata Linn. — Benth. Lab. 4i3. Hab. in planitie propè Brousse. SGUTELLARINE^ 32. Scutellariaorientalis^pinnatifidalÂïva. — Benth. Lab. 423. Hab. prope Trebizondem. 33. Scutellaria pectinata (Montbr. et Auch.) : suffruticosa; ramis adscendentibus incano-toracntosis lanatisYe, foliis petiola- tis lanceoiatis basi cordatis inciso-dentatis vel pectinaio-pinna- tifidis utrinqiie villoso-tomentosis incanis vel sublusalbo laijatis, flûraiibus ovatis integerrimis imbricatis subtus ianatis; spicis oblongis tetragonis. Hab. prope Trebizondem. G. BEJNTTHAM. *— LabiatcB orientales, 45 Gaulis et folia fere S. fruticosœ, at folia angustiora. Spica fere S. orientalis sed magis tomentosa. Gorollse magnae purpureae. 34. Scutellariafruticûsa Desf. Benth. Lab. 424. Hab. propè Alep. 35. Scutellaria sàlviœfolia Benth. Lab. 433. Hab. ad Akdog în Tauro orientale Folia parva basi saepè rotundata, inferiora nonnumquam cordata. 36. Scutellaria heterophylla (Montbr. et Auch.) : caule de- cumbente, basiramosissimo;ramis tomentosiusculis; foliis infe- rioribus petiolatis ovatis rugosissimis, mediis oblongis longe pe- tiolatis nigosiusculis, superioribusfloralibusque sessilibusoblon- go-linearibus subintegerrimis, omnibus utrinqne pallidis viri- dibus subcanescentibus ; floribus axillaribus oppositis secundis, supremis approximatis. Hab. ad Antab in Syria orientali. Rami purpurascentes. Folia parva. Corolla flava (?) magnitudine iS. galericu- latœ. Nota. Cette espèce appartient à la section Galericiilarîa, quoique par le port elle ait plus de rapport soit avec les Lupalinœ, soit avec le 5'. Unearis parmi les Stachymacrls. Elle devra donc commencer les Galericularia avant le S.an- gustifolia. NEPETEiE. 37. iVlepé'fa(Pycnonepeta) betonicœfoliaC A. Meyer. — Benth. Lab. 481. Hab. in Cappadocia orientali. Nota. Cette espèce se trouve mieux placée dans les Pycnonepeta à côté du 2V. supina Stev. {N. fissa Benth. Lab. 47 1 . non Meyer) que dans les Catarïaj •ù je l'avais classée à cause de sa ressemblance avec le N. grandiflora. Les brac- tées sont souvent aussi longues que le calice. 38. ISepeta (Stegionepeta) italica Linn. — Benth. Lab. 474- Hab. ad Pergamum in Tauro orientali et ad Antab in Syria sep- tentrional!. 39. Nepeta (Stegionepeta) erinita (Montbr. et Auch.) : ereeta ; caille tomeutoso pubcscente; foliis breviter petiolatis ovatis ob- tusis grosse crenatis basi corcUiûs utrioque moUiter pubescpnti- bus; verticillastiis densis paucifloris, inferioribus remotis, supe- rioribus approximatis; bracteis calyces sequantibus denîibusque calycinis longe subuiati^; coroila îubo deiUibus caiyçini.s vix longio»e. Hab. ad Akdag, in ïauro orienîali. Habiîus N. dUkmtis, sed cUversa folioruiii forma, Lracteis et denlibus ca-- îyciBis* 4<^. Nepeta (Stegionepeîa?)^^o/f3^/«to(MGRtbr, et Aneh.): ads* eendens, piibesc^ns; foliis breviter petiolatis ovato-rotimdis cre- natis basi cordalis, inferioribus subaîjriculaîO-lobatis.superiori- bus sessilibus remotis; verticillastris densis remotis; bracteis ca- lyce dimidio brevioribiis; calycis ovati pid3esceîUis ore obliquo; dentibus lanceolatis acutis; corollis calyce subtriplo longioribus. Hab. in Cappadocia oriental!. Nota. Cette espèce a des rapports, d'ua côté, avec les N. distans et ruderuUs parmi les Stegionepeta, et d'uu autie avec les N. sepiemcrenaiaj longiflora tt autres parmi les Macronepetaj mais elle paraît avoir toutes les cimes constam- ment sessiles. 4i. Nepeia (Macronepeta) fissa C. A. Meyer. — Benth. Lab. 483 (N. laxa.) et 737. Hab. in Cappadocise orientalis vallibiis humidis. ko., Nepeta (Orthonepeta) nuda L, ^ parnjïora Benlh. I.ab.486. Hab. ad Pergamum. y vîllosa , foliis rugosioribus. Crescit ad Antab in Syriâ septentrional!. 4^. Nepeta (Oxinepeta) heliotwp^fQlia. Lani. ^^ Bftnth^ 4B9. Hajb. io Cappax^loeia orientali. c». BEKTHAM. — Labiatm orientales; 4^ 44. Dracaœphalum (]Vîpîdavica)/?t?/toto7;z L. --Bentîi Lab4^7. Hcji?. ad Akdag io Tauro oriental! 45. Dracocephalam (Moldavica) Ihericum Bieb.—Benth. 497- Crescit inter Alep et Aïitioahutp. 46. Dracocephakim ( Moldavica ) canescens L. — Benth. Lab. 497- Hab. in Armerr.â. 47. Dmcacephaïmii (Moldavica) mulHoaule(M.onthf.^tku.i:\\.)i î'amis basi iVtitieosa îîiirqêiosis adsceiidenlibus basi piibefr- centibus, foliis bî-eviter petiolatis lanceolaris (ofiiîîibos ? ) irit<*- gerrimis j'jnioribus cano-pubescentibus floraiibus eonforaJibus; vertiçilïasîî'is pauçifloris ser^undisracemosis; bracteis lanceohtis jnteg^rîirjis arisiatis 5 caljqe bilabiaîOj labio siiperiora h^fe tri' deiittaîo , inferiore li'ildo; cCsollis amplis piibescentîbuscaljce s..^ il. !o lo!!^ioribus. ii-êXy ii(-l ÏLechickdag monîem io Armeoia, yali<3 jJiiuis .û.peregrino sed pubescenda et foliis (in exemplaribus suppe- U*.ib:::) coiascntor iategerrimis diffcre videtur. SïACHYDEiE. 48. Lamium (Lamiopsis) multifidwn L. = — Benth. Lab. Soq. Hab. in Armenia. 49. Lamium (Lamiopsis) veronicœfolium Bentb. Lab. 5io. Hab. 'ad Kecbickdag Armeniae montem. Folia floralia caulinis majora , peliolo sœpe dilatato. Verticilîastri 2-6-ffon. CojoUse galea villosissima intégra. 50. Lamium (Lamiopsis) reniforme (Montbr, et Auch.): gla- brum, foliis longe peîiolatis reniformibus inciso-crenatis basi late-subcordalis; verticiliastris 2-6-floris; calycibus glabris denti- biis lanceolatis aciitis ; corollis calyce quadnipîo iongioribus , îubo recto vel basi vix reciirvo adscendento iptus ruidq^ ^^ka 48 G. BENTHAM. — LaUatcB orientales. ovata pubescenti apicebifida, fauce amplissima, lobis lateralibus dente brevi apiculatis, antheris hirsutis. Hab. in montibus regionis Lagisthan inter Baihout et Trebi- Kondem. Hatitus Z. veronicœfolii , dlffert prœcipuè corollœ galea minori, appendice brevi obtusa, breviter bifida aucta. 5i. Lamium {\j3Lm\oty]^\\s) crinitum (Montbr. et Auch.) : foliis ovatis cordatis rugosis villosis; dentibuscalycinissubulatis plu- mosis corollae tiibo longioribus; corollœtubo intus piloso annii- lato recurvo-adscendente, fauce subdilatata, galea oblonga, lobis lateralibus dente brevi subulato appendiculatis j antheris hir- sutis. Hab. in Cappadocia orientali. A i. tomentoso difFert corolla tenuiore et dentibus calycinis pluriès lon- gioribus. 52. Stachjs (Betonica) grûndiflora Benth. Lab. 533. Hab. in montibus Lagisthan inter Baihout et Trebizondem. 53. Stachys (Eriostachys) Montbretii (Benth.) : herbacea erecta, molliter villosula; foliis ovatis vel ovato-lanceoîatis crenatis utrin- que viridibus viliosis, floralibus basi dilataîis lanceolato-acumi- natis flores siiperantibus; verticillastris dense multifloris distan- tibus; bracteis lanceolatis subulatisve calyces9equantibus;calycis tubulosi molliter villosi dentibus rigidis lanceolato-subulatis subspinosis vix insequalibus. Hab. ad basim montis Olympi Bithyniae. Habitus fere S. germanicœ et S. alpince. Folia floralia superiora majora latiora etatota sectione difFert calycibus 8-6 lin. longis, dentibus rectis, supremo vix la- tiore. Corolla S. germanicœ sed dentibus calycinis vix longior. Nota. J'avais déjà vu cette espèce dans les collections de Sibtborp et autres , mais en mauvais état. Elle a les calices de quelques Betonica et devra se placer au commencement delà section Eriostachys. 54. Stachys (Eriostachys) heraclea AU. p lutea Benth. Lab. 534? Hab. propè Pergamum. G. BENTHÀM. — Lcibiatoe orientales. 49 Nota, Les échantillons diffèrent du type de l'espèce ainsi que de la variété ci- tée, par la tige plus élevée et les feuilles plus grandes. Peut-être forment-ils une espèce distincte, mais ils sont si peu avancés que je n'ai pas osé les décrire comme tels. 55. Stachys (Eriostachys) rupestris (Montbr. et Aiich.) : suf* friiticosa humilis, viscosa; ramis pilosis; foliis ad basim ramorum approximatis petiolatis lato-ovatis obtiisis crenatis basi cordatis rugosis utrinque viridibus, villoso-pubescentibus ; verticillastris 6-io-floris; bracteis linearibus calyce parùm brevioribus; calycis tubuloso-campanulatisubincurvi dentibus acutissirais in labia 2 irregulariter dispositîs; corollis vix pubescentibus calyce dimidio longioribiis. Hab. in rupibus Tauri orientalis. Affinis S. molUssimœ et S. Swainsoni. Gaules vetusti obtecti petiolis foliorum detritorura. Folia longe petiolata ad basim i-amorum floriferorum vix semipeda- lium. Folia floralia conformia at vix petiolata calyces parum cxcedentia. Calyces demum fere 6 \\n. longi. Corollse S. moUissimœ. Nota. Cette espèce devra se placer entre les iS. molllssima et S. Su^ainsonl. Le S. pumila, au contraire, quoique très voisin par le port, est dépourvu de brac- tées et serait mieux placé à la fia des Ambleia. 56. Stachys (Eriostachys) italica M'il. — Benth. Lab. 536. Hab. frequens circa Constantinopolim, in Cappadocia orientaîi, Syria, etc. 57. Stachys (Eriostachys) germanica L. — Benth. 536. Hab. in montibus prope Erzeroum. Nota. C'est une variété très remarquable qui se rapprocbe à quelques égards du S.jloccosa Jacq. (Benth. Lab. 7^9); mais le duvet laineux c&X beaucoup moins épais et les fleurs sont celles du S. germanica. 58. Stachys (Stachyotypns) arabica Hornem. — Benth. LâB. 546. Hab. prope Alep. 59. Stachys (Olisia) viscosa (MoDtbr. et Auch.): herbacea, pe- rennis, decumbens, \iscoso-pubescens; foliis lato-ovatis grosse crenatis basi cordatis utrinque viridibus ; verticillastris 4-io- YI. BoTAîf. — Juillet. 5o G. BENTHAM. — JLabiatcB orientales, floris distantibus, subsecundis ; bracteis minutis; calycibus cam- panulatis, dentibus lanceolalis acutissimis tubum corollae supe- rantibus, corollae labio inferiore maximo. Hab. in convalle Euphratis superioris. Nota. Espèce très distincte que Ton pourrait placer après le S. spinulosa. Fleurs jaunâtres. 60. 4S'toc^x^(Ghamœsideritis) subnuda (Montbr.et Auch.): her- bacea, pubescens vel glabriuscula ; caulibus erectis virgatis ra- mosis ; foliis parvis yemotis petiolatis, caulinis oblongis siibcre- natis, floralibus calyce brevioribus; verticillastris 2-6-floris remotis, bracteis minutis subnullis; calycibus breviter campanu- latis, dentibus lanceolatis subspinosis erectis subaequalibus, co- rollis leviter pubescentibus, tubo dentés calycinos parum exce- dente. Hab. ad Euphrateni superiorem et circa Erzinglian in Ar- menia. Rami juncei tetragoni virides. Folia caulina vix 3-4 lin. longa vel perpauca subpoUiicaria, radicaîia (et inferiora?) lato-oyata 3-4 lin. longa. Flores fere S. rectœ. Corollae exsicatas ochroleucse. &i.Stachys (Chamassideritis) arenariaYai\A. — Benth.Lab. SSy. — Var. pusilla parviflora. Hab. inter Antab et Besmie, in Syria septentrionali. Nota. C'est peut-être une espèce distincte, mais les échantillons soûl trop jeu- nes pour en fixer les caractères. 62. 5tocA/^ (Chamaesideritis) ramosissima (Montbr, et Auch.)? annua, humilis, divaricato-ramosissima, molliter cano-villosa; fo- liis oblongis obtusis basi angustatis integerrimis vel inferioribus petiolatis subdentatis , floralibus conformibus flores superanti- bus ; verticillastris subsexfloris distinctis ; calycibus tubulosis molliter viliosis, dentibus 5- 10 subulatis recurvis spinosis corol- lam subaequantibus. Hab. in Cappadocia orientali. Species distinctissima etsi S. arenariœ affinis. Herba 4-6-pollicaris, ramis fere a basi floriferis. Calyces longiores 5 corollae (purpurascentes) minores quam in S^ arenariçit G. BENTHAM. — hahiatœ orientales» 5i 63. iStocAy^ (Chamsesideritis) ^afz^re/ozc^e ^(Montbr. et Auch.): annua, humilis ramosa, glaberrima vel apice pubescens ; foliis obloiîgis linearibus basi angustatis iiitegerrimis paucidentatisve, floralibus conformibiis, snpremis flore brevioribus; verticillas- tris 2-6-floris distantibus; calycibus tubulosis glabriuscuîis, den- tibus subulalis acutissimis subspinosis demum recurvis ; corollis extus leviter pubescentibus tubo breviter exserto. Hab. prope Antab, in Syria septentrionali. A S. angustifolia differt statura bumili, foliis latioribus et calycibus tenuio- ribus, a S. ramosissima ramis tenuibus foliisque inferioribns glaberrimis, co- rollis longioribas, calycibus minoribus et aliis nolis. Corolla; (rubrae) S. angus- tifoliœ. Nota. Ces deux espèces se placent entre les S. arenaria et angustifolia. Toutes les quatre ont souvent des dents accessoires au calice comme dans les Bal- lota et Leucas , dont elles diffèrent par le port et par la lèvre supérieure de la corolle moins voûtée. 64. Stachj-s[(Amh\eia) /loribunda (Montbr. et Auch.) : suffru- ticosa humilis, canescens; fohis ad basin ramorum approximatis longe petiolatis ovatis obtusis, basi cordatis, rugosis utrinque cano-tomentosis , floralibus sessilibus flores aequantibus; \erti- cillastris paucis multifloris, bracteis minutis subnuUis; calycibus tomentoso-pubescentibus, dentibus lanceolatis mollibus muticis tubo subdimidio brevioribus. Hab. in rupibus supra Antiochum. Habitus S. rupestris sed cano-tomentosa nec pilosa et inflorescentia floribus- que diversa.JRami floriferi numerosiores subsimplicesf; verticillastri 6-12 flores Z-5 gerentes. Calyces vix 3 lin. longij corollœ flavae, tubo dentés calycinosnon excedente. 65. Stachys (Ambleia) pumila Russ. — Benth. Lab. 535 :suf- fruticosa humilis, canescens ; foliis ad basin ramorum approxi- matis longe petiolatis ovatis obtusis basi cordatis rugosis utrin- que cano-tomentosis, floralibus sessilibus flores subaequantibus; verticiilastris paucis multifloris, bracteis minutis subnullis ; ca- lycibus campanulatis glabriuscuîis, dentibus lanceolato-subulatis muticis tubo subaequalibus. Hab, prope Antiochum. 4. 64 G. BENTiiAM. ' — Labiatœ orienîales. Habitus omnino ^S*. florlbundœ sed calycibus divcrsa. CoioUie (flavescentes ? ) dentés calycinos parum excèdcntcs. Calyces fcre 4 lin. longi. Nota. Ces deux espèces se trouvent séparées du S. rupestris et de la section des Eriostachys par l'absence des bractées et des poils laineux. Elles ont utt port un peu différent des autres Ambleia qui les rapproche un peu des Ziete-^ nia. Il faudra donc les insérer à la fin des Ambleia après le S. integrifolia. 6'6. Stachjs {Z\elemd^)lavanclïiî(jefolia Vahl. — Bènth.Lab.563. Hab. in Tauro orientali. 67. Siderdis{Eïm^Qàoc\eix) lïhanotica Labill. — Benlh. Lab. SyS: suffruticosa, caule basi lanato; ramîssimj3licissimisglabris; foliis oblongis basi aiigiistatis rigidis venoso-reticolatis utrinque viridi- bus vei laiia laxa canescentibus , floraîibus late cordatis aciimi- natis calyces vix superantibus; verticillastris remotis; calycispu- bescentis dentibuâ lanceolatis spinosis. Hab. in Syria. 'Nota. Les échantillons répondent parfaitement à la figure et à la description dé Labiilardïèré , et prouvent que l'espèce est réellement distincte du 5. pul~ ïiilàns. 68. Sideritis (Empedoclea)/7é'A/b/7«to Linn. — Benth. Lab. 576. Hab. ad Andryanite. TJne autre plante non encore fleurie provenant de la même localité a évidem- ment des rapports avec le S. -perfoliata ^ixh elle est plus grande et beaucou'p plus laineuse. Au reste les échantillons sont trop jeunes pour les décrire. 69. iS^'^erîWô- (ïfesiodia) lanàtalÀXiii. — Benîh Lab. 582. iïab. propè Siïiyrriàm. 70. Sideritis (Hesiodia) purpurea Tc^b. — Benth. Lab. ']l[i. 71. S. (Hesiodia) montana L. — Benlh. Lab. 583. Hab. ad Constantinopolit'em, Alep, et in Cappadocia orientali. 72. S. (Hesiodia) remota D'urv. — Benth. Lab. 583 ? Hab. in Monte Sypylo et ad Odessam. Nota. Les échantillons sont jeunes, et je ne puis déterminer avec certitude s'ils appartiennncnt au — Benth. Lab. 636. Hab. in Asiâ minore orientali. 83. Eremostachys macrophylla (Montbr. etAuch.): foliis am- plis ovatis grosse crenatis; calycis basi tubiilosi pilosissimi limbo maximo dilatato reticulato villoso, brevissimè 5 mucronato, co- roUam superante. Affinis E. mollucelloidi. Folia caulina similia sed duplo majora, floralia sub- sessilia, orLiculata nec acuminaîa, profunde dentaîa, utrinque villosa, supra vi- ridia subtus subcaaescentes. B.acemus pedalis, densus. Bractcae subulatae, calycis tubus et rachis racemi pilis longis densissime obtecti. Calyces maguitudine E. niolucelloidisy limbo utrinque villoso. Gorolla lainor. Nota. Cette plante terminera la série des espèces de ce beau genre. 84. Molucella lœvis Linn. — Benth. Lab. 639. Hab. inter Pergamum et Smyrnam. AJUGOIDEiE. 85. Teucrium (Teucris) orientale L. —Benth. Lab.887. Hab. in Cappadocia orientali. Var. «. villosura. — In Armenia. 86. Teucrium (Teucris) -parviflorum Schreb. — Benth. Lab. ^Çiè. Hab. circa Alep. 87. Teucrium (Teucris) rnulticaule (Montbr, et Auch.) : suffru- ticosura, ramis erectis glabriusculis vel tomentoso-pubescenti- bus ; foliis profunde trihdis, laciniis integerrimis oblongo linea- ribus m- t'gine revolutis subtus subcanescentibus ; pedunculis solitariis axillaribus unifloris folio subbrevioribus; calycibus cam- panulatis éequalibus, laciniis longe lineari-lanceolatis vix canes centibL . — T. pseudo-chamœpytis Benlh. Lab. 870. (quoad exempkria Alepica.) Hab. ad Aleppum et in Asia minore orientali. G. BENTHAM. ^— Lahiatœ orientales, 55 Vix a T. africano difFert ramis minus incanis, pedunculis omnibus simplici- bus, floribus duplo majoribus, laciniis calycinis îongioribus et coroUis extus vil- losioribus. A Teucrio Pseudo-ckamœpithydi diversa canescentia, caulibus mi- nime pilosis et floribus minoribus, Nota. Espèce intermédiaire entre les T. africanum et pseudo-chamœpi- thys ; je l'avais confondue avec ce dernier, mais d'après les nombreux échantil- lons cueillis par M. de Montbret , qui sont parfaitement conformes à ceux de Russel , elle en paraît constamment distincte. 88. Teucrium (Stachyobotrys) hircanicum Tu. — Benth. Lab. 673. Hab. ad Trebizondem. 89. Teucrium (Stachyobotrys) lamîifolium (Diirv. Enuni. PI. Archip. inMem. Soc. Lin. Par. i. 320.): herbaceum, suberectum, viîlosum ; foliis ovatis basi cordatis rugosis villosis subtus subca^ nescentibus; racemo simplici denso ; verticillastris œqualibus sexfloris, braeteis sessilibus subulatis calyces superantibus ; ca- lycibus bilabiatis, dente supremo maximo, T. Arduini Sm. et Sibth. FI. Gr. vol. 6. t. 55i. non Linn. — Benth. Lab. 873) ex parte.) Scutellaria cretica Linn. Hab. in monte Olympo Bithyniae. A 2\ Arduini differt hirsutie, foliorum forma, braeteis angustioribus longio- ribusque, floribusque minoribus et calycis dente supremo majore latiore et oblusiore. Nota. A l'exemple de Smith, je l'avais confondu avec le T. Arduini , mais il en est certainement distinct quoique très voisin. Les échantillons de Dalmalie appartiennent au véritable T. Arduini. 90. Teucrium (Ghamaedrys) leucophyllum (Montbr. et Auch.): suffriiticosum ; ramis suberectis albo-tomentosis ; foUis oblongis denticulatis utrinque incanis, floralibus integerrimis; verticillas- tris 2-6«floris racemosis; calycibus subsessilibus tubuloso-campa- nulatis incanis, dentibos lanceolatis subœqualibus. Hab. in regione Euphratis superioris. A descriptione T. cani Fisch. et Meyer non difFert nisi herba tomento brc- vissimo nec villo molli canescente et calycibus subsessilibus. An rêvera distincta species ? Nota. On doit placer cette espèce avec le T, canum à la fia des Chàmœdrys formant le passage aux Polium. 56 G. EENTHAM. — Labîatœ orientales. 91 . Teucrium (Polium ?) Month/'etii Benth. : suffraticosum, pro- cumbens, tomentoso-pubescens; foliis lato ovatis crenatis basi truncatis utrinque molliter pubescentibus, floralibus bractcœfor- mibus ; verticillastris in capitulum oblongum condensatis ; caly- cibus hirsiitis iiutantibus subsequaliter 5-dentatis. Hab. inter rupibus ad basim montis Cassii in Syria septen- trionali. Planta liumilis ramosissima. Folia iis varietatum nonnullorum T. jla\^i taud dissimilia. Racemus capituliformis vix poUicaris hirsutus. Corolla parva fere T. Polii. Calycem defloratum non vidi. Nota, Cette espèce paraît d*abord avoir plus de rapport avec les Chamœdrys qu'avec les Polium ; cependant elle a (du moins au commencement de sa fleu- aison) les têtes de fleurs serrées des Polium et devra se ranger provisoirement au commeBcemcnt de cette section. 92. Ajuga (Bugala) orientalis Linn. — Bentb. Lab. GqS. Hab. in Syria. 93. Ajuga (Chamaepithys) Laxmanni. Benth. Lab. 697. Hab. in monte Olympo Bilhyniae. 94. Ajuga (Chamaepithys) chajnœcistusGm^. — Benth. Lab. 678. Hab. ad Euphratem superiorem. 95. ^juga (Chamsepithys) tridactylites Ging. — Benth. Lab. 699. var. p lanata. — A. chia p Benth. 1. c. Hab. in Gappadocia orientah. Folia inferiora nonnulla obovata intégra subcrenala. Corellœ flavae. 96. Ajuga (Chamaepithys) chia Schreb. — Benth. Lab. 699. Hab. propè Smyrnam. 97. Ajuga (Chamsepithys) ^/aZ»r (v. s. sp.) Observation. Cette espèce est voisine du L.junceay dont elle se distingue par le port et les caractères indiqués ; elle se rap- proche peut-être encore davantage du L. reticulata^ mais elle en diffère par ses branches nombreuses, par son calice persis- tant et par son fruit lisse non réticulé. Lespedeza florieunda Al. Bunge. L. fruticosa , diffusa, lamosa; petiolis subelongatis, foliolis obovato-oblongis retusis mucronatis supra tenuissime subtus sericeo-strigulosis; racemis folium ex- cedentibus 6-8~floris; calycis sericei laciniis lanceolatis corolla diraidio breviori- bus,- legumine ovato acuto^lœvi sericeo calycem excedente. Habitat in montosis prope Pekinum; floret augusto mense I?. (v. s. sp.) Observation. Espèce voisine du Z/. divergens de Pursh, dont elle diffère surtout par son légume lisse-soyeux et par ses fo- lioles beaucoup plus petites; elle se distingue du L. prostrata de Pursh par sa tige frutiqueuse et par d'autres caractères. 6o Xt. EUNGE. — Plantes monghoUques et chinoises. Lespedeza medicaginoides Al. Bunge. L. caulibus pvostratis elougalis gracilibus striatis; petiolis abbreviatis, foliolis Ijncari-oblongis obtusis miicronalis sublus sîrigulosis ; racemis axillaribus capi- tatis pedunculatis folium excedentibus ; calycibus corolla brevioribus; legqmi- nibus calycem subaequantibus obovato-oblongis sericeis. Synon. L. medicaglnoides Bunge Enura. bor. chin. p. ig. n. iio. Habitat in vicinis Pekinensibus nec non cis murum magnum australem, ver- sus fines Mongbolisej haudprocul a fortalitio Tscha-dao; florct juIio mense ip-. (v.v. sp.) Obsejvation. Cette espèce diffère àiiL.prostrata, dont elle est voisine, par ses grappes de fleurs courtes compactes et capitées; elle semblerait, à'en juger par la phrase spécifique, se rapprocher du L. macrophyllay mais elle en diffère par ses feuilles beaucoup plus courtes, ses grappes moins longues, son calice, ses brac- tées, etc. Par la forme de ses feuilles, elle a des affinités avec le L. /uncea j et p^v ses capitules floraux avec le L. tiichocarpa; mais ses#iges couchées la distinguent facilement de ces deux espèces. PATRINU Juss. — DC. Prodr. iv p. GaS (i) Ce genre fut constitué d'abord par M. de Jussieu sur trois espèces qui étaient placées parmi les Valérianes. SchuUes en ajouta une quatrième, M. Fischer une cinquième, enfin M. de Bunge en pubUa encore quatre nouvelles espèces découvertes récemment dans la Chine boréale. Ainsi la patrie de ce genre est la Sibérie australe, et vraisemblablement depuis la partie orientale de la Mongholie jusque dans la péninsule de la Corée, les îles Japonaises adjacentes et la Chine boréale; (le P. cetato^ (i) L'auleur est maîiilenant persuadé que le type du fruit des Patrinia esltriloculaire tris- perme. Il a observé dans les deux loges avortées du P. scabra des ovules manifestes qui ne se rencontrent pas dans les antres espèces ni dans les Valérianelles. Cette opinion est contraire à celle qu'il avait exprimée dans la Flora altaica de Ledebour, (v. i. p. 129, in adn.) Par la nature de leur fruit, les Valérianées se lièut aux Lonicérées, d'uu côlé au moyen du TriploslC' ^ia, de l'autre par le Linuœa, AL. BUNGE. — Plantes mongholiques 6i tophylla de Hboker (î^/. bor. amer. vi. p. 290), paraît devoir être exclu du genre). Au sud, la région des Patnnia a pour limites les monts Himalaya, où se trouve le genre Nardostachys^ voisin des Patrinïa. A l'ouest jusqu'au nord , la cîiaîoe des monts Uraîs est la limite de ce dernier genre. Sur les sommets de ces monts, on rencontre le Patnnia sihirica Juss., qui y est spora- diqiie, mais qui ne croît pas sur le revers occidental, tandis que vers l'orient elle n'est pas rare et s'étend jusqu'aux confins aus- tro-orientaux de la Sibérie. Dans la région altaïque, on la trouve fréquemment ainsi que le P. intermedia Kœm. et Sch., qui est particulier à cette région • dans la partie la plus orien- tale se rencontre, mais rarement, le P. riipestris Juss. : cette dernière espèce devient plus abondante vers le Jénisée ainsi que dans la Daourie et dans la Mongholie, principalement la boréale. Les contrées trans-baïcales de la Sibérie australe nourrissent le P. scabiosœfolia Fisch. Il est probable que les vastes pays encore inconnus aux voyageurs botanistes , et qui s'étendent, en longueur et en largeur, depuis l'embouchure du fleuve Amur jusqu'au sud, possèdent plusieurs espèces de ce genre dont les derniers vestiges vers l'orient se montrent au Ja- pon où Tliunberg et Siebold ont trouvé le P. villosa Juss. Mais la Chine boréale parait éîre la patrie de prédilection des es- pèces de ce genre : pendant le court séjour que M. de Bunge y fit, il découvrit une nouvelle espèce qu'il nomma dans son énu- méraîion P. heterophjUa ; plus tard on trouva dans le voisina2:e de Pékin les P. scabra , oi^aia et hispida. L'auteur décrit toutes ces plantes, et donne de bonnes figures de ces trois dernières espèces. Ce travail étant une 'véritable monographie du genre Patnnia^ nous avons pensé qu'il serait utile de donner l'énu- mération complète des espèces, en nous bornant toutefois à la phrase spécifique , à la synonymie et à l'habitation. Patrînia sibirica Juss. P. caule tifariam pubèscente subaphyllo ; folKs radica'lil)us difformïlDius,-e;àTiîi* nis paucis pinnatiscctis ; floribus cyniosis ; calycis laciniis in fructu majusctrlisj bractea obovata subtriloba. 02 AL. EUNGE. — Plautcs monghoUques et chinoises. Synon. P. sibirica Juss. DC. prodr. 4. p. 623. c. omnibus synon. Ledeb. fl. ait. i.p. i3i. Valeriana sibirica Pall. itin. m. p. 266. et 267. in adnot. et p. 3i6. Falk. Beytr. 11. p. 100. n. 53. Habitat in rupestribus totius Sibiricœ meridionalis , a ditione Baschkirorum in declivio orientali montium Uralensium (Falk. Palîas. 1. 1. c.) usque ad Dau- riam; Alpes etiam ascendit. Floret jam initio maji ruensis ip.. (v. v. sp.) Patrinia scabra Al. Bunge. Tab. t. P. tota scabra; caule superne dichotoraè folioso; foliis rigidis sessilibus pinna- tifîdis,Iobisœqualibus oblongis acutiusculisdislantibus tridentatis integerrimisve, subfloraiibus oblongo-linearibus integerrimis ; floribus tricbotomo-cyraoso-pani- culatisjbracteis fructumnudiusculumlongiludine et latitudineduplosuperantibus. Habitat in inontosis Chinas borealis prope Pekinum; floret julio, augusto Tf. (v. s. sp.) Patrinia iwtermedia R. et Sch. P. caule puberulo folioso; foliis carnosulis sessilibus, inferioribus pinnati- sectis; laciniis grosse incisis , superioribus subbipinnatifidis , laciniis subae- qualibus; floribus pauiculato-cymosis ; calycibus in fructu obsoletis, bractea oblonga. Synon. P. intermedia R. et Sch. D. C. prodr. iv. p. 624 exclusa planta Chi- nensi.? P.rupestris Al. Bunge, in Ledeb. fl. ait. 1. p. i3o. exclus, omnibus sy- nonymis praeter Fischerianum. Habitat in rupestribus apricis montium altaicorum frequens ; floret junio julioque Tf-. (v. v. sp.) Patrinia rupestris Juss. P. caule puberulo folioso; foliis glabriusculis , caulinis sessilibus pinnatisectis; laciniis approximatis lineari-oblongis; lateralibus subintegerrimis acutis, termi- nali obovato-oblonga inciso-dentataj floribus paniculato-cymosis; fructu nudius- culo; bractea ovato- oblonga. Synon. P. rupestris Juss. D. C. Prodr. cum synon. non fl. alt.j Valeriana rupestris Palla-, ûv.. m. p. 266 et 3i6, neque pag. 3i4 ut citant D. G. et Willd. Habitat in rupestribus apricis Sibiria; oricntalioris a Jeniseo usque ad finis Dauriae, nec non, quam\is rarissima, in montibus altaicis lecfa, ut spécimen inde allatum ab ill. Fischer bénévole mecum communicatum docet; floret jimio ju- lioque %' (v. V. sp.) AL, BUNGE. ^— Plantes monghoîiques et chinoises, 63 Patpjnia heterophtlla Al. Bunge. P. caule pubescente foliosoapice ramoso ; foliis sessilibus, inferioribus pin- natisectis, lobis dislantibus ovato-oblongis grosse dentatis, terminali majori in- ciso-lobato acuminato, superioribus ternatisectis ; lobis oblongo-linearibus elon- gatis integerrimis ; floribus paniculatocyraosis; fructibus calyce minuto corona- tis, bracteam oblongam subsequaatibus. Synon. P. heterophylla Bunge Enuin. bor. chin. n. 201. Habitat in China boreali usque ad fines Mongbolise; julio mense florcre incipit "¥. (v. v. sp.) Patrinfa ovata Al. Bunge. T. 2. L. caule pubescente folioso simplici; foliis omnibus longe petiolatis , infîmis lyratis , caeteris ovatis longe acuminatis, subfloral ibus knceolatis integerrimis ; cyma coarclata ; fructibus junioribus calyce minuto coronatis; bractea.... (?) Habitat in China boreali prope Pekinura; floret julio mense 7^. (v. s. sp.) Patrinia scABiosjEFOLiA Fisch. p. caule inferne glaberrirao superne unifariam pubescente ; foliis rigidis dis- coloribus , radicalibus longe petiolatis oblongis grosse serratis, caulinis lyratis , lacinia extima maxima oblongo-lanceolata 11 trinque acuminata inciso-serrata, lateralibus linearibus serratisj floribus paniculato-cymosis; fructu dorso elliptico. Synon. P. scabiosœfolia Fisch. D. G. Prodr. iv. p. 624. c. synon. Habitat in omni Dauria; floret julio mense V. (v. s. sp. et v. v. c.) Patrinia hispida Al. Bunge. Tab. 3. P. caule retrorsum hispido; foliis rigidis discoloribus , radicalibus.... (?), cau- linis lyratis, lacinia extima majori oblongo-rhombea utrinque acuta dentata, late- ralibus ovato-oblongis dentatis; paniculà araplissima; fructu dorso ovali-sub- rotundo. Habitat in China boreali prope Pekinum; floret julio et augusto mensibus ifi, (v. s. sp.) 64 AL. BUNGE. — Plantes mongholiques et chinoises» Patrinia villosa Jlîss. P. caille fpliisque villosis , radicalibus petiolatis auriculatis^'^caulinis sessilibus dentatis ; corymbo paniculato ; fructu ?; bractea ? Synon. P. villosa Juss. D. C. Prodr. ly. p. 624. c. synon. Habitat in Japonia V. CARYOPTERIS Al. Bnnge. (Ordo nat. Verhenaceœ. Locus in syslemate prope Verhenam et ViiicemS) Character generls. — - Calyx campannlaïus quinquefidus , la- ciniis subequalibus , demum auctos. Corolla bilabiata ^/3 ; la- hium superius abbreviatumbipartitum; laciniis ovatis acuîis, in- /mw.ç trifidum ; lobis lateralibus ovato-oblongis acutis, medio elongato limbo dilatato subcuculiato fimbriato-raultifido; tubus suberectus iotus mWosus ', jaux ampliaîula villis clausa. Stamina didy uama ; /ilamenta anîe florescentiam involuta demum ex- serta recta stricta divergentia; antherœ adnatœ. Ouarium sim- plex, quadriloculare, quadriovulatum. Stylus rectus ex apice ovarii. Stigma bipartitum. Fructus in caiyce ampliato matiiriis solvitur in caryopses quatuor margine membranaceo cinctas. Semen caryopsis dimidia brevius erectum. Nomen à Kapuov , nux , et irTjpov , ala, Caryopterïs mongîiolica Al. Bunge. SufFrutex mongboîicus, levitcr fragrans; foliis subiutegerrimis incanis. Pani- cula; axillares opposilse vel alfernse et terminales. Flores amœnè cyanei. An- therie nigricantes. Pollen csoruleum. Habitat in rupibus apricis montium Mongbolise fere totius; exceptis maxime borealibus et australibus ; a septentrione primum ad fluvium Iro obvia , austrum versus prope Chasc.hatu ultimae ejus fines; floret julio et augusto mensibus; semina raaturat septembri l) - ( v. v. sp. ) ObsewatioTi. C'est la seule espèce de Verbénacée qui se ren- contre dans la Mongholie, et on n'en trouve pas une seule dans toute la Sibérie ; mais sur les confins méridionaux de la Mongliolie, la Chine boréale en fournit plusieurs. j, DJiCAisNE. — \^ffinilés du genre Helwingia,' 65 Remarques sur les affinités du genre Helwingia, et établis- sement de la famille des Helwingiacées , Par M. J. Decaisni:. ThunBerg, dans la Flora japonica et les Icônes qui forment l'appendice botanique de son voyage au Japon , a décrit et figuré sous le nom diOsyris japonica l'individu mâle d'un ar- brisseau sur lequel on n'a eu jusqu'à ce jour aucun renseigne- ment touchant l'organisation du fruit. Ce botaniste n'ayant pu examiner les organes femelles, pensa néanmoins, d'après l'in- spection de la fleur mâle, pouvoir rapporter cette plante au genre Osyris. Cependant Willdenovs^, entraîné par la différence d'aspect qu'elle présentait avec l'espèce européenne , crut de- voir en constituer un genre nouveau auquel il imposa le nom à' Helwingia J en le rangeant dans la Dioècie triandrie, à la suite de V Osyris; mais lui-même n'ajoutant aucune observation nou- velle à celles de Thunberg, le nom propose par ce dernier pré- valut, et XOsjris japonica continua, dans les ouvrages géné- raux, d'être associé à l'espèce commune, (i) (i) Outre VOsyrls alba, les anciens botanistes eu avaient distingué avec raison une autre es- pèce qu'ils désiguaient par la phrase suivante : Casia hispanica procerior myrtifolio. C'est sous cette dénomination qu'elle se trouve dans les Imûtuûones et l'herbier de Tournefort. J'ea donne ici la description accompagnée d'une figure, et les synonymes qui doivent s'y rattacher. O. quadripartita : ramis foliosis, foliis lanceolatis vel oblongo-lanceolatis mucronulatis, flori- bus axillaribus, segmenlis nudis. Planche 6 B. Osjris quadiipartiia Salzm. legit. in iten. Hisp, - Tingit. fasc. 3, 1827. Casia hispanica procerior Myrtifolio. Tourn. Instit. p. 664. Desc. Frutex 6-8-pedalis, erectus,habitu PhillYreœ angustifolioê, ramoàlssimus, ramis foliosis angulatis, striatis, epidermide herbaceâ Isevi glaberrimâ vestitis , novellis herbaceis. Folia al- terna, lanceolata, mucronulata v. oblongo-lanceolata , basi et apice attenuata passimque obovato-cuneata v. linearia , 11/2 -a 1/2 1. longa, 3-6 lata, integenima, subaveuia , iiervo medio tantùm prominulo , coriacea , sempervirentia ; siccata nigiescentia, subprni- nosa. Flores magnitudine II. O. alLœ, axillares, brève pedunculati, pediinculis junioribus apice bi-v. tribracteolatis, trifloris, flore medio deiu suppetcîite Solo ) fetn. semper solitarii. Mas. Caljx yi. BOTAW — Août. 5 66 J. DECAi»]?iÊ; --- u^JJînités du genre Helwingia. Dans ces derniers temps, M. Siebold rapporta du Japon et déposa dans le jardin de l'université de Gand , deux individus de cette plante qui fleurirent au mois d'avril des années sui- vantes. Appartenant l'un et l'autre à des individus mâles, ils ne purent ainsi contribuer â éciaircir le point litigieux. Mais ayant obtenUjparl'obligeancedeM. Blume, un ovaire et un fruit pres- que parvenu à maturité, je vaistâchet" de compléter les connais- sances qui lui sont relatives, et recliercber les affinités de \Hel- ivingia;^ après en avoir donné les caractères qui sont les suivans : Les rameaux sont anguleux et entourés à la base, dans leut' premier âge, d'écaillés membraneuses, brunâtres, ciliées sur le& bords, comme on en remarque en parliculier sur ceux des S taphjlea. heur ëpiderme , herbacé, est parfaiteuîent lisse; ils offrent en outre un canal raéduliaire assez prononcé. Les^è-MiY/es sont alternes,, assez rapprochées à Fextrémilé des jeunes rameaux, sur lesquels elles sont placées presque hori- zontalement; leur contour est denté, et chacune des dents ter- :aduciue; leur substance est membraneuse;. subeampanulatus , 4- (rariùs 5) fidus, segmentis ovalis nudis, subeonnatis, crassioscuîis', aesfiva- tione valvatis , mucrone introflexo brevi. Stamina 4 segmentis calycinis opposita. Filamenta subula-ta, glabra, calyce breviora- Antlieiœ subemarginalœ, roîuudatœ, bilociilares, introrsae, lo- culis sitbdiscretis rima longitudinali dehfscentibus. Po//perioribus sessilibus, pedunculis elongatis vcl midis uuifloiis vel dicbotomo-ramosis et iterum involucratis, sepalis plusquam 20 extus sericeis, caryopsibus ecaudatis dense villosis. Thuîiberg, clans sa Flora j aponica , a décrit cette plante, qui est nommée par les Japonais Kifune-gik ^ c'est-à-dire Aster de Kifune, parce qu'elle croît sur le mont Rifune, près de la ville de Miako. M. Zuccarini lui donne, comme synonyme, le Cle- matis? polypetala DC. 6. Deutzia crenata tab. 6. D. foliis e basi rotundata vel subcordata late ovatis acutis tenuiter crenulatis breviter peliolatis, utrinque pilis slellalis scabriusculis, pilis paginas superioris 4-6, inferioris multifîdis, floribus in ihyrsum paniculifoiinem dispositis, stami- nibiis 3-dentatis, antheris barbatis. Cette espèce nouvelle habite les vallées humides et ombragées du Japon; son nom japonais est Utsujiy Vnohana, 7. Deutzia scaera tab. 7. D. foliis e basi rotundata yel subcordata ovatis acuminatis argute serrulalisi subsessilibus vel brevissime petiolatis utrinque pilis stellatis 3-4-fidis scaberri- mis, floribus in thyrsum paniculiformem dispositis, staminibus basiplanis sursum attenuatis edentulisj antheris barbatis. Thunberg a décrit et figuré cette plante, mais la figure qu'il en a donnée s'éloigne tellement du D. scabra^ que l'on croirait qu'il a voulu représenter le D. crenata^ s'il n'avait pas dit ex- pressément que la plante sert à la polissure des ustensiles de bois, ce qui ne peut s'appliquer qu'au Z>. scabra. siEBOLD ET zuccARiNi. — Flora japonîca, 8r Deutzia gracilis tab. 8. D. foliis e Lasi cuneata Janceolatis vel ovato-Ianceolatis acuminatis argute ser- rulaîis petiolatis utriuque pilis stellatis minutissimis adspersis, floribus iu race- mos simplices disposilis, calycis laciniis acumiuatis^ filamentis tridentatis, anthe- ris glabris. Cette espèce nouvelle croît dans les hautes montagnes des provinces méridionales du Japon. M. Zuccarini a fait précéder les descriptions de ces trois es- pèces, par l'exposition très détaillée des caractères génériques du Deutzia. Ce genre avait été placé parmi les Philadelphées par M. Wallicli et parmi les Caprifoliacées par M. Blume. Cepen- dant il diffère des Philadelphées par son estivation valvaire et non convolutive-imbriquée, par ses étamines définies, l'ab- sence de l'arille et la situation de l'embryon. Il se distingue des Caprifoliacées par son estivation, sa corolle polypétale,ses ovules dressés et la situation de son embryon. M. De Candolle a mieux exprimé ses affinités en le joignant aux Saxifragées, où il forme une tribu particulière avec les genres Hydrangea, Cyanitis, Adamia et Broussaisia. Des huit espèces de Deutzia connues jusqu'ici, trois habitent les Alpes de l'Inde centrale (l'Hyma- laya, où elles ont été trouvées par le D. Wallich); une, les montagnes élevées du Japon; deux, les plaines de cet empire; et les deux autres le nord de la Chine, où M. Bunge les a dé- couvertes. Rhododendron Metternichii tab. g. il. fruticosum, foliis oblongis vel obovato-oblongis acutis coriaceis subtus ferrugineo-tomentosis , racemis terminalibus simplicibus corymbosis 3o-i5- floris, calycibus minimis ^eptemdentatis. corollis campanulatis septemfidfs, sta- minibus i4. CebeauRhododendron habite les Alpesdu Japon septentrional, et se trouve surtout en abondance dans les monta^rnes de Niko. Thunberg l'avait confondu avec le R. maximum; mais il s'en distingue facilement par le duvet roussâtre de la face inférieure yi, BOTAN. — AQÛt, Q Sa siEjBOLD ET zuccARmi. r-TT Flora japonica. de ses feuilles, par ses fleurs plus grandes à sept divisions, et par ses étamines au nombre de quatorze. M. Blume, dans ses Bijdragen, avait proposé d'en former un genre sous le nom à' Hymenanthus ; mais, selon M. Zuccarini, il est impossible d'éloigner cette espèce des Rhododendron, surtout des R. cam- panulatum et arboremn, dont elle ne diffère que par le nombre septénaire des parties de la fleur. Paulownia imperialis tab. lo. P. arborea, foliis e })asi cordata ovads acutis indivisis vel trilobis intcgeirimis snbîiis raolliter villosis , floribus paniculatis, calycibus dense ferruginco-lo-' nicntosis. Cet arbre, un des plus beaux du Japon , croît dans les pro- vinces les plus australes de cet empire, où on le nomme Kirri. On le cultive partout pour Fornement, dans les jardins et les chemiiîs publics. Kœmpfer Fa anciennement décrit et figuré, et ïhunberg Fa décrit sous le nom de Bignonia toinentosa i plus 'tard , Sprengel Fa placé dans le genre Incarvillœa, qui appartient à la famille des Bignoniacées. Cependant M. Zuccarini le place parmi les Scrofularinées près du Lophospermum et du Rhodo- chitori dont il se distingue par son calice coriace épais, par son stigmate simple tronqué, et par sa capsule s'ouvrant régulière- ment en deux valves septicides. Voici, au surplus, le caractère différenjtiel assigné à ce genre par M. Zuccarini : Paulownia. Caljx coriaceus, campanulatus, 5-ficlus. Corolla campanulatû-tubulosa, limbo 5-fido subbilabiato. Stamina 4, anîlieris liberis. Ouariiim biloculare. Stylus simplex, stigmate îruncato. Capsula lignosa, bilocularis, bivalvis, valvulis septi- cidis. Semina plurima alâ membranaceâ cincta, placenîce crassae in dissepimenti dorso affixa. j. E. TAUSCH. — • Sur le genre Galium, 8S Observations sur le genre Galium et quelques -genres voisins y par le professeur J. E. Tausch. {l'iora i835, n°' 22 et 23, pag. 337.) Ayant déjà donné, à plusieurs reprises, quelques extraits des travaux botaniques de M. Tausch, nous trouvons, dans le Flora, un article de ce savant, qui traite, entre autres, de plusieurs plantes appartenant à la Flore française, et nous croyons rendre service aux botanistes de France en leur communiquant les principaux résultats de ce travail. Nous espérons empêcher par là que les plantes sur lesquelles l'auteur a dirigé ses recherches ne tombent dans l'oubli , comme cela paraît avoir eu lieu pour quelques espèces de notre Flore, publiées, il y a déjà plusieurs années, par M. Tausch, principalement sur des matériaux à lui fournis par Sieber, et négligés jusqu'ici par les auteurs qui ont écrit sur la Flore française. Les espèces qu'il a proposées, fus- sent-elles même peu solides, n'en mériteraient pas moins d'atti- rer l'attention et les recherches de nos compatriotes. M. Tausch commence par déclarer que , jusqu'au Prodrome de M. De CandoUe, aucun ouvrage n'a donné, pour les Galium, une division naturelle; il n'est cependant point toujours de l'avis du professeur de Genève. Il croit avoir trouvé un caractère né- gligé jusqu'ici, d'après lequel ce genre peut se diviser en deux groupes très distincts : ce caractère est fondé sur le développe- ment et l'épanouissement des fleurs. En effet, dans l'un des deux groupes , elles se développent d'abord à la partie inférieure et aux rameaux delà plante, de manière que les premières fleurs sont déjà changées en fruit, quand le sommet de la plante com- mence à s'épanouir; dans le second, au contraire, les fleurs se développent simultanément à toutes les parties de la plante, ou dans des espèces pauciflores, celles du sommet se développent les premières. & S4 J- lî. TATJSCH. «— Sur le genre Galium. Galium DC. Prod. (excl. nonnullis Asp-erœ speciebus.) I. EuGALiUM. Fores anthesi coeetanei, seu superiores primores. I. Staurogalion. Folia verticillata quaterna , sœpe latiora et trinervia. Hue referencla Cl. De CandoUe Platygalia, Cocco- galîa, Trichogalia (magna pars) et G.frutlcosum Willd. Sub- dividi possunt ex inflorescentia axillari, corymbosa aut pani- culata. G. rotundifolium L. et ellipticum Willd. La synonymie de ces deux espèces est toujours encore embrouillée. M. Tausch in- dique les ouvrages anciens où l'on trouve chaciitie des deux. — L'auteur possède un échantillon du G. circœezans , qui se dis- tingue de la forme ordinaire par l'absence des soies sur le fruit, comme on l'a trouvé dans les derniers temps dans plusieurs autres espèces. — G. articulatum Lara. DC. (excl. G. articulato R. Sch. et Valantia articulata Lam.) Buxb. Cent. 2, t. 29, n'est que le G. ruhioides var. latifolia qu'on trouve aussi en Hongrie: le nom de G. articulatum Roem. et Schult. pourra donc être con- servé pour le Valantia articulata Linné. • — I.e G. fruticosum Willd. est identique avec le G. junceum. Sibth. Fl. gr. Sprengel y réunit, et très probablement avec raison, le G. dichotomum Lehm. Dans le Prodrome, ces trois espèces sont énumérées comme distinctes. 2. j4 s tero galion. Folia verticillata 6-8-1 o,raro 4-5. Hue spec- tant Leiogalia ( maxima pars ) , Erythrogalia , Xanthogalia , Trichogalia (pars). Subdividi possunt quoque ex inflorescentia. Galium linifolium Lam. DC. ne paraît , d'après la description du Prodrome, autre chose que le G. sylvaticum L. ; c'est à cette même espèce qu'appartient la planche 609 du Flora danica citée pour le G. linifolium par M. De Candolle. La forme des feuilles est trop variable dans cetîe plante, pour qu'on puisse y trouver une différence spécifique. — Le Galium aristatum L. spec. Mert. et Roch, a pour synonymes les G. tyrolense Willd.! et G, jsyhaîicum Vill. Dauph. — Le G. firmum Tausch, Flora j. E. TAUSCH. — Sur le genre Galium. 65 i83i , pag. 111, serait omis dans le Prodrome : M. ïausch ou- blie-t-il que le Prodrome a paru en i83o? ou sa citation dans le Flora est-elle fautive ? — Le G. lucidum Ail. {erectum Huds. DC-) se distingue par ses feuilles raides, à nervure médiane très sail- lante sur la face inférieure, et par les tiges presque ligneuses à leur base : il varie à feuilles très étroites presque subulées. On devrait réunir à cette espèce, plutôt qu'au G* cinereum Ail., les G. tenuifolium AU. et corrudœfolium Vill. Sa variété pubes- cente fut donnée à tort par Balbis et Schleicher sous le nom de G. cinereum Ail. C'est à cette même variété que MM. Roch et De CandoUe ont réuni le G. scabrum Jacq. , qui n'est que la variété pubescente si répandue du G. syli'estreVoW. Le G. tenuifolium Wulf. rapporté du Tyrol par Sieber ( G. ni- tidum Herb. austr. n** 345 ) se distingue du G. lucidum par sa tige arrondie, ses feuilles très lâches, noircissant par la dessic^ cation, par ses rameaux latéraux et floraux très ét'kîs. Un exa- men de la plante vivante fera mieux connaître sa Valeur comme espèce. — Le G. incurç>um Sibth. et Smith est, d'après les échantillons rapportés par Sieber de la localité indiquée par Sibthorp, le G. lucidum AU. Les lobes de la corolle sont, à la vérité, désignés comme obtus dans la description de Smith; mais un examen attentif fait voir qu'ils sont simplement re- courbés intérieurement. — Le G. suherosum Sibth. et Sm. ap- partient probablement aux Crucianella ^ aucune espèce de Ga- lium ne présentant, comme celle-ci, des fleurs fasciculées. — Le G. glaucum L. qu'on rapporte généralement aux Asperula, ayant la corolle rotacée et non infundibuliforme, paraît devoir plutôt conserver la place que Linné lui a assignée. — Le G. incanum Sibth. et Sm. se rapproche du G. glaucum par sa tige suffrutes- cente à la base et par sa corolle campanulée : il varie tellement qu'on pourrait fort bien en distinguer une variété major et une variété minor. Cette dernière se rapproche du G. pusillum L. qu'on a cependant déjà retrouvé^dans le G. pumilum pubescens , — En considérant avec soin ce que Linné dit de son G. minu- tum y on se convaincra que c'est du G. megalospermum Lam. {arenariumlAOÏs. DC.) qu'il parle. M. Tausch ne connaît le G. rubrum L, qu'à tige lisse; Spren- 86 J. E. TAUSGH. *— Sur le Qenre Gaîium gel la dit rude aux angles. A cette espèce, dut-elle varier à tige lisse et à tige couverte de crochets, il faudrait ra{3porter comme variété le G. corsicum Tausch (Fiora i83i , pag. 221 j, dont la tige et les pédoncules sont couverts de nombreuses as- pérités. — Il croit avoir retrouvé le G. montanum L. parmi plusieurs Qalium que Sieber rapporta de France. & Gaule ramo- « sissimo divaricato subgenicalato diffuso, foliis 4-5 lineari-an- « gustissimis sulcatis margine extrorsum aculeolatis , corymbis a terminalibus bifidis , corollis longe aristatis ». Moris. hisî. p. 829, s. 9, t. 22, f. 8. Herba exsiccatione nigrescit. Jn diagaosi Linnœana scabrities partium permutata et maie a foliis in cau- lem translata fuisse videtur. G. trlchophyllumWnlL apud Rœm. arch. (excl. syn.), est, d'après un échantillon authentique, le G. verum pygmœum : la plante n'a qu'un doigt de longueur, les feuilles sont propor- tionnées à la tige. M. Koch a admis le G. pumilum Lam. ( tri' chophyllum Ail.) sur la seule autorité de Wulfen; cette plante devra donc être rayée de la Flore d'Allemagne. — Le G. saxatïle L. Juss. act. l^aris, 1714? P- 49^? t. i5, f. i, qui a pour syno- nymes G. megalospermuni Ail. t. 79, f. 4> G' helvetlciimY(e\s,.-, G. saxatïle Sut. Helv., se distingue par ses fleurs grandes et ses pédoncules arqués. Il ne noircit pas par la dessiccation comme l'espèce suivante. - — Le G. Vïllarsii DC. a pour variété |3 mini* mum, le G. haldense Spr. , G. kelçeticum DG. G. sudeticum «T. Gaulibus csespitosis abbreviatis erectis gla- ce bris, foliis 6-3, iaferioribus obovatis retrorsum ciliatis, supe- « rioribus obverse lanceolatis brève mucronatis membranaceis a lœvibus, corymbis terminalibus trichotomis paîulis, floribus « acuiis, fructibus tenuissime granulatis ». — M. Tausch avait considéré jusqu'ici celte plante comme appartenant au G. Boc- cord AH., et elle est peut-être l'espèce de ce noin de plusieurs auteurs. Elle est la plus voisine du G-. hercyrùcum Weigel , et a peut-être déjà été confondue avec lui. Les deux plantes noircis- sent par la dessiccation. Ge caractère pourrait paraître insigni- fiant, mais il indique nwc^ différence dans la composition chi- mique de la plante, et il se retrouve constainment dans cer- taines espèces; ainsi X Asperulacynanchica se .listinguera au pre- j. E. TAUSGH. — Sur le genre Galium. 87 mier coup-d'œil de VA. iinctoria , parce qu'il conserve sa cou- leur verte, tandis que le second noircit toujoui^s plus ou moins. Le G. sudeticiim croît dans une exposition sèche, pierreuse, et vient plus haut que le G. hercyniciim, qui ne vit que dans les lieux marécageux et humides. L'auteur définit de la manière suivante le G. sylvestre Poli : « Glabrum hirturave, caulibus basi filiformibus ascendentibus, « foliis 8-6 obverse lanceolaîis linearibusve acuminato-longeque « mucronatis margine ciliato scabris nitidis subcoriaceis, co- « rymbis terminalibus axillaribusque trichotomis pàtuîis, co- « rollis acutls, fructibiis tenuissime graniïlatis r.. La plante pré- sente trois formes : «■ Glahrinn : G. austriacum Jacq. , lœve DC. p. hirtum. G. scabrum Jacq. et auct. germ., Bocconi DC. y. al- pestre : « Gaule abbreviato erectiusculo aut diffuso, glabro hir- « tove ». G. alpestre DC. , Bocconi Hœnke, anizophjlluniy argen- teum et pusillum Vill., supinum DC. G. hercynicum Welg. ( G. saxatilekW. Sm.). Cette plante, fùt- elîe même le G. saxatlle L. , mériterait ce nom tout aussi peu que le Carex saxatilis du même auteur. — A la variété « du G. pumiliim DC , il faudra rapporter le Gai. saxaiile minimum supinum et pumilum Juss. act. Paris 1714, p. 491 > *• i5, f. '2; et à la variété y le Q. tenue Vill. Dauph. 7. — Le G. cœspitosum Lam. m. n" 1369 a pour synonyme le G-.Jussieui Vill. ainsi que îe G. pumilum j3 cœspitosum DC. Prod. Cette dernière plante ne peut nullement être rapportée au G. pumilum; elle noircit, tandis que les G. pumilum et pyrenaicum conservent leur cou- leur. lî. RuEEOLA. Flores anthesi succedanei , ab imo versus^apicem progredienîes. Hune characterem cum Rubia communem habent , hinc et nomen mihi videtur idoneum. 3. Aparine. Folia verticilîata 6-8-10, raro 4-5. Caulis acu- leolis retrorsis ssepe scaber adhœrens. Flores hermaphroditi aut rarissime polygami. Inflorescentia varia (ex qua optime sub- dividi possunt). Hue Xv^àienà-A ^uaparines , Leiaparines (exc\. G. aprico Sm.) Xant/iaparines , Ericogalia (cum G. verticilîata 88 J. E. TAUScii. — Sur le genre Galiiim. Lois.) et complures species Leiogaliorum, uti G. trifidum^ pa» lustre, uliginosum y etc., et. TricJiogaliorum , uti G. maritimum. Il est très difficile de distinguer les G. dwaricaium Lam. , microspermum Desf. , Utlgioswn DC. , parisiense L. , anglicum Huds. A la suite de nombreuses recherches, M. Tausch n'a pu en faire que les deux espèces suivantes : G. clwaricatum : ce Gaule erecto adscendenteve muriculato in paniculam mox « effuso, foliis 6-8 linearibus mucronatis hispidulis, pedunculis ce axillaribus terminalibusque subtrifloris , pedicellos multo su- ce perantibus, fructibus granulatis , aut uncinato-hispidis ». La variété a erectum à fruits hispides est le G. microspermum Desf. et à fruits lisses le G. dwaricatum Lam. et anglicum DC. La va- riété (3 adscendens , « pedicelUs paulo longioribus », existe éga- lement à fruits lisses et à fruits hérissés : la première est le G. li- tigiosutn DC. — G. parisiense : ce Caule debili diffuso muriculato ce ramosissimo versus apicem pedetenîim sese evolvente, foUis ce 6-8 sublanceolato- linearibus mucronatis hispidulis, pedun- ce culis axillaribus terminalibusque subtrifloris pedicellos multo ce superantibus, fructibus crenulatis nudis, aut uncinato-hispi- ce dis ». La var. à fruits hérissés est le G. parisiense L. DC. La var. (3. est le G.anglicumRads.'DC. (excl.var. j3. diàG.dimricaturn spectante ). — L'auteur indique les caractères par lesquels on peut distinguer, des deux espèces précédentes, le G. tenuissi' muni M. B, et fait observer que le G. incurç^um Fleisch. de Smyrne (Herb. Un. Itin.) est la même espèce. Le G.floribundum Sibth. et Sm. est réuni à tort au G. seta- ceum Lam. Il est distinct par ses pédicules étalés et par ses fleurs aristées. C'est à sa variété, à fruits glabres, qu'il faut rap- porter le G.floribundum Fleisch. (Herb. Un. Itin.) — Le G. seta- cemn L. se trouve dans l'herbier de Crète de Sieber, sous le nom de G. capillare : ces derniers échantillons présentent le fruit presque lisse. Le GalLum maritimum a des fleurs rouges, selon quelques auteurs ; M. Tausch ne lui a jamais vu que des fleurs jaunes, et la couleur qu'on lui prête paraît se fonder sur le synonyme de Tournefort : Aparine maritima incana flore purpureo. Dans plu- sieurs espèces, comme entre autres dans le G. parisiense, les j. E. TAUSCH. — Sur le genre Galium. 89 fleurs deviennent brunâtres quand elles sont plus avancées : de là probablement l'erreur des auteurs. Le G. maritunum n'a pas non plus de pédoncules axillaires uniflores; ce sont, au con- traire, des corymbes divariqués munis de feuilles ou de brac- tées uniflores. C'est à sa variété (3. villosum « caule crassiore, corymbis aggregatis confertissimis DC. » qu'appartient le G. hu- mifuswn M. B. et DC. et le G. ruthenicum Willd. 4. Cruciata. Folia verticillata quaterna , saepe lata trinervia. Flores lutei aut ocbroleuci polygami. Inflorescentia peculiaris, corymbi nempe axillares quaterni verticillares folia nunquara excedentes, pedunculis fructiferis arcuato-recurvatis, fructum que ssepe monospermum sub foliisabscondentibus.Huc spectant Maschaligalia et Cruciata DC. (excl. G. Gibraltarico\ Le G, coronatum Sm. vient en Tauride. Bieberstein le donne comme le Valantïa îaurica p. glabra; cependant le Valantia humifusa Bieb. que M. De Candolle y réunit comme variété j3. est une espèce entièrement distincte. — Sous le nom de G. ver- num, Sieber donne, des environs d'Ajaccio, une plante que M. Tausch décrit sous le nom de G. Sicberi : Caule adscendente « ramoso foliisque quaternis subrotundo-ellipticis niolliter vil- « iosis canescentibus , pedunculis axillaribus ramosis aphyllis « folium subœquantibus, floribus polygamis, fructibus glabris ». b. — Le G. artlculatum Rœm. Schult. a pour synonymes : Va- lantïa articulatalu. Lam. G. cordatum Rœm. Sch. DC. Le G.pyg- mœum DC. n'est qu'une variété naine de cette espèce. ASPERA Mœnch. {Galii spec. et CalUpeltis DC.) VAspera nutans Mœnch a pour' synonyme le G. murale DC. (excl. syn. Morison). — Aspera Cucullaria T., CalUpeltis Cucullaria DC. M. Tansch ne connaît point les G. fragile Qt filiforme que M. De Candolle rapporte à V Aspera de Mœnch. — Le G. verticillatum Lois. DC. auquel appartient le synonyme de Morison , que De Candolle cite pour le G. murale^ est un véritable Galium, VALANTIA DC. comprend les espèces suivantes : \. F. mu- ralis L. a. F. hispida L. 3, F. aprica T. {Galium apricum Sibth et Sm. DC.) 90 BERjVHARDi. — SuT le genre Gagea. VJsperuîa umhellata Waltlst! Willd. DC. est la même plante que XA. hexaphjllahW., et ÏJlsp. hirta Rœm. en est probable- ment une variété hérissée. — UA. pyrenaica L. est sans aucun cloute ÏA. longifolia Waldst. Rit. — UA. montana Willd. DG. n'est qu'une variété de \A. cynanchica L. On trouve des pas- sages de l'un à l'autre. VA. lœngata L. DC. doit être rapporté à la section des Galioideœ , tant à cause de la brièveté des corolles qu'à cause de son inflorescence. U Asperula brevlfolia Vent. DC. synonyme de 1'^. rigida Sibth. DC. , appartient, comme VA. Tournefortii Sieb. DC. , au genre Crucianella. M. Tausch les a décrites depuis long-temps dans son manuscrit de la Flore de Crète, sous le nom de Crucianella rigida et Tournefortii. Recherches sur les caractères des Gagea et sur la place que ce genre doit occuper dans les familles naturelles ; par le pro- fesseur Bernhardi [Flora i835, page SS^.) *>"// Quelques auteurs sont encore indécis s'il faut séparer le genre Gagea des Omithogalum. Le caractère le plus important qu'on a proposé pour motiver leur séparation, se trouve dans la manière dont les anthères sont attachées aux filets, caractère que Dillenius et Moench ont déjà entrevu. Cependant le genre Stellaris de ces auteurs ne saurait être considéré comme syno- nyme du genre Gagea, parce qu'il comprend plusieurs autres espèces appartenant à des genres très divers. M. Link, sans faire mention du caractère indiqué, fonde son genre Ornithoxan- thum f qu'on peut considérer comme synonyme du Gagea Salisb. , sur les fleurs naissant presque en ombelles entre des bractées foliacées, sur le périgone à six divisions, et sur les filets attachés à la base du périgone. Le premier de ces trois carac- tères mérite surtout considération. En effet, toutes les espèces de Gagea ont des bractées vertes, semblables aux feuilles et lîERNnARDi. — Sur le gejire Gagea. 91 persistant jusqu'à la maturité des fruits, tandis que dans l'O/*- nithogaîum ces organes sont plus courts, plus minces, plus blancs et se fanent après la floraison. Dans quelques Gagea, on observe encore une ou deux feuilles qui forment une sorte d'iuvolucre, et de l'aisselle desquelles naissent encore des fleurs dans quelques espèces, surtout dans le G. SzovitsiiBn^sQT. C'est à tort que quelqises auteurs ont essayé d'assimiler cette espèce d'involucre aux spathes des Alliuni, Narcissus, Amaryllis, etc., il faut plutôt les comparer aux bractées des Lilium et des Fri- tillaria. Quelques espèces de Gagea ayant des hampes uniflores ou des fleurs alternes, le caractère que M. Link tire des fleurs en ombelle n'est guère soutenable. Rer indique comme un ca- ractère, distinctif qui mérite effectivement d'être maintenu, les feuilles qui garnissent la hampe des Gagea ^ tandis qu'elles sont toutes radicales dans V Ornithogalum. La division plus ou moins profonde du périgone ne peut of- frir de caractère constant, mais ces parties présentent, d'après Ker, un caractère plus solide; elles sont plus herbacées et plus coriaces dans le Gagea, plus succulentes et moins coriaces dans ï' Ornithogalum. Dans le second genre, elles sont en outre plus fanées, quand le fruit est parvenu à maturité. Le caractère tiré de la couleur du périgone ne peut convenir qu'aux espèces indigènes, quelques espèces exotiques présen- tant également des fleurs jaunes; celui qui est fondé sur les filets soudés à la base du périgone est trop sujet à varier, les auteurs même sont d'une opinion très divergente dans son ap- plication aux deux genres. Il est dit plus haut qu'un très bon caractère peut être fondé sur la manière dont les anthères sont attachées aux filets. On n'a cependant pas assez bien formulé cette différence. Dans les deux genres, les anthères sont attachées à-peu-près par leur milieu; mais dans le Gagea, elles le sont au moyen d'un tube qui s'avance dans la direction de leur axe, à-peu-près jusqu'au milieu de l'anthère ; l'extrémité du filet est contenue dans ce tube; dans ï Ornithogalum, elles se trouvent attachées extérieu- rement, et sur leur dos. ga BERNHARDi. — Sur le genre Gagea. Ker a cru trouver encore une différence dans la structure du style; mais ce caractère mérite une révision : en effet, dans le G. uniflora, le style est à-peu-près de !a longueur de l'ovaire; dans le G. oxy-petala, il est de moitié plus court. Dans les Or- nithogalum , la longueur de cet organe n'est pas moins variable. Le style légèrement cunéiforme pourra peut-être présenter quelque utilité dans le Gagea. Il se pourrait que le stigmate présentât encore des différences, mais il est difficile de les ad- mettre dans l'étendue que Ker leur attribue. Tels sont les caractères d'après lesquels les auteurs ont essayé jusqu'ici la séparation des deux genres en question. M. Bernhardi croit en avoir trouvé un , dont les auteurs n'ont presque point fait mention , dans l'organisation de la capsule et des graines , et dans la germination. Tous les Ornithogalum ont les graines mûres noires, globuleuses ou anguleuses; dans le Gagea ^ elles sont brunâtres, aplaties ou du moins comprimées, ce qui les rapproche des graines des Liliiun, des Fritillaria et des Tiillpa , qui sont cependant plus grandes. Quelques Gagea produisent, à la vérité, des graines assez grosses, surtout s'il ne s'en déve- loppe qu'un petit nombre : on ne peut cependant point les ap- peler alors subglobosa comme le font quelques auteurs. Dans le Gagea ^ les ovules paraissent' disposés dans les loges sur une seule rangée, et les graines développées présentent une posi- tion horizontale; dans \ Ornithogalum , au contraire, ils sont placés sur deux rangs, ou ils sont plus irréguliers et ne pré- sentent presque aucun ordre dans leur disposition. L'auteur avoue cependant que dans le Gagea reticulata , les ovules et les graines paraissent également disposés sur deux rangées. La plu- part des Gagea (le G. reticulata a seul présenté une exception) germent au printemps, et ne développent dans la pi-emière an- née que le cotylédon. R. Brown a établi la différence des As- phodélées et des Tulîpacées sur le test noir ou crustacé des pre- mières. Aucun genre de la même famille ne présente les brac- tées foliacées ni les anthères attachées à leur milieu au moyen d'un tube, caractère qui se reproduit dans quelques genres des Tulipacées, surtout dans les genres Frililaria et Tulipa. Le genre Gagea est lié aux Fritillaria par XAnthericum serotinum L. BERNHARDi. »— Siir le genre Gagea. gS (Lîoydia Salisb. , Rhabdocrinum Reichb., Nectar oh othrjum Ledeb. ) . plante tellement semblable aux Gagea, que Laxmann en a fait son Ornithogalum altaicum , et Marschall Bieberstein son Ornithogalum striatwn.jy MU autre côté, XeGagea est lié aux Tulipa par les G. uniflora et oxypetala , que Ledebour est tenté de considérer comme types d'un genre nouveau intermédiaire au Gagea et au Tulipa. Cependant le style plus court n'est point un caractère suffisant pour cette séparation, qui serait fondée sur une meilleure base, si on trouvait dans ces deux es- pèces les divisions du périgone caduque, et les ovules disposés sur deux rangs. Dans les Lilium, les anthères, examinées avec soin , présentent la structure de celles du Gagea et du Frltillaria^ quoique des auteurs récens attribuent encore aux Lilium des anthères vacillantes. Dans le Lilium camischatcense ^ qui, avec quelques espèces du même genre, se distingue par l'absence du nectaire, les anthères sont fendues du côté intérieur, mais elles restent dres- sées. Leur véritable conformation paraît avoir été observée par C. Meyer dans le L. quadrifoliatum , auquel il a trouvé des an- thères « basi ad coramissurara déhiscentes ». Par cette structure, ce Ulium tient le milieu entre les Lilium et les Friiillaria ; et on sait en outre que quelques auteurs voudraient le réunir au second genre. Il peut cependant, à juste titre, être considéré comme le type d'un genre nouveau. Sweet réunit le Lilium camtschatcense au genre Amblirion de Rafinesque , fondé sur le L. pudicum. L'auteur ignore si cette dernière espèce présente des anthères dressées ou vacillantes. Comme le genre Amblirion doit se distinguer par un stigma obtusum integrumj qu'on ne rencontre point dans le L. camtschatcense ^ il est fort douteux que cette espèce doive rentrer dans le genre proposé par Rafi- nesque. En attendant, on peut admettre pour lui, avec Sweet, le nom à^ Amblirion , pour ne pas créer un nom de genre nouveau qu'il faudrait faire disparaître plus tard. La structure des anthères du Lilium se rencontre dans le Methonica Hermann ( Gloriosa Ij. ) Y^Erythronium y dont Linné déjà a signalé l'affinité avec le Methonica^ présente une structure des anthères semblable à elle 94 BERKHARDi. '— Sup le genre Gagea. du Tulipa. Ces deux derniers genres s'écartent des autres Tuli- pacées par leurs graines, qui ne sont pas aplaties ou com- primées. Le genre Calochortiis Pursh enfin devra être réuni aux Tuli- pacées. Ses trois stigmates ne sont , à la vérité, pas toujours réu- nis comme dans les autres ïulipacées, mais dans quelques es- pèces ils sont contigus à leur base. Ce genre prouve par là que la division du pistil ou du stigmate n'est pas un caractère suffi- sant pour la séparation des Tulipacées d'avec les Asphodélées. Les graines presque blanchâtres semblent en outre rapprocher le Calochortus des autres Tulipacées. La division du genre Cala- chortus en deux, proposée par Sweet, qui en sépare le Cyclo' bothra, paraît aussi p^^u fondée que celle par laquelle on distrait le Petilium du Fritillaria. C'est à tort que Lindley a voulu réunir les Hémérocallidées R. Br. aux Tulipacées. Dans V Hemerocallls {Fankia ) cœrulea , M. Tausch a cependant remarqué un test noir fragile que R. Brow^n dit ne point exister j il y a vu plus d'un embryon, mais il n'y en a jamais trouvé six à dix comme le botaniste anglais. Après cette discussion des caractères que présente la famille des Tulipacées , l'auteur propose de les distribuer de la manière suivante : TULIPACE^. A. Canali antherarum hasilari antice liiante. 1. Meihonica'^Qxm. GloriosaL. — Calyx marcesccns 6-sepalus ; àcpalls suLaequalibus undulatis basi reflexis. Nectariutn iiullum. Anllierae vacillantes. Sîylus dcclinattis obliquas, stigmate Irifido. Capsula oblorjga coiiaeea. Semina subglobosa biserialia. 2. LiliumTomneî. — Calyx deciduus infundibuliformi-campanulatus 6- sepalus(l. 6-paititus), sepalis subsequalibus sa;pe recurvatis sulco nec- tarifero instructis. Antherœ vacillantes. Stylus subclavatus rectus 1. subcurvatus, stigmate subtiilobo. Capsula oblonga 6-sulca. Semina plana biserialia. 3. Amhlirion Rafinesq. ? — 'Calyx deciduus carapanulatus 6-sepalus, sepalis subaequalibus interne slriatis. Nectarium nullun), Antherse erectae. BEjiNHARDi. rrr, Sur U Retire Gagea. 9§ Stylus bf-evis, stigmatibus leflexis, 1. longior stigmate subsimplici. capsula oblonga 6-sulca. Semina plana biserialia. B. Canali antherarum hasilarl clauso : 4. frliillaria L. — Calyx deciduus campanulatus 6-sepalus , sepalis sub- sequalibus rcctiusculis imberbibus , intus supra basin fovea nectati- fera imraarginata insîruclis. Stylus subclava.us stigmate tripartito. Capsula coriacea loculicide dehiscens. Semina numerosa horizontalia biserialia. a, Petilium L. Capsula marginibus 6-aculis. p, Fritillaria Tournef. Capsula lasvis. 5. Calochorùus Pursli. — Calyx deciduus patens 6-sepalus, sepalis intus su- pra basin fovea nectarifcra instructis,,exterioribus minoribus, omnibus 1. interioribus intus barbatis. Styli obsoleti. Stigmata 3 libéra 1. basi çoalita rcfiexa caualiculata. Capsula trigona septicide dehiscens. Se- mina numerosa horizontalia compressa série simpUci affixa, ovulis distichis ? a. Calochorùus Sweet. Petala iuteriora raulto majora tantum bar- ba ta. p. Cyclohothra Sweet. Petala orania barbata minus inœqualia. 6. Lloydia Salisb. —Calyx persistens patens sexsepalus, sepalis subœquall- bus imberbibus , intus supra basiu fovea nectarifera infcrue margi- nala instructis. Stylus subclavatus , stigmate subîrigono apice depresso. Capsula trigona loculicide dehiscens Semina numerosa horizontalia plana biserialis ? 7. Gagea Salisb. — Calyx persistens superne patens 6-sepalus , sepalis sub- œqualibus iml:)erbibus. Nectarium nullum.' Stylus trigonus incrassa- tus, stigmate trilobé apice depresso. Capsula trigona loculicide de- hiscens, Semina subhorizontalia compressa uniserialia 1. biserialia. 8. Tulipa Tournef. — Calyx deciduus campanulatus 6-sepalus, sepalis reç» tiusculis subaequalibus imberbibus. Nectarium nullum. Stylus nuUus. Stigma trilobum. Capsula Irigona. Semina numerosa horizontalia plana biserialia. 9. Erylhronium. — Calyx deciduus basi campanulatus 6-sepalus, sepalis me- dio reflexis subsequalibus, interioribus basi bicallosis. Stylus filiformis, stigmate tripartito. Capsula subglobosa basi atlenuata. Semina ovifor- 96 REiCHENBACH. — FloTa germanica. mia, basi acutata , apice annulo elevato et appendiculo memLranaceo laxo basi tumido coronata, biserialia. M.Bernliardi dit ne point connaître le/?toop^/<2/«/?2 de Fischer; genre qui lui paraît devoir également rentrer dans lesTulipacées. Le style filiforme et le stigmate indivis ne suffiraient pas pour l'écarter de ce groupe, car c'est un caractère que Kafinesque donne aussi à son genre ^mhlirion. Probablement , le Rhino- petaluin devra se placer entre Y^mblirion et le Fritillaria. Flora germawica exsiccatAj sive herbarium normale plantarum selectarum criticaruinve in Grermania propria ., vel in ndja- cente Borussia, Austria, Hungarla^ Dalmatia, TyroU, Hel- vetia^ Pedemontio^ Belgiaque nascentium, concinnatwn edi- tumque a Societate Florœ germanicœ ; curante L, Reicheneach. (Centuria viii-xi. Leipzig : Hofmeister.) Quatre centuries de cette importante collection ont été pu- bliées depuis que nous avons parlé de la sixième et de la septième (Voy. Annales Se. nat. m, page 186). Les livraisons que nous annonçons ont été publiées dans le courant de i834 et i835; nous allons indiquer ce qui nous y a paru de plus curieux. Le plus grand nombre d'espèces a encore, cette fois, été fourni par M. Noé, qui s'est établi depuis quelques années sur les bords delà mer Adriatique. La plupart des plantes qu'il a envoyées se retrouvent d'un côté dans le midi de la France, de l'autre dans la Hongrie. Le Statice serotina est une des espèces formées par M. Rei- chenbach aux dépens du St. Limonium L., de même que le Statice pseudoUnionium qui croît^ sur les bords de la mer d'Allemagne. • — \j<èBarkhausiahispida W. Kit. pourrait bien se retrouver dans le sud de la France, où on le confondrait avec le B. setosa DG. Quelques botanistes du Tyrol et du Salzbourg continuent à récolter en grand nombre les plantes des Alpes, et bientôt REiCHENBÀCH, — Flova germanica. 97 l'herbier de Reichenbach contiendra la plupart des espèces alpines. — Les Draba y sont assez nombreux : on y trouve les D.frigida, tomentosa, carinthiaca et ZalbruchnerL — Parmi les Gentianes, nous avons distingué les G. prostrata et pannonica, — D'autres plantes curieuses des mêmes localités sont les ToJ- fieldia glacialis Gaud. et èorea/wWahlenb.; les Orchis chloran- iliay angustifolia et speciosa qu'on retrouve probablement en France, supposé que ce soient de véritables espèces; le Rhodo' dendron Chamœcistus ; \ Aquilegia nigricans Reichb. que Koch a décrit sous le nom ^A. atrata; une variété cœrulescens de XOxytropiscampestris; le Carlina longifolia qui se trouve aussi dans les Hautes-Vosges. — En Carniole , on a trouvé plusieurs plantes très rares qui lui sont particulières, telles que le Hladnic" kia pastinacifolia Reichb , le Potamogeton prœlongus Wulf., le Primulacarniolica'isiCq., \esLaserpitium marginatum et peuce- donoldes, le Stellaria bulbosaY(\i\ï. — M. Lejeune a enrichi la col- lection de quelques-unes des espèces particulières à la Relgique : Çyperus rhenanus Schrad., Lycopsis orientalis L., Lysimachia decipiens^ et quelques autres plantes décrites par M. Lejeune. — La Hongrie et l'Autriche ont fourni, entre autres, le Lepidiiim crassifolium W. K., XHypericum barbatum L., XEuclidiwn syriacum R. Br. De la Flore de Berlin nous avons remarqué \Alisma parnassifolium et quelques espèces rares de Salix. Onze espèces de ce genre ont été envoyées, parmi lesquelles se trouve le S. hippophaeifolia Thuill.,' qui paraît généralement négligé par les auteurs français; il se trouve cependant dans quelques parties de la France ; c'est le S, olwacea Hollandre (Flore de la Moselle). Les quatre dernières Centuries renferment quatorze espèces de Carex, dont plusieurs particulières aux Alpes d'Allemagne. — Le Borycnium intermedium Ledeb. vient de la Savoie, près de Chambéry. — Le Typha elatior Bonning. et le Pulmonaria mollis Wolf. se retrouvent en France : la dernière paraît même y être très répandue sous le nom de P. angustifolia. — iJAllium strictum Schrad. de Prague a été décrit dans la Flore française sous le nom àAllium ambiguum. — On voit surtout avec plaisir douze espèces de Rubiis données par Weihc lui-même. Nous VI BoTAN. — Août, 7 gS BEiCHENBACH. — Flora germanica. sommes loin de convenir que ce soient de véritables espèces, mais du moins les botanistes seront-ils contens de posséder des échantillons de ce genre polymorphe. Nous avons déjà une fois fait remarquer à M. Reichenbach que certaines espèces communes ne peuvent point être fort agréables à ceux qui achètent ses Centuries : les nouvelles li- vraisons nous forcent à revenir à ce sujet. En effet, on y trouve, entre autres espèces généralement répandues, les suivantes : Brachypodium pinnatum , Cornus sanguinea , Euphorbia exi- gua^ Poabulbosa, Luzula maxima, AUlum ursinum, Gagea aruensis, Sedurn album, etc., espèces qui certainement ne de- vraient point se trouver dans une collection de plantes choisies. — U Aconitum cernuum a été donné deux/ois^ ainsi que le Dentaria pinnata j dans les livraisons antérieures. Annotationes hotanicœ ex Indice seminum horti academici Gottingensis y aucL Schb. abeix, excerpiœ. (i) (Jnno i834)- Chenopodium leiicospermuni Schrad. Ch. foliis rhomboideo-ovaîis subsi- miaîo-dentatis : superioribus hastatis ; summis lanceolatis, paniculis corymbosis suprfi axillaribus strictis , pedunculis fructifeiis recurvi?, semiuibus laevibus. — E regno chilensi. Semiiia ntriculo subdeniidata, aîba, nitida, qua nota, [ut et infloresccntia, a proxime affinibus {punctulaio, Quinoa, etc.) facile distinguitur. s Cleome viffiinea Schrad. Cl. herbacea , tenuissime glanduloso^pubescens, foliij. 5-7-cali.sque, foliolis ovalibus acutiusculis, bracteis ovato-lanceolatis (se- (i) Les catalogues des jardins de botanique étrangers n'étant adressés qu'aux directeurs des jardins principaux de France, sont inconnus du plus grand nombre des botanistes. Comme ils renferment souvent des observations précieuses pour la science , telles que des descriptions de nouveaux genres et de nouvelles espèces, il est de notre devoir de publier celles qui nous semblent les plus importautes , et à ce litre, nous déniions successivement dans ce cahier les extraits des catalogues des jardins deGottiugue, de Bieslau et de Hambourg, ainsi que nous l'avons fait préoédeinmcnt pour celui de Pétersbourg. scHRADER. — - ^ finotatioTie^ botanîcœ. ^^ rius lato-ovatis) , pctalorum lamina ovali ungue diiplo longiori, capsula cylin- dracea thecaphoro longiori pcndula. Semina sub speciosa missa. Accedit ad pu- lescentenij ciijus foliola vero duplo majora, ohlongo-ovalia acuminata, flores triplo fere majores, albi (nec ut in nostra rosei), capsulse crassiores, bipollicares (nec sesquipollicaris longitudinis.).Magisadhuc z»i;7îi«t^a?affiais est Cleome rosea Eckl. Coll. Sera. i833, ab bomonyma VaLliana ut a nostra sequenti modo dis- tinguenda : CL Eckloniana, herbacca, tcnuissime glanduloso- pubescens, foliis 5- 7-Hatisque, foliolis oblongo-ovàlibuslevitci' undalatis, pctalorum lamina oblongo- elliptica longe unguiculata, capsula cylindracca thecaphoro longiori pendula. Cratœgus saiiguinea Schrad. Frutcx arboicus, faeie Cr. orientalis M. Bieb. (in De Cand. Prodr. 2, 629 maie tanaceùfoliœ junclae)., a qua praecipue differt: foliorum laciniis (floriferor. ramorum) latioribus, minus -villosis; pedunculis lon- gioribus (unde fructus non ut in illa glomerati); fructu plerumque paulo minorî, sanguineo , carne dilutiori. E. Tauria orientali semina olim cum horto nostra communicata sunt. Cucurhita urnigera Schrad. C. foliis lato-cordatis obtu.!!e subquinquelobis pubescenti-hirlis, fructu ventricoso-urceolari costato. Folia obscure maculata ; ut in nonnullis afFinibus fruct. sesquipedalis, costis 18-20 longitudinalibus nota- tus, sordide viridis ; carne rubra, inodora ; semina Peponis. Gypsqphila saligna Schrad. G. caule erecto, foliis angusto-lanceolatis basi leviter altenualis subquinquener\iis glabris, paniculae trichotomas ramis pedun- culisque glanduloso-pubcscentibus, floribus corymboso-fasligiatis, genitalibus petala superanlibus. Planta perennis, sesquipedalis: foliis 2 i/2-3 poil, longis, j/2 poil, latis, glaucescentibus. Florum à\s\\oiiûo fastigiatœ. Lactuca ambigua Schrad. Est média virosam inter et scariolam, illis pre- cipue foliis, buic durationc et habitu graciiiori convcniens. Ilerba quoque nul- lum spirat odorem narcotioum, virosœ proprium. Descriptionem et iconera hu-^ jus dédit Haync in Plant, offic. i. 7. 47. sub virosa. LippiaftUformis Schrad, L. caule herbaceo repente, foliis oblongo-obovatis basi cuneatis apiccm versus serrulatis strigoso-pubescentibus , capitulis ovato- conicis folia longe superantibus , bracteis cuneatis. ChiU "V. Sub diu caulcs ad bipedalem longitudinem excurrunt, geniculis omnibus radicantibus, nec infe- rioribus tantumut in affini nodiflorOj folia etiam longius petiolata ac in illa. Mùgiphanes Jacquini Schrad. Mogipk. Jacquini et virgata, sub brasi- liensi Mart. comprehensœ, species omnino diversas constiîuunt sic defiuiendas : M. virgata, caule virgato foliisque ovali-oblongis villoso-hirtis, capilulis termi- nalibus pedunculatis ternis solitariisque, bracteis calyce breyioribus. M. Jacqui- ni, caule ramis patnlis foliisque ovatis acuminatis appresso-pubesccuti-hirtis; 100 scHRADER. — - ^nnotatloTies hotanicœ. capitulis lateralibus terminalibusque, bracteis interioribus calyce longioiibus. Ad hanc posteriorem pertinet Gomphrena brasiliensis Jacq. quoad semina ab 111. Jacquino fil.'liberaliter mecum communicata. Icon Jacquini plantam vegcta- tiorem primi anni exhibens, cujus folia duplo majora et paulo longiora iis se- quentium annorum esse soient. Salsola eruhescens Schrad. S. annua subhirta diffusa ramosa, foliis filiformi- bus spinuloso-mucronatis, floiibus ramulorum exteriorum solitariis spicatis : la- teralibus glomeratis, calycis fructiferi foliolis obsolète alatis. Sibiria. — Singularis species ,ob diversam florum dispositionem. Flores spicarum bracteis lanceolalis appressis tecti. Glomeruli latérales e bracteis foliiformibus compositi, serins basi dilatata indurescentibus et fructus arcte includentibus. Sebœa congesta Sc\iVAà. S. foliis lato-ovatis subcordatis obtusissirais, flo- ribus quadrifidis capitato-congestis bracteatis, calycinis laciniis obtuse alatis , stigmatibus duobus. Gap. bonaî spei. — Planta annua , tenera , tota glabra. Caulis 2-3-pollicaris , simplex vcl bifîdus. Folia crassiuscula , subcarnosa. Capitulumbipartitum,9-i2-florum. — Flores parvi,subsessiles,albi. Calycis laciniaî apicem versus ala crassa obtusa auctae. , viviANi. •-* Champignons (Fltaîie, 109 ï FuNGHi d'Italie e principalmente le loro specîe mangereccie ^ velenose e sospette descritte ed illustrate con taçole disegnate e colorite dal vero, dal prof essore DomenicoYiviani. Fascicoli I — V. Genova i834. — • Champignons d'Italie, principalement les espèces comestibles , vénéneuses ou suspectes , décrites et accompagnées de planches où elles sont dessinées et coloriées d'après nature , par le professeur D. Viviani. Cinq fascicules de chacun dix planches in-folio. La famille des Champignons, l'une des plus vastes du règne végétal , mérite par son importance de fixer de nouveau l'atten- tion des botanistes, des économistes et des médecins. C'est en suivant le développement des êtres plus ou moins simples qui la composent , qu'on pourra peut-être quelque jour soulever un coin du voile obscur qui couvre encore certains phénomènes de la vie végétale. Sous le rapport économique , qui ne sait l'intérêt qu'offrent ces cultures artificielles de Champignons comestibles, placées près des grandes villes, et au moyen desquelles il de- vient facile d'éviter les empoisonnemens, malheureusement si fréquens dans les campagnes , où les méprises à cet égard coû- tent la vie , chaque année, à tant d'individus! Combien il serait à désirer que la science arrivât à ww degré de perfection tel qu'elle fût capable d'offrir des signes certains à l'aide desquels on pût aisément distinguer les bons Champignons des mauvais ! Mais, quels qu'aient été les efforts tentés jusqu'ici , nous sommes encore bien éloignés d'un pareil résultat. Que si les travaux de tant d'hommes distingués n'ont pu atteindre encore ce but dé- sirable , ce n'est pourtant point une raison pour se décourager et abandonner un sujet de recherches qui intéresse l'humanité tout entière. De même que le midi de notre France, l'Italie est une des contrées les plus fertiles en Champignons. Il paraît aussi que les espèces n'y sont pas généralement si délétères que dans le cli- mat du centre ou du nord de la France. Ayant habité Naples pendant long-temps , et même les provinces de ce royaume , pous n'y avons que bien rarement entendu parler de ces acci- no D. vivxAM. — • Champignons d'Italie- dens , si communs parmi nous, occasionés par les Champignons, et pourtant on en fait un usage bien plus général. Gela tiendrait- il au mode de préparation ? Nous pencherions assez à le croire , puisque nous savons que les plus vénéneux peuvent en quelque sorte devenir innocens par une macération long-temps prolon- gée dans le vinaigre ou l'eau salée ; ou bien les paysans italiens et ceux du midi de la France se transmettraient-ils de généra- tion en génération la connaissance pratique des espèces impu- nément comestibles? Quoi qu'il en soit, c est un fait qu'il con- venait de constater. D'un autre côté, et cela semble en opposi- tion avec ce que nous venons de dire, nous savons que les hommes du nord de l'Europe , et entre autres les Russes , man- gent presque indifféremment toutes les espèces qu'ils rencon- trent. Je le répète, c'est une matière qui appelle de nouvelles observations , et qui mérite à tous égards l'active sollicitude du philantrope, qu'il soit botaniste, chimiste ou médecin. C'est aussi en Italie que les Champignons ont été d'abord le mieux observés. Micheli dans ses Noi^a gênera, et Bartarra dans ses Fungi arriminenses, ont en effet donné les premières fi- gures passables de ces plantes qui jusque-là avaient été si gros- sièrement représentées dans les planches gravées sur bois de Bauhin, Clusius, etc. Mais qu'il y a loin des planches même de Micheli et de Batarra à celles de l'ouvrage que nous annonçons aujourd'hui 1 II est vrai que la transition n'est pas brusque : entre les livres de ces auteurs estimables et celui de M. le pro- fesseur Viviani , il y a une foide d'ouvrages intermédiaires dont, les derniers , ceux surtout de Bulliard, Sowerby, Greville, etc. , nous offrent des Champignons figurés avec plus ou moins de luxe et de vérité. C'est aussi par ces qualités que brille surtout l'œuvre du professeur génois. Les cinq fascicules que nous en avons parcourus dans la bibliothèque de M. le baron B. Deles- sert, nous montrent en effet tout ce que l'on peut attendre d'un crayon exact et d'un pinceau exercé. C'est un livre, en un mot , où règne une magnificence digne du souverain sous les auspices et avec l'appui généreux duquel il est publié. Nous dirons peu de chose du texte qui accompagne les plan^ ches. Les descriptions nous ont paru bien faites et à la hauteur D. viviANf. ■ — Champignons d*Italie. t i i lies connaissahces actuelles sur ce point de la science.Quant aux planches , nous le répétons avec plaisir , elles sont dessinées avec une grande vérité par l'auteur lui-même, circonstance plus importante qu'on ne l'imagine quand il s'agit des végétaux agames, puis imprimées en couleur et retouchées au pinceau avec le plus grand soin. Une seule chose nous y laisse à désirer M. Viviani, chose que le nombre toujours croissant des espèces rend de plus en plus indispensable, nous voulons dire une ana- lyse microscopique de Xhymeninm où nous puissions voir la forme des utricules ou thèques (asci)^ leur agencement ou dis* position en membrane, celle des sporules, etc. Nul doute que par la suite on ne soit obligé d'avoir recours à ce moyen subsi- diaire pour rapprocher ou séparer des espèces. Si nous-même nous avons négligé cette analyse dans les deux Agarics nou- veaux que nous avons publiés dernièrement , c'est qu'à l'é- poque où ils ont été découverts nous n'étions pas convaincu comme maintenant de l'importance de cette analyse, et que plus lard, après une dessiccation long-temps prolongée, il n'était plus possible de la faire. Nous ne chicanerons pas M. Viviani sur la valeur de quel- ques-unes des espèces d'Agarics qu'il a regardées et publiées comme nouvelles , puisque lui-même, dans leur description, les rapproche des types auxquels elles se rapportent, et souvent ne les admet qu'avec doute. Nous dirons seulement en passant que, d'après notre manière de voir, qui peut bien n'être pas la bonne , c'est sur de bien fugaces ou légers caractères qu'il en a établi quelques-unes. Ainsi VAgaricus caryophyllatus Viv. ne diffère de XA. prunulus Scop. que par la couleur, caractère de peu de valeur ou plutôt de nulle valeur dans ce genre, comme chacun sait. L'odeur de farine de celui-ci remplacée par une odeur plus suave dans celui -là, ne nous semble pas non plus au- toriser à séparer deux formes tellement identiques d'ailleurs. \1A. Piopparello Viv. est bien voisin de VA. melleus Vahl (^. annularius Bull.), si ce n'est la même espèce, ce que nous sommes porté à croire , tant cette espèce est variable. \]A. hor- tensis Viv. est-il bien différent de VA. pumilus Fr. {^A. volvaceus minnr Bull. ) ? VA. prominens Viv. n'est évidemment pas dis- 112 D, viviANi, -^ Cliampignons d^ Italie, tinct , pour nous , de Y^. procerus Scop. ; l'espèce de pointe ou diacumen qu'on observe au milieu du chapeau ne nous sem- blant pas suffisant pour l'en séparer, puisque d'ailleurs on le retrouve dans V^, colubrinus Bull. , qui n'en est qu'une simple variété. Nous croyons qu'on aurait pu se dispenser de figurer un si grand nombre de variétés de VJ, campestris L. , et qu'il eût mieux valu consacrer ces planches à des espèces plus inté- ressantes ou non encore représentées. L'^. pudïcus Viv. non Bull, ne nous semble, au reste, qu'une des variétés de cette es- pèce. Enfin XA. infundibaliformis Viv. 'nous paraît une espèce différente de l'Agaric homonyme de Bulliard , t. 553. Nous ne saurions véritablement à quoi la rapporter, mais nous y réu- nirions bien certainement une autre espèce de M. Viviani, XA. zizyphinus. Nous n'ajouterons plus qu'une seule observation. VA.fœtens laisse quelque chose à désirer sous le rapport de l'exactitude. L'échantillon modèle était probablement ou trop jeune ou im- parfait, car la cavité considérable dont se creuse le pédicule est à peine indiquée d'une part, tandis que de l'autre les gra- nulations des stries des bords du chapeau sont à peine dis- tinctes et ressemblent plutôt à de simples points colorés sans nul relief. C'est peut-être la seule critique que nous puissions faire relativement aux planches ; mais il faut aussi convenir que la perfection habituelle de M. Viviani nous a rendu à bon droit difficile. Pour nous résumer, nous dirons avec franchise que cet ou- vrage , remarquable surtout par le luxe des planches , ne peut avoir une grande influence sur les progrès de la science mycolo- gique y ni même , vu son prix assez élevé , prétendre à la rendre plus vulgaire ; mais nous ne l'en croyons pas moins digne de figurer à côté de Bulliard, de Sowerby, de Schaeffer, dans les bibliothèques publiques et particulières, où il sera consulté avec fruit quand il s'agira de déterminer sûrement une des es- pèces qui y sont si fidèlement représentées. C. Montagne. j. G AT. • — Duiiœi iter asturicum. n3 DuRiàEi iTEu Asturicum Botanicum, ABflVO l835 SllSCF.PniM, Auctore J. Gat. PROOEMIUM. Peninsulara Ibericam post Clusium, botanices causa, miilti petierunt, Touriiefortius, Ant. et Bern. de Jussieu, Loeflingius, Hoffmanseggius, Linkius, Webbiiis, aliique. Orso demùm bello Napoleonico, plantarum studio flagrantes, viri nonnulli milita- res, inter qiios Boryiis et L. Dufour, Hispaniam adierunt plu- resque ejiis provincias histrârunt. Novissimè porrô, exercitiii gallico addicti, pliarmacetilices quidam alumni, Gadibus diù morati sunt et ingentem plantarum exsiccatarum copiam indè reporlàrunt. Qno tempore etiam Salzmannus Motrilum, Maia- cam et Gibraltariam sedulô exploravit. Nec in excolendâ Flora patriâ minus acres iuerunt viri docti per peninsulam sparsi, ta- li tamen incepto numéro impares. FloramLusitanicammethodicè conscripsit, plantarum Linnseanarum et ipsius Lusitaniae indige- narum, eheu, non satis gnarus, ingenio cœterùm botanico pol- lens, Brolero. Intra Hispaniae fines de plantis Aragonicis benè meritus est Asso; de Catalaunicis et Caiœcicis, Pourretius ; de Valentinis, Cavanillesius; de Mnrcicis, ISeo-Castellanis, Legio- nensibus et Asturicis, Lagasca ; de Baeticis, Boxas Clémente. Quorum collatâ opéra, per quatuor elapsa saecula, plerapque quidem peninsulae stirpes innotuerunt et in systema vegetabi- lium intrârunt, longé tamen abest quin regio inter Europîeas fertilissima, sit exhausta. Plerseque enim cùm TlispanioD tùm Lusilaniae provinciae, semel aut bis ab homine perito curs\m peragratîB, inter cognitas plagas neutiquàm adnumerari pos- sunt; quaedam ad hanc usipie diem prorsùs intactne rcmanse- runt. Notiora profeclô Libyœ déserta et Asiœ regiones longin- VI. Koi»»». — Août. 8 I i4 j. G A Y. — Duriœi iter asturicixm. qiine, quàm istse Hispaniarum provinciae. Eas porrô stirpes, quas per seculornm deciirsurn cùm Hispani tùm exteri college- rmit, nemo adhuc in corpus unum, tolius scilicet Hispaniae Flo- ram, cogère suscepit. Quâ déficiente, nec de multarum plantarum extensione geographicâ satis certas notiones habemus, nec de II niversaeEnropœ Flora conscribendâ cogitandum. Accedit quôd pliirimœ, jam ab antiquiore sevo cognitse stirpes, une verbo bispanicœ dicantur, quarum locus in Hispaniâ propri«s aut prorsùs ignoratur, aut dubitationis signo notatur. Obscura? mibi erunt istte, et quoad historiam claudae, donec peregrinato- rum testimonio sciam, quœnam earum genuina sedes, quaenam extensio,qu8enam in solo Hispanico ratio. Petite ergo Hispaniam, Hispaniam percurrite, quicunque complendae FlorseEuropeae fa- vetis , queis et nummi et otium et florens aetas concessa. Talibus hortationibus perraotus,cl.Durieu de Maison-Neuve (quem latine in posterum , brevitatis causa, Duriaeum dicemus), miles bene- ficiarius {officier en disponibilité^, Blanchardiae, propè Ribera- cum, in Duraniae praefecturâ domicilium habens (i) , ibique pa- terna colens jugera, Hispaniœ lacunani botanicam pro virili ex- plere, et Asturiam, provinciam maxime neglectam , primùm adoriri statuit. Virum in rébus botanicis jamdudùm versatum, operae summoperè parem, aetas et vires inlegrœ, vitaque gra- vioribus negotiis vacans, et Hispaniae aliqua jam parta notitia excitabant. Bello enim anni 1823 interfuerat miles, et Hispano- rum linguam ac mores noverat. Sed quamvis incepto aptissimus, nequibat tamen sine facultatum modicarum damno tanti itineris sumptus sustinere. Huic commode opitulatum iri censuit, sise- lectarum plantarum specimina l\o colligeret, totidemque, mo- dicissimo pretio venalia, herbaria conficeret, lucrum indè neuti- quàm quserens, boc tantùm in votis habens ut impensam pecu- niam recuperaret. Talibus consiliis primum suum in Hispaniam iter, an no praeterito, suscepit et féliciter absolvit. A quo re- gressus, totam Filicum et phanerogamarum nondùm nominata- rum seriem, cum plurimis schedis manuscriptis, mihi elaboran- dam misit. Algas in?imiil Boryo , agamas reiiquas Montagneo (i) Blanchacdif, près Riberac, di'jiartement de la Ddrdotjne. j. GAY. — • Diiriœi iter asturicum. 'i5 tractandas commisit. Phanerogamae , additis Filicibus, in univer- sum species53i (i)suppeditaverunt,quarum275 tantùm publici jiiris factae sunt. Multas enim vulgares, eura in finem legit ut Asturiae indoles vegetabilis rneliùs patesceret. Quasdam magni prelii,etsi jam notas, inveni, novas plures quàm à regione tara vicinâ speravisses. Novas et minus cognitas, mox fusiùs tractabo. Ipsum vero iter priùs enarrandum, in quo suadendo atque pro- movendo ego primus fdi. De quo conscribendo neque ego cogitabam, neque Duriaeus, donec, absolutâ jam et in typothetae tabulis ordinatâ, eâ quidem non levi, quam mihi ipsi sumpseram , parte, ipsae, lepidissimè scriptae, Duriœi epistolae ulteriori laboriansampraebuerunt. Quae quum observationibus exquisitis et cognitione dignissimis scate- rent, deperdi nolui viri meritissimi operam. No vis itaque litteris (in Duraniœ enim dilione degit, nec ipse hucusque ciim eo in colloquium venire potui ) omnigenisque interrogationibus pro- vocavi, ut quae priùs mandaverat compleret, omniaque , quae perbellè observa verat, memoriterque ad hue servata tenebat , tandem mihi edenda traderet. Documenta mox nactus sum lo- cupletissima , quse in ordinem à me digesta, meisque ponderi- bus examinata, in ampliorem demùm libellum, totiusque itine- ris adumbrationem accreverunt. Nec scribenti lux defuit , aliun- dè allata. Parisiis etenim tune versabatur, Hispaniarum nuper rei aerariae praefectus, ill. comes à Toreno, vir tantùm rarâ inter proceres Hispanos eruditione pollens, quantum rerum prœser- tim omnium Asturicarum peritissimus ^ prout Oveti , Asturum nobilissimâ stirpe (jQueypo de Llanos) natus , et fundorum in Asturiâ maximorum dominus. Talem virum adiré atque in con- silium adhibere non dubitavi. A quo humanissimè exceptus, plura edoctus sum, undè Duriaei monita vel ampliata vel emen- data venerunt. (i) Aliae prœlereà non paucie à Duriseo loclîe sunt , qnas ego non \idi. Eas narralioni passîra intermiscut , \erbis non vis. ioterposilis. i6 .7. GAY. — Diiriœi iter asturicuni. I. Trajfctio. In extremis Galliae oceanicae finibus, intrà Liiisii sinum , par- vus, arci munitcE subjectiis, aperit se portns , cul iiomen le So- voa. Eô se coutulit , cùm Burdigalœ et Lampurdi navigium in Asturiam proFecturum frustra quœsiverat , Duriaeus , scaphâque conscensâ, 2* Maji 1 835, in Canlabriœ notissimum portum le Passage trajecit. Ibi in anchoris tune stabat , bello internecino laborantem Cantabriam speculata, navium gallicarum classicula, à cujus praefecto mox aliam scapbam obtinuit, quâ se ad San- Nanderam transferret. Scapha vero, procelloso mari impedila , in locum propositum appeJlere nequivit, et porlu Castro refu- gium quœrere coacta , nostrum peregrinatorem ibi dereliquit, qui, paucis intermissis diebus, tertiam naviculam consceudens, 18» Maji, Gegionem dcmùni altigit.Priùs verô quàm ad portum Castro perveniret, pleraquejain Canlabriœ et provinciïc Santan- derensis oppida maritima tetigerat , Saint-Sébastien , Lequieito, BilbaOj Portugalete , Santoha , et ubicumque appulerat , pla- gam oculis circumjectam curiosè luslraverat, chartâ verô bibidâ in imo navigio religatâ carens, non nisi paucissimas stirpescol- ligere potuit. Juxta portum le Passage . 6» Maji, Lithospermum proslratwn Lois, primùm vidit legitque, fidum deindè totius itineris co- mitem. Santonœ, in provincia Santanderensi , \\^ Maji, innumeraCV- trl Limoniii^v) pomaria vidit, et cîaustrorum paiietes^^/^/zo alpino (i) C'itvus Limonium non Santonœ tanlîiin, verùin etiain, quamvis parciiis, Castii, snb dio féliciter colitur, quie res et nielulogos et geogra|)hos onines effugisse videtnr ! Cilris omnibus raret tota Hispania interior. Tisdem abundant liltoia ferè omnia Iberica, aiil ad Mare médium lancesque Heiculeas, ant ad Oceanum Gadilannni prolensa. Totam Citris l'eracissimam es«e Lu- «ilaniam, nôrunt omnes. Nec regni limitibus et Minio flumine cohibentur. Eo enim trajecto, Caloecos intrant, et, ad oias Oceani occideutaiis, per Vicum (hisp. P'igd) et Pontem veteretn fhi'sp Po/itevedra) y usque ad elPadron, provincia feie mediâ , oinnes sinuil generis species e.xcurrunt (Coiif. Lahorde, Itin. descr. Esp. ii. 1808. p. 207. Quer. Fi. Exp m. 176a. p. i83. Bory, Guide du vor. en Eif). i8a3. p. 404), ubi Citnts Aurantivm (aurantia dulcia fe- erns) commorâtur. Pergil verô Cit-'i<: vulgarit (aurautia ferenS amara) cujus non paurae arbores, j, GAY. — Duriœi iter astmîcnm. 117 vestitas summoperè miratus est. Muros eosclem ornabaiit Pha- gnaJon tricephaliim Cass. et Saxifraga tnfurcata Schrad. Circa Castro, iS» Maji, visa siint Jspidium Filix-mas et dî- latatnm^ iitrumque luxurians, 5-6 pédale, Woodwardia radl- cans!, Srrnlax aspera, Laurus nobilis , jam arbor et montium clivos inferiori3S obumbrans , Osyrls alba , Orobanches plurcs , in Galio Molla^ine , Picride hieracloide?, Vicia bidiynicâ^QW.., parasiticae, Menzlesia Dabeoci, in lotâ Cantabriâ ,fprovinciâ Santanderensi et Asluriâ IVequens, Phagnalon tricephalum , Helichrysum Stœchas , Saxifraga hirsuta. Silène maritima var. longifolia, Silène nocturna et Cheiranthus incanus L. (à me non vis). Woodwardia imprimis miranda , Filix inler Europœas maxime australis, è Teneriffâ et Maderâ (i) in Lusitaniam et Pithecusam, Italise insulam,migrata, cujusverô extremus termi- nus, Boream versus, ad ipsas Vasconici sinus oras nune re- movendiis. Nec ullibi posteà , aut in Cantabriâ aut in Asturiâ Duriaeo nostro occurrebat. Castro verà, provinciae Santande- rensis portu, egresso, montis proximè adjacentis radiées pe- tenti, profunda abruptaque rupium scissura se offerebat, undè subjecti oppiduli aquseductum aiens defîuebat rivulus. Ibi, cura Coronœ (hisp. la Conifid) in horlis fructificant ; quibus etiam duplici ordine consitis, via ;;d villam qiiamdam, eodem in agio Coronensi, propè viciim Bergondo, longa ornalur. Citrui quoqiie Limonium circà Burum (hisp. el Ferrol) etiatiinùm fréquenter colitur (ex ore cl. Ray- mundi de La Sagra , qui rem, utpotè Calœcus et Coronae natus, optimè novit). Buri verô siib- sislere videtur utraque arbor, nec iuter Calœcos intcriores procurrere. Migrationis sallem ulte- Tioris nemin^ testem idoneum habeo. Leucas taraen ferè loo prosiliens, Cknis Limo/iitim, ia proviucià Santanderensi, littoreque Cantabrico, piagâ Hispaniœ maxime boreaii, iterùm cccurril, locis intermediis ulterioribusque prorsùs deficiens. Cujus phœnomeni causam , procul dubio multiplicem, eruere non tentabo. Hoc tautùm , ex Duriœi schedis, noialum volo, quôd aes maxime humidus, montesque ad Austrum proximè impendenles (ventorum australium flatur cohibentcs), Cilro,hîc loci, imprimis favere videntur, nec ea seorsùm aeris locorunive valet ra- tio. Gegioni etenim vivere nequit arbor, ubi et aer siccissimus, et montes ad Austrum longiùs remoti. Nec Santaiiderae hospitatur, quamvis aer ibi humidus , quià montes proximi leucam uuam vel i - ab oppido distant. Sautonœ veiô et Casiri, sub dio viget féliciter atque frtioii- ficat, miillo ubi hmnorescatet aer, et mons, nullâ planitie interjectâ, in ipsum mare prœceps decurrit. Observaliones propriè hygrometricas, nuilas quidem instituit Dnriœus, aeris taineu plus minus sicci aut luiniidi differentiam, ex plantis miiialibus Casiri, Santonœ et Sanlaudfra; creberrimis Ifelissimisque, Gegioni auîem rarioribus alqiie hebetatis, non ma!è conjiciebaL (1) Califoniiip «>tii,m, cl J'ertivia?. et Nep;)'ia3 civis dicilur! 1 1 8 J. GAY. — Duriœi iter asturicwn. Lauro nobili et Saxifragd hirsutâ frequentissimam ,8-10 peda- lein , frondibus in terram propendentibus , apice radicantibus, insignem et quasi peregrinam Woodwardiam vidit. Cujus, ne deerit dicto fides, cîim jam prelo chartisque bibulis carebat, pinnulas quantulascunque potuit, inter indusia et ipsâ hippo- perâ reconditas, ablatas secum attulit. II. Gegio. Gegioni (i) demùm appulit, cujus hic ferè est situs , atque conditio. Sinum amplum, satisque profundum efficiunt promontoria sancti Laurentii et de Torres, alterum ad orientem, alterum ad occidentem spectans. Imo sinu in mare excurrit lingua brevis , castello raunita, cui nomen Punta de Santa-Catalina , ad cujus latus occidentale portus aperit se, molibus lapideis clausus, lae- tissimusque, sed angustus, introitu ostioque angustissimo, quô iionnisi minora navigia {chasse-marées y sloops , très-petits bricks^ et similia) aestu accedente ingrediuntur, eodem recedente in arido relinquuntur. Portui adjacet oppidum incolarum plus 6000, apertum, nullisque propugnaculis defensum, sed ipsâ vetustate inclytum , totiusque Asturiœ amœnissimum et corn- mercio florentissimum. Ab oppido zona arenosa angusta, in orientem et occidentem, usque ad promontoria porrigitur ubi (et in extremâ Punta de Santa-Catalina) littus tandem in eau tes arduas {^dW. falaises) se attollit. In planitiem cae- terùm panditur tota regio circumjecta , nec nisi unam leu- cam à littore maris in colles assurgere incipit, à quibus proximi montes, Oveto impendentes, leucas 4 distant. Regio ventis omnibus pervia, parùmque fertilis, propteraerem siccis- simum plantis imprimis muralibus et tectorum ( ad Castro et Santoha luxuriantibus) infecunda, stirpibus tamen marinis et maritimis abundans. Eam jam plagam, ab 1 8^ ad a8 a™ Maji, florentibus adhuc Scillâ vernâ , Stellariâ Holosteâ , et Cheirantho Cheiri , exploravit Duriaeus. Quas ibi legit stirpes, paucis capitibus exponam. (i) Gegio, oiiis, aliisGegia et Gigia, œ, hodiè Gijon. j. GAY. — Duriœi iter asturicum. i iq Rupibtis maritimis, earumqtie speluncis propriœ sunl ^splc- nium marinum Z., Adiantam Capillus-veneris L. et Cochleania danica L. Super haec campi se attollunt et cespites graminei , Serapld oct'M//a/« ( nov. sp. ) decori. In zona liltoris arenosâ vivunt Phleum arenarïum L. , Ees- tucarubra var. spicuUs pubescenlibus , Triticum junceum L. et Rottholla DC, Lepturus incuri^atus Tr'in. et subulafus Kun\h., Merendera Bulbocodium Ram. (fructifera), Potamogeton pec- tinatum L. , Ruppia rostellala Roch , ZannichelUa pedunculata Rchb., Zostera marina L. , Triglochin maritimum L., Rumex bucephalophorus L. , Chenopodinm maritimum L. , Armeria ma- ritima W., Glaux maritima L., Leontodon hulbosus\i. (Prenan- ihes bulbosa T>C FJ.fr.), Thrincia hirta Roth., Cotula coro- nopifolia L. , Daucus hispanicus DC. , Medicago lupalina et striata Bast., Malva mihi \^x\olaL {i)^Dianthus gallicusVers., Sagina maritima Don, Spergula sabuletorurn. {uo\. sp.). Are- naria marina « Smith, et peploides L. (non vis.), Cerastium te trandrum Smith. f Frankenia /œt^ish. (non vis.), Alysswn mon- tanum L. . Cakile maritima Scop., Raphanus maritimus Sm. (non vis.)^ GlauciumflauumCr2iï\tz{non vis.), Ranunculus bul- bosus Ij. , trilobus Desf. , muricatus L. et paruijlorus L. In pratis paludosis mari vicinis inveniuntur Carex pulicaris'L.^ divisa Hiids. , extensa Good., dis tans L. et ripariaC\ivt.,Juncus compressas Jacq. et Alisma ranunculoides L. In satis frequens Phalaris brachjstachys Link. ReliquœspeciesGegionelectae haec sunt : Equiseiumramosum Schl., Charafcetida A.Br., Aira caryophyllaçea L. , Avena frU' gilis L, , Danthonia decumbens DC. , Bromus maximus Desf. , Festuca uniglumis Sol. , Kœleria albescens DC, Briza média L., Triticum ciliatum DC. , Juncus bufonius L., Asphodelus al- bus L. (non vis.), Scilla verna Huds., Crocus nudiflorus Smith (fructif.), Iris fœtidissima L.(non vis.), Ophrys anthropophoralj., (i) ifeTa/fœ 5}-/i'ej^/-i valdèaffiiiis, sed superficie totâ pannoso-hlrsutâ, pilis densissimis, stel- latis, cal>cibus majaribiis, bracleis inultô latioribus, ovato-subroluudis, et foliolis calycinis lon- giusculè acuminatis, carpella superantibus procul dubio diversa, quam tamen ex uno suppelente fnistulo pro nova describere nollein \io j. G\T. — Duriœl iter asturicum. Serapias Lingua L., Euphorbia mihi ignota (i), A triplex patula L. , Acinos alpinus Moench (cum Orobanche quâdam in ejiis radicibiis parasiticâ) , Teucrium pfrenaicum 1^. , Rhinanthus Criita-galli L. , Orobanche Hederœ Vauch ,. Scrophularla Sco- rodonia L. , Erinus alp'mus L. , Ammi Visnaga Lam., Polycarpon ietraphyllum L. , Scorpiurus subvillosa L. , Erodiwn malacoides W. et moschatum W, , Sagina procumbens L. et apetala L. , Polygala vulgaris L. et Senebiera pinnatifida DC. III. OVETDM. Quinque a Gegione leucas distatOvetum, Astnriae caput. Quo quum, 29*Maji, pervenisset, à prsefecto (2) , provinciœ admini- strandae unicè sollicito et in altioribus disciplinis non satis ver- sato, malè exceptus Duriseus, primùm in eo fait, ut itineri pro- posito renuntiaret, domumque rediiet. Datis verô, quas secum attulerat, iitteris conimendatitiis , fautorem mox nactus est plus iinum, quorum operâ ulteriùs pergendi licentiam demùm obti- nuit.Ulilissimus inter alios fuit cl. Ferez (D^Benito Ferez deVal- dès), senex omni doctrinâ ornatissimus reique herbarise curiosis- simus, ciijus doctis colloquiis multa ad Asturise situm et physi- cain indolem pertinentia didicit , quae noscere maxime oporte- bat , quo duce etiam urbis confinia et montis Naurantii ( vulgo Naranco) radiées quatriduo investigavit. Circa Ovetum (ag^Maji-S Jiin.) lecta : Serapias cordigera L. , et Lingua L., Acinos alpinusMœnch.j P^eronica serpyllifolia'L.^Li' naria triornithophora W., Erinus alpinus L., Galium vernum Scop. , Bunium denudatum (3 pyrenœwn DG. , Saxifraga trifur- cata Schrad., Lythrum Hyssopifolia L., Poientilta splendens Ram. , Géranium sanguinewn L. , Lychnis corsica Lois. , Sagina apetala L., Spergula arvensis L, et sabuletorum (sp. nov. ), Draba muralis L. et Aconitum Napellus L. (non vis.) — Inter quas notandse Acinos alpinus et Erinus alpinus y in Asturiâ in- (i) Capsula et glandiilis Eup\. segetaîis, semiuibus Euph. provincialis. (a) Suarezdel Villar. j. G A Y. — Duriœi iter asturicum. 121 feriore vulgatissimae, non ut apud nos merè alpinas; LLnaria triornithophora y planta speciosa , è Lusitaniâin Astmiam con- tinuata (1) , et in ejus convallibus non rara ; Saxifraj^a trifurcata Schrad., patriâ germanâ hucusqiie ignotâ, qiiâ florente tecta OvetensiJ» quasi nive obducta et dealbata videbanlur ! ; Spergula sabuletorum y planta maritima , cujus unicum spécimen, litto- reis miilto majus (conf. meam descriptionem ) Oveti legit Du- riaeus. Asturiam à regno Legionensi,è Cantabriâ usque in Gallaeciam montes perpetui dirimnnt, quorum culmina et clivi ipsi , tan- tùm in meridiem quantum in septentrionem spectantes, gregi- bus innumeris(2)per omnem 9estatemdepasti,arboribus prorsùs carent. Médium jugum sécant Î2i\xcQ^ puerto de Pajares , per quas ab Oveto Legionem versus ducta est via regia (3). Parte orientali nihil nobis nùnc agendum. Pars occidentalis , 26 ferè leucas in longitudinem patens , al- tiora sua cacumina (montes de Teberga et del Soniiedo) in me- dio habet, rupibus graniticis saxisque calcareis primaevis sufful- ta, quorum quaedam limitem ferè nivaleni attingunt. In finibus occidentalibus montes humiliores oriuntur [pico de jdrvas, etc. ) admisto marmore (4) , omnes schistosi, jam Julio medio nivem (i) Apud Calœcos frequentetn esse et in montibus cùm Legionensium tùm Burgorum (Bu'-gi, orum , Castellae veteris caput) etiam inveniri, tesles sunt Quer et Orteg. in Fl. Esp. v (1784) p. 36r. Radicem repentem pronunliâiunt P. Heimanuiis, Quer etOrlegajVenlenatius, aliique, quod et nos è planta cullâ confirmare possumus. Viliculos è radicis collo, sub lerrâ, ad duos usque pedes productos, in horlo suo vidit Duriœus, quoset ego, sed breviores, inhorto Luxem- burgensi observavi. Radicem tamen neutiquam longa;vam, et potiùs perennantem quàm pe- renneni credo. (i) Ex ullimâExtremadurâ veniunt, parlîm, undè per médium regnum Legionense, quotannis, Maja mense, itinere leucarum plus i4o,inborealeni Hispaniam migrant, Septembri idem iter re- meosuri. Montium Âsturicorum australium tota quanta juga conlinua depascunt, plurimùm tamen ÎD clivo meridionali subsistuot , nec nisi rariùs in septentrionalem transeunt. Rebafios tras- humantes , propler migrationes longinquas, dicuntur Hispanis, et eo solùm ovium génère con- stant, quod, propter lanam sublilissinaam nobile, nomine Mérinos omnibus notissimum est. (3) Hanc jugi Asturici partem mcdiam quantulamcnmque, et montes vico Santa Maria de ^rvas contiguos explorasse videtur Lagasca. Juga verô ulleriora rerum naturalium investiga- toribus ad hanc usque diem nusquàm caicata. (4) Marmore imprimis abundat vallis Narceiîe superior, à Canicâ usque ad Vega de Rengos et ultra. Chijus, colore admodùm variautis, plena sf ecimiiium teries Canicae, in aedibus Tore- i'-i'2 j. GAY. — Duriœi iter asturicum. exuentes. Ex his Alpium occidentalium jiigis plurimi in septeii- trionem montes seciindarii, paulatim decrescentes^ excurriint , plurimi effluunt torrentes,qiios omnesNalo fluvius, paulo infrà Gradum oppidum, colligit, et in vicinum marededueit.Quot juga secundaria et torrentes, tôt valles aut valleculae cultoribus fré- quentes soloque fecundopraeditae, in septentrionem longé proten- duntur. Vix enim, prœter tractumOvetum inter et Avilès^ in pla- nitiem panditur uUaAsturiaeoccidentalispars.Asperamhancferti- lemque terram gens incolit, pure Hispanica et «ùTÔ^fGwv, nullo Mau- rorum sanguine coramixta. Agrorum cultu iraprimis vivunt, plu^ rimarum rerura egeni,sed summâ probitate et morum mansuetu- dine insignes. Quos inter, à latronibus tutus, etiamsi inermis, ubi- que pervagari licet. Ciima regionis inferioris et mari vicinae temperatura (i), quale ferè Armoraciœ nostrae littoralis, Oleae et Vitis perindè impatiens, Phaenici tamen dactyliferae ( quis cre- deret?) non prorsùs infestum , cujus arbores nonnullae tribus ab Oveto M. P. féliciter vigentes conspiciuntur. iEstiva in con- vallium apricis angustiis temperies calidior,Vitem bine indè ad- mittit. Vulgo coluntur Tridcum satlvum , Recale céréale , Zea May s (vulgo Mayz), Solarium tuherosum et Panicum italicum. Zeam, ante byemem maturandam , in valle Gradensi , non rara post Secalis messem,medio Junio serunt, mixtisque phaseolis et rapis quadruplicem ex eodem agro frugem extorquent. Nec ex Zeâ minus quàm ex tritico salubrem victum sibi parant. In totâ enim eâ ditione quœ dicitur concejo de Gozon , pulte spissatâ , è Zeae grano confectâ (incolis Borona) , ferè unicè vescuntur; gens ninis, videre est. Purioris ac ferè candidissimi, Lunensiumque marmore vix inferioris, lapidi- cina exstat ad Vcga de Rengos, uodè resectum saxum, quod, in Caroli III slatuam exsculptum, regiam Matritensem (magnae scalîE ex adverso) nunc exornat. Amianli quoque venœ, eâdem convalle, jijxta Corias et Fega ae Rengos ditissiraae, innotuerunt, (ex ore ill. à Toreno.) Metalla vix ulla in Asturiâ inveniri, nulla saltem aut paucissima ofûcinis elaborari, me quoque ducuit ill. cornes à Toreno, carbonem verô fossilem propè Langreo, non longé ab Oveto, etapud Avilès, in ipsâ maris orâ, aliisque locis jam optimum, copiosissimumque effodi. Carbo mari iu regnum Granatense provectus, fornacibus ad fusuram pluœbi venarum, in montibus Alpnjarras ditissimarum, inservit. (i) Temperiem aeris, hyeme proximè elapsâ (i835-i836), praeter solitum frigidissimam fuisse, atque Ovatiad — 7 scalae Reaumurianae descendisse, in litlerisad Duriaeum nuper manda- vit cl. Ferez. j. GAY. — Duriœi iter asturicum. ixi tamen viribus , staturâ et forma inter omnes Astiires eminet. A gris montes ubique imperant calvi. Eorum latera , in Asturiâ inferiore, demissiora, rarae obumbrant Qiiercus {Q. Toza Bosc, vulgô Aceho) , rarae Castaneae. Arbores Coniferas , prsRter dé- formes Taxus quasdani , omnes, per totam Asturiam desiderari mirum est. Neque enim Pinus maritima , quâ nostra Vasconia pullulât, neque Pinus syhestris et Abietes, quibus Pyrenaei montes Alpesque helveticae superbiunt, usquàm in Asturiâ oc- currunt. Desunt etiam per totam ferè Asturiam sylvae verae , nisi parte maxime occidentali , Calœcorum conterminâ , ubi clivi ad Monte Muniellos sylvis ingentibus vestiti frondescunt. In plani- tie et vallibus Populus nigra^ Salix alba, Fraxinus excelsior frugiferseque vidgariores arbores, inter quas Juglans regia^ cultae observantur, quibus , cum Quercu Tozâ, ad sepes et circa fundos, ut in noslrâ Neustriâ Vindeâque, plantatis, ligni sive ignarii, sive materiarii non exigua copia colonis succrescit. Sepes vivas è Pruno spinosâ et Rubis conficpnt, nec Oxyacan- thâ, quœ tamen (spontè rariùs obvia), in^ arborem educata, ambulacris Ovetensibus ornandis inservit. Quae quum a Perezio didicerit Duriaeus, agrum Gradensem in Asturiâ inferiore explorare , deindè Narceise ultimam convallem adiré, montesque imminentes (partem scilicet schistosam jugi alpini) penitùs indagare statuit. Hoc sibi pensum aestate currente explendum sumpsit. IV. Gradus. Die igitur 5^» Junii, salutatâ metropoli, per Puente-Galîegos et Penaflor , Gradum , ieucas 4-4 ; ab Oveto remotum, op- pidum laetâ satisque amplâ et feracissimâ convalle, paulo suprà Nalonem et Narceiam confluentes situm , petiit. Quo ilinere, ad Puente-Gallegos y Spergulam ari^ensem et Erysimi speciem (n.407) mihi ignotam iegit. Vitis etiam nuper satae, culturâ nunc primùm féliciter tentatâ , paucas areolas , loco quodam aprico, inter Pehaflor et Gradum , vidit. Per Gradum oppidum fluit amniculus Caudal y super quem 1^4 J- G\Y. — Duriœl lier asturicu/n. injicitur pons, cujiis parietibus Phagnalon saxatile C'àss. et Alsine tenidfolia Wahicnb. appendent. Juxta ponttm crescunt Chenopodlum amhrosioides L. et udnchusa sernpervirens L.; hœc in Astiiriâ occidentali frequens, usque in valles jugi nieri- dionalis excurrens. In salis circa oppidum occurrunt Eriza minor L. Irifolium procumbcns L. et Ervuin hirsututn L. In pratis, ad vias , in sepibui et clivis inciiltis observantur Gratnmitis leptophylla Sw. , Aspidium angulare Kit. (i) , Filix femina Sw. et fragile Sw., Asplenium TricJiomanes L. et Adian- tum nigruinh.y Blechnum Spicant h. , Equisetum palustre Ïj. y Gastridium australe P. B. ^ Agroslis alba L. , Aira prœcox L. , Festuca niyurus Auct. eX. sciuroides Roth., Cyperus badius Desf., Juncus conglomeratLis L., Luzula carnpestris var. (Luzula rtiul- tiflora Lèj.), Serapias Lingua L. , Polygonum Persicaria L. , Teucrium pyrenaicum L. (Gegioni priùs visu m, et in Asturiâ inferiore planiore non rarum, è quâ neque in Alpes australes neque in regionem propriè montaiiam migrare visum est), Bru- nella vulgaris L., Glechoma hederacca L., Melissa Nepeta L. , Bartsia viscosa L., Orobanche minor Sutt. .Jn TrifoHo pratensi)^ Linaria spuria Mill. et triornilhophora W. , Echium plantagi- neum L. ; Calluna Erica DC. ; Erica uagans L. (22* Jun. flo- rendi initium faciens ) Menziesia Dabeoci DC. ) , Campanula Erinus L., Lobelia urens L., Andryala integrifolia L. , Galium M: 'i:™3^^ ('" sepibus et dumetis crescens , G. uliginoso et palustri » affine, ab utroque tamen distinctissimum : G. ^(?/ot/eA'.^ Hoffms. et Link.) , Oenanthe crocata L. (in clivis apricis et inter vêpres agris interjectos!) , Herniaria glabra h., Circaea latetiana L., (i) Cujns specieisyiionymasunl : Polypodium aculeatiim Bory! Essai II. Fortun. {an xi)p. 3 CI. Laterr.! Fl. Bordel, éd. 2"" (1821) p. 429; éd. 3*. (1829)/». 470. — Aspidium acnlea- tum p. Smith Fl. Biit. m. (1804) p. riaa. — Aspid. fuscalum Willd! Spec. v. (r8io)p. a56 {exherb. Boij.) Spreng. Sjst. Veg. iv. (1827) p. io5, — Aspid. angulare Kit. in Willd. Spec. le. p. 257. Spreng. L c. p. 107. Smith Engl. Fl. rv. (1828) p. 291. Sadl. de Filicih. Hung. (i83o)/;. 39. Fries Novit. Mant. i". (i832)/7, 20. {excl. sjn. Spenu.) — A.s'^'ià. lobatum. Hook. Fl. Scot. éd. i» (1 821) 2.^. tSli. {excl. syn.) Ze/ei/ne.' ^<;c«e (1824) p. 211. — Aspid. hastulatum Ten..' Mem. Felc. (1882) p. 25-28. tab. ^. fig. 7. et tab. b. fig. 3. — Hypopellis lobulata. Borj! Exped. de Mor., Bot. (iSSi) p. 2S6. a. i334. — Polyslichum aculcatum. Perreym ! Cal. Pi. Fréj\ ( 1 83 3) /?. 66. ■'^ . AjJJ^'^/^f:i^AA»^ |> f^J'h'i -' ;.. ,.t Â<. j. GAY. — Diiriœi iler asturicum, laS 4Jlex europceeus L. , Adenocarpus complicatus a poljade* iiius. Gay. {^Ad. parvifolius DC.) , Trifolium angustifolium L. , Lotus hispidus Desf., et major Scop. , Astrolohium ebracteatiim DC. , Orrdtliopus compressas la. et roseus'Duî.^ Vicia anguS' tifijlia lloth., Ladiyrus hirsutus L. , Rhamnus Alalernus L. , Géranium dissectum h , 3'Iaii'a geraniifolia (nov. spec. , per totam occidentalem Asturiam disseminata) , jS//é'/7e gallica L. , Lychnis corsica Lois. , Slellaria Holostfa L. et graniinifolia L. , ^erastium glomeratum var. minululum Des Mon!, ined. (forma ^diïiodùm singularis) , Heliandiemum guttatwn Mill., Hesperis matrunalis L. (in sepibus et du métis frequens). Vallem Gradensem cingunt montes tertii ordinis, Sierra del Fresno, S. del Chorro^ S. del Aguilero et S. del Ferai, quoi'um iiltimijs, dextrâ Nalonis ripa situs, ad dilionemCandamensem, nec ad Gradensem perlinet. Omnibus subest lapis calcareus. Culmina et latera omnium calva, gregibus atque armentis assi- due depasta <^t derasa, non nisi parcam mutilamque botano- philo segetern permittunt. Clima jugis superioribus frigidiuscu- lum, plantis permultis favet in subjcctâ convalle non reper- t;s, quarum tamen vix uHa propriè subalpina aut imo montana censewla est, qiiod quidem stirpium ibi a Duriaeo observalariim catalogo manifestiùs patebit : Osmunda regalis L., Blechnum Spjcant L. , Nardiis stricia L. ( in M. Sierra del Aguilero, par- cissimè), Agrosds setacca Cu\ t. ^ Scirpus multicaulis Smith, fini tans L. et Sai^iiSob. et Maur., Eriophorwn latifoliwn Hopp. Carex pilulifera L. , stellulata Good., filifolia (nov. sp. , in \x\Q>\\\\h.del Chorro et del Aguilero^ et lœvigaia Smilh. (C.biligu- laris DC), Abama Ossifraga DC, Juncus ericetorwn Poil., Pha- iait^iam bicolor TiZ.^Narcissus Bulbocodium L., Salix cinerealj.j Piugtiicnla vulgaris L. et lusitanica L., Brunella grandiflora L., Sibthorpia europœa L. (rarissime) , Exacwn filiforme W., Arbu- tus Unedo T.. , Erica australis I.. (in summo monte del Ferai lecta, quam, ex enumeratis unicam , jugorum australium regioni alpinae propriam posteà videbimus), Erica MackciiiHook. (eo- dem anno i835 simul in Hiberniâ et in Asturiœ summo monte del Ferai détecta! ), Clrsium quoddam mihi ignotum , bulboso affin > , Aracium paludosum Monn. , Scorzonera humilis var. 126 j. G\T. — Duriœi itcr asturicum. angustifolia (Se. angustifolia DG. Fl. fr.), arnica montana (3. an- gustifolia Duby (eadem quae in Aquitaniâ planiore propè Aqiias Tarbellicas jam observata fuit), Saxifraga hirsuta L. ( jani Castro, in provinciâ Santanderensi, lecta), Illecebrum verticilla- tum L. , Scleranthus annuus L., Montlafontana L. , Lythrum Salicaria L. , Peplis Portula L. , Ornithopus compressas L. et roseus Duf. , Oxalis Acetosella I-.. , Hypericum pulchrum L. et elodes L. , Linum gallicum L. , Radiola linoides Gmel. , Lar- brea aquatica St. Hil. , Drosera intermedia Hayn. ( quam ego non vidi), Helianthemum alyssoides Vent. , Corydalis clavicu- lata 1)C. et Ranunculus hederaceus? var. (n. 4i5.) Memorandse tandem siint angustise, per totam Asturiam cé- lèbres, nostroque Duriaeo gratissimae, ubi fauces abruptas et profundas Nalo, monte olim resecto, rapidissimus torrens, in- terfluit, atque ditionem Gradensem ac montem del Agailero à ditione Candamensi et monte del Ferai disterminat. Ripas , juxtà Pehaflor{{) , pons jungit, super quem Bromus madriteri' sis Schrad. ( Br, polystachyus DC. Fl. Fr. Suppl. ) et Linaria ori- gani/olia DC. pullulant. — In ipso torrentis alveo crescunt Sal~ t^ia Ftrbenaca L., Acinos alpinus Mœnch, Dlgitalls parviflora Jacq. (promiscuè cum Eryngio Bourgati, et cum eodem ex Al- pibus australibus verisimiliter delapsa, quam seriùs, in monte de Arvas , eodem fraterno sodalitio viventem vidit Duriaeus : planta speciosa, in hortis olim culta, patriâ verô ad hanc usque diem prorsùs ignotâ : pulcherrimam ejusiconem vide in Lindl. Digit. Monogr. tab. 17), Scrophularia canina L. , Scabiosa Co- lumbaria L. , Ononis spinosa L. , Trifolium angustifolium L. , striatwn L. , scabrum L. et glomeratum L. , Cistus hirsutus Lam. (in Nalonis inferioris alveo frequens, indè ad Tineum us- que, in Asturiâ mediâ, disseminatus, ultra verô non procedens : eumdera Landernaci in Armoraciâ nasci perhibent, in Galliâ (i) Vicus, ex Lesagei fabula {Histoire de Gil Blas de Santillane, cap. n.), inexpertis olim Oveti scholasticis infeslus, sed qu6 nunc ueque maugones, neque parasill, nec loqnacium cau- pooum insidiœ cavendae. Hic tamen, ut Blasii aetale, sic et nunc, vialoribu"! sola alque unica omnium dieruw carna, trula in proximo Iprente capta et ovoriiro lardo rancido coctorum iu- trita, apponitiir. j. GAY. — Duriœi iter asluricum. lin cœterùm niisquàm repertum). — Ex utrâque torrentis parle in- génies montium parietes, capris ipsis inaccessi, et veluli ad perpendiculum abscissi, in immensam ferè allitudinem exsur- gunt. Hos semel atque iterùm, non sine magno labore, aggres- sus est indefessus Duriaeus, pedibusque innixus, et manibus virgulta intonsa arripiens, cautibus abrnptis , summo vitœ peri- culo, pendebat. Ardua haec faucium Penaflorœ latera sic explo- ravit, ejusque sudores inventa plurima compensârunt : Aspi- dium dilataium Sw. et Filixfemina Sw. , Asplenium lanceola- tum var., Agrostis setacea var. longifolia, et capillarîs L. (planta minus cognita, unicè hispanica, in Asturiâ freqnens, à planitie in summa jugorum merldionalium culmina regionem- que maxime alpinam se altoUens, comité semper Airâ flexuosa)^ Aira caryophyllacea L., Briza maxima L , Cynosurus echinatus L.^Lamarckia aurea Mœnch, Triticum Halle ji var. aristata^ Con- vallaria Poljgonatum L. , Narcissus ceruuus Salisb. (Hispaniae proprius, quem vero non nisi fructiferum legit Duriseus,bijlbos tamen secum attulit, è quorum floribus, Martio elapso emissis, speciem rite cognovi ) , Quercus Ilex L. ( ibi et in totâ Asturiâ rarissima), Osyris aîba L. , Pinguicula lusitanica \j., Digitalis purpurea L., Linaria delphinioides et Perezii (utraque nova! ) Erica arborea L. (per Asturiam latissimè diffusa, ubique vulga- ris, nec tamen regionem propriè alpinam intrans), Galactites tomentosa Mœnch. , Tolpis barbata Gaertn. ( alibi Duriaeo non visa, in Galliâ, quod sciam, nondùm observata , quam verô multi cum T. umbellatâ confundunt, à quâ, ad Schmidtias nuper relata, certo diversissima ) , Uypochœris radicata L. , PhagnalonsaxatileQdiSS.., Pallenis spinosa Cass., Filago minhna Fries (n. 3o^), Centranthus Calcitrapa'Dixir.,Galium dwaricatum Lam. et harcyniciim Weig. , Saxifraga umbrosa L. ( indè usque in regionem alpinam superiorem vagans ) , Cotylédon pen^ dulinus DG., Sedum hirsutum L. et anglicwn Huds. , Pote- riuin Sanguisorba L. , Ononis reclinata L. , Ficia gracilis Lois, et Sailsii Gay (Corsicae et agri ïingitani etiam civis) , Hyperi- cum linearifolium var. latifolia , Linutn strictum L. et Silène in- flata Smith. iiS J. (îAY. — Duiiœi iter asturicum. V. IfER EX Grado ad Canicam Tineensem. Agro Gradensi diebus non minus 2 5 diligentissimè explorato, 3o^ Junii castra movit et, per Corne llana , Salas, Pereda , Tineo, Arganza, et Puelo et Carias, in superiorem Asturiam tetendit Duriaeus. Prima die, viam satis aequam et planam ingressiis, leucarum 3 \ ilinere. Salas oppidum petiit , quo itinere, propè Cornel' lana, Phalaris paradoxa L. et Malva nicœensis Ail. (non vis.), et propè Salas, Origanum vulgare L. (non vis.), Tillœa muscosa L., Circœa lutetiana L. » Arenaria rubra L. (non vis. ) et Arahis hirsuta DG. ( non vis.) inventae. Die altéra, via paulatim assurgente, montem satis editum , totum calcareum, conscendit , cujus vertice ( ubi viculns la Spina^ Juncum squarrosum L. , Pinguiculatn grandifloram (Rchb. ri. crit. tab. 83. fig. 174)» locis paludosis crescentes, Spergulam subulatani Sw. et Ornithnpum perpusillum L. , pri- mùm legit. Inde in convallem altam atque amœnam , ex occi- dente in orientem proclivem, descenditur, oui nomen à vico la Pereda inditum. Diias leucas distat à Salas. Hîc schisti posteà magis magisque frequentis , passim tamen calcareo lapide alter- nantis , prima indicia observavit. Hîc quoqtie , sicut Tlnei et Arganzae, frequens, quamvis in reliquis Asturiae partibus raris- simum.Asplenium septentrionale îlofdn., praeter quod nullam in val le Peredanâ stirpem memorabilem vidil. Superalo dehinc convallis latere meridionali, in planitiem altam frigidulamque , tria ferè millia passuum patenlem pervenit, quam quum traji- ceret primùm occurrebant Scrophularia alpestris Gay et Sper- gula suhulata Sw. , stirpes in Asturiâ subalplnse. Pianitiei orae extremae paidulùm subjacet, austrum versus , oppidum T'meo ( duas leucas distans à la Pereda ) , mitiore gaudens cœlo, ut- potè clivo ad meridiem prorio applicatum , quo raansionem al- teram habuit, plantasque plures legit , inter quas Lolium mul~ tifloram Lam. (non vis.) , Junciis ericetorum Poil., Campanula patula L. (non vis.), ^rnoseris pusilla Gîert. (non vis.), j. GATT. — Duriœi iter asturicum, lag Thrincia hirta Roth, Valerianella Auricula j3 lasiocarpa Koch , Cerastium glomeratum var. minutulum Des Moul. (Gradi jam yisum) et Cistus hirsutus Lam. (ultra versus Aiistrum non pro- cedens ) mentione sunt dignse. Die terliâ, perpétue descensu , itinereque 2 ; leucarum, in vallera ^rganza, Peredanâ multo demissiorem, venit. Montem deindè, inter Arganzam et Corias^ trajecit, cujus vertice, 4 5 millia passuura ab oppido Cangas de Tineo distans, viculus pauperrimus insidet , el Puelo. In adscensu montis (cui unius horse pédestre iter sufficit ) , praeter Violam sylvestrem Lam. , nihil legit. Ipse autem vicus stationem maxime singularem offert, ubi stirpes, in Asturiâ inferiore nusquàm inventée, è zonis di- versissimis convenere, quasi honoris causa exploratori Gallo obviàm missœ. A valle Canicensi venerunt Slnapis sedgera (sp. nov. ), Cheiranthus linifolius Pers. et Spartium album Desf. ; ab Alpium vicinarum regione montanâ et subalpinâ, Genista leptoclada ( sp. nov. ) ; ab eorumdem jugis celsio- ribus, Genista tridentata L. ; omnes habit u et florum prae- stantiâ insignes , Duriaeo nùnc primùm visse! Tôt faustis omini- bus laetus exsultavit viator noster , et è septentrionali ad méri- dionale montis latus transiens , qiio praeceps in Narceiaej pro- fundam convallem via tendit , felix obibat. Descendenti ad lae- vam apparuere rupes, pétris malè firmatis periculosœ , ferèque inaccessœ, à subjecto ^'xiivXo penas de Santa- ^na dictce, qua- rum inter saxa calcarea aprica planîae nonnullae rariores deUtes- cunt et, nomine verè digna, Erica arborea abundat. Has tamen praeteriens, in aliam diem curiosiùs investigandas reservavit, continua toque itinere, imam Narceiae convallem attigit, undè per Corias , vicum ob cœnobium pulcherrimnm et opulentum, nunc vero monachis vacuum, apud Astures notissimum , 1^ Julii ad Cangas de Tineo (i), novarura indagationum stationem fu- (i) Narceife vallis oppidum Cangas de Tineo nullibi latine denonrinatum invenio, sed aliud in Â.$tui cui, ex descriplione Linuaeanâ, caiiles «Ueinatim deusè ramosi, folia cauliua basi connalo-vaginantia , coni'erta, vaginis tegenlia ra- mulos, omnia linearia, plaiiiuscula, calycis squamse lanceolatae, calyce paulù breviores, etc. A D. piingenle Duby Bol. Gall. (è mouticulo la Clape), non Linnœi, ob caules annotinos caudi- culo crasso, prorsùsque lignoso alque elongato affixos, supernè non rarô dichotomè 2-4-floros, folia dimidio breviora, viridia, non giaucescentia, squamas calycinas breviores, obtusas, numi- cas, nec longiuscul? mucronatas, tubum denique calycinum cylindraceum, ini'ernè non subvpn- Iricosum, dantesque obtusos, non acuminatos, etc. non minus abludit. Dianthum hirtiim Vill. habitu non malè refert, à quo tamen noiis jam enumeratis { praeter tubum calycinum in utràquc stirpe cylindraceum), et foliis multô tenuioribus, et floribus (ubi uno plures) longiusculè pedi- ceilalis laxisque, nunquàm infasciculum 2-3 florum approximatis, oistinclissimus. Species alias quibuscum apte comparari, vel quibus commode adjungi nostra queat, omuiuo non novi. Nosira igitui|pro uovàsumi pojse videtur, quam tamen ex uno suppetenle S2)ecimine non nisi invitus generi inlricatissimo addiderim. (3) Cujus synonyma sunt S. hirstita Lag. in Anal, de Cienc. nat., non Poir. Voy., necBiv. Cpnt. (quaî S.\bellidifolia Juss. et Jacq.) et forte S. sabuletorum Link. (ex ipso auctore in Ëuuni. ait. I. p. 426). Species per Bîeticam, Mauritauiam et Barbariam diffusa, subsimplex aut e basi ramosissima, plus minus hirsuta, pilis etiam plus minus patenlibus, petalorum et the- caphori longitudine admodum varians. Nostra forma, è seoiinibus Asturicis in hort. Luxembucg. educatq, ramosissima est, ramis paJentibus, dichotomis, pilis omnium parlium copiosis, ferè adpressis, ihecaphoro longissimo, pctalis magnis (4-lin. longis), cuneatis, bifidis, ulrinquesplen. didè rubris, per totam ferè diem ac noctem vigilanlibus, non nisi meridiano et postmeridiano lempore, cœlo sereno, aliquantulùm involulis. Ab hâc, staturâ altiore, floribus minoribus el in- lernodio florali brevioribus, petalis carneis, etc. diffère, et propriam speciem sislere vi- delur S.laaifloraV,\o\., quam lanien eijo non, nisi ex aucloris descriptiune (Fl. Lusit. 11. p. i83-), nuvi. i34 J- GAY. • — Duriœi ter asturicum. convalle, nltrà très leucœ quadrantes progreditur, dùm in valle del Nauiego leucam unam et dimidiam vix œquat. Clivos tamen utriusque convallis, secùs vias, eo usque scandit , dùm altitu- dinem ferè montis attigit, quo viens el Puelo insidet. Cajus, singulari statione florisque elegantiâ maxime allectus, seminum copiam attulit Duriœus, undè noviim hortis nostris ornamen- tam pararet. In vervactis et arvis derelictis, prœsertim autem in vineis malè cultis, veniunt Holciis mollis L., Triticwn Hallerivar^ spicd infernè ramosâ , Linaria triornithophora W. , Echium plantagineurn L., Campanula Lœflingii VtvoX.. ( hucnsque non nisi in Lnsitaniâ observata ) , Tolpis umbellata ^evs., Pqllenis spinosa Cass., Anthémis ogrestis Wallr., Ogl'ifa galllca Less. , Crucianella angustifolia L. , Corrigiola littoraTs L. , Scleran- tJius annuus L., Speigula arvensis L., Slnapis setigera L. (nov. spec.) et Fumaria média Lois. Aliis stationibus locisve aDuriaeo non satis definitis circà Ca- iiicam occurrunt Grammitis leptophylla Sw. , Polypodium vul- gare L., Aspidium angulare Rit. , Filix-mas Sw. , filix-femina Sw. et fragile Sw. , Asplenium-Ruta-muraria L , lanceolaium Smith et Adiantum-nigrum L. , Blechnum Spicant Smith, Gas- tridium australe P B., Agrostis capillaris L. (i) et alba L., Aira flexuosa L. et prœcox L., Açena fragilis L. et flavescens L. , A rrhenatherum avenacemn |3 bulbosum, Holcus lanatusJ^., Dan- thonia decumbens DC. , Melica uniflora Retz et ciliala L. , Bro- inus asper Murr, , Festuca gigantea Y ii\.^ Briza média L. et maxima L. , Cynosurus echinatus L., Triticum sylvaticiim Mœnch, Panicum Crus-gallila., Scirpus palustris L. (non vis.), Carex oualis Good. , Juncus bufonius L. , lampocarpos Ehrh. , acutiflorus Ehrh. et obtusiflorus Ehrh. (non vis. ), Luzula F or steri jyC.^ Thesium pratense Ehrh., Corylus Avellana'h.y^^ Osyris alba L. , Pofygonum Persicaria L. , Chenopodium ambro- Moides L. , Mentha syhestris L. et Pulegium Ij. (non vis.), Origa- (i) Quâ ciim elegautissimis suis paniculis in scopulas religatâ bealse virginis imagines deter- i;era soient. (2) Avellauaium tauta est pcr universam Asturiam copia atque pr.xslanlia, ut commercium indèfiat, mai;naque eanim >i:j quotannis in Ikitanniam exportclur (ex oie ill. com. à Toreno.) j. GAY. — Duricei iter asturlcum. loD num vulgarc L. (non vis.) , Glechoma hederacea L. , Melittis MelissophyUum L. (ad Llanos) , Galeopsis hadanum L. , Stachys aîvensis L. (non vis.), Melampyrum pratense L. ( non vis.), Euphrasia serotina \jSi\x\. ^ Sibthorpia europœa L. , Feronica Charnœdrys L., Annarrhinum bellidifoliuni Desf. , Scrophula- ria Balbisli Hornem. , Verbascum Tliapsus? L. , Anchasa sera- peivlrens L. (ad oras pratorum clivosorum, juxtà rivulos èmon- tibusdefluentes), Cuscuta Epiûiymum SmUh , Chlora perfoUata L. (^ non vis.), Erica arborealj. etcinerea L., Calluna Elrica DC. IValilenbergia hederacea Rchb. , Carduus tenuiflorus Smith et n" 1^^ (ycarlinoidi Gouan., myriacantho Salzm., et arenario Desf. aflinis, forte novus, mihi vero è suppetentibus specimini- bus non satis cognitus, quem tamen, satura et jamdudùm pro- germinantem, futura dies illustrabit } , Cirslum palustre Scop. (non vis.) et lanceolatum Scop. (raruni, non nisi ad S. Enla- liam inventum, a me non vis. ) , Galactltes tomentosa Moench , Achyrophorus radicatus Scop. , Thrincia hirta Roth , Hieracluni murorum A. cordât, t laciniat. Monn., Solidaf^o Virgaurea I^. (non vis.), Pyrethruin Parthenium Smith (ad rivulos, ex Ca- nicâ ferè usque ad Tineum ) (i) , Chrysanthemum segetuin L. (noDi vis.), Artemisia vulgaris L. , Senecio sylvaticus L. et Jacobœa L. , Scabiosa Colunibaria L. , Faleiiana pyrenaica L. ( ad Llanos)^ Galium dwaricatum Lam. , Sanicula europœa \j. , Angelica syhestris !.. , Thapsia vUlosa L. , Tordyliiun maxi- mum L., Chœrophyllum hirsutuni L., Comum maculatwn L. ( non vis. ) , Physospermum aquilegifolium Roch , Umbilicus pendaUnus DC. , Seduni anglicu?n Huds. et reflexum L. , Her~ niaria glabra L. , Polycarpon tetraphyllum L. , Lythrum\ Sali- caria L., Epilob. hirsutum L. (non vis.) el inontajium 1j. , Rubus fruticosus L. (non vis.) , l'^ragaria vesca L. (quara nec raensis apponunt nec ullo modo curant ), Tormeii- tilla erecta L. , AlchemiUa arvensis Scop. , Rosa rubiginosa \x. , Spartium album Desf. , Adenocarpus complicaius « Gay ( Ad. parvifolius DC.), Trifolium angustifolium L. , arpejise L. , striatum L., glabruin L. , glomeratum L. et procumbens L , (i) Novo mihi dociimeiito, slirpem eiiim apud nos, ad inmos el in rude'a'is passjni obviam» linrtorum procul dubio aufugam, aliundè spoiitancam nonduni acccjii. [36 .T. GAY. -^Duriœi iter asturicum. Lotus hispidus Desf. et comiculatus L. ( non vis.) , Aslrolohium ebracteatinn DC. , Omithopits cotnpre&siis L. , J^icia disperma DG. , Ervum hirsutum L. ( non vis.) , Lathytus sphœricus Retz , angulatus \j. et sylvestrisvar.paucifloraetmicrantha, Géra- nium pyrenaicum L. , lucidum L. ( non vis. ) et Robertianum (3 purpureum Pers.^ Androsœmum officinale AU., Hypericum li- nearifolium Vahl., tetrapterum Fries et perforatumh. (non vis.), Malpa geraniifolia ( nov. spec. , jam inter pi. Gradenses memo- rata), Dianth us proli fer Ij. (non vis.), Armeria L. (non vis.) et monspessulanus L. , Saponaria officinalis L. (non vis.), Lychnts dioica L. et Flos-CuCuli L. (non vis.), Silène gallica L. (non vis.) et nutans L. , Sagina procumhens I^ , Moehringia trinerçïa Clairv. , Cerastium triviale Link. et glomeratum var, niinutulum Des Moul. , Polygala vulgaris L. , Viola syhestris Lam., Helianthemum aljssoides Vent, et guttatum Mill. , Car- daminc Impatiens L. et syluatica Link., Sinapis incana L., Pa- paver duhium L. ( non vis. ) , Ranunculus hederaceus L. et Hel- leborus viridis I^. Quibus addendae, ad craterem eumdem pertinentes, locis verè suprà imam convallem plus minus editis (ex gr. ad San Cristo ç>al ^ Vicnm unius hora? itinere, abrupto clivo, suprà fJanos et Cangas situra ) crescentes, nec usque ad Narceiarn descendentes , Merendera Bulbocodium Ram. , Galeopsis Lada- num var. parviflora et latifolia {G. intermedia Viil. r^ G. parvi- ^ora ham.), Veronica jnontanalj., Digitalis purpurea'L., Li- thospermum prostratum Lois. , Menziesia Dabeuci DC. , Ârnosie- ris pusilla Gaei In. , Helosciadium nodijlorum JCoch. , Bunium denudatum DC, Sedum hirsutum AIL et brevifoUuni DC, , Peplis Portula L. . Ulex europœus L. , Ornithopus ro&eus Duf . , Lupi' nus varlus L. , Oxalis Acetosella L. , Larbrea aquatica St.-Hil. , Arenaria montana L. , Polygala serpyllacea Weih. , Corydahs claviculata DC. E quibus dubiae sunt Carduus n" ^83 et Dianthus n° 377; novae Holcus te nuis , Linaria Perezii , Malva geraniifolia et Sinapis setigera ; peninsulae Ibericae propriae aut Hispanise fines boréales vix transgressae Agrostis capillaris, Merenderu Bulbocodium y Linaria Iriornithophora , Lilhos^termuui pro- j. GAY. — Duriœi iter asturicum. i^'j stratum y Campanula Lœflingii, Spartium album ^ Ornitho- pus roseus, Lupinus varius , Silène hirsutissima et Cheiranthus linifolius. Aliae 4 ^x Ibericâ peninsulâ in Europam magis orien^ talem migrant, ubi vero Maris medii craterem non deserunt, Rumex hucephalophorus^Erica arborea(c[Udd tamen in ultimi la- cûs Larii littore, ad radiées Alpium Rhaeticarum, coloniam eductam habet ) , Phagnalon saxatile et Thapsîa villosa. Reli- quae omnes aut per universara Galliam sparguntur, aut a finibus meridionalibus, versus septentrionem, plus minus longé excur- runt, Tolpis umbellata usqiie ad Tolosam, Galactites tomen- tçsa usque ad Burdigalam, Osyris alba usque ad Aquas Gra- tianas Sabaudiae , Adeiwcarpus complicatus a usque ad Richel- œum in Pictaviâ superiore et Aussonam in Burgundiâ, Cheno- podium ambrosioides usque ad Nannetes, Grammitis leptophyl- la usque ad Brestum et Leonam, Echium plantagineum (me observante) usque ad Caesaream insulara. Uudè liquet pauciori- bus au^tralibus, longè pluribus Europae mediae stirpibusfavere, nçc calidum dici posse cUma Canicense, quod confirmant et Zea ultra oppidum non progressa et uvge Septembre ineunte prorsùs immaturse. Quin et cœlum minus temperatum nimiùmque fri- gidum , in litteris Canicae datis , plus semel conquestus est Du- riaeus. Aerem quoque valdè humidura et plantis exsiccandis mai^imè çontrarium scripsit, cujus causa non in pluviis justo crebrioribus, sed prociil dubio in locorum angustiis non satis ventilatis muUoque ante solis occasum umbratis , et in nebulis ex alpinâ regione fréquenter delapsis quœrenda est. ( Continuabltur. ) i38 GAUDicHAUD. — Asceiisivu de la sève. Observations sur l'ascension de la sève dans une Liane, et description de cette nouvelle espèce de Cissus. Par Charles Gaudichaud, Correspondant de l'Académie des Sciences. Parmi les faits cririeux que j'ai observés dans le cours de mon dernier voyage , il en est un particulièrement qui me paraît digne de fixer l'attention des physiologistes. Au mois de décembre de l'année i832, lorsque je parcourais les forets du Brésil, cherchant dans les phénomènes remar- quables de la végétation exubérante de ce beau pays quelques indices qui pussent me conduire à l'explication des causes qui président à l'arrangement symétrique des tissus vasculaires dans les tiges, je découvris, le matin d'un beau jour , dans une foret vierge, épaisse et sombre, des lianes ligneuses dont les tiges tendres et charnues contenaient une très grande quantité d'eau de végétation. Ayant coupé, pour mes collections phytologiques, quelques tronçons de ces tiges, j'en pris un pour examiner à la loupe, sur un des bouts, l'ordonnance de ses tissus tubuleux, et j'en vis découler aussitôt, par le bout opposé, une grande quantité d'eau. Ce phénomène, analogue sous certains rapports à celui qui fut observé jadis par Coulon, et depuis par MM. Desfontaines et Thouin, sur des Peupliers; par M. de Mirbel, sur des Mû- riers, sur des Ormes, etc., ne me surprit pas d'abord. Nous étions au mois de décembre, qui correspond à-peu-près, pour la saison , au mois de juin de l'hémisphère nord, et il me parut tout naturel de trouver, à cette époque, des tiges charnues remplies d'une sève abondante. Ce ne fut que quelques instans après, lorsque j'eus coupé d'autres fragmens de cette tige, tant sur le sommet de la partie inférieure qui tenait à la terre et avait encore huit ou dix pieds de longueur, que sur la base de G AUDI CHAUD. — Ascension de la sève. iSq la partie supérieure qui, au moyen de ses nombreux contours et de ses longs rameaux, restait suspendue aux arbres voisins, que je compris toute l'importance de ce phénomène. Je crus d'abord quë^'ette liane ne répandait de l'eau en abon- dance que lorsqu'elle était coupée par tronçons d'une longueur déterminée, 12 ou i5 pouces, par exemple, et que, dès que les morceaux dépassaient cette dimension , cette eau était forte- ment retenue par les tubes. Mais de nouvelles expériences me montrèrent bientôt que la sève coulait aussi rapidement d'un morceau de cinq ou six pieds que de ceux qui n'en avaient qu'un seul. Une autre liane de i5 à 18 lignes de diamètre fut soumise aux expériences suivantes : sa tige étant divisée en deux parties par une coupe transversale,j'observai l'état de ses deux tranches: elles étaient humides, sans toutefois laisser couler de l'eau. Deux ou trois gouttes seulement tombèrent de la tranche su- périeure. Un tronçon, long de i5 à 18 pouces, fut séparé de la base de cette partie supérieure , et maintenu dans sa position verti- cale naturelle ; aussitôt il en découla une grande quantité d'eau claire. La même opération ayant été faite sur un tronçon d'égale longueur enlevé du sommet de la partie inférieure, le résultat fut identiquement le même. Plusieurs autres expériences semblables furent répétées alter- nativement sur des morceaux de l'une et de l'autre extrémités de cette tige, et ne différèrent en rien des précédentes, soit que, pour l'écoulement de la sève, on inclinât la tranche inférieure ou la tranche supérieure des morceaux. La sève coulait avec moins de vitesse , et seulement goutte à goutte, par les deux extrémités, quand le cylindre de liane était maintenu dans la position horizontale. Ayant trouvé un troisième pied de cette plante grimpante , je le soumis à de nouveaux essais, destinés cette fois à détermi- ner, autant qu'il était possible de le faire sans mesures conve- nables, la quantité d'eau fournie par des fragmens de dimen- sions données , la nature de cette eau, ses propriétés physiques et chimiques. La tige étant coupée en travers , j'enlevai de sa ^4p <&AUd;çh[4Ud. — ascension de la sève. partie inférieure un premier tronçon de i5 pouces, et dont le diamètre était de i4 à i5 lignes. Il donna deux onces environ d'eau. Un deuxième morceau d'égale dimension, provenant de la partie supérieure, en fournit un peu Ifâoins. Les proportions de ce liquide diminuèrent progressivement xlans les expériences qui furent faites sur la base de cette partie supérieure de la tige , diminution que j'attribuai à la force de succion de la plante, tandis qu'elles restèrent les mêmes dans l'inférieure, encore fixée au sol. J'expliquai ce dernier fait par la propriété qu'ont les racines surmontées de quelques parties vivantes de la plante, d'absorber l'humidité du sol, et de rem- placer ainsi dans cette portion de tige celle que la chaleur de- vait nécessairement lui enlever. Le lendemain de l'expérience, toutes les circonstances étant restées les mêmes, cette partie inférieure de la liane fut trouvée sèche jusqu'à 5 ou 6 pouces au-dessous de la plaie; ce qui res- tait de la supérieure ne donnait plus de traces d'humidité. Le liquide retiré de cette Uane était clair, quoique légèrement verdâtre, et d'une saveur un peu vireuse. N'ayant pu alors dé- terminer au juste la nature de la plante qui me l'avait fourni, je ne le goûtai qu'avec prudence. J'en bus cependant environ deux onces en plusieurs fois, sans en éprouver le moindre ac- cident. J'avais recueilli un demi-litre à-peu-près de cette eau , dans un flacon bouché à l'émeri, avec l'intention de l'essayer par les réactifs chimiques dont j'avais eu la précaution de me munir; mais elle se gâta promptement, quoique le vase qui la conte- nait fût plein, bien bouché et déposé dans un lieu assez frais (i). Elle provenait de i5 à i8 pieds de la liane n» 27 {Cissus hy- drophora ). (i) Ces expériences, comme on le voit, ne furent que des essais; j'avais formé le projet de les régulariser et d'en tirer tout le parti scientifique possible. Mes dispositions étaient déjà faites ppur cela. Je m'étais procuré du mercure et de la cochenille avec l'intention de renou- veler quelques-unes des expériences de Magnol, de Duhamel, de Bonnet , et de mesurer la force de succion des lianes les plus actives. Les circonstances ne me permirent pas d'ac- complir mes desseins. Je m'empresse de signaler ces curieuses expériences aux naluialisles •voyageurs. GAUDicHACD. -^ AstetisioTi de la sève. i4i Malgré mes eiforts et ceux d'un marin intrépide qui grimpait dans les lianes comme dans les matiœuvres d'un navire, je n'ai pu me procurer sur les lieux que deux leuilles froissées de cette plante. Toutefois, ce que j'en vis alors me porta à croire qu'elle appartenait à la famille des vignes, au genre Cissus. Depuis, j'en ai acquis la preuve. En effet, quoique j'eusse employé, pour dessécher les bois de mes collections , la forte chaleur d'un four , un des morceaux de cette liane y a résisté , et , deux ans après, est arrivé vivant en France. La vie s'était concentrée dans le voisinage d'un nœud. Mis en terre au mois de décembre i833 , dans les serres chaudes du Muséum , ce bois ne tarda pas à donner un bourgeon, puis un rameau couvert de stipules, de feuilles et de vrilles. Aujourd'hui il est en pleine végétation. Je lui ai imposé le nom de Cissus hydrophora. (i) Ce Cissus a de grands rapports avec le Cissus Trepadera qui couvre les haies de San-Doiningos et de Praya-grande à Rio de Janeiro , et que le* habitans de ces lieux désignent sous le nom de Cipô trepadera. Il paraît même n'en différer, ainsi que du Cissus tamoides A.ug. Saint-Hil. et Cambessèdes et du Cissus ouata., que parce que toutes ses parties sont glabres et à-peu-près luisantes. Puisque ces lianes hydropbores , qui n'ont pas moins de deux à trois cents pieds de longueur, lorsqu'on les coupe transversa- lement, ne répandent que peu ou pas de la sève abondante qu'elles recèlent par les points de leurs sections, et qu'au con- traire, cette sève coule rapidement d'un morceau séparé de la liane, quelle que soit d'ailleurs la longueur de ce morceau, ne ^i) CisstJS hydrophora. — G. ramis inermibus, subterelibus, rimulosis j foliis sîmplicibus, ovato-cordatis, acuminatis, remotè denticiilalis, pellucido-pnncialis, uirinque glabris. Frbtex scandens glaberrimus, ranois sarœeatosis, non voltibilibus. Cuttoula. virescens , longitudinaliter fissa, laciniis revolutis. Foua simplicia rel rarissime sub 3-loba, 3-5 poil, longa, 1 1/2— 2 1/2 lata, ovato-cordata, acuminata, remotè denticulata, dentibussubdatis, pél- lucido-punctata. Petioi,tjs 12-18 lin. longus, canaltculatus, basi contortus. Stipulée minmdB oblongœ, apice rotundatse, subfimbriatœ, sessiles, roinimœ, tardius deciduœ; Ran»ïli flwiferi...? .stériles oppositifolii, in cirrhos conversi, furcati, imisquamosî. Flores î Habitat in Brasilia. i/p GAUDiCHAUD. — AscensioTi de la sèue. doit-on pas inférer de là , que la force qui retient la sève dans la portion supérieure de ces longues tiges est précisément celle qui la forçait à monter dans toute la plante? Ce qui pourrait peut-être servir à le démontrer , c'est que la tranche de la par- tie inférieure de la tige, loin de chasser la sève au dehors, ten- dait plutôt à l'absorber; que, vingt-quatre heures après l'expé- rience, cette tranche était sèche, ce qui ne peut être unique- ment attribué à l'évaporation. Quelle est donc la force qui fait monter la sève dans les ti^es, même dans celles qui sont séparées de leurs racines? La pression atmosphérique agit sur la sève renfermée dans un morceau de tige ouvert à ses deux extrémités, et la force à en sortir , et tout me porte à croire que cette pression s'exerce sur les liquides contenus dans les vaisseaux tubuleux de ces bois comme s'ils étaient renfermés dans des vases inertes. C'est peut-être aussi cette force qui empêche la sève de sortir par la tranche de la partie inférieure du tronc, tranche qui, dès le lendemain de l'expérience , fut trouvée sèche. Mais pou- vait-il en être ainsi pour celle de la partie supérieure de cette liane qui était longue encore de cent cinquante pieds et plus ? Non assurément. Il faut donc admettre que plusieurs causes concourent à produire le phénomène de l'ascensiop. de la sève, et ajoutent à la pression atmosphérique, qui est probablement une de ces causes, une puissance trois ou quatre fois pluf» grande qu'elle, (i) (i) Ce serait peut-êlre ici le lieu d'aborder quelques points de théorie sur ce sujet, si je ue devais y être naturellement conduit plus tard par d'autres faits. Je dirai seulement, par anticipation, que ces théories reposeront, si je ne m'abuse, sur les plus simples lois de la physique et de la chimie , ainsi que mes prédécesseurs l'ont en partie établi. Je diviserai les forces qui produisent l'ascension de la sève en extérieures et en intérieures. Les forces extérieures sont la pression atmosphérique, la chaleur, la lumière solaire, etc. Les intérieures pourront se subdiviser en forces de nutrition et en forces de sécrétion. Dans les premières je rangerai l'absorption des liquides et des gaz, la combinaison des gaz entre eux, la conversion de ces gaz en liquides, celle des liquides en solides, et les change- mens de volume qu'ils éprouvent. Dans la seconde, je traiterai du dégagament des gaz, de l'é- vaporation des liquides, résidus, etc. Ces phénoinènes, qui se subordonnent tous, constituent la vie dans les végétaux. GAUDicHAUD. — ^sccnsion de la sève. \t{^ Les feuilles du Cissus hydrophora sowt très vertes, alternes, pétiolées, ovales lancéolées, cordiformes à la base, subacumi- nées, dentées sur les bords, à dents éloignées, subulées; à pétioles canaliculés , tordus à la base ; à stipules oblon- gues, subfalquées , très légèrement frangées sur les bords, particulièrement au sommet , caduques. Les vrilles sont op- posées aux feuilles, fourchues, à rameaux inégaux, subgian- duleux au sommet, le plus court opposé à une feuille écailleuse très petite; ses tiges et ses rameaux sont ligneux. Cette liane, dont la longueur habituelle dépasse certainement trois cents pieds, a généralement de dix-huit lignes à deux pouces de dia- mètre. Ses tiges sarmenteuses, après avoir formé mille contours, vont se perdre sur le sommet des plus grands arbres. Leur écorce est épaisse et verdâtre, à épiderme glabre, uni et luisant dans les jeunes sujets, rugueux et fendillé en long dans les vieux , à bords roulés. Cette plante produit deux espèces de tiges. Les unes sont anguleuses, garnies de nœuds et légèrement sinueuses; les au- tres sont régulièrement cylindriques et droites. Les premières ont un canal médullaire très marqué, des fibres corticales rares et des trachées : dans les secondes, le canal médullaire et les trachées manquent totalement. Il en est de même des vais- seaux fibreux de l'écorce qui sont remplacés par des granules ligneux. Dans ces deux sortes de tiges, les rayons médullaires sont très peu marqués, et représentés seulement par l'alignement des tubes qui sur la coupe transversale forment des séries qui rayonnent très régulièrement du centre à la circonférence. Ces vaisseaux tubuleux sont pour ainsi dire libres et faciles à dissé- quer. Par la dessiccation ou par une légère macération, ils se sé- parent d'eux-mêmes. On observe quelquefois un accident qui détermine des ren- flemens de distance en distance sur toute la longueur de la seconde espèce de tige. Il provient sans doute de la piqûre d'un insecte? Si l'on dissèque ces sortes de tubérosités creuses, cloisonnées, qui acquièrent ordinairement les dimensions d'une orange, on trouve que les tissus tubuleux de la portion supé- i 44 GAtJDiCHAUD, — ^scensiçTi de la sèi e. rieure de la tige se divisent en faisceaux divers pour former les cloisons de la tubérosité, et qu'ils reprennent dans la partie inférieure l'ordre qu'ils affectaient supérieurement. D'autres fois, ces rameaux tubuleux restent libres et forment autant de racines qui descendent ainsi de loo à ï5o pieds de haut jusqu'au sol où elles s'implantent. Du Sommet des premières tiges qui sont les véritables, entre les feuilles et les vrilles, partent des racines adventives, rougeâ- tres et filifornies tant qu'elles sont jeunes, libres et flottantes, mais qui verdissent et acquièrent l'aspect et le diamètre ordi- naire des tiges par le temps, ou dès qu'elles ont atteint le sol. Ces sortes de racines, dont MM. Turpin et Poiteau ont parlé avant moi , seront décrites à part dans l'ouvrage que j'ai en- trepris sur la phytologie et sur l'anatomie comparée des vé- gétaux. Ces deux sortes de tiges, ainsi que toutes les parties de la plante, sont glabres. Elles confirment et re'sument à elles seules , ainsi que je le démontrerai bientôt , les théories de La Hire et d'Aubert-du- Petit-Thouars ; théories qui attribuent aux prolongemens infé- rieurs et radiculaires des bourgeons ou des parties qui les con- stituent, la principale cause du développement en largeur des tiges des exogènes, c'est-à-dire , la formation des tissus fibreux et tubuleux. Quand je traiterai de l'organisation des vignes et spécialement de celle des Cissus, j'indiquerai quelques faits qui caractérisent les tiges de ces plantes. Je ferai connaître l'ordre de distribu- tion des tubes dans les racines adventives; la forme allongée de certains tissus cellulaires au sein desquels on voit distinctement s'opérer, tant qu'ils sont jeunes, le mouvement de translation de la globuline en grains rares, arrondis et d'un beau vert ; dans les tissus anciens cette globuline se retrouve encore, mais ag- glomérée en une seule masse solide et entièrement décolorée ; enfin des tubes capillaires, vitreux, transparens, y abondent aussi. Le Cissus hydwpkora sq trouva communément dans les bois w. p. scniMPER. — Muscorum chilensium species. i45 sombres des hautes collines qui dominent de toutes parts la plaine de Santa rosa située à l'est et à trois lieues environ de la ville de Rio de Janeiro , derrière Praya grande et San Do^ iningos. Muscorum chilensium species noms descrîpsit W. P. SCHIMPER. I. Pottia macrocarpa : monoica,caule brevi subramoso; foliis ovalo-lanceolatis, terminalibus majoribus, concavis, integerri- mis, marginibus planis, costa sub apice evanescente instructis, erecto-patentibus, siccitate incurvis, laxe hexagono-areolatis ; capsula exserta magna, subsphserica brevicoUa ; operculo plane- convexo umbonato. Hab. in terra lutoso-arenacea ; Valparaiso Chiles(D^ Bertero). Mat. vere ? ? Planta bilinearis, sutramosa , csespilose congregata. Folia conferta; infe- riora minora, subimbricata, spalhulato-acuminata, in caulis parte inferiore pu- tredine destructa, superiora multo majora, patula, ovalo-lanceolata vel spathu- lato-acuminata, interdumque obtusa, costa sub apice divisa evanescente, areoli» hexagonis Iaxis, omnia tenerrima Iseleque viridia seu inferius rufescentia. Cap- sula exserta pro plantulae ratione maxima, brevicoUa, operculo plane-convexo umbonato clausa^ membrana capsulari e cellulis Iaxis hexagonis orificium ver- sus minoribus conflata. Sporae majores. Florescentia monoica ; flos masculus gemmiformis diphyllus , in latere perichœtii foliis summis axillaris ; anthcridia, (Antherae Auct.) copiosa ïongius pedicellata^elongata, paraphysibus duplo-longio- ribus breviarticulatis filiformibus stipata ; pistilla (fructus initiae stylo obsessa, Archegonia Bisch.) elongata, paraphysibus aequalibus numerosis intermixta. TAEULJî VIII EXPLICA.TIO. Fig. 1. Planta magnitiidinis naturalis. fig. i. h. Eadem lente aucta. fig. 2. Folia ijû-« feriora, fig. 3,4, 5. Folia summa seu perichaetialia. fig. 5, a. Folii partis superioris areolatio. fig. 6. Folii segmenlum transversale, fig. 7. Pislillum cum paraphysi. fig. 8. Antlieridianonnul* lœque paraphyses. fig. 9. Folium floris masculi involucrale. fig. 10. Vaginula cum pedicelli parte inferiore. fig. 11. Operculum. fig, 12. Membraose capsulî^ris areolatio, fig. i3. Sporje (haud maturœ). ^N'^I. Bot AH, -« Septembre, 10 i46 w. p. scHiMPER. — Musconim chilensium species. 1' Barhula flagellarïs : dioica, caule elato ramoso, ramis brevioribus rectis vel elongatis flagelliformibus basi decîinatis radicantibus foliis denudatis, apice erectis foliosis; foliis paten- tibus tortilibus siccitate incnrvis, obîongis-carinatis, obtusis marginibus reflexis, costa in aristam producîa vei siib apice evanida, arista brevi rubella vel elongata apiceque diaphana; foliis perichaetialibus cauliuis similibas, erectis; capsula elon- gata siibcylindrica, longius sub-oblique rostellata; peristomio tubuloso-barbato. Hab. ad arborum îruncos in societate Barbulœ piliferœ ; D^ Bertero. 31aL vere -v, Magnitudine et habita BarbuUe lurali haud dissimilis, foliorum arista bx'e- viore lœvique cum Barhula lœvipila congruiî; ab utrisque autem ramiiicatione propria discrepat. A prima specie distincîa, foliis angustioribus haud reflexis, acuminatione diversa atque inegulari, pedicelloque inferne dexîrorsum superne siuistrorsum contortoj ab altéra floresceutia dioica. Caulis 1-2 uncialis, ramosus, inferne foliis dcstitutus radiculosus, superne comose foliosas. Rami nunc e pericbsetii kteie nasccutes Lreviores, denseque foliosi , nunc e flore ipsa innovantes longiores, debiliores, iufcrne foliis desti- tuti radicellisque numerosis pallidis obsiti, procumbentes, superne erecli foliosi. Folia erecto-patula in summa planta confei ta, lœte seu pailide tiridia secuudum œtatem, costa ferruginea siccitate valde co»tor<:a , elongato-ovaiia obtusa, acu- minata seu costa procedeule plus minnsve aristata, concava niargine revoluto diverse plicata, costa compacta in junioribus viridi serins feiT u gin ea nunc in mucronem nunc in aristam excurrente seu sub foîii apicera evanescente. Areo- latio superior e cellulis miaimis rotundatis in foliis junioribus chlorophyllo re- pletis versus basin multo majoribus hexagonis semper.'jue hyalinis constituta ; folia perichœùalia caeteris similia erecto pateutia. f^aglîiula conica. Pedicellus uncialis etlongior, fuscus, siccitate superiore parte siuistrorsum inferiore dcx- trorsum contcrtus. Capsula gracilis subcyliudrica , brevicolla, vix incurva, siccitate longitudinaliter plicata. OpercuLum conicum subobliquura. Calyptra Annulus atque Peristomium ut in Barbula lœuipila. Sporœ parvulae. Planta mascula ut in Barhula rurali cujus ctiam florescentiae modo gaudet, TABULA X EXPLICITÎO. Fig. I. Planta magnitudlnis iiaturalis. fig. 2. Planta triplo aucla. fig. 3, 4» 5. 6. Folia caulina formée diversœ. fig. 7, a. Aveolalio surami folii. Cg. 7» '^- Eadem versus basin. fig. S. Folii segmenta traasversalia- ûg. 9- Perkhœiiura. fis. 10. Folinm perichœtiale, fig. 11. Va- w. p. scHiMPER. '— Muscorum chilensium sj)ecie$. 147 ginula cum pedicelli portione. fig. 12. Capsula operculata. fig. i3. Peristomium, in statu hu- mido. fig. 14. Capsula deoperculata exsiccata, fig. i5. Planta mascula maguitudinis naluralis. fig. 16. Flos masculus. fig. 17. Âutheridia cum parapliysibus. fig. 18. Spoia;. 3. Neckem chilensis : monoica, caiile vago denudalo ramoso, ramis pinnatim ramosis corapressis, foliis caulinis irregularibus ovato-lanceolatis ecostatis, transverse imdulatis, perichœtiali- bus spathulato-laiiceolatis convolutis ; capsula perihcetio bre- vins exserta ovata , operculo oblique rostellato. Hab. ad arbores cum Neckera intermedia Schw. , in raonto- sis Chiles (Bertero). Mat. vere. Planta speciosa habitu et magnitudiue Neckerœ crispœ persimilis, quoad characteres autem specificos a Neckera putnila difFicilius distinguenda, a qua îa- meii florescentia monoica dentibusque margine non incrassatis satis superque discrepat. Caiiîis depressus vagus detiudatus 4-6-uncialis et longior , rarais pin- natis complanatis , fertilibus. jFoZm irregularia iiitida^ ramis diiobus lateribus imbricatim adpressa, divergentia, ovato-lanceolata, ecosîata, basi seraiamplexi- oaulia , in medio vel uno vel utrisque lateribus , secus insertionem plicata^ integerrima , margine plana , transverse iindulaîa , ex areolis oblique qoa- dratis conflata. Capsula ovala in pedicello erecto superne puniceo ex- serta, sporis impleta pallide fusca, quibus ejectis obscure brunnea ; operculum e basi conico-convexo leviter obliquum. Galyptra obliqua longitudine capsulée dimidium sequans, cucuUata angusta, longe rostellata, fugacissima. Peristomium duplex; exterius dentés 16 elongati, lanceolato-subulali, e série duplici cellu- larum conformatij transverse trabeculati, plani, lutescentes, apicem versus obs- curiores granulosi; juterius cilise totideiïv cum dentibus alternantes, longitudinis œqualis, inferne carinatce, membrana angusta basi connatae, transverse articulatse emarginatse, pallidae, apice punctulatae. Flores masculi foliis axillares gemraifor- mes , polypbylli; foliis involucralibus inferioribus ovato-acuminatis concavis, ecostatis ; antheridia pedicellis elongatis sufFulta, oblonga, paraphysibus filifôrmi- bus numerosis stipata. Flores fie minei gemmiformes, elongati; fobis pericbaeiia- îibus infîmis miniiiiis late ovatis, obtusis; mediis ovato-lanceolatis, superioriUus elongatiç, spatliulato-acuminatis,involutis : pistilla paryula innumeïosa, paraphy- sibus hyalinis stipata. TAEUL^ IX EXPLICA.T10, Fig. ï. Ramus.cum caulis fragmeato raagnitudinis naluralis, fig. 2. Ramulus cum rami porlione leviter auctus. fig, 3,4,5. Folia. fig. 6, 7, 8,; Foliorum segmenta transversalia .' a 48 w. p. SCHIMPER, — Muscorum chilensium specîesl fig. g. Pistilla folio perichœliali inclusa. fig. lo. Flos masculus. fig. ii Folium involucraïe io- ferius. fig. 12. Fol. involucraïe superius. fig. i5. Anlheridium cumparaphysibiis. fig. 14. Cap- sula cura perichastio. fig, i5. Folium perichaeliale infimum. fig. 16 Fol. perich. médium, fig. 17. Folia perichîetialia sumtna. fig. 18. Folii perich, summi segmentum tranversale. fig. ig. Kamulus perichaetialis foliis denadatuscum yaginula. fig. 20. Calyptra. fig. 21. Peris- tomium. fig. 22. Peristomii pars magis aucti. fig. 23. Dens, fig. 2.4. Cilia. fig. 25. Spori. 5. Pohlia clavata : caule erecto ramoso ; foliis erecto-paten- tibus patulisve ovato-Ianceolatis obtusiusculis subconcavis in- tegerrimis, Costa sub apice evanescente; capsula in pedicello elongato recurvato inclinato-horizontali , clavœformi , operculo convexo papillato. Hab. ad scaturigines collium provinciae Quillota Chiles, ubi clar. Bertero, anno 1829, legit cumqiie n"* 867 in suo herbario adnotavit. Mat. mense octobris. î> Planta dense cœspitosa, 4-5 lineaiis; ramisfertilibus Lrevioribus, caeteris eloii- gatis erectis dichotorac raraosis, cauîi inferne rubello. Folia approximata palulo- imbricata, ovali-lanceolata Lasin versus angustiora, vix concava margine plana integerrima, costa paulo sub apice evanida, e lutescente viridia ; reliculatio ex areolis rhomboideis conflata. Pedicellus subflexuosus superne arcuatus. Capsula inclinato-liorizontalis, clavata , longicolla , paîlide-rufescens^ operculo rubello mammillato annuloqae composito spiralitcr sese devoîvente. Perisiomium exte- rius, dentés sedecim lanceolati^ forruginei, apice pallidi, trabeculis numerosis in- terne prominulis ornati, siccitatecupulato-eonniventes; /«if^riz^Sj membrana pro- ducta, carinato-plicata, reticulata , pallida , in processus sedecim, longitudine dentés sequantes, carinatos pluriesque in carina perforatos, fissa, ciliis totidem seu pluribus, multo brevioribus imperfectis coalitis vel bipartitis, interjeclis. Sporulœ minutse, Iseves, globosae. F lorescentia àxoicâ.? Genitalia mascula a. nobis non visa in plantis a fructiferis diversis sine dubio (^M^renàdi ; fœminea ut in congeneribus ; folia pericbsetialia ca:teris majora plerumque, quia in terra latitunt putredine , destructa. Species pulcbella capsulas forma totoque babitu Pohliis simillima^ peristomio àutem interiori, eu jus cilia et numéro et forma valde variabilia denticulis carent internis, ad Bridelii Cladodia accedit. Quam parvi momenti in generibus constituendis perisîomium esse dcberet et hoc elucet exemple ! TABULA XI EXPLICATIO. Fig, I. Planta ra9snitudine naiturali. fig. ^i Eadem lente .^ucta, /ig, 3. Folia caulica; ZENKER. — Plantas indicaê* 149 fjgj 4. Folii sectiones transversales, fig, 5, Foliorum reticulatio; fig^ 6. Capsula ad ma- gnum augmentum. fig. 7. PeristomiiH». fig. 8. Peristomii pars ad majus augmentum. fig, 9,' Anuulus, fig. ïo. Sp»rse. Plantje indicje quas in montibus Coimbaturicîs cœruleis, Niîa' gîri s. Neilgherries dictis , coUegit Rev. Berw. Schmid. Illus" travit Tf Jonathan Car. Zenker. Decas secunda , in-4'* cum tab. œneis. lena, Aug. Schmid; Paris. Treuttel et Wurtz, i835. ( V. Ann. Se. nat. , t iv, p. 679.) 11. Adianihum cycloides Zenker. Fronde supradecomposita, foliis seu rotundo-» cuneatis vel basi subcordata integris sublobatis crenulatisqiie subpellu- cidis sublunatis, stipile rhachique nitidis Isevissimis. Crescit ad Cunnur et Ulacamundum , februario fructiferum legit Rev. Schmidius. Espèce voisine de XA. venustum Don, dont elle diffère prin- cipalement par ses feuilles dentées en scies , à dents très aiguës. 12. LycopodiuTïi aloifolium Wall. Hook. et Grev. Icon. filic. t. 235. Cette espèce diffère du L. obtusîfoUum Hamilt. par sa tige ri- gide un peu divisée , ses feuilles plus coriaces dont la nervure médiane est très apparente. La figure de Hooker et Gréville , quoique très belle d'ailleurs, étant incomplète, il convenait d'en donner une nouvelle qui représentât la plante entière. i3. Gentiana ahscondita Zetik. Gaule ramoso folioso gracili recto, foliis radica- libus spatbulato-lanceolatis mucronatis, caulinis minimis oppositis basi subconnaîis carinatis cuspidato-mucronatis oblongo-spathulatis apice re- flexis, floribus terminalibus subsolitariis, dentibus caîycinis quinque lan- ceolatis acuminatis patulis , corolla tubuloso-campanulata decemfîda, la- ciniis alternis majoribus cuspidatis. Crescit in locis graminosis (Utacamund.) intra gramina abscondita ferô ublque^ non tamen summis in montium cacuminibus. Per totum fere floret annum, in nmbra autem flos mox claudit. Cette espèce se rapproche de la Gentiana decemfîda Hamilt. i5o zENKER. — Plantœ indicœ. et Don (^Fl. nepal. 127 ), dont elle diffère principalement par sa tige plus courte et ses feuilles spatulées. La Gentiana aquatica Pallas , qui croit en Sibérie , a le calice très ouvert et les feuilles ovées étalées. ï4, Rolfinhia centaureoides Zenk. Cette plante a été considérée comme le type d'un genre nou- veau de Synanthérées par M. Zenker. Mais nous lisons dans les Addenda qui suivent le cinquième volume du Prodromus de M. De CandoJle, qu'elle n'est pas différente du Decaneurum reîiculatum de ce dernier auteur , qui avait établi le genre De- çaneurum en i833 dans les Archives de Botanique, t. 2, p. 5i6, et dans Wight [Contr, bot. ind. p. 3). 1 5. Rhododendron JSilagiidcum Zenk. Aiboreum,foliis oMongo-Ianceolatis sub- tils rufescenti-tomentosis, racemis termioalibus, flore campanulato, limbo , ioajqualiter quinquelobo ^ lobis subexcisis integerrimis planis , capsula decemloculari. Cresciî in locis editioribûs nudis ventosis (circa Utacamund. et alibi) saîis copiose. Floret decembr. apr. et maio. Cette belle plante est appelée Pullukumani par les abori- gènes selon le révér. Schmid. Elle a été confondue avec le R. ar- horeuin par quelques auteurs, mais elle diffère suffisamment de cette espèce; elle n'a jamais de variété à fleurs blanches, comme le D'^ Wallich en a représenté une du Pi. arboreum ( PL asiat. rar. t. i23). Elle diffère par plusieurs caractères du R. pu- niceum de Roxburgh (i^/. ind. i832,v. 2, p. 409), autant qu'on peut en juger par la description. On pourrait présumer que ce beau Rhododendron doit supporter nos hivers en plein air, mais cet espoir est infirmé par l'observation que tous les PJiododendron de Flode ont succombé pendant l'hiver sous le climat de l'Angleterre. 16. Loranthus macrophyllus Zenk. Foliis oppositis breviter petiolatis ovato- lauceotatis Uîrùique acutis elongatis, floribus axillaribus termioalibusque aggregato-capitaris , capitnlo slipitato, calyce tribracteato , corollae re- curvae limbo rcflexo sexfido, filamentis sex. Crcscit in arboiibus parasilicus ad Utacamundum sed non' frequens est ; ZENK.EK. — Plantœ indicœ. iSi floret decembri jaimarioque, etipsa œstate (jun.-aug.) neque tamen per totum annuum. On ignore sur qisels arbres croit ce Loranthus^ qui appartient au sous-genre Sjmphianthus DC. et se rapproche des L. inço- lucmtus Roxb. , L. loniceroides L. et L, capiteîlatus Wight et Arn. 1 7. Loranthus neelgherrensis Wight et Arn. (Prodr. fl. Penins. ind. or. \Z p. 382.) 18. Sonerila speciosa Zenk. Gaule erecto basi subdichotomo subquadrangulari, foliis suboppositis petiolatis oyatis acutis mucronato-serruiatis glabris, floribns terminalibus subcymosis, pedunculis piloso-glanduliferis, geni- talibus subsequalibiis. Crescit in inpibus saltuosis valde apiicis, quse a fontibus irrigantur et ita elatae sunt, ut frigore non tangantur (in- vicinia Utacamundi.) Floret decem- bri januarioque. Quelques auteurs ont mal-à- propos placé le genre Sonerila dans tes Ericinées. Il est certain qu'il appartient aux Mélasto- macées, ainsi que l'ont déjà dit MM. Wiglit et Arnott. C'est ce que M. Zenker prouve de nouveau par plusieurs considérations qui nous ont semblé justes. 19. Berberis LeschenauUil Wall, et Wight et Arn. {Prodr. fl. penins. ind. 07. 1. p. 16.) Cette plante appartient au genre AlakoniaDC, que M. Zenker n'admet que comme un sous- genre. Elle est très voisine du Ma- honia nepalensis DC. et Deless. {Icon. sélect, 2, t. 4-) 20. MicJielia Nilagirîca Zeuk. Foliis glabris ellipticis utrinque acuminatis apice obtusOj floribus axillaribus solitariis breviter pedunculatis octope- îalis albis, antheris acutis. . Crescit iatcr arboreta atque in sylvis ad Utacamundum, non famen crebra est. Floret julio angnstoque. Selon le Révér. Schmid , les aborigènes cultivent cet arbre avec le plus grand soin {sanciissime colunt). Il est vraisem- blable que c'est de lui dont il est question sous le nom d'une espèce de Camellia dans un écrit publié il y a quelques années i5'^ Extraits du Botaiiical register. par M. Hoiigh ( hetters on ihe climate _, inhabitantSy produc- tions y etc. y of the Neilgherries). Cette espèce se rapproche des BI. Dolsopa et M. macrophjUa Don. Le caractère des car- pelles polyspermes attribué à tous les Mlchelia^diV M. De Can- dolle {Prod. i, p. 79) subit une exception dans cette espèce, qui a ses carpelles monospermes. Extraits du Botanical REGTSTER^owr l'année i835, elle mois de janner \?>Z^ , finissant le 8* volume de la nouvelle série. (Voy. les articles insérés dans le 4° volume des Ann. des se. nat. 2* série, p. m) (i). 1730. Acanthophippiam bicolor : Petalis oblongo-lanceolatis acutiusciilis, labelU lobis lateralibus rotundatis, perianthio ovato. Planta terrestris : pseudobulbis oblougo-ovatis corriigatis, atroviri- dibus j reliquis foliorum vestitls, paulo in collum angustatis. Folio, 2-3, oblongo-lanceolaîa, utrinque acuta, plicata erecta, basi angus- tata, sed pctiolo nullo. Pedunculus radicalis; squamis ovatis, con- cavis, brunueisj niagnis; vaginalus, 2-4-florus. Perianthium carno- sum, unciam et dimidiam longum, ovatum vel subconicum, flavum, apice patulum sanguineum. Sepala omnia conglutinata, obloriga ob- tusa, lateralia basi obliqua, basi longe productae columuse inserta, Petala sequilonga, apice minus maculata, lineari-oblonga, acuta. Labellum cum pede longae columnae unguem efficiente articulatum, inflexum, complicatum, trilobum ; lobis lateralibus rotundatis, inter- medio magis luteo et carnoso , asperiusculo, lamellis disci 2 tantum, concavis, lineâ elevatâ sejunctis. Columna semiteres, acuta; stig" maie marginato ; clinandrio iramarginalo proclivi. Pollinia 8 gemi- nata, in glandulam antice eraarginatara sessilia. (i) Nos lecteurs doivent se rappeler que, dans l'impossibilité de faire connaître, même d'une manière abrégée , toutes les planles figurées et décrites dans cet admirable ouvrage pé- riodique , nous nous bornons aux espèces absolument nouvelles , pour lesquelles nous donnons la phrase spécifique et souvent la description , et aux espèces non encore figurées , que nous nous contentons de mentionner, Dans les observations qui suivent les descriptions, et qui sont extraites du texte anglais -, nous avons signalé les espèces introduites dans ic Jardin bota- nique de Paris , où nous avoos observé leur culture. Extraits du Botanical register. i53 Le genre Acanthophippium a été fondé par M. Blume, et adopté par M. Lindley dans son Gênera et species Orchidearum, La plante décrite et figurée dans le Botanical register est une curieuse et très rare épiphyte trouvée à Ceylan par M. Watson. Elle a le port des Geodorum, mais, au lieu de tubercules, elle ne possède que de fausses bulbes. 1731. Stapelia Gussoneàna Jacq. Caulibus cinereo-glaucis crassis telra- quetris faciebus concavis ângulis dentatis inermibus, îloribus fascicu- latis parvis, corollis glabris. Cette espèce de Stapelia a été découverte par M. Gussone , et publiée pour la première fois par le baron de Jacquin dans la réunion des naturalistes à Vienne en i832. La patrie de cette plante est une considération importante pour la géographie bo- tanique. On sait que les Stapelia habitent les contrées les plus australes de l'Afrique, à l'exception de quelques-unes qui se trouvent en Arabie, et avec lesquelles le Stapelia Gussoneàna a des rapports. (M. Gussone l'a trouvé sur les rochers du sud de la Sicile (dans l'île de Lampedouze). Il l'a envoyée aux principaux jardins botaniques, et notamment à celui de Paris.) 1782. Mesemhryaîithemum rubrocinctum Havorth. Caulibus bumilibus ascendentibus ramosissimis , floriferis unifions, foliis laete yiridibus rubrocinctis acinaciformibus lœvibus, bracteis connatis, floribus maximis. C'est la plus belle espèce du genre nombreux des Mesem- bryanthemum. Elle est originaire du cap de Bonne Espérance, et a des rapports avec le M. spectabile dont elle diffère par la grandeur de ses fleurs et de ses feuilles, et par ses bractées connées. Indépendamment de sa beauté, elle se recommande par sa résistance à l'âpreté de nos climats, car elle se cultive aussi facilement qu'un Pelargoniwn. (Cultivée dans le Jardin de Pa- ris, en i83ô.) 1734. Collinsia bîcolor Bentliam in Hort. Trans. n. s. vol. 1. p. 48o. Originaire de la Californie. Introduite en 1 833 dans les jardins d'Angleterre (en ï835 dans celui de Paris). :ï54 Extraits du Botanicai regtster. 1/35. Monacanthus discolor : Raccoîo laxo multifloro, îaLeîIo heraisphaerico, mafginibus pîanis medio firabriatis. Epiphyîa; pseudobiilhis 5 poil, longis, oLiongis, teretibus, leviter corrugatis, cicatricibus foliorum amiulatis. ^olia oblongo-knceola- ta, plicala. Racenius cylindraceus^ laxns, multiflorus, spilliamam longus. Sepala linearia obtusa, reflexa, viridi-fusca. Petala recta, conformia, fusco-purpurea. Labellum posticum , cuciillatum/ acu- tuin, carnosura, viridi-pnrpureum, intus viridi-luteum, margine re- flexo medio fimbriato. Columna brevis, viridi-lutea, muîica, stigma- tis excavati margine iuferiore convexe prominentc, latei-alibus deor- sum productis. Le genre Monacanthus a été fondé par M. Lindley sur une espèce du Brésil, {31. virîdis). La nouvelle espèce décrite et figurée dans le Botanicai regisfer est originaire de Demerara. (Cette plante a été reçue des jardins d'Angleterre, et introduite en i836 dans celui de Paris par M. Neumann). 1736. Lithospermum rosmarinifolium Tenore fl. Neap. prodr. suppl. 11. p. 65. synopsis p. 33. non Rchb. — L., graminifolium .Rcemer et Scbult. Syst. veg. v- 4. p. 47 ? non Yiv. Cette belle espèce, originaire de l'ile Capri, a occasioné un peu de confusion dans la synonymie. Elle est bien la plante de Tenore , mais non celle de Reiclienbacli, qui paraît avoir dé- crit sous ce nom une variété du L. graminifolium. Cette der- nière espèce, établie par Viviani s'en distingue suffisamment, quoique Rœmer et Schultes aient publié sous ce nom le L. ros- marinifolium. Le L.fruticosum, réuni par ces auteurs au L. rosmarinifolium en est également distinct. ' 1 737. Chelone centranthifolia Bentb. iu Horî. Trans. vol. j . n. s. p. Originaire de Californie , d'où elle a été envoyée par Douglas. Diffère du C. barhata par sa panicule grêle allongée, ses co- rolles plus tubuleuses, nullement renflées, glabres à l'entrée du tube, et par ses feuilles d'une forme diverse. 1740. Grohya Amherstiœ. Pseuc'ohalhl et sàgmate orbiculari nec angusto corapressoque. Originaire de la Trinité. (Aujourd'hui cultivée dans le Jardin de Paris.) 1760. Bletia reflexa: Sepalis lineari-lanceolatis lateralibus reflexis, petalis cuneato-lanceolatis supra columnam conniventibus , labelli trilobi lobis lateralibus rotundatis planis, intermedio angusto undulato, la- raellis 5 altis parallelis indivisis ad pedem columnae decurrentibus, foliis angustis ensiformibus plicans. Folia angusta, ensiformia, plicata . 6ca/Jif.s i 1/2-2-pedalis, teres, dis- tanter vaginatus, 2-4-florus. Bracteœ oblongo-lineares, membrana- ceœ , ovario duplô breviores. Sepala angusto-lanceolata, ex viridi rubescenlia basi alba; laîeralia reflexa, supremuin paulo latius ma- gis erectum, apice tantum reflexum. Petala ex viridi rubescentia, cuneato-lanceolata erecta, acuta, collateraîia columnam a tergo te- gentia. Labellum cucuilatum, parte inferiore album cum basi co- Uunnee articulatum , oblongura, loseum , trilobum 5 loHs lateralibus Extraits du Botanical register. 169 ciectis rotundatis albis margine intermedio elongato pariter ro- tundato, crispo,'. atropurpureo, patente, lamellis 5 allis integiis su- Liuidulaîis îotum axim labelli peiGurrentibus. Columna purpurea, clavata , apice alata , dente unico inciiryo posî cardinera antherss. Pollinia 8 quorum 4 cseteris minera. Orchidée terrestre, originaire du Mexique. La couleur ver- dâtre de ses Oeurs, et ses sépales étroits et réfléchis, la distin- guent des autres espèces du même genre. 1761. Caprifolium hispidulum : Tota hispidula pilosa, umbellis peduncu- latis, corolîis glabris biiabiatis, tubo limbo duplo longiore, staminibus exsertis, foîiis petiolatis cordato-ovatis obtusis subtus glaucis, summis sessilibus liberis, caule filiformi. Lonicera hispidula Douglas. Gaulis in génère debilis, liliformis, volubilis, vel proslratus, pilis rectis distanîibus ut ferè omnes aliae partes hispidus. Folia parva. Flores parvi, losej , pedunculis foliorum ferè longitudine, glomerulis bi* bracteatis. Cette espèce a été découverte par Douglas dans les bois de la côte nord-ouest de l'Amérique. Elle est très différente de toutes les autres espèces de chèvrefeuilles, et elle est presque sans odeur. (Elle a été introduite en i836 dans le Jardin de Paris par M. Neumann.) 1762. Lepanthes tridentàta Swartz Prodr. p. i25. FI. ind. occ. p. i56i. Orchidée si petite qu'elle n'excède pas de beaucoup la mousse dans laquelle elle croît. M. Lindley a figuré toutes ses parties avec un grossissement tel qu'on peut facilement en reconnaître la structure. 1765. Epidendrum gracile : Fo|iis in pseudobulbos ovatos corrugatos plu- ribus levalo-ensiformibus, racemo simphci longissirao, sepalis oblon- gis peîalisque c: neatis patentibus, labelli ferc liberi trilobi jobis la- îeralibus semiovatis , intermedio oblongo crispo obtusissimo duplo minoribus, disco bicostato. Lahelluin tripartitum, cum basi columnae leviter connatum , laciniis iateralibus crectls. semiovatis, obtusis, subundulatis, flavis sar«guineo- venosis, intermedjâ subrotundâ crispa ejusdera coloris brevioribus; in medio crassura, album venis purpureis, bicostatum; costis utrin- que infra médium obsolète unidentatis. Ovarium brève cunicula-; ï6o Extraits du Botanical register. tum. Columna semiteres, marginata, apice utrinque auriculata. Gy- nisus deorsum trilobus ; rostellum crassum, brève rotundatum. An- thera complète 4-locularis ; dissepimentis membranâ marginatis. Pollinia 4-compressa basi unidentata ; caudiculis totidem pulyereis replicatis. Orchidée, originaire des îles Bahama , très voisine de VE. odo- ratissimum. Elle semble plutôt terrestre qu'épiphyte. Ses fleurs ne sont pas très belles, mais en revanche elles exhalent une odeur délicieuse, particulièrement vers le soir et pendant la nuit. 176^. Psoralea macrostachya De Cand. Prodr. v. 2. 320. Cette espèce, originaire de la Californie, se fait remarquer par les poils noirs dont le rachis de ses fleurs est hérissé , ainsi que par la couleur verte des parties de la fleur avant que celle-» ci soit développée. Cette couleur devient ensuite écarlate, et après la chute des fleurs , le rachis dénudé présente pour cha- que pédoncule une longue queue velue. 1770. Peiitstemon staticifolius : Gaule ascendente pubescente, foliis radica- libus obloDgo-lanceoIatis in petiolum longum angustatis integerrimis glabris; caulinis sessilibus cordato-ovatis dentatis pubescentibus , cyrais subsessilibus calycibusque tomentosis, corollis ventricosis pu- bescentibus, labiorum laciniis ovatis obtusis subaequalibus. Caulis subbipedalis, apice tomentosus et cymis subsessilibus Terticil- lastros Labiatarum referentibus onustus. Folia radicalia cum peliolo 7 poil, longa. Corolla violacea, speciosa, fere pollicem et dimidium longa. 1S[ouvelle espèce de la Californie, très voisine du P. diffasus dont elle diffère par ses fleurs beaucoup plus grandes, d'une couleur plus lilacée, et par la forme de ses feuilles dont les ra- dicales sont parfaitement entières. A la suite de cet article, M. G. Bentham a donné une révi- sion de tous les genres des Scrofularinées l'ordre naturel auquel appartient le Pentstemon. Nous avons reproduit en entier cette révision dans les Annales des sciences naturelles. (Vol. 4- p. 1 78). Extraits du Botaiiical reeister. i6i iJJ'i- Angrœcum micranihuni : Gaule brevi, foliis oblongis trinerviis apice obliquis, spicis secundis inullifloris horizontalibuscongestis fohis bre» vioribus, sepalis peîalisqiie subaequalibus angustè ovatis apice patu- lis, labello conformi basibilobo bidentato, medio pubcscentc, calcare obtuso incurvo postico. Caulis 2-pollicaris. Folia i 1/2 p. loiiga, i 1/2 p. lata, crassa. T'To/es minuti, albi. Espèce très petite et sans attraits , originaire de Sierra Leone. Il est remarquable que V^ngrœc/im soit un genre si exclusive- ment africain qu'aucune espèce véritable n'ait été trouvée hors de son continent ondes îles qui en dépendent, bien qu'il s'étende à travers toute la partie tropicale de l'Afrique. Trois ou quatre autres espèces f.-^. clandesdnum , teretifoUmn , et disdchuin), de Sierra Leone et également sans beauté , sont cultivées dans les jardins d'Angleterre. 1773. Russelia juncea Zuccarini in litt. Raniis tetragonis erectis junceis, foliis luinirais pctiolatis ovatis subintegris , pedunculis filiforinibus stibbiflons. Cette plante, originaire du Mexique, produit un effet assez gracieux, quoiqu'elle soit, en apparence, privée de feuilles, et celles-ci sont si petites qu'elles ne sont guère visibles sur ses ra- meaux effilés d'un vert luisant qui ont Taspect de branches de Casuarina ou à'Equisetum. Cet aspect des rameaux con- traste avec la beauté des fleurs nombreuses d'un rouge vif dont ils sont garnis à leur sommet. On cultive aujourd'hui cette plante dans le Jardin de Paris. 1774. Erlogonum compcsituni (Dougl. Mss,): Foliis ad basin caulisapproxi- matis longe petiolatis ovatis basi rotandatis cordatisve supra demiim glabratis subtus dense aibo-lanatis ^ pedunculo longissimo oudo apice breviter biumbellato, involucris breviter pedicellatis companalalis multifloiis. Benlhain in Linn. Trans. Habita et foliis E. laiifolio aSine. Peiioli vaginantes extus vilio.sissirai 2-4-pollicaies, limbo i-i i/a-poUicari. Peduncidus scaT^'\ïov\\i\i. ul- trapedalis, in exemplaribus cultis folio saepe instructis. i^rac/e^ sub radiis uir.bellae lioeares, oblongae vel (in exenipl. cultis) dilatato-ova- tae. Radii umbellae 1 i/2-3-pollicarcs, unibellularum vix serai pollica- res, viîlosuli. Flores majores qiiam in E- latifolio. Perianlhia post VI. BOTAM. — Septembre. 1 1 i(')^x Extraits du Bolanical re^i^ister. anthesiri aucta; laciniae interiores eloDgatse obovalae, <;xteriorc.s \ne~ viorcs latiorcs, marginibus membranaceis crispis. Benth, Mss. M. Bentham a lu à la Société Linnéenneiin Mémoire sur la section des Polygonées, à laquelle appartient la plante ci-dessus foliis ovato-lanceolatis aeuminatis sessilibus 3-5- veniis internodiis subbrcvioribus, peclunculis uiiiflorisL foliis longioribus, calyce tubo corollae breviorej ca'ile tcreti. Chironia Irinervis Hort. nec Linti. CvWp plante, (luiM l'origine rst iiicoiiniic, riV-hl pas le Chironia i68 Extraits du Botanical register. trinerifis de Linné qui croît à Ceylan et qui paraît être un véri- table Exacurriy tel que ce genre a été limité par M. R. Brown dans son Prodromus. i8o4. MaxiUaria densa; pseudobuLbis oblongis coiapressis axillaribus mo- nophyllis, foliis oblongo-Ianceolatis obtusis emarginatis, lacemis axil- laribus densissimè aggregatis, bracteis cucuUatis, pcrianthiis bilabia- tis , sepalis lineari-lanceolatis acuminatis caiinatis , petalis paula minoribuSj labello oblongo iadiviso apice recurvo et canaliculaîo , niedio lineâ transversâ eleyata. Originaire du Mexique. (Cultivée aujourd'hui dans le Jardin de Paris.) i8o5. Fuchsia discolor ; dumosa j raraosissima , viscosa , ramulis levissimè pubesceutibus, foliis ovatis denticulatis undulatis petiolatis oppositis ternatisque, pedunculis foliis longioribus, petalis oblusis convolutis calycis laciniis acuminatis brevioribus, staminibus longe exsertis. Cette espèce est originaire du Port Famine dans les îles Fdlk- land. Il est difficile d'exprimer en quoi elle diffère botanique- tnent des F. gracilis et tenella. (On la cultive dans le Jardin de Paris.) i8on. Femandezia acuta; foliis acuminatis cariualis, corymbo ] multi- floro, bracteis obtusis membranaceis , labello lineari 3- lobo, laciniis lateralibus rectis abbreviatis, intermediâ emarginatâ obtusâ , disco pulvinato tuberculo minimo pone basin. Omnia ferè F. eleganUs nisi folia et labellum. Hoc pallidc luteum, disco prominulo pulvinato antice bilobo sanguiueo-margioato; la- ciniis lateralibus nuUo modo hastae efîigiem referentibus sed laci- nia intermediâ parallelis. Orchidée originaire de la Trinité. 1807. Cereus triangularis Haworth Syn. 180. D. C. Prodr. 3. 463. — Cactus triangularis Linn. Sp. pi. 666. Jacq. Amer. i52. 1808. Eutoca viscida Bentham Mss. glanduloso-pilosa viscosa, caule erect» ramoso, foliis cordato-ovatis sub-angulatis serratis, racemis elongatis farcatis simplicibusque, pbcentis mullivalvulatis. Annua, undique pilis nigro-capitatis glandulosis viscosa; caule te- reti ramoso bipedali. Folia tactu moUia et oleosa, 2 p. lata, paalo longiora, sensim decresccntia, superiora grosse simpliciter deutata. Hatenti gyratini clongHntcs, raultinori, ebraclcati. Sepala linearia. Extraits du Botanical register. itk^ obtusa, capsiilae loDgitudine. Corolla gcneris, amsetie ctBiulca tubo roseo. Fllamenta setacea basi villosa : anthcrae flavae. Cajjsulu ovata, mucrooata, apice bivalvis, serailocularis ; placentis paiie- talibus polyspermis. Semina minuta, fusca, scrobiculala, inargini- bus areolaliin acutis cenlro foveola excavata. Rapportée de la Californie par Douglas. (Cultivée aujourd'hui dans le Jardin de Paris.) 1809. Vanda teres Lindl. gen. et sp. Oich. p. 217. C'est une des plus belles orchidées épiphytes que l'on con- naisse. Ses fleurs ont plus de quatre pouces de diamètre; leur couleur est des plus brillantes ; celle des ailes étant d'un pourpre vif dans le milieu et d'un blanc de lait vers le bords, tandis que le labelle offre un agréable mélange de rouge et de jaune. Le docteur Wallich l'a découverte dans le Sylhet, et M. William Griffith l'a trouvée abondamment près de Medown dans l'em- pire des Birmans. 1810. Ciategus Douglasii. Cr. punctata p. breçisp'na. Douglas in Hook. fl, Bor. Ara. 1. 201 . Quoique Douglas ait considéré cette plante comme une va- riété du C. punctata, M. Lindley pense qu'elle doit constituer une espèce distincte. Peut-être est-elle la même que celle qui est appelée C, macracantha dans les jardins, mais son fruit re- quiert un nouvel examen. 1811. Maxillaria cristata. Pseudobulbis ovatis snlcatis monophyllls, foliis obloDgo-laDceolalis plicatis, scapo pendulo bifloro squainis laxiusculis vaginato , floribus explanatis , sepalis petalisque lanceolatis acutis aequalibus , labello multo minore tripartilo carnoso : laciniis latera- libus falcatis , intermediâ rotundalâ cristato-fîmbriatâ utrinque uni- dentatâ, ungue subcristato disco bidenlato, iSepala 1 3/4 unciam longa , alba, sanguineo interrupta striata et fasciata. Petala aequalia et conformia, apice sanguinea basi macu- lata dorso alba. Lahellum purpureura, ungue viridi cristâ denli- busque albis; crista laciniœ iniermediœ firabriata pilis subruoni- liformibus : unguis e cirrhulis 4-6 rectis submoniliformibus constans; dentés disci compressi divaricati margine crenati, poste- l'iore duplo majore. Columna basi viridis, apice lutea, et utrinque subulata, rostello longissimo subulato. Caudicula polliniorum lon- gissima, glandulâ parvà subtriangulavi. jyo Extraits du Boi'àincA rcgister. Celle charmante Orchidée est originaire de la Trinité. 1812. Gardoquia GUliesii. Graham. in Edirnh. Phil. Journ. i83i, sept. — G. C/iilensis Bentham in Hook. et Arn. Beech. Bot. 58. Plante très commune aux environs de Valparaiso. (Bertero l'a envoyée en abondance vt elle figin^e dans ses collections f^ous le nom de Gardoquia obovata). ^ i8i3. Dauhenya aurea. — Massonia Lulea. Ilort. Cette plante, de la famille des Asphodélées et native du Cap de Bonne-Espérance, forme un nouveau genre qui diffère essen- tiellement du Massonia dont il a le port , par son périanthe très irrégulier, tubuleux et non campanule, et par l'absence des pores mellifères qui distinguent principalement les Massonia. Voici au surplus les caractères qui lui sont assignés par M. Lindley. Daubenya. Inflorescentia umbellata, sessilis , epigea. Perianthium tubulosum, ovario arct€ appressum, limbo bilabiato, labio superiore nano tridentato, inferiore majori tripartito : in floribus radii maximo, dise! depauperato. Stamina 6 inaequalia basi lacioiarum adnata, de- clinata, in floribus disci saepè submonadelpha. Oparium elongatum, «ubtriangiilare angulis rotundatis , in itylo anguslalum, 3- loculare, locuhs polyspermisapice vacuis. Sligma simplex. — Bidbi capeuses, habitu omnino Massoniae. 181 4. EUchrysum bicolor: annuura; foliis lineari-lanceolalis acuminatis basi obtusis scabro-ciliatis , superioribus subulalis , caiile glabro ramoso, ramulis monocephalis squamatis , bracteis involucii fulvis aureisque acutis. Caulis a- pedalis, sulcatus, fastigio ramoso. Folia basi aliquando subcorda ta , margine, scabra , supra scabriuscula. Capitula facie omnia E. hracleali. Cette espèce est originaire de la terre de Van Diemen. Elle ressemble à VE. bracteatum, mais elle l'emporte en beauté. l8i5. Macradeiiia triandra i foliis coriaceis, lineari-oblongis acuminatis, racemo prostrato, labello in mcdio trilamellato, clinandrio serra to, an- theris duabus sterilibus. Pseudo Z>a/6i cyliadraccipaulo alleiiuali. Folia pluriveuia. Fiaccmi Extraits du Bolaiiical ifgisler. 17/ foliis multo brevioies. Sepala ctpeiala inlus sanguiuea-herbacea lirabata. Labelli lamellae rotundatae, cosîaefonnes, antrorsiiin cms- siores. Antherœ stériles ovales, iulegrae saiiguineo niarginatac. Espèce originaire de Surinam. 1816. Coccoloba firens; foliis ovato-lanceolatis obtusis basi in petiolum an- gustalis , raceinis nutantibus, floribus decandris. Folia omninô depilata, ovato-lanceolata, scmper basi angustata nec ullo modo basi obtusa vel cordata ; omnia conforroia. Kacemi viri- des, nutantes, foliis minoribus aequales. Sous quelques rapports , ce Coccoloba ressemble au C. obtu- sijolia de Jacquin et sous d'autres au C. microstachya deWillde- now. Il diffère d\i premier par la forme de ses feuilles, et du second par la grandeur et les proportions de ses grappes de fleurs, 1817. O xalis Piottce CoWai Hort. Rip. p. 98, t. i. Cette espèce est très voisine de l'O. compressa. 1819. Ochranthe arguta. Cette plante, originaire de la Chine , constitue un nouveau genre dont la classification n'est pas facile à déterminer, à raison de l'ignorance où l'on est de la structure de son fruit. Sous quelques rapports, elle ressemble aux Cunoniacées, particuliè- rement par ses stipules, ses feuilles opposées et son pistil apo- carpe pluriovulé , mais elle en diffère par ses cinq étamines hypogynes, ses trois carpelles au lieu de deux, et son calice im- briqué. VEucrjphia et le Carpodontos parmi les Hypéricacées s'éloignent de ce genre principalement par leurs fleurs polyàn- dres et l'absence de stipules. Les Hugoniacées ont des feuilles alternes , un port différent et des étamines plus nombreuses. \2 Anisadenia^ qui semble être une Elatinacée ligneuse , a des étamines monadelphes, des fleurs non hypogynes, des feuilles alternes sans stipules. Enfin ce genre fait probablement partie d'un nouvelle famille qui se place dans les dicotylédones poly- pétales du groupe des Calycosées et de Talliance des Cistales ou des Guttales. Voici les caractères génériques , suivis de la des- cription de la plante. 17'-* Extraits du holdniCiû tegisler. OcHRANTE. Calyx membranaceus , 5- phyllus, inibricatiis, corollae pentapetalae siinillimus. Stamina 5 hypogyna. Disciis lanceolatus pentagonus. Carpella 5, basi juncta, stylis sejunctls. Ouula cui- que carpello 6 , placentae ceutraliaffîxa. — Folia opposita, lanat». Slipulce iiiterpetiolares setratœ. Flores terminales, pallidi. CnuUs fruticosus , glaber, adultus cinereus , jqnior viridis c nerco maculatus; folia opposita , glabra , petiolata , obovata-lanceolata, acuminata , serrata , basi-integra. Stipulée inlropetiolares , ovatœ, serrulatae pallidae. Thyrsus terminalis, congestus, pauciflorus. Flores inodori albidi, demum flavesccntes. Pedicelli hàsi i-medio 2 bracteati, glahri. Calyx erecto-palens, irregularis, 5-pbyllus, sepalis concavis^ obtusis, inaequalibus, exterioribus corolla brevio- ribus, margine subciliatis, estivationeimbricatis3/2. Petala 5, hy- gyna subconvoluta , rarô aliquol pvtentia, unguiculata, oblonga, obtusa, versus médium 3- venia. Stamina 5, hypogyna, erecta ri- gida, pistilli longitudinis, petalis alterua ; antherae medio affixac, in- trorsae, erectie , biloculares, longitudinaliter déhiscentes; pollen rotundo-triquetrum, angulis inflatis globosis pellucidis, nunc sub- rotandum angulis nullis. Discus cyathiformis, pentagonus , cai- nosus , angulis planatis. Ovarium snperura, ovatum, obtuse tri- gonum, stylis ?subulatiserectis, versus basin pilis raris patentibus ; 3- loculare, ovulis circiter 6 in ulroque loculo , placentae versus apicem axeos appensis. 1821. Eulophia lucida Lindl. gen. et sp. Orch. p. 182. Orchidée originaire de Sierra Leone. 1822. Co5/ne/ia ruera ;Bro\7n Prodr. 553. 1823. Lasthenia CaVfornica. Cette plante a été enregistrée dans le cinquième volume du Prodromus de M. De Candolle qui vient de paraître. 1824. Arislolochia fœtens ; foliis lato-cordatis acutis , caule volubili, pe- dunculis solitariis, bracteà perfoliatâ, limbo calycis maximo intègre cordato labio longissime caudato, tube extus glabre. Nauseosa fœtida, demum semipulrida, ramis scandis longis volubili- bus glabris. Folia cordata sinu operta, integcrriraa, subrotunda, acu- minata, subtus levissime pubescentia, glaucescentia. Bracleœ so- litariae oibiculatœ, perfoliatae. Flores maximi, tubo extus glabre basi inflato, sursuni angustalo costale arcuato, limbo subrotundo Extraits du Botâmcai register. 1^3 <:orr]ato him dansa a|ùcc ia appendiccm longam linearem subspi- raîeni acuminatara pi odiicto , luteo purpureoque livido variegalo iiiaculatoet puncfato. Espèce très voisine de VAristolochia grandîflora dont elle se distingue par le tube glabre de son calice, la couleur de quel- ques-unes de ses parties, etc. 1835. Pleurothallis picta. Folio spathulato marginato retuso raccmis Iaxis d'iplô breviore, bractcis minimis, sepalis acuminalis lateralibus apice tantnrnsejunctis, petalis lineari lanceolalis acutis, labello liueari ob- tuse carnoso supra sulcato. Nouvelle espèce originaire de Démérara, très voisine du P. Grobyi décrit plus haut. 1828. Dendrobiumdensifloruni Lindl. Gen. Asp. Orch. p. 90. Wail. PI. as. rar. n. 4o. A la suite de cette espèce, M. Lindley en signale une autre qui ressemble à un Cassytha et qui pour cette raison a été nom- mée D. Cassythoides par M. AUan Cuningham. Elle a été trouvée au Port Jackson. Prodromus sfstematis universalis naturaiis Regni vegetabilis, 6we Enumeratio contracta ordinum , generum specierumque plantarum huc-usque cognitarum , jiixta methodi naturaiis nonnas digesta ; auct. A. P. De Gandolle. Pars quinta : sis- tens Calycereas et Compositarum tribus priores. (i vol. in-8**. 706 p. Paris , Treuttel et Wiirtz. Prix : 1 5 fr.) Enfin les vœux des botanistes viennent d'être en partie exau- cés! Depuis près de six ans que le quatrième volume du Pro- dromus avait paru, ils attendaient avec une vive impatience la publication du cinquième qu'ils savaient devoir renfermer la vaste famille des Composées, famille immense qui seule a occupé toute la vie d'hommes éminens dans la science , qui l'jA A. p. DP cvNDor.LE. — Prodromus. constitue un grand groupe à part dans le Règne végétal, et qui s'est accrue par les découvertes des voyageurs modernes d'une telle quantité d'espèces que leur classification était devenue un des points les plus difficiles à traiter. Un travail de cette force ne pouvait être entrepris que par un savant comme M. de Can- dolle, qui n'a point d'égal pour les vues philosophiques, les connaissances profondes , les relations avec tous les botanistes du monde, et les vastes collections. On savait qu'il s'en oc- cupait avec ardeur , et que la publication du cinquième vo- lume n'était retardée que par un désir de perfection au- quel chaque jour apportait de nouvelles difficultés à raison de la masse de matériaux neufs et intéressans envoyés de toutes parts par les botanistes voyageurs et sédentaires. Ce fut seule- ment vers la fin de l'année [835 que l'ouvrage de M. de Can- dolle se trouva prêt à imprimer; mais à celte époque la santé de ce savant éprouva une si grave altération que l'impression en aurait été ajournée, si le fils de l'auteur n'tût accompli un de- voir que lui imposaient les intérêts de la science aussi bien que Taraour filial. C'est une particularité que l'auteur de cet article, quia aussi coopéré à la correction des épreuves du Prodromus^ croit devoir communiquer au public, afin que les erreurs typo- graphiques qui pourraient s'être glissées dans le courant d'un travail hérissé de difficultés causées par la synonymie et la cita- tion d'une foule de localités à peine connues, ne soient pas im- putées en totalité à l'auteur. L'ouvrage commence par la petite famille des Calycérées qui n'est composée que des genres Gamooarphaf Boopis^ Calycera et Acicarpha. Cette famille tient parfaitement le milieu entre les Dipsacées et les Composées; elle ne renferme qu'un très pe- tit nombre d'espèces dont la plupart étaient déjà connues. L'immense famille que Ton pourrait à plus juste titre nom- mer la classe des Composées ou Synanthérées, est traitée, pour environ la moitié, dans ce volume. Tournefort, Vaillant, Linné, Adanson, Gaertner, Cassini et Lessing s'étaient occupés sous divers rapports et avec plus ou moins de bonheur de l'étude de ces plantes. M. de Candolle a remanié tous ces travaux, adopté ce qu'ils A. P. DF CANDOLLE. PtodromUS. 1^5 avaient de bon, rejeté et modifié ce qu'ils présentaient de dé- f'ecttieiix, en un mot, il a été obligé de travailler sur de nou- veaux frais les Composées déjà publiées, et il a ajouté une grande quantité de documens nouveaux qui lui étaient parve- nus dans ces dernières années. Il a divisé la famille en huit grandes tribus sous les noms de Fernoniacées ^ Eupatoriacées , Astéroidëefi , Sénécionidées^ Cy- narees , Mutisiacées , JSassauviacées et Çhicoracées. Ces tribus forment trois grandes sections caractérisées, la première (Zi/ô//- lifLores) par ses fleurs hermaphrodites, tubuleuses, à cinq ou rarement quatre dents régulières; la deuxième {Labiatiflores) par ses fleurs hermaphrodites le plus souvent bilabiées;la troi- sième (^Liguliflores) par toutes ses fleurs hermaphrodites ligulées. Dans le cinquième volume, M. de Candolle n'a pu faire entrer que les Vernoniacées, les Eupatoriacées, les Astéroïdées, et une portion des Sénécionidées. Ce serait un travail superflu que de vouloir exposer les détails immenses de cet ouvrage qui de- vient indispensable à tous les botanistes. Il nous suffira de dire que le nombre de genres publiés dans ce volume est de 439 et celui des espèces d'environ 4000. Ainsi, en admettant que le sixième volume qui terminera les Composées et qui nous est promis pour l'année prochaine, soit aussi fort que le cinquième on comptera sept à huit mille espèces pour cette famille, c'est- à-dire à-peu-près le dixième de la totalité des plantes connues. Le nombre des genres monotypes ou composés de quelques espères seulement est très considérable ; mais aussi il y en a qui forment des groupes effrayans , tels que ceux des P^erno- nia, Eitpator'mm y Aster, Baccharis , Blameay etc. Que serait-ce donc si l'auteur eut conservé les cadres des anciens genres et n'eut pas séparé de ces groupes hétérogènes une foule d'espèces qui constituent autant de genres doués de caractères capables de ies faire suffisamment distinguer de ceux auxquels on les avait adjoints pour ainsi dire aveuglément? Ceci soit dit en pas- sant pour répondre à ce reproche banal adressé aux personnes laborieuses par les paresseux ou les ignares, qu'elles défi- gurent les genres de Linné ou de Jussieu et qu'elles rendent la science inabordable, comme si la botanique, de même que les i^G A. V. i)K caînoollï:. — Prodromus. autres sciences d'observations n'était pas essentiellement pro- gressive , comme si Linné et Jussieu eussent dit aux botanistes présens et futurs : voilà les cadres que nous avons tracés, vous les conserverez relifi;ieusement intacts, et de plus vous y pla- cerez tout ce que vous trouverez par la suite. Non , ce n'était point ainsi que l'entendaient ces grands législateurs, ils sentaient mieux que personne la perfectibilité de leurs œuvres, et ils pressentaient avec applaudissement les modifications que les temps devaient nécessairement y apporter. Parmi nos contemporains, M. de Candolle est un de ceux qui a le plus innové, mais il a innové à l'aide de vastes matériaux que de toutes parts on s'est empressé de lui communiquer. Dans son nouveau volume, il a indiqué avec reconnaissance les personnes qui l'ont enrichi, soit par l'envoi de plantes en nature soit par la communication de renseignemens sur les matières dont elles s'étaient spécialement occupées. Dans le grand nombre de genres qu'il a créés, M. de Can- dolle n'a pu éviter d'employer quelques noms déjà admis ou proposés par des botanistes dont les écrits ne lui étaient pas connus au moment de l'impression du Prodromus. Ainsi les noms de UTebbia et de Hartmannia avaient été employés par M. Spach, le premier pour un genre d Hypéricacées (Ann. Se. nat. t. v, p. 356, juin i836) , le second pour un genre d'Ona- graires (ibid., t. iv, p. 278, nov. i835). GUILLEJVIIN. DUTROCHET. !^ Réveil et sommeil des fleurs. 177 Du réveil et du sommeil des plantes ; Par M. DuTROCHET. (Mémoire lu à l'Académie des Sciences dans les séances des i4 et 21 novembre i836.) I" PARTIE. — B.èueil et sommeil des fleurs. Il y a des fleurs qui n'ont qu'un seul réveil, qui est leur épa- nouissement, et qui n'ont qu'un seul sommeil, qui précède immédiatement la mort de la corolle ; telles sont les fleurs des Mirabilis et des Convolvulus. Il est d'autres fleurs qui présentent, pendant plusieurs jours, les alternatives du réveil et du som- meil; telle est par exemple, la fleur du pissenlit (Leontodon Ta- raxacum).Qj.ç, sont ces fleurs que j'ai choisies pour sujets de mes expériences. La fleur du Mirabilis Jaïappa et du Mirabilis longiflora ouvre le soir sa corolle in fundibuli forme, et la ferme dans la matinée du lendemain. Cette fleur peut être considérée comme formée par la soudure de cinq pétales qui ont chacun leur nervure médiane. Les cinq nervures qui soutiennent le tissu membra- neux de la corolle , comme les fanons de baleine d'un parapluie en soutiennent l'étoffe, sont les seuls agens des mouvemens qui opèrent l'épanouissement de la corolle ou le réveil, et son occlusion ouïe sommeil. Dans le premier cas, les cinqnervures se courbent de manière à diriger leur concavité vers le dehors; dans le second cas , elles se courbent de manière à diriger leur concavité vers le dedans de la fleur, et elles entraînent ainsi avec elles le tissu membraneux de la corolle jusqu'à l'orifice de son canal tubuleux. Ainsi les mêmes nervures, à deux époques différentes, exé cutent successivement deux mouvemens d'incurvation opposés. J'ai observé au microscope l'organisation intérieure de ces ner- vures; elles offrent à leur côté externe un tissu cellulaire dont- les cellules , disposées en séries longitudinales, décroissent prin- Vr, BoT\N. --I Septembre^ la 178 DUTROCHET. — RePûil et sommeil des fleurs. cipalement de grandeur du côté interne vers le côté externe, en sorte que lors de la turgescence de ces cellules , le tissu qu'elles forment doit se courber de manière à diriger sa conca- vité en dehors; c'est donc lui qui doit opérer l'épanouissement delà corolle ou son réveil. Au côté interne de chaque nervure existe un tissu fibreux composé de fibres transparentes, extrê- mement fines et entremêlées de globules disposés en séries longitudinales. Ce tissu fibreux est situé entre un plan de tra- chées d'une part, et un plan de cellules superficielles remplies d'air d'une autre part; en sorte qu'il est placé entre deux plans d'organes pneumatiques. J'ai séparé par une section longitudinale le tissu cellulaire et le tissu fibreux qui composent la nervure , que j'ai ensuite plongée dans l'eau. Le tissu cellulaire s'est courbé vers le de- hors; le tissu fibreux s'est courbé vers le dedans de la corolle. Ces deux incurvations inverses se sont maintenues invariable- ment. Ainsi c'est bien certainement le lissu cellulaire de chaque nervure, qui, par son incurvation, opère le réveil de la corolle, et c'est le tissu fibreux qui, par son incurvation en sens opposé, produit le sommeil de la corolle ou son occlusion. J'ai isolé une nervure de corolle de Mirabilis ^ encore en bouton et voisine de son épanouissement; je l'ai plongée dans l'eau, et elle s'y est fortement courbée en dehors ^ prenant ainsi sur-le-champ la courbure qui opère l'épanouissement ou le réveil. Je l'ai transportée dans du sirop de sucre : elle s'y est courbée en sens inverse ou en dedans. Cela prouve que, dans le premier cas, il y avait turgescence des cellules, l'eau extérieure . se portant alors, par l'effet de l'endosmose, vers le liquide or- ganique qui existait dans ces cellules, et que, dans le second cas, il y avait déplétion des cellules; parce que leur Uquide organique , moins dense que le sirop extérieur se portait alors vers lui. On pourrait penser d'après cette expérience, que l'épa- nouissement ou le réveil de la corolle étant dtià la turgescence du tissu cellulaire (.îe ses nervures , son occlusion ou son som- meil serait dû à la déplétion de ce même tissu cellulaire; mais l'expérience prouve que telle n'est point la cause de l'occlusion ou du sommeil de la corolle. J'ai isolé une nervure de corolle DUTROCHET. — Rêpcil ct sommcU des fleurs. 1 79 prête à s'épanouir, et je l'ai plongée dans l'eau. Cette nervure courbée légèrement en dedans, comme cela a lieu dans la co- rolle en bouton, s'est courbée fortement en dehors, ce qiii est le sens de l'incurvation qui opère l'épanouissement ou le réveil. L'endosmose déterminait alors la turgescence du tissu cellulaire, organe de cette incurvation. Au bout d'environ six heures d'im- mersion la nervure quitta son incurvation en dehors, et com- mença à se courber en dedans, bientôt elle fut eirtièrement: roulée en spirale dans ce nouveau sens, qui est celui de l'incur- vation, à laquelle est due l'occlusion de la fleur ou son sommeil. Cette succession de phénomènes est tout-à-fait indépendante de l'action de la lumière : ainsi, la nervure de corolle de Mira- bilis, prend dans l'eau l'incurvation qui opère le réveil de la fleur, et elle y prend ensuite, au bout d'un certain temps, l'incurvation qui opère le sommeil de cette même fleur. Si donc, comme on n'en peut douter, c'est la turgescence du tissu cellu- laire des nervures, qui produit l'incurvation à laquelle est dû le réveil de la corolle ou son épanouissement, ce sera à une cause toute différente qu'il faudra rapporter l'incurvation à laquelle est dû le sommeil de la corolle ou son occlusion ; car on ne peut admettre qu'il y ait déplétion du tissu cellulaire plongé dans l'eau. L'expérience rapportée plus haut prouve que c'est le tissu fibreux contenu dans chaque nervure de corolle, qui est l'agent de l'incurvation en dedans, incurvation à laquelle est dû le sommeil de la corolle ou son occlusion. Il faut donc reconnaître que chez les nervures de la fleur de Mirabilis, Vin' curpation de réveil , on l'incurvation dont la concavité est dirigée vers le dehors, et qui est due à la turgescence du tissu cellu- laire, l'emporte d'abord par sa force, suv V incurvation de som- meil , ou sur l'incurvation dont la concavité est dirigée vers le dedans de la fleur, et qui est due à l'action du tissu fibreux; et qu'ensuite X incurvation de sommeil due à ce dernier tissu, devient définitivement victorieuse. L'incurvation en dehors qu'affecte le tissu cellulaire lors de rimmc/sion de la nervure dans l'eau se change en incurvation en dedans, lorsqu'on plonge la nervure dans le sirop ; ce qui prouve que c'est l'endos- mose qui agit ici. Or, lorsque la nervure, plongée dans l'eau i8o DUTiiocHi'T. — Rëpeil et sommeil des fleurs. depuis quelques heures, y a pris la seconde incurvation, qui est celle du sommeil , elle ne la perd point quand on la transe- porte dans le sirop. Ce n'est donc point l'endosmose qui a occasioné cette seconde incurvation, qui est celle du sommeil. En réfléchissant à ce singulier phénomène, je fus porté à penser que ce n'était pas sans raison que la nature avait prodi- gué les organes respiratoires au tissu fihreux , lequel est situé entre deux plans d'organes creux remplis d'air. Puisque ce n'é- tait pas par implétion de liquide que le tissu fihreux prenait son état actif de courbure, ce pouvait être psir impie iion d'oxigène. Si ce soupçon était fondé, la nervure, qui plongée dans l'eau aérée, y prenait d'abord l'incurvation en dehors, qui est celle du réveil^ et qui y prenait subséquemment l'incurvation en dedans, qui est celle du sommeil , cette nervure, dis-je, plongée dans l'eau non aérée, devait y conserver invariablement sa première incurvation en dehors, qui est celle du réveil, incur- vation qui est due à l'endosmose des cellules du tissu cellulaire; cette nervure ne devait ainsi jamais présenter l'incurvation en dedans, qui est celle du sommeil, et que je pensais devoir être due à l'oxigénation du tissu fibreux. Je dois dire d'abord que lorsqu'on plonge une partie végétale peu épaisse dans l'eau non aérée, celle-ci dissout promptement l'air contenu dans les organes pneumatiques de cette partie végétale, et prend la place de cet air, en sorte qu'il n'y a plus d'oxigène respiratoire dans cette partie végétale. L'expérience justifia mes prévisions. Une nervure de fleur de Mirabilis^ plongée dans l'eau non aérée, y prit et y conserva invariablement son incurvation de réveil. Une fleur épanouie qui, plongée tout entière dans l'eau aérée, y prend au bout de plusieurs heures l'état d'occlusion ou de sommeil, ne prend point ce dernier état dans l'eau non aérée; elle y conserve inva- riablement son état d'épanouissement ou de réveil. On pourrait peut-être penser que l'air contenu dans les or- ganes pneumatiques des nervures de la corolle, agirait en vertu de son élasticité pour pioduire l'incurvation de sommeil, et non en vertu de l'action chimique de l'oxigène qu'il contient : de là viendrait que l'incurvation de sommeil n'aurait point lieu en DUTROCHET. — Réueit et sommeil des fleurs» i8i'. plongeant la corolle clans l'eau non aérée , qui dissout l'air con- tenu clans les organes pneumatiques, et qui prend sa place. Mais cela n'est point ainsi : l'expérience m'a prouvé que l'air ne re- vient jamais dans les organes pneumatiques envahis par l'eau, chez les parties végétales qui continuent à demeurer submer- gées. Or, cela n'empêche pas une corolle Aq Mirabilis de prendre l'état de sommeil après deux ou trois jours, lorsqu'on laisse l'eau non aérée dans laquelle elle avait été plongée épanouie, s'aérer par son contact avec l'air atmosphérique. C'est donc indubita- blement par l'action chimique de l'oxigène dissous dans l'eau, que le tissu fibreux acquiert la force d'nicurvation qui produit l'état de sommeil. Ainsi, chez la fleur àes^ Mirabilis ^ le réveil et le sommeil , c'est-à-dire l'épanouissement et l'occlusion de la corolle , résultent de l'action alternativement prédominante de deux tissus organiques situés dans les nervures de la corolle, et qui tendent à se courber dans des sens inverses , savoir : i°Un tissu cellulaire qui tend à se courber vers le dehors de la fleur, par implétion de liquide avec excès , ou par endosmose ^ 2° Un tissu fibreux qui tend à se courber vers le dedans de la fleur, par oxigénation. La corolle du Convohulus purpureus L. , offre exactement les mêmes phénomènes que la corolle des Mirabilisj relativemenf au mécanisme qui opère son épanouissement et son occlusion, la structure intérieure de ses nervures est exactement la même. La fleur des Mirabilis s'épanouit le soir et se ferme le matin; la fleur du Convohulus purpureus s'épanouit vers le milieu de la nuit, et ne se ferme que le soir du jour suivant. Ainsi, ces deux fleurs sont également nocturnes pour l'heure de leur épanouis- sement. Si la fleur du Convohulus purpureus reste ouverte pen- dant le jour, tandis que la fleur des Mirabilis se ferme le matiuy cela tient en grande partie à ce cjue la première est beaucoup plus lente que la seconde à oxigéner le tissu fibreux de ses nervures sous l'influence de la lumière et de la chaleur. Les fleurs que je viens d'étudier n'ont qu'un seul réveil et qu'un seul sommeil, prédécesseur de la mort de la corolle : je passe à l'étude des fleurs qui présentent pendant plusieurs jours les alternatives du réveil et du sommeil, et je prends le pissenlit i8'2. BUTROCHET. — liéi^ûU et souimeil des fleurs, [leontodon taraxacum , L.) pour exemple. La fleur de cette plante vit ordinairement pendant deux jours et demi, en sorte qu'elle présente pendant ce temps le réveil le matin, et le som- meil le soir; le troisième jour, le dernier sommeil arrive dans le milieu du jour, et il est suivi de la mort des corolles. Dans le réveil, les demi-fleurons dont cette fleur est composée se courbent vers le dehors^ ce qui opère son épanouissement; dans le sommeil, les demi-fleurons se courbent vers le dedans de îa fleur, ce qui opère son occlusion. Malgré le peu d'çpais- seur de ces demi-fleurons, j'ai pu observer au microscope l'or- ganisation intérieure de leurs nervures , qui sont fort petites , et au nombre de quatre dans chaque demi-fleuron. A la face in- terne ou supérieure de chacune de ses nervures, existe un tissu cellulaire aligné, dont les cellules sont couvertes de globules, tissu cellulaire tout-à-fait semblable à celui que j'ai observédans les nervures de la corolle des Mirabilis. A la face externe ou inférieure des nervures du demi-fleuron se trouve une couche fort mince de tissu fibreux situé entre un pian de trachées et un plan de cellules remplies d'air et situé superficiellement. Ce tissu fibreux , tout-à-fait semblable à celui qui existe dans les nervures de la corolle des Mirabilis., est de même com- pris entre deux plans d'organes pneumatiques, il devient pro- bable dès-lors que ce tissu fibreux est incurçable par oxigéna- tion et que le tissu cellulaire est zncwvable par endosmose , de même que cela a lieu dans les nervures de la corolle des Mirabi- lis. En effet, l'expérience prouve que l'incurvation qui produit le réveil dans les demi-fleurons du pissenlit est due à une implé- tion de liquide avec excès, c'est-à-dire à l'endosmose, et que l'incurvation qui produit le sommeil est due à j'oxigénation. Les demi-fleurons de la fleur du pissenlit étant cueillis de grand matin, lorsqu'ils ont encore l'incurvation du sommeil, et étant plongés dans l'eau aérée, il y prennent de suite l'incurvation contraire, qui est celle du réveil. Gela a lieu à l'obscurité comme à la lumière. Si on les plonge dans l'eau non aérée, ils y pren- nent une courb'îre de réved exagérée et ils y conservent inva- riablement cette courbure. Si l'on transporte ces demi-fleurons ainsi couri>és vers le dehors , dans du sirop, ils prennent une DUTROCHET. — Répeil et sommeil des fleurs. i83 courbure en sens opposé; replacés dans l'eau pure ils repren- nent rincurvation vers le dehors. Ainsi il n'y a pas de doute que ce ne soit l'endosmose qui agit ici. Si on laisse séjourner pendant quelques heures les demi-fleurons qui sont à l'état de réveil dans l'eau aérée, ils y prennent l'incurvation qui est celle de l'état du sommeil, et cette incurvation n'est point dé- truite en transportant les demi-fleurons ainsi courbés dans du sirop , ce qui prouve bien que cette incurvation de sommeil n'est point due à l'endosmose. Comme cette incurvation de sommeil n'a point lieu dans l'eau non aérée, cela prouve qu'elle est due à l'oxigénation. Ainsi le réveil et le sommeil des demi- fleurons de la fleur du pissenlit résultent de l'incurvation al- ternativement prédominante d'un tissu organique incurvable par endosmose et d'un tissu organique incurvable par oxigé- nation. Le premier est indubitablement le tissu cellulaire et le second le tissu fibreux contenus l'un et l'autre dans les nervu- res du demi-fleuron. Ces deux tissus incurvables, tour-à-tour victorieux l'un de l'autre, épanouissent ou ferment la fleur. Les causes qui font prédominer le matin l'incurvation du tissu cellulaire agent du réveil^ sont, d'une part, une plus forte ascension de la sève sous l'influence de la lumière, ce qui ac- croît la turgescence de ce tissu, et, d'une autre part, la diminu- tion de la force d'incurvation antagoniste du tissu fibreux, agent du sommeil, diminution qui a lieu pendant la nuit. En effet, si l'on cueille des demi-fleurons le soir, lorsqu'ils vien- nent de prendre l'incurvation de sommeil , et qu'on les plonge dans l'eau aérée, ils y conservent pour toujours leur incurvation de sommeil ; si l'on cueille le lendemain matin, sur la même fleur, d'autres demi-fleurons ayant encore l'incurvation de som- meil, et qu'on les plonge dans l'eau aérée, ils y prennent sur-le- champ l'incurvation du réveil, même à l'obscurité. Or, par l'im- mersion des demi-fleurons dans l'eau, on provoque l'endosmose de leur tissu cellulaire , et par conséquent on sollicite son in- curvation, qui doit produire le réveil. Si ce résultat n'a point lieu le soir, c'est que l'incurvation par oxigénation du tissu fi- breux antagoniste est trop forte et ne peut être vaincue par l'incurvation du tissu cellulaire. Si le lendemain matin en pion- i84 BUTRociiET. — Réveil et sommeil des fleurs. géant dans l'eau les demi-fleurons qui ont passé la nuit sur la plante, on produit leur i icurvation de réveil, cela prouve que la force d'incurvation du tissu fibreux a diminué et que par conséquent ce tissu fibreux a perdu pendant la nuit une partie de son oxigénation; en sorte que le tissu cellulaire incurvable par endosmose, qui est son antagoniste, et qui est l'agent du réveil, l'emporte alors. Ainsi la fleur qui offre pendant plusieurs jours les alterna- tives du réveil et du sommeil, est celle chez laquelle le tissu fi- breux, agent du sommeil, perd pendant la nuit une partie de l'oxigène qui a été fixé dans son intérieur pendant le jour, et qui est la cause de son incurvation ; en sorte que celle-ci ayant le matin perdu de sa force, le tissu cellulaire incurvable par en- dosmose, agent du réveil, redevient vainqueur. Le sommeil de cette fleur arrive de nouveau le soir, parce que l'oxigénation du tissu fibreux, agent du sommeil , augmente graduellement pendant le jour, ce qui rend son incurvation victorieuse; en même temps la diminution de la lumière occasionne la diminu- tion de l'ascension de la sève, ce qui affaiblit la turgescence, et par conséquent l'incurvation du tissu cellulaire agent du réveil. Ces alternatives ne cessent qu'à la mort de la corolle. Les fleurs qui n'offrent qu'un seul réveil et qu'un seul sommeil, sont celles dont le sommeil unique est immédiatement suivi de la mort de la corolle. La fleur entière du pissenlit, plongée épanouie dans l'eau non aérée, privée de communication avec l'atmosphère, y conserve invariablement cet état de réveil; si l'eau est en contact avec l'atmosphère, elle dissout de l'air, et la fleur qui est plongée prend l'état de sommeil au bout de deux ou trois jours. Il n'est pas inutile, je pense, de faire remarquer que ces expé- riences confirment ce que j'ai dit dans mon mémoire sur la Res- jpiratlon des végétaux i savoir, que les végétaux respirent comme les animaux, en s'assimilant l'oxigène, dont l'intervention dans l'organisme est aussi nécessaire chez les uns que chez les autres. DUTHOCïïET. — Réçeil et sommeil des feuilles, 1 85 IP Partie. < — Réueil et sommeil des feuilles. Les mouvemens par lesquels les feuilles prennent les posi- tions alternatives de réveil et de sommeil , ont exclusivement leur siège dans des renfleraens particuliers qui sont situés à la base de leurs pétioles, et qui constituent à eux seuls le court pétiole particulier de leurs folioles. Ces renflemens sont assez volumineux chez le haricot ( Phaseolus vulgaris) , pour per- mettre l'étude facile de leur structure intérieure. On sait que les feuilles de cette plante offrent d'une manière très remar- quable les phénomènes du réveil et du sommeil; leurs folioles abaissent leur pointe vers la terre pendant la nuit, et leur limbe reprend la position horizontale pendant le jour, abstrac- tion faite toutefois de l'inclinaison variable que leur donne la nutation. Le renflement qui constitue le pétiole particulier tout entier d'une foliole de feuille de haricot, offre, au-dessous de l'épi- derme, une couche épaisse de cellules disposées en séries lon- gitudinales, et qui généralement décroissent de grosseur du de- dans vers le dehors, en sorte que lors de la turgescence du tissu qu'elles forment par leur assemblage, ce tissu cellulaire doit tendre à se courber en dirigeant la concavité de la cour- bure vers le dehors. C'est aussi ce que l'expérience démontre, car en plongeant dans l'eau une lame mince enlevée longitudi- nalement sur ce tissu cellulaire , elle se courbe fortement dans le sens que je viens d'indiquer. Si l'on transporte dans du sirop cette lame ainsi courbée , elle se courbe en sens inverse ; ainsi ce tissu cellulaire est incurvable par endosmose ; il représente par sa disposition, un cylindre creux dont toutes les parties longitudinales, si elles étaient séparées les unes des autres, ten- draient dans l'état naturel , à se courber vers le dehors. Les cellules des deux ou trois couches les plus intérieures de ce tissu cellulaire ne contiennent que de l'air; au-dessous de ces cellules pneumatiques se trouve une couche d'un tissu fibreux, ï86 DUTRociiET. — Piéiml et sommeil des feuilles. composé de fibres transparentes, d'une grande ténuité et en- tremêlées de globules disposés en séries longitudinales. Une lame enlevée longitudinalement sur ce tissu fibreux étant plon- gée dans l'eau aérée, elle s'y courbe en dirigeant la concavité de sa courbure \'ers le centre du pétiole; si cette lame est plon- gée dans l'eau non aérée, elle ne se courbe point du tout. Ainsi ce tissu fibreux est incurvable par oxigénation; au-dessous de lui se trouve un corps ligneux offrant des rayons médullaires , et principalement composé de tubes séveux et d'une quantité considérable de gros tubes pneumatiques. Au centre du pétiole se trouve un faisceau de tissu fibreux tout semblable à celui dé- crit tout-à-l'heure , et tenant la place de la moelle dans ce pé- tiole qui représente une petite tige. D'après cet exposé, on voit que le renflement pétiolaire de la foliole de haricot contient les deux tissus incurvables que j'ai déjà décrits dans les fleurs sus- ceptibles de présenter le sommeil à la suite du réveil ; savoir : le tissu cellulaire incurvable par endosmose, et le tissu fibreux incurvable par oxigénation. Les deux couches cylindriques em- boîtées l'une dans l'autre que forment ces deux tissus, seraient représentées assez exactement par la réunion et la soudure en faisceau cylindrique d'un certain nombre de nervures de fleur de Mirabilis, y ai fait voir que chez ces nervures le tissu cellu- laire tend à se courber vers le dehors par endosmose , et que le tissu fibreux tend à se courber vers le dedans [)ar oxigénatioiî''; ce qui produit dans le premier cas leur position de réveil , et dans le second cas leur position de sommeil; or il en serait de même chez le renflement pétiolaire de la foliole de haricot , si l'on supposait par la pensée que les deux couches cylindriques , l'une extérieure de tissu cellulaire , l'autre intérieure de tissu fi- breux, soient divisées à-la-fois en faisceaux minces et longitu- dinaux. Chacun de ces faisceaux serait analogue à une nervure de fleur de Mirabilis; il aurait en lui , et disposés comme dans cette nervure, les deux tissus incurvables capables d'opérer le réveilet le sommeil. Si l'on supposait ces faisceaux réunis par un tissu membraneux, cela formerait une corolle susceptible, tour-à-tour, d'épanouissement et d'occlusion, ou de réveil et de sommeil. Mais cet état de séparation de faisceaux longitudinaux, DUTEOGHLT. — Réve'il et sommeil des feuilles. 187 n'existe pas dans le renflement pétiolaire; ces faisceaux fictifs sont intimement unis, et forment un cylindre creux composé de deux couches ; la couche cylindrique de tissu fibreux est em- boîtée dans la couche cylindrique de tissu cellulaire. Divisons par la pensée chacune de ces couches cylindriques en filets lon- gitudinaux, soudés les uns aux autres. Les filets longitudinaux du tissu cellulaire tendront tous à se courber en dirigeant la concavité de leur courbure vers le dehors. Or il est évident que si leur force d'incurvation est égale , la couche cylindrique qu'ils forment par leur assemblage demeurera droite et immobile; mais si les filets longitudinaux d'un côté du cylindre l'empor- tent en force d'incurvation sur le-- filets du côré opposé , ceux-ci seront entraînés de force et m.aïgré eux dans le sens de rmcur- vation effectuée par les filets qui leur -sont antagonistes. Le même raisonnement peut être fait par rapport à la couche cy- lindrique de tissu fibreux qui est sous-jacente à la couche cy- lindrique du tissu cellulaire; ainsi chacune de ces deux couches cylindriques de tissus incurvables, agira dans cette circon- stance, comme s'il n'existait dans chacune d'elles que le seul côté du cylindre dont la force d'incurvation est prédominante. Le côté opposé du cylindre, dont la force aiUagoniste d'incurva- tion sera vaincue, agira seulement ici comme modérateur du mouvement ; c'est effectivement ce qui a lieu. L'expérience m'a prouvé que chez les feuilles comme chez les fleurs, c'est le tissu incurvabie par endosmose , qui est seul l'agent du réveil, et que c'est le tissu incurvabie par oxigénation qui est seul l'agent du sommeil. Ces deux tissus incurvables disposés, comme je viens de le dire, en deux couches cylindriques emboîtées l'une dans l'au- tre , agissent sans doute chacun par toute la masse de la couche ' cylindrique ou du cylindre creux qu'ils constituent; mais il n'y a que le côté le plus fort de chacun de ces cylindres creux qui manifeste extérieurement son action , et cela seulement par l'excès de sa force sur celle des autres côtés du même cylindre creux , dout il contrarie et dompte l'incurvation. J'ai observé que le réveil des feuilles a t^uiours lieu par l'action de la partie la plus forte du tissu cellulaire de leur renflement péùolaire. i88 DUTiiocHET. — Piépeil et sommeil des feuilles. Ainsi, ce tissu cellulaire iiicurvable par endosmose est indubi- tablement l'agent du réveil des feuilles. Quant à leur sommeil, il est bien certainement dû à la seule action du tissu fibreux incurvable par oxigénation, contenu dans ces mêmes renfle^ mens pétiolaires, car j'ai expérimenté qu'en privant les feuilles d'oxigène respiratoire leur sommeil est supprimé : elles restent constamment dans la position du réveil , ainsi que j'ai fait voir que cela a lieu pour les fleurs. Alors, le tissu fibreux incurvable par oxigénation, et seul agent du sommeil, se trouve pa- ralysé. Les phénomènes du réveil et du sommeil des feuilles, qui paraissent très compliqués au premier coup-d'œil, se trouvent ainsi ramenés aux lois si simples qui président au réveil et au sommeil des fleurs. Les renflemens pétiolaires des folioles de la feuille du Robi- nia pseudo-acacia^ et de la feuille de la réglisse [Glycyrhiza gla- bî^a) , offrent assez exactement la même organisation que celle qui vient d'être exposée pour le haricot. Le renflement pétio- laire, situé à la base du pétiole de la feuille de la sensitive ( Mi" mosapudica L.), offre une différence. Son tissu fibreux, agent du sommeil, tend à se courber en dirigeant sa concavité vers le centre du pétiole, ainsi que cela a lieu chez les autres plantes que je viens de citer. Mais à l'inverse de ce qui a lieu chez ces mêmes plantes, son tissu cellulaire, agent du réveil, tend à se courber en dirigeant la concavité de sa courbure vers le centre du pétiole, de même que le tissu fibreux. Comme l'état de ré- veil du pétiole est un état de redressement, de même que dans les folioles des autres plantes que je viens de citer, il en résulte qu'il doit y avoir, dans le renflement pétiolaire de la sensitive, une inversion dans la position du côté prédominant de son tissu cellulaire , agent du réveil; c'est aussi ce qui a lieu. Le tissu fibreux , incurvable par oxigénation , étant chez la sensitive, comme chez les autres plantes, l'agent du sommeil , et l'incurvation de sommeil étant chez elle la même que l'in- curvation prise sous l'influence des excitans, il en résulte que c'est ce tissu fibreux qui agit lors de l'excitation, en sorte que ce que l'on nomme Xirriiabilité végétale se trouve être la pro- POEPPIG ET ENDLiCTItR. * — NoPCl genCVCU 189 priété (1'l!ii tissu fibreux qui agit par oxigénation et en se cour- Lap.t. Ce mol irritabilité y qui n'a aucune signification exacte, doit ainsi être remplacé ici par le mot incurçabilité, en ajoutant C[ue ceXXe faculté d'incurvation est associée, dans le cas dont il s'agit, à Xexcitabilité ou à la faculté de recevoir l'influence des excitans, lesquelles déterminent l'action du tissu fibreux incur- vable. Nova gênera, ac species Planiarum quas in regno Chilensi, Pe- ruuiano et in terra Amazonica, annis 1827 ad iS'^^j legit Eduardus Poeppig et cwn Stephajyo Endlicher descripsit iconibusque illustrant. Volumen primum , continens Iconum décades i — lo. (In- 4- 60 p.; cum tab. œn. loo. Lipsiœ, sum- tibus Fr. Hofmeister , i835.) Le voyage de M. Poeppig dans l'Amérique méridionale, parti- culièrement au Chili, au Pérou et dans les contrées qu'arrose l'Amazone, a été un des plus féconds pour la botanique. Les collections que ce savant en a rapportées sont maintenant ré- pandues dans les principaux herbiers de l'Europe, qu'elles ont enrichis d'une grande quantité d'espèces et de genres nouveaux. La publication de cette masse de plantes serait une entre- prise d'une exécution trop longue et probablement trop dispen- dieuse pour qu'un éditeur osât s'en charger. C'est sans doute ce qui a déterminé l'auteur à publier l'ouvrage que nous an- nonçons, et pour la collaboration duquel il s'est associé M. End- licher de Vienne, déjà connu si avantageusement par ses Atakta et Meletemata botanica , sa Flore de Norfolk , et divers écrits importans insérés dans le Linnœa. Les dix livraisons qui ont paru jusqu'ici, contiennent les des- criptions et les figures de cent plantes très intéressantes. Ces descriptions, écrites en latin , sont fort détaillées, et les figures gravées sur cuivre au trait , sont accompagnées de nombreuses analyses où l'on reconnaît facilement la touche de l'observateur ïQO POEPPiG ET ENDLiCHER. — Noça gênera, habile et consciencieux. Une préface fait connaître les travaux des botanistes sur les plantes des pays visités par M. Poeppig, puis fournit quelques renseignemens sur les voyages de celui-ci, lesquels ont duré plusieurs années, depuis mars 1827 jusqu'en avril i832. Ne pouvant s'astreindre à un ordre méthodique rigoureux, MM. Pœppig et Endlicher ont néanmoins réuni autant que pos- sible les plantes appartenant à certains groupes nombreux , tels que les Saxifragacées et les Orchidées, qui font partie du premier volume. On trouve en outre dans ce volume plusieurs Composées de la tribu des Nassauviées, et plusieurs genres appartenant à diverses familles. Le Misodendron de Banks (trois espèces), VOurisia Juss. (six espèces), le Sphyrospermum (deux espèces), le Thibaudia Pav. (une espèce) , le Ceratostemma Juss. (une es- pèce), le Bégonia (deux espèces), ï' Escallonia Mut. (trois es- pèces), le Caldduvia "Don (une espèce) , le Cornidia Ruiz et Pav. (une espèce), le Tropœolum L. (six espèces), le Befaria Mut. (une espèce) , le Gautiem Kalm (deux espèces) , XArbutus Tourn. (une espèce), le, Phytolacca (deux espèces), etc. C'est à regret que nous nous bornons à une simple annonce de cet ouvrage, mais les détails qu'il renferme sont trop nom- breux pour que nous puissions en faire part à nos lecteurs. Un examen critique y trouvera peu à reprendre, les auteurs ayant eu de bons matériaux pour faire leurs descriptions , et d'excel- lentes observations à leur ajouter, ce qui résultait de ce que l'un d'eux avait été aussi infatigable collecteur que botaniste expérimenté. Il est, en effet, fort heureux que les publications d'histoire naturelle soient faites par les voyageurs eux-mêmes aidés des botanistes sédentaires qui ont une connaissance par- faite de tout ce qui a été écrit sur la science. Le voyageur four- nit des observations qui peuvent être faites seulement sur les lieux mêmes où croissent les plantes, tandis que le bota- niste sédentaire s'applique à perfectionner les descriptions, à démêler les affinités, et surtout à ne pas donner comme nou- veau ce qui a été déjà publié par d'autres auteurs. Sous ce rap- port, nous avons beaucoup d'éloges à donner au travad de MM, Pœppig et Endlicher, et c'est parce qu'il est en général j. DE NOTA RIS. — Mantlssa muscorum. igi, bien fait, que no^ps nous permettrons d'indiquer une rectifica- tion pour un des genres qu'ils ont établi, pour leHaiicagua, fondé sur une Composée du Chili envoyée par Bertero, sous le nom de Tagetes Feidllei. Cassini , dans le troisième volume de ses Opuscules phytologiques , avait précédemment établi sur cette plante un genre auquel il avait imposé le nom de Lasthenia, adopté depuis par Lindley et;, De Candolle. Au nom de Ranca' gua^ qui d'ailleurs désigne une province, et n'est pas un nom vulgaire de la plante au Chili^ il faudra donc substituer celui de Lasthenia^ et joindre aux caractères exprimés par MM. Poeppig et Endlicher , quelques détails d'organisation indiqués par Cassini. Mantissa. Muscorum ad l^loram pedemonianam, auctore'S. de NoTAiiis M. D. (Extrait du t. xxxix des Mémoires de l'Acadé- mie royale des Sciences de Turin.) La Bryologia mediolanensis publiée en i834 et dont il a été rendu compte dans ces Annales ( tome 2 de la nouvelle série, p. 120), avait déjà fait connaître avantageusement l'auteur de cette nouvelle production destinée à compléter, sons le rap- port de la Bryologie les différentes flores du Piémont qui ont paru jusqu'ici. Ce supplément contient 90 Mousses dont la plu- part sont 4^ nouveau décrites. Sur ce nombre il y en a dix de nouvelles. M. de Notaris n'ayant pas fait de phrases diagnosti- ques, nous n'essayerons pas d'y suppléer et nous nous conten- terons de donner leurs noms. Ce sont : Pohlia lœte-virens, P. cir- rJiifera, Hjpnum concinnum, H. demissum, tabronia major ^ Dicranwn mixtuTn , Eucalypta lacera ^ Grimmia capillata, Aniciangiuni flaccidum , Sphagnuin variegatum. Parmi les espèces déjà connues que M. de Notaris mentionne comme ayant été trouvées en Piémont, nous distinguons le Bryum platyloma Schwsegr., espèce très voisine du B. capillaje L. et qui paraît en différer surtout par l'épaisseur du bord des feuilles. C'est une mousse nouvelle à ajouter à la Bryologie du jQ/j j, c. TAtJscH. — Rhîzohotrya, continent, car, originaire de l'île de Madère, elle n'avait depuis été retrouvée qu'en Sardaigne, ainsi qu'on peut le voir dans la Flora où elle a été mentionnée par M. Bruch, et que je m'en suis assuré par des échantillons communiqués par feu Balbis. Espérons que l'auteur, profitant de la position qu'il s'est faite, publiera un jour ses observations sur toutes les mousses de la ÎPéninsule italique que ses rapports avec les botanistes de cette belle contrée le mettent , plus que qui que ce soit, à même de se procurer. Le jugement sûr et exercé dont il a déjà fait preuve dans ses travaux antérieurs, nous est garant qu'il ne restera pas au-dessous de cette tâche difficile. G. M. Rhizobotrya , genre de plantes noupeau de la Flore d'Allema" giWy par J. G. Tausch. [Flore i836, p. 33.) Parmi un grand nombre de Draba stellata recueillis par Sie- ber dans les Alpes d'Autriche (sans autre indication plus précise), M. Tausch trouva une plante qu'il crut être une nouvelle espèce de Cochlearia. En revoyant ce genre, il examina plus attentive- ment la plante, et fut fort agréablement surpris d'y reconnaître un genre nouveau, voisin du Kernera, Med. La radicule latérale l'empêcha de ranger cette plante dans le genre Eudema, Humboldt et Bonpl., où la radicule est dorsale. Il promet de pu- blier une figure de sa plante , et nomme le nouveau genre RhU zobotria. Calyx basi sequalis, sepalis patenlibus. Petala intégra. Stamina tetradynama filiformia, quorum longiora per paria sigmoideo-flexuosa. Silicuia ovata tumida, stylo brcvi cylindrico et stigmate emarginato coronata, bilocularis, septo valvulis concavis parallelo integro, loculis 2-3-spermis. Scmina subtilissime tuberculata ovata subeompressa, radicula kterali, quidquam obliqua. R. alpina. Planta pusilla vix pollicaris, foliis radicalibus rosulatis spathulatis corymbum submultiflorum sessilem longitudine adœquantibus. M. Tausch ajoute une description complète de cette nouvelle plante , et refait le caractère du genre Kernera , pour mieux en distinguer son Rhizobotrya. j. G. AGAROii. > — Propagation des Algues. jqS Observations sur la propagation des Jlgues , Par J. G. Agardh. Extrait des Mcmoucs de l' Académie des Sciences de Stockholm, (i) C'est aux expériences de Vaucher sur la germination des Algues d'eau douce, qu'on doit les premiers efforts pour arriver à îa connaissance de la propagation des Algues. Ces expériences, quelque excellentes qu'elles fussent pour leur temps, étaient loin d'être complètes, et les algologues modernes ont présenté depuis Yaucher un grand nombre de nouvelles observations. Cepen- dant ces dernières, loin d'être adoptées, ont presque toujours été l'objet de vives discussions, de sorte qu'elles ont plus con- tribué à faire sentir la nécessité de recherches ultérieures qu'elles n'ont enrichi la science par des faits nouveaux. Les Algues inférieures, ou celles d'eau douce, font l'objet de toutes ces observations , de manière que si, pour elles, le sujet est en- core loin d'être épuisé, il l'est encore moins pour les Thalassio- phyles. De tous les groupes dont celles-ci se composent, on ne connaît l'évolution d'aucun : c'est donc seulement sur de sim- ples hypothèses que l'on a fondé toutes les idées adoptées gé- néralement sur la fructification et sur les fonctions de leurs or- ganes considérés comme propagateurs. Voilà pourquoi il m'a paru important de chercher à remplir cette lacune dans nos connaissances. Mon but n'étant point d'entrer dans une réfutation de toutes (i) Nous devons la communication de cet écrit à l'obligeance de l'auteur, qui l'a extrait d'un ouvrage plus considérable rédigé en suédois, et destiné aux Mémoires de l'Académie des sciences de Slockbolm. Mais comme le volume où il doit être inséré ne paraîtra que dans un temps indéterminé et peut-être encore éloigné, nous avons accueilli avec empressement cette communication dont une partie (le développenieat des Ceramium) a déjà été publiée par extrait dans le Linnœa. {Note des Rédacteurs.) VI. — RoTAN, — Octohre. l'i 194 T- G. AGARDH. — Propagation des Algues. les opinions qui ont en plus ou moins de vogue sur ce sujet, je me bornerai, pour le moment, à présenter iei l'exposition du développement de quelques Thalassiophytes, persuadé que les Algues d'eau douce des mêmes familles offrent peu de modifi- cations. Ainsi je passe sous silence la famille des Draparnaldiées, n'ayant eu l'occasion d'observer le| développement que sur le Draparnaldia tenuis , avec cette seule remarque que son dévelop- pement a beaucoup de rapports avec celui du Dr.ghmcrata dé- crit par M. Tréviranus dans ses Vei^ni. Schriften , II, i , dont on trouve une exposition dans la première série des Annales des Se. nat. (tome x). Parmi les Confervées proprement dites, j'ai observé le dé- veloppement des Confeîva œrea, C. zonaici , C. cnspata , et d'une forme du C. centralis ; je vais décrire celui du C. œrea (fig. 1-5). Les filamens sont, comme on sait, à distances constantes, articulés ou divisés en petites loges qui n'ont d'autres commu- nications entre elles que celles qui résultent de la perméabilité des cloisons. La matière verte contenue dans ces articles se montre d'abord tout-à-fait homogène, comme si elle élait fluide; mais dans un âge plus avancé, elle devient de plus en plus gra- nuleuse. Les granules sont, à leur naissance, adhérens h la sur- face intérieure de la membrane; mais bientôt ils s'en détachent, et la figure irrégulière qu'ils avaient d'abord passe à celle d'une sphère. Ces granules se rassemblent peu-à-peu au milieu de l'ar- ticle en une masse d'abord elliptique, mais qui, en définitive, de- vient parfaitement sphérique. Tous ces changemens sont confor- mes aux phénomènes connus de la vie végétale; ceux qui vont suivre ont plus d'analogie avec les phénomènes de la vie animale. A cette époque, une métamorphose importante s'annonce par un mouvement de fourmillement dans la matière verte. Les granules dont celle-ci est composée se détachent de la masse l'un après l'autre, et ainsi devenus libres, ils se meuvent dans l'espace étroit de la loge avec une vitesse extrême. En même temps on voit la membrane extérieure de l'article s'enfler en un point, et se changer peu-à-peu en une petite mamelle qui devient le point de départ des granules mobiles. Par l'extension j. G. AGA.RDn. — Propagation des algues. 195 de la membrane pour la formation de la mamelle, les fibres (i) tendres , dont elle est constituée, en s'écartant déterminent une ouverture au bout de U mamelle, et c'est par ce trou que s'élancent les granules. D'abord ils sortent en masse, mais bien- tôt ceux qui restent nageant dans un plus grand espace, ont beaucoup plus de difficulté à s'échapper, et ce n'est qu'après des titubations innombrables contre les parois de leur prison, qu'ils finissent par en trouver l'issue. Dès le premier instant du mouvement on observe que les granules (Sporules) sont munis d'un petit rostre, sorte de pro- longement antérieur, toujours distinct du corps mémo par sa couleur plus pâle. C'est des vibrations de ce rostre, que dépend, à ce que je pense, leur mouvement; du moins il m'a toujours été impossible d'y trouver quelques cils. Toutefois je n'ose nier l'existence de ceux-ci, car à un très fort grossissement du mi- croscope achromatique , on voit les granules entourés d'un re- bord hyalin, comme on les aperçoit chez les infusoires ciliés, en employant une lentille trop faible. Les sporules présentent tou- jours, pendant le mouvement, ce rostre au-devant de leur corps, comme s'ils s'en servaient pour se frayer la route; mais lorsqu'ils cessent de se mouvoir, ils recourbent de côté leur rostre, l'appliquant le long de leur corps, et reprennent la forme sphérique, de sorte qu'avant et après le mouvement on ne voit aucune trace de ce rostre. Le mouvement des sporules avant leur sortie de la loge, con- siste principalement en courses vives, le long des parois des ar- ticles, en les heurtant par des chocs extrêmement multipliés; et dans quelques cas on serait même porté à croire que c'est par cette action des sporules que se serait formée la mamelle. Échappés de leur prison, ils continuent leur mouvement pendant une à deux heures, et se retirant toujours vers le bord le phis obscur du vase, tantôt ils prolongent leurs courses vagabondes, tantôt ils: restent au même lieu , en faisant vibrer le rostre en cercles ra^ (i) On croit ordinairement que la membrane des articles est continue cl sans lexluro ap- préciable; à celte époque du développement du Conf, œrea, on voit pourtant qu'elle est con- stituée par des fibres longitudinales. J'ai vu la même texture dans quelques états du CalUtham.' /lion PÎamula, i3. 196 j. G. AGARDii. — Propagation des algues. pides. Ils se rassemblent ensuite en masses innombrables , et s'attachent à quelque corps étranger, au fond et à la surface de l'eau, où ils ne tardent pas à se développer en filamens sembla- bles à la plante-mère. Les sporules sphériques s'allongent d'abord en utricules oviformes , et s'attachent aux corps étrangers par le bout le plus mince. Leur développement ne consiste qu'en une expansion continuelle, sans pousser aucune racine. La matière verte intérieure se partage en deux au moyen d'une cloison , qui paraît d'abord comme un mucilage hyalin , mais qui se change peu-à-peu en un diaphragmé complet. C'est ainsi que par des divisions successives des articles antérieurement formés, la jeune plante prend son accroissement. La place de la mamelle dans chaque article n'est pas déter- minée; du moins je l'ai vue très différente dans des articles voisins. La sortie des sporules ne se fait pas non plus en mémo temps dans les divers articles. On voit souvent ceux de l'un de ces articles déjà échappés, tandis que dans le voisin ils ne sont pas encore complètement formés. Le plus souvent les articles supé- rieurs se vident les premiers , de sorte qu'il n'est pas rare de voir toute la partie supérieure d'un filament tout-h-fait transparente, tandis que l'inférieure continue encore à se développer. De cette manière la formation et la dissémination des sporules persistent pendant tout l'été, et un seul filament suffit ainsi pour la for- mation d'une quantité infinie de masses de sporules. Si on se rappelle que chaque article comprend peut-être plusieurs cen- taines de sporules, on ne s'étonnera pas que l'eau en devienne parfaitement colorée; de telle sorte qu'on serait porté à consi- dérer comme un Protococcus ou toute autre algue simple , ce qui n'est que les sporules d'une conferve. Je soupçonne que ce sont de tels faits qui ont donné lieu aux théories des métamor- phoses proposées par plusieurs Algologues modernes. Dans les autres espèces de Conferves dont j'ai observé le développement, il y a peu de différence d'avec celui du C. cerea^ que je viens de décrire. Il n'en est pas de même pour les Conju- guées , semblables d'ailleurs aux autres Algues de la même fa- mille. Les observations de Vaucher ont fait connaître, dans le développement de ces plantes , des différences très marquées j. G. AGAKTDiï* — Propagation dés Alguûs. \vfi de celui de toutes les autres Confervées. J'ai peu à y ajouter. Pendant la copulation d'une Conjuguée, l'un des fdamens est toujours donnant :, l'autre toujours recevant, sans qu'avant cette époque on ait pu décider par quelque caractère appréciable le- quel de ces deux rôles chacun des filamens remplira. Les spi- rales du filament donnant se confondent les premières; ce n'est qu'après l'entrée de la matière de ce filament qu'elles deviennent irrégulières dans l'autre, et alors les deux masses se confondent ensemble pour former le corps elliptique ou globuleux. Les globules , dont se composent les spirales, ne s'écartent point les uns des autres pendant l'émanation lente de la matière du filament donnant, et on n'observe aucune trace d'autre mouve- ment chez eux. Au contraire, c'est dans le corps elliptique, con- stitué par les matières confondues des deux articles , que j'ai cru reconnaître un phénomène de locomotion analogue à celui dé- crit plus haut dans les Conferves. Après bien des recherches vaines pour voir le corps elliptique se développer en filament nouveau, comme le décrit Vaucher, je le vis au contraire se dis- soudre définitivement en sporules nombreux doués d'un mou- vement très rapide. Toutefois, sans parler delà copulation, phé- nomène qui distingue les Conjuguées de toutes les autres Al- gues, ce qu'il y a de particulier dans leur propagation, c'est que le corps elliptique, d'où les sporules doivent naître, reste sou- vent plusieurs mois sans aucun changement , tandis qu'il se dis- sout aussitôt chez les Conferves. On sait que les auteurs modernes ont placé le genre Ectocar- pus tantôt parmi les Céramiées , tantôt auprès des Sphacellaria. Cependant quelques observations sur les Ed. tomentosus et Ect. siliculosus var. atrouirens me font supposer que leur vraie place est dans le voisinage des Conferves. J'avais mis quelques échantillons de ces deux espèces, dans diverses assiettes remplies d'eau salée. Le lendemain j'observai, au côté le plus obscur du vase, une ligne olivâtre à la surface de Teau, comme on le voit chez les Conferves, après le phénomène de mouvement que nous venons de décrire, xiyant mis quel- ques fragmens de la plante-mère sous le microscope, j'ai ob» serve des sporules nombreux olivâtres fourmillant encore autour ^ïqS j. g. AGiRDii. — Propagation des Algues. d'elle. Leur rostre était moins aigu , mais leur mouvement peut- être encore plus vif que celui des Conferves. Souvent cle.ux ou quatre, s'attachant ensemble par l'extrémité du rostre, ont exé- cuté un mouvement circulaire assez rapide autour du point d'at- tache considéré comme centre. C'était une chose très digne de remarque que plusieurs des articles se montraient parfaitement vides, tandis que dans les fruits [Siliquœ Auct.), la masse intérieure restait pressée de la même manière qu'elle se présente ordinairement. Cependant je dois ajouter, que cette observation n'est point décisive, car je ne réussis ni à voir l'échappement même dessporules, ni à obser- ver leur germination. M. Gréville, dans ses excellentes ^/g'i^ Britannicœ, a divisé les Ulçacées en trois familles distinctes : les Vlvacées proprement dites, les Sipïionées, et les Cauîerpeœ ; mais cette dernière a de- puis été réunie à la seconde par M. Harvey. La fructification des Ulvacées (proprement dites) a été jus- qu'ici une énigme, pour l'explication de laquelle les auteurs ont proposé les hypothèses les plus diverses. Toutefois, on est d'ac- cord que celte fructification est immergée dans îa membrane de la fronde ; ce qui pourtant n*a jamais été prouvé par aucune ob- servation directe. Lamouroux supposait que la fructification, sous forme de petits granules, était renfermée dans la membrane de la fronde, mais il n'osa décider si ces granules étaient réelle- ment des conceptacles ou de simples semences; il ne lui parais- sait même pas impossible que la fructification encore inconnue pourrait bien résider dans des organesextérieurs. Mon père avança que les cellules disposées souvent par quatre étaient des séminules; ce qui fut contredit par Lyngbye. Gréville, dans l'ouvrage cilé plus haut, dit que trois à quatre granules sont déposés dans les cellules de la fronde, mais il ne se prononce pas sur la fonction qu'il faut attribuer à ces granules. Dans cette incertitude, quel- ques observations sur le mouvement des globules du Tetraspora luhrica (i) auraient facilement décidé cette question , mais per- (i) Voy. Agardh Icônes Algarum Europœanm. 2 liv. Gaillon sur les Némazoairea-J ÂUDi des Se. nal, i= p. 45 (nouv. série.) j, Ct. agardh. — • Propagation des Algues. 199 sonne n'ayant observé l'acte même de leur disjonction de la membrane, on n'a pas su, si c'était les cellules mêmes, ou ce qu'elles contenaient, qui s'en échappent. Ce qu'il y a de cer- tain , c'est que les sporules de cette plante ne sont pas plus à nu (opinion avancée par M. Gaillon) que celles d'aucune autre Ul- vacée. Les Ulvacées proprement dites se composent de cellules, tantôt arrangées en une seule couche qui constitue un tube al- longé, intérieurement vide, tantôt disposées en deux couches comprimées l'une contre l'autre, et formant une membrane plane plus ou moins large. Leurs sporules sont nichés dans ces cellules; et en sortant par un pore situé à la surface, ils offrent le même phénomène de locomotion que nous avons vu chez les familles précédentes. Leur mouvement est plus lent et dans des cellules plus étroites que chez les Conferves. Leur rostre n'est pas si aigu , et n'est pas non plus si bien séparé du corps; mais pourtant c'est tou- jours le bout le plus mince de leur corps oviforme qui est an- térieur pendant le mouvement. Les sporules sont au nombre de cinq à six dans chaque cellule ; dans quelques-unes de celles-ci il y en avait deux ou trots , qui étaient beaucoup plus petites que les autres, différence qui s'observe aussi chez les Confer- ves , mais d'une manière moins apparente. En effet, c'est seulement dans XUha clathrata {£iq^. Çi-?j) que j'ai observé le développement complet des sporules. La ger- mination, si on peut ainsi nommer un phénomène analogue à cet acte dans les plantes plus parfaites , consiste chez cette espèce en une expansion longitudinale , pendant laquelle la matière verte se transforme insensiblement en bandes transversales. Dans cet état on prendrait facilement la jeune plante pour une espèce deConferve; mais bientôt, les bandes s'étant divisées longitudinalement et ainsi devenues disposées en deux rangs , on ne peut plus s'y méprendre. I^a seconde famille proposée par M. Gré ville, celle des Si^ phonées y forme un groupe bien distinct, mais qui doit être limité et caractérisé d'une manière différente. Les Algues qui appartiennent à ce groupe sont toujours tubuleuses ; la mem- 200 3. G. AGMiDH. — PropagùtioiL clcs Algues. brane extérieure est îout-à-fait hyaline, et la matière verte, au lieu d'être, comme chez les Ulvacées tubuleuses, renfermée dans les cellules de la membrane , occupe tout l'intérieur du tube. Bien distinguées ainsi des Ulvacées , elles offrent pourtant des différences entre elles dans la fructification , qui suffiront pour en former deux sections : l'une comprenant les Codium et les Vaucheria, qui ont un organe propre extérieur communiquant avec l'intérieur du tube , et duquel se détachent les sporules : caractère assigné à toutes les Siphonées par M. Gréville ; l'autre renfermant \q?> Bryopsis , Botrydium, Valonia et Caulerpa.l^^ fructification de ces derniers genres a été jusqu'ici totalement inconnue, et on n'a même hasardé sur elle aucune conjecture, si ce n'est qu'elle peut se développer extérieurement. Quelques observations sur le Brjopsis Arbuscula, que j'ai été assez heu- reux de répéter plusieurs fois , donneront, je l'espère, une idée juste de la fructification de ces genres. On sait que les filamens qui constituent le Br. Arbuscula (fig. 9-1 3) sont nus à la base, et que c'est seulement vers le milieu que partent les rameaux. Si ceux-ci viennent à être mis en désordre par quelque cause extérieure, ils repren- nent avec élasticité leur position primitive, phénomène qui a peut- être donné naissance à l'assertion de M. Gaillon , que les espèces de ce genre étaient douées d'un mouvement oscillant. Chaque rameau est un peu comprimé à la base, et paraît ainsi ^ former un tout indépendant qu'on peut comparer à une cellule d'Ulvacée ou à un article de Conferve. Les granules dont se compose la matière intérieure sont d'abord si fort adhérens aux parois du lube, que celui-ci, coupé dans cet état, n'en émet pas un seul. Mais insensiblement ils s'en détachent en prenant une forme elliptique, et alors ils s'échappent tous de l'endroit même le plus supérieur du filament, quelquCpart qu'il soit coupé. A leur pleine maturité, ces granules offrent le même phénomène de locomotion que nous avons vu chez les familles précédentes. Le mouvement, qui est tantôt très étendu, les granules s'élançant souvent d'un bout à l'autre du filament, tantôt rac- courci et rotatoire, dépend, à ce qu'il me semble, aussi chez j. c. AGA.î\wi. ~— Propagatloit des Algues. aoi eux, des vibrations de leur rostre. Celui-ci, qu'on observe déjà un peu avant le commencement du mouvement, est toujours bien limité du corps et un peu plus aigu que chez les autres familles. Les granules s'assemblent peu~à-peu vers la partie ex- térieure du filament, où l'on voit une petite mamelle latérale, au voisinage de son extrémité qui devient définitivement leur point de départ. Je n'oserais prononcer si cette mamelle est la seule issue de leur prison, ou s'il y en a plusieurs; j'ai pour- tant lieu de croire que c'est la seule sortie, ce que l'analogie avec les autres familles paraît aussi rendre très, probable. Après la sortie, ils continuent encore leur mouvement pendant quelques heures, se retirant insensiblement vers les côtés obscurs du vase où ils ne tardent pas à se développer. Le développement des granules ou mieux des sporules, ainsi que nous pouvons les nommer à présent, qui consiste dans une expansion continuelle, est très irrégulier, en sorte que tantôt l'une seulement des extrémités, tantôt toutes les deux, s'allon- gent. Les granules intérieurs des sporules s'accumulent surtout dans l'extrémité inférieure de ceux-ci, ou à l'endroit où ils se fixent sur les objets environnans, qui, par suite, se transforme en racine un peu tuméfiée. Ce ne fut que six semaines après leur dissémination que je vis la première ramification; ils avaient alors environ une ligne de longueur. La dissémination des sporules ne se fait pas en même temps dans les différens rameaux; au contraire, la plante-mère persiste à se développer pendant qu'ils s'échappent de l'un ou de l'autre des rameaux. La propagation de toutes les plantes dont nous venons de parcourir les familles, a ainsi partout une analogie frappante. Si on y ajoute les familles des Oscillaioriées et des NostochinéeSy dont je n'ai pas eu l'occasion d'observer le développement, mais que l'analogie paraît y rapporter, ces plantes constituent une sé- rie bien distincte des suivantes. Avant de quitter ce sujet, jetons encore un coup-d'œil sur cette série. — La couleur verte est com- mune à la plupart d'entre elles. Elles consistent toujours en des cellules ( plus ou moins allongées et souvent prolongées en tube) 202 J. G. AGA.nDiï. — Propagation des Algues. dans lesquelles la matière verte même se transforme en fructifica- tion (i). Chaque partie de la fronde produit ainsi des sporules : chez très peu d'espèces, il y a un organe propre extérieur, par lequel s'élance la fructification. C'est de la matière verte que dépendent la vie et l'existence de la fronde; car celle-ci, ou du moins la partie d'où les sporules étaient sortis, disparaît toujours après l'éruption des sporules. Ceux-ci s'en élancent par un mou- vement vif, mais qui doit bientôt cesser; ils sont toujours mu- nis d'un rostre plus ou moms apparent, qui, pendant le mou- vement, est toujours placé en avant du corps, mais dont on ne voit aucune trace , ni avant , ni après le mouvement ; ils cher- chent constamment les côtés les plus obscurs du vase, où, après une existence vagabonde de quelques heures, ils s'accumulent en masses indéfinies. Sans pousser de racines au travers de leur membrane, leur germination consiste en une simple expan- sion. Les sporules, quoique rangés tout près l'un de l'autre, donnent pourtant toujours naissance chacun à une plante par- ticulière, et ce n'est jamais par l'alliance d'utricules d'abord libres, qu'une plante nouvelle se produit, ainsi que l'ont avancé quelques Algologues modernes (2). Les plantes nouvelles sont toujours semblables à la plante-mère, et je n'ai jamais vu aucune transformation d'une espèce en une autre ; toute méta- morphose cesse dès que la germination a commencé, ot le déve- loppement arrive à son terme sans faire aucun saut d'une forme à une autre. (3) (i) Pour celte raison chaque cellule est aussi plus ou moins en contact immédiat avec l'eau environnante ; et même chez les espèces memhraniformes, il n'y a jamais plus que deux rangs de cellules, de sorte que l'une des parois de celles-ci est toujours superficielle. (2) Voy. Jicfew sur la matière Priestleyenne. Linnœa v. 3. p. 407, etc. (3) La théorie des métamorphoses des Algues, qui a tant occupé les algologues modernes et qui, récemment, a reçu de nouvelles preuves par les observations de M. Kiitzing, nous paraît pourtant loin d'être mise hors de doute. C'était surtout la matière priestleyenne autrefois, et les globules des Protococcus, chez les modernes, qui ont fourni la plupart des observations en- treprises dans le but de faire voir que de la même production primitive peuvent provenir les êtres les plus disparates. Selon les localités diverses, on les voyait tantôt rester en globules, tantôt donner naissance à une espèce, tantôt à une autre. Sans vouloir nier ces faits, nous croyons qu'on pourra en trouver une explication moins contraire aux lois généralement reçues que celle qu'on en a donnée. En effet , l'explication la plus simple et qui concilie en grande j. G. AGARDîT. — Pi'opagatlon des Algues. î2o3 Ce phénomène de locomotion des sporules est-il le résultat d'une cause extérieure quelconque, ou dépend-il de la force vi- ale de ces organismes? Dans cette dernière supposition, four- nit-il la manifestation d'une vie animale, ou pourrait-il avoir lieu dans des organismes végétaux, et enfin quelles sont ses li-' mites et son but? Nous espérons que les observations précé- dente suffiront pour donner la solution de quelques-unes de paiiie toutes ces observations, sérail d'admettre, que les agrégats de globules, objet de ces ob- servations, n'étaient que des sporiiles d'Algues qui, suivant leur état de développement, se sont montrées tantôt £,lobuleuses, tantôt filamenteuses. Si l'on a vu des espèces diverses provenir de la même matière primitive, cela est dû, ainsi que je le suppose, à un mélange accidentel de spo- rules divers, quoique en apparence semblables. Cette opinion devient très probable si on se rappelle, que non-seulement les Algties croissent souvent entortillées les unes avec les autres, mais aussi que les sporulcs montrent une disposition manifeste à préférer une place (le lieu le plus obscur) à une autre, et que cette place devient ainsi un point de rassemblement des spo- rules innombrables de toutes les espèces voisines. Ajoutons que les sporules des genres les plus divers ont tant de ressemblance, qu'il serait presque impossible, avec cette simplicité de forme, de trouver quelques caractères au moyen desquels on puisse distinguer les sporules d'une es- pèce de ceux d'une autre. Si on veut donner quelque attention à ces considérations, on con- viendra peut-être que c'est à tort, qu'on a attribué à des circonstances extérieures ces transforma- tions d'une forme à une autre, qui n'ont été qu'une conséquence de la nature intime des sporules. Je n'ai pas été assez heureux également poul- observer quelques transformations d'une espèce déjà développée en une autre. J'ai toujours vu, quelles que fussent les localités, le développement s'avancer vers son terme, sans faire aucun saut d'une forme à une autre; et quand quelquefois je croyais voir une telle transformation, un examen plus attentif a suffi toujours pour en faire disparaître toute apparence. J'ai aussi des raisons de croire, que quelques-unes des observations publiées auparavant sur ce sujet, n'ont pas été faites avec toute là précision désirable. J'en citerai une : MM. Meyen et Unger ont observé la transformation du Scyiosiphon vchulnits deLyngbye, en Ulva terrcstris, et ils attribuent la même observation à M. Lyngbye. Cependant on ne trouve aucune trace d'une telle assertion dans les écrits de ce dernier; au contraire ces es- pèces sont décrites et figurées avec l'exactitude qui est propre à cet habile observateur. Pour expliquer donc cette énigme, jetons un coup-d'œil snr les plantes en question. Le Scyiosiphon 'vclutbius a toujours été considéré comme une plante douteuse, n'ayant été trouvé que par M. Lyngbye près du rivage aux îles deFéroé; nous l'avons retrouvé en Scanie toujours dans les fossés à demi salés. Il appartient sans aucun doute au genre Bangia; comme toutes les au- tries espèces de ce genre, il a ses taches {Jasciœ) disposées par quatre en deux rangées lon- gitudinales dans les filamens les plus âgés, tandis qu'ils sont en une seule série dans d'au- tres. C'est ce doublement des séries du Scjt. veluttnus {fia interdum in mcmhranam ulvoi- deam , granulis quaternis duplici série notatam dilatata , comme s'exprime Lyngbye) qui sans doute a fait naître l'idée d'une transformation de cette espèce en Ulva terrestris ; ces auteurs, considérant peut-être comme une forme plus allongée de l' Ulva , le Scytosiphon de Lyngbye. Il n'existe certainement point d'autres transformations entre ces espèces, qui de plus habitent des lieux tout-à-fait différens: VUlva se trouvant partout sur la terre humide et jamais comme l'autre espèce dans des eaux presque salées. 2o4 J- G- AGxLRBii. — Propagation des Algues, ces questions provoquées par les opinions contradictoires énon- cées sur ce sujet par les auteurs. D'abord , ce mouvement n'est pas causé par exosmose et en- dosmose, comme l'a voulu M. Berkeley (i); c'est ce dont on con- viendra fîîcilement, puisque l'on a vu qu'il commence déjà dans l'intérieur du tube. Il n'est pas dû non plus à quelque autre cause extérieure, comme s'en convaincra quiconque aura voulu suivre la série des faits exposés ci-dessus. Mais ces sporules ac- tifs , doit-on les considérer, avec certains algologues, entre au- tres avec M. Gaillon, comme des animalcules (2)? Nous ne le croyons pas. Les Sporules n'ont jamais aucune ouverture ana- logue à la bouche des animaux infusoires, et on ne les voit ja- mais engloutir quelque nourriture. Leur mouvement, quelque irrégulier et capricieux qu'il paraisse , quelque semblable qu'il soit à un mouvement spontané , est pourtant bien facile à dis- tinguer d'un mouvement vraiment animal , bien que cette dis- tinction soit difficile à établir par des caractères tranchés. Et , d'ailleurs, pourquoi refuser une faculté locomotive à la vie vé- gétale, quand chaque jour on en découvre de nouveaux indices. Les recherches de M. Unger sur l'anthère des Sphagnum^ mon- trent des mouvemens analogues chez les Mousses; et les gra- nules spermatiques en offrent un exemple aussi chez les Phané- rogames. Mais si on trouve des mouvemens analogues même chez les plantes d'un rang supérieur, peut-on en conclure que ce phé- nomène soit commun à toutes les Algues? Dans la savante Revue historique publiée par M. Meyen , à propos des observations faites sur le mouvement des molécules organiques, insérées dans les Vermischte Schriften de R. Brown , on trouve ce résultat : que les semences de toutes les Cryptophytes offrent, sous des conditions particulières, un mouvement spontané, qui continue (i) Hooker, Journal of Dolanj, i. p. 233, (2) La théorie de M. Gaillon paraît être basée entièrement sur des observations d'une Dla- tomacée, le Conferva comoides Dillw. Mais sans aucun doute les mouvemens de cette produc- tion sont d'une nature bien ditférenJe de celle des sporules des Conferves, et plusieurs natu- ralistes distingués ont aussi rangé les Diatomacées parmi les Infusoires. ( Voy. Ehrenberg Bej- trœge zur Erkentniss dcr Organisation in Riclitung des Kleinsten Raumes.') j. G. AGAUDH. — Propagation des Algues, ao5 jusqu'à leur développement ultérieur en plantes bien caractéri- sées ; mais cette assertion est loin d'être à l'abri de toute objection. Nos observations ont montré déjà que ce mouvement, au lieu d'être le résultat de conditions particulières, est au contraire en- tièrement lié à l'activité vitale de tous les organismes dans les- quels il existe , et des recherches nombreuses nous ont persuadé qu'il ne se présente nullement chez les familles d'Algues dont nous allons parler. D'un autre côté , on pourrait peut-être ad- mettre comme un degré plus parfait de ce même phénomène la circulation que l'on observe dans quelques plantes aquatiques {Chara^ etc.), qui, sous d'autres rapports, se rapprochent des Conferves. Enfin, quel peut être le but de cette faculté locomotive? MM. Audouin et Milne Edwards (j), au sujet d'un phénomène parfaitement analogue chez les ovules des Zoophytes , l'ont cher- ché dans la faculté de pouvoir elles-mêmes aller trouver un lieu propice à leur développement : opinion en faveur de laquelle on pourrait alléguer, que ce sont toujours les côtés les plus obscurs que vont chercher les sporules des Algues. — Cette opi- nion n'est pas infirmée par le fait qu'il existe plusieurs familles dépourvues de cette faculté de se déplacer; au contraire, on pourrait en tirer de nouvelles preuves en sa faveur, celles des familles inférieures qui sont dépourvues de locomoti- vité habitant presque toujours les profondeurs de la mer , tandis que les autres se développent à la surface de l'eau, cir- constance à laquelle elles doivent leur couleur plus ou moins verte. Mais je m'aperçois que je m'éloigne de mon but, et je re- viens aux familles qui me restent à examiner. La fructification chez elles est bien différente de celle des groupes précédens. Elle est renfermée dans des organes particu- liers extérieurs , ou quand elle est immergée dans la substance de la fronde même , elle n'en constitue qu'une partie peu considé- rable, de manière que celle-ci continue à se développer après la dissémination des sporules. Ceux-ci ne sont jamais doués d'un mouvement quelconque; s'échappant de leurs conceptacles, ils (i) Recherches pour servir à riiistoire naturelle dn littoral de la France, t. i, p. 71. '2o6 ï. G. AGARDii. — Propagation des algues. tombent aussitôt au fond de l'eau pour s'y développer. Enfin leur germination ne paraît pas consister seulement dans une expan- sion continuelle, sans rupture de la membrane, comme nous l'avons vu dans les précédentes familles. On a toujours rangé les Céramiées parmi les Conferves, et les Floridées auprès des Fucacées : disposition certainement con- traire à leur vraie nature. Les Céramiées et les Floridées sont tellement liées entre elles, que c'est avec la plus grande diffi- culté qu'on peut les diviser en sections naturelles. Si l'on s'en rapportait strictement aux caractères qu'il est possible de tirer de l'articulation, on arriverait à disjoindre les genres les plus voi- sins (i); d'ailleurs la fructification est parfaitement la même chez l'un et l'autre de ces deux groupes. Nous comprendrons donc ces Algues sous la dénomination commune de Floridées. La fructification est, comme on sait, double chez les Flori- dées , ou en d'autres mots ces Algues possèdent deux espèces d'organes qu'on a considérés comme appartenant à la fructifi- cation : Capsules et Granules , ainsi qu'on les appelle ordinai- rement, faute d'expériences propres à fliire connaître leurs fonctions. Nous avons suivi le développement de l'un et de l'autre de ces organes. Les granules sont toujours enfoncés au-dessous de la mem- brane extérieure de la fronde, dans un tissu celiuleux, d'où ils finissent par se détacher, en s'échappant au moyen d'un petit pore superficiel qui n'est pas difficile à voir peu après leur évasion. La place qu'ils occupent dans la fronde est très variée selon les divers genres; c'est dans ces diversités qu'on trouvera, sans doute, les meilleurs caractères pour circonscrire les groupes qu'on voudrait former dans la vaste famille des Floridées. Ainsi dans les Delesseriées ils sont nombreux, enfoncés tantôt dans des folioles propres (^Sporophylla auct.) tantôt ils forment des taches limitées dans la fronde (Sori de/initi){\) ; dans les Sphœ- (i) Mon père a déjà avancé la môme opinion dans plusieurs endroits de son Species AlgO' rum vol. II. (2) Ainsi il nous paraît que M. Greville a placé à tort les Rhodomenla auprès des DeîessiX riaj dont ils ont bien U port, mais dont la fructilicalion est très différente. j. G. AGA^nDH. — Propagation des Algues. 207 rococcoidées ^ ils sont au contraire épars sans ordre sur toute la surface de la fronde, et ils sont chez ces Algues beaucoup plus petits que dans les autres sections, n'étant point visibles à l'œil nu ; dans les Wiodomeliées ils sont disposés par rangées régu- lières_, tantôt dans des rameaux plus ou moins transformés (^SV//- cidœ)^ tantôt aux extrémités des rîimeaux ordinaires [Stichi^ (lia), etc. (i) On décrit ordinairement les granules comme disposés par 3 (tcj-nala). Sans vouloir nier qu'ils le sont quelquefois, je crois poui'tant que ce nombre est loin d'être normal. Je les ai vus toujours quaternés, d'abord soudés parfaitement en sphère sans trace d'aucune division. Ce n'est que peu avant leur sortie ^ qu'on observe à leur surface quelques lignes, indices de leur séparation prochaine. Ces lignes forment toujours, à la surface de la petite sphère, des triangles à-peu-près équilatéraux, de manière qu'on en voit toujours trois confluentes aux angles, le quatrième triangle étant caché sous les trois autres, ce qui a s.ms doute fait dire aux auteurs que les granules étaient ternes. Dès que le Sphœrospore , nom que l'on pourrait donner à l'ensemble sphérique des quatre sporules , s'est détaché de la plante-mère, il tombe aussitôt au fond du vase et se partage eu ses quatre parties, si cette division n'est pas déjà opérée un peu auparavant. Les sporules reprenant bientôt la forme sphérique, il faut prendre garde de ne pas confondre un sporule dans cet état avec le sphœrospore même. Ils se rassemblent l'un auprès de l'autre, et dans les espèces bien munies de fruits, ils recou- vrent, sous forme d'une poussière roussâtre, tout le fond du vase. D'abord ils sont libres, mais bientôt, au moyen de leur mucilage environnant, ils se collent au fond pour se développer en espèces semblables à la plante-mère. J'ai observé leur germination dans les Geramium ruhrum (i) Le genre ■Gri^^/j^fl offre une modification toute particulière, ses granules étant nictiés eu dehors des articulations, et environnés d'un verlicitle de rameaux courts et tronqués; en outre le fruit capsulaire est dans ce i;eare dune structure singulière. C'est donc à tort que M. Duby a voulu réunir les Gviffuhsia avec les Ceramium. Nous reviendrons en un autre lieu sur quel- ques unes des autres propositions de M. Duby, dont nous n'avons pas encore eu occasion d'étu- dier le second mémoire. 2o8 J. G. AGARDH. — Propagation des Algues. (fig. i4 — 2i), et Chondiia pinnatifida (fig. d.6 — 34); la série des faits est représentée dans les dessins ci-joints. Les racines se font jour au travers de la membrane extérieure ; du moins elles sont toujours distinguées par une couleur plus pâle du corps même du sporule. Dans le Choiidria, on voit des filamens longs, rameux, environnant les cellules jeunes qui pullulent indéfi- niment au-dehors. Ce ne fut qu'après six à huit semaines que j'observai la première ramification. La fructification capsulaire présente aussi, dans les divers gen- res, des modifications qui ne sont pas non plus sans importance pour la distinction des tribus. Les Chondriées et Rhodomeliees ont ainsi leurs séminules obconiques ou pyriformes attachées au fond d'une capsule, qui, au sommet, est pourvue d'une ouverture régulière, par laquelle s'échappent ces séminules; tandis que dans la plus grande partie des Flondées,\QS> séminules ne s'échap- pent qu'au moyen de la déchirure du conceptacle. Les séminu- les, dans ces dernières, sont le plus souvent anguleuses et étroitement pressées l'une auprès de l'autre en un amas plus ou moins sphérique. J'ai suivi le développement des séminules capsulaires , dans les Ceramium ruhrum {^\^.ii-i^,CallilhamnionPlumulay Bon- nemaisonia aspara^oides , Chondiia pinnatifida ( fig. So-Sy ), et Chondria clavellosa. Quelle que fût auparavant la forme des sé- minules , elles prennent toujours celle d'une sphère peu après leur disjonction de la plante-mère , et dès ce moment, leur ger- mination est parfaitement comme celle des granules; de sorte qu'on a beaucoup de difficulté à distinguer une séminule des sphaerospores en germination de celle des capsules (Voyez les fig. ci-jointes.) Il nous semble donc bien constaté que les séminules de Tune et de l'autre des fructifications des Floridées sont fertiles, fait qui est en opposition avec les idées admises par les Algolo- gues modernes. On sait que les organes de la double fruc- tification des Algues, ont été l'objet de beaucoup de discus- sions , et qu'on a proposé des hypothèses très différentes pour expliquer cette double fructification. Toutes les théories sur ce sujet ont pourtant été fondées sur la supposition que l'un AG\RDH. — Propagation des algues. 109 seulement des organes serait fertile, et même M. Gaillon , qui estjentré le dernier dans des détails sur ce sujet, a émis l'opinion que : « les granules n'étaient que des particules rudimentaires de la fructification conceptaculaire , et comme présentant dans ces êtres d'une organisation plus simple, quelque analogie avec rétatj floral des phanérogames, il les désignait sous le nom (V^nthospermes.ïi Ce n'était pas seulement aux Floridées, qu'il attribuait cet état anthospermique de la fructification; mais il l'appliquait aussi à toutes les autres Algues inarticuîées,quoique dans celles-ci le passage de l'état i,nthospermique à l'état con- ceptaculaire soit à peine perceptible (i). Nos observations ont raoutr^^ ce qu'il y a d'erroné dans la théorie de M. Gaillon, ainsi que dans celles de ses prédécesseurs; à l'égard des auteurs qui ont écrit depuis sur ce sujet, ils retiennent avec précaution la dénomination vague de granules, n'entrant dans aucuns détails sur les fonctions de ces organes. Pour les autres familles qui restent à examiner, je n'ai qu'un seul développement complet à présenter : celui du Fucus vesicu- losus. On cite ordinairement deux observations sur la propaga- tion des Thalassiophjtes : l'une de Stackhouse sur le Fucus ca- naliculatus^ l'autre de Martius sur le Fucus vesiculosus. Mais à en juger par ce que ces auteurs ont écrit sur cette matière, ils n'ont aucunement observé la germination des séminules mêmes , mais seulement l'évolution de ces croûtes olivâtres, qu'on ob- serve si fréquemment sur les côtes de la mero Ces observations diffèrent donc essentiellement des miennes, en ce que ce ne se- rait, suivant ces auteurs , que par la réunion de plusieurs sémi- nules, que se développerait la plante, mode d'accroissement que je n'ai jamais observé chez les Algues. Les Aigologues ont avancé que les séminules des Fucacées sont enfoncées dans im mucus qui se compose en réalité de filamens très déliés. Cette assertion n'est pas rigoureusement exacte : les séminules sont attachées par une de leurs extrémités aux cellules qui constituent la circonférence des gloniérules et environnées de filamens simples, qui proviennent aussi de ces (i) Thalassiophjtes. Dicf. des Se. nat. v. 53. YI. BoiAN. — Octohif. i4 iio AGAitDH. — Propagation des Algues. cellules et se dirigent vers le centre du glomérule. A la maturité, les séminules en abandonnant leur point d'attache , glissent au centre presque vide du glomérule ( lequel n'était occupé que par quelques filaraens centripètes ), d'où ils sortent par un ca- nal communiquant avec le pore superficiel qui est situé au de- hors de chaque glomérule. Echappés par ce trou, ils tombent aussitôt au fond de l'eau. Ils s'attachent bientôt aux objets environnans , par le moyen du saccule mucilagineux qui les environne. Les fig. 38-4o, re- présentent leur développement ultérieur. Leurs racines parais- sentcomme dans les Floridées^ sortir au travers de la membrane de l'utricule-mère. Souvent ils se montrent d'abord articulés , mais plus tard cette apparence s'évanouit. Les séminules restent le plus souvent sphériques pendant 4 à 6semaines, mais dès qu'el- les ont commencé à se développer, elles s'allongent rapidement. Avant de terminer cet exposé, ajoutons quelques mots sur un mode particulier de propagation au. Sphacellaria cirrhosa, qu'on pourrait considérer comme analogue à l'évolution d'une bul- bille dans les plantes supérieures. Dans des individus de cette espèce, qui, sous forme de boules, sont jetés sur les rivages, ou voit les rameaux supérieurs , munis le plus souvent de deux ra- mules opposés et disposés de manière à former une croix (fig. /|2), se détacher de la plante-mère et donner naissance à de nou- velles plantes. Du centre de ^<«. croix , ds poussent inférieure- ment une racine articulée, p'^esque hyaline, tandis que les 4 rameaux, qui forment la croix, se dirigent et se prolongent vers le haut (fig. 43). Nous avons vu, en effet, dans cette même es- pèce, les organes, qu'on a considérés comme ceux de la fructi- fication, se séparer de la plante-mére; mais toutes nos tentatives '.^ourles faire germer ont été infructueuses. Résumant ce qui a été dit dans le courant de ce mémoire, nous pouvons en tirer les conséquences suivantes : i" La division des Algues en articulées et inarticulées, adop- tée jusqu'ici dans tontes les classifications, est inapplicable, dans l'état actuel de la science, et elle détruit les affinités les plus marquées. AGARDH. — Propagation des Algues. \ 1 1 a* Si l'on veut distribuer les Algues en deux groupes plus naturels, on pourra substituer les sections suivantes : a. Zoosv^RMZJE {Nostochinece y Oscillatorineœj Conferveœ y Cotùugatœ. Ectocarpeœ, Ulvaceœ elSiphoneœ). Materia granulosa interna uiiius- cujusque loculi (cellulpe, aiticuli veltubi) frondem constituentis . tan- dem in friictificationemabeunte; sporidiis maturitate molii praeditis, et siugulis loculis per porura unicum egredientibus , demum per e!<^ten- tionem évoluais. — Viridescentes, incolae praecipue aquae dulcis, ina- risque minus saisi (in scrobiculis sinubusque, rarissime in aperto vel profundioii mari. } b. ¥vcoiDT,JE (Ce/ amiece, Fîorideœ, kvxci. SphacellariecBi et 'Bacoideœ Ag.)Fructificatione vel receptaculis proptiis inclusa vel soris plus mi- nus extensis fiondi imraersis collecta. Spoiis locoraotivitatedestitutis, germinatione per membranam exteriorem uovos utriculos emittentibus. — Pioseae etolivaceœ, omnes t!ialassioj)hytae, illae marisaperti etprofun- dioris polissimum incolae, hae sinubus tranquilUoribus (apud nos, an semper?) plerumque privae. 3» Le mouvement des sporules n'est ni limité aux Algues d'eau douce (i), ni commun à tous les Cryptophytes (2). Il ne dépend d'aucunes circonstances extérieures quelconques (3); mais il est au contraire intimement lié aux phénomènes vitaux de tous les êtres chez lesquels il se produit. Il n'est point l'expression d'une vie animale, quoiqu'il en ait l'apparence (4), et on ne doit pas le comparer avec les mouvemens que présentent les Diatomacées. 4° L'un et l'autre des organes de la fructification des Flori- dées sont propagatoires, et l'un n'est jamais le rudiment ou l'état jeune de l'autre. (5) 5° Les Algties ne s'accroissent jamais par la réunion de plu- sieurs séminules (6), mais chaque séminule produit son proore individu. Je délirerais encore ajouter : 6» La théorie des métamorphoses des Algologues modernes (i) Théorie de Gaillon. (a) Théorie de Meyen. (3) Opinion de Berkeley, (4) Doctriae de Gaillon. (5) Théorie de Gaillon çt de tous ses prédécesseurs. (6) Opinion soutenue par les observations de Stackhouse, Martius, Meyen, etc. 14. 11-2 AGARDri, — Propagation des ^l^ues. est basée sur des faits qui doivent être expliqués autrement qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour. Les transformations d'une es- pèce en une autre sont illusoires. EX-PLICATlOIf DES FIGURES. FIg. X. Portion do Con/eiva (z;-ca poussaut au dehors des tporules actif* par la mamelle en («). Fig. a. Sporules plus grossis. Fig. 3. Sporiile monstrueux avec deux rostres. Fig. 4. Sporules germant à divers états de développement. On voit le commencement de l'articulation. Fig. 5. I,es mêmes plus âgés. Fig. 6. Portion de la fronde de l'Ulva cïalhrata avec les sporules renfermés dans l'intérieur dcîs cellules. Fig. 7-8. Plnntesen germination de la même, à divers états. Fig. 9. Portion de Bijopsis j4rbuscula. On voit la matière intérieure s'écouler de l'un des rameaux coupés (en b.) tandis qu'un autre en pleine maturité détache des sporules actifs par la mamelle (en a.) Fig. 10- ir. Sporules plus grossis. "Fig.. la. Plantes en germination, à divers états. Fig. i3. Les mêmes plus déve'oppées. Fig, 14-2 f. Développemeut des séminules du .«iphérospore de Ce/-ami«m rK^mm. Les sémi- miles poussent tantôt seulement une, tantôt plusieurs racines. Fig. "i-i. Fruit conceptacuiaire de Ceramium ritbrum. Fig. 23-25. Développement des séminules de celui-ci. Fig. 26. S[^\ïéro&pore de Choiidria pinnatiJJda. Pig. 27. Le même divisé en ses quatre séminules, qui ont déjà acquis une forme elliptique 'Fig. 28-34. Séminules en germination du même fruit. Fig. 3.^-37. Séminules en germination du fruit capsulaire de la même plan le. Fig. 38. Séminule de Fucus 'vesiculosus. Fig. 39. Séminule poussant une racine. Fig. 40. Plante plus âgée du même Fucus. Fig. 41. Aspect anomal d'une séminule du même. Fig. 42. Rameau de Sphacellaria cirrhosa, qui va bientôt se disjoindre de la plante- mère. Fig. 43- Le même pyant poussé une racine en (/•.) Fig. 44. Fragment de Griffilhsia corallina pour montrer la fructification spbérosporienne. F g. 45. Sphérospores détachés. Fig. 46. llameaui. tronqués, qui environnent les sphérospores. j. GAY. — Duriœi iter asturicum. w'h DURIAEI ITEh ASTCRICUAI , BOTANICUM, ANNO l835 SISCEPTUM, Auctore J. Gay. {Continualio.^ VIL NAVIEGI VALUS. (Regio inferior^ montana et subalpina. ) Vallem del Nauiego , 6 ~ leucas longam , de quâ jam Ibcu- tus sum, ab Austro terminât mon^ pico de Jrvas, nulli in As- turiâ occidentali secundus. Huic subjacent fances aftissimae puerto de Leitariegos , quo semita mulis pervia in vallem del SU tendit. Tota montis moles schistosa est , lateraqiie arbori- bus nuda. Ab ejus latere septentrionali defùit, initio valdè praî- ceps, mox vero (jam ad viculum Treca^^m )paulatim declivis, Navieg0 2imms,, quem Cawallo torrente aucttim, intra Canicam excipit Narceia, ut suprà jam dixi. Cujus ripis tam abrupte ex- surgunt raontium latera, ut, per totam ferè convallem , incola- rum casulis, juxtà torrentem, vix uUibi locns sit, nec ipsi se- mitae spatium ubique supersit. Née invia tamen nec déserta, arcta hœc atque angnsta convallis. Semitantur undique montes et vicis frequentibus ornantur , clivique abrupti in magnam usque altitudinem, arboribus sylvestribus ferè prorsùs ca- rentes, summâ industrie coluntur. Duplex quoque trames mu- lionibus iter à Canicâ ad Leitariegos per vallem del Nat^iego pan- dit; quorum alfer à dextrâ torrentis ripa non multùm recedit et, per Llanos^ Pifiera, etc. sinuosae convallis anfraclus sequitur; alter brevior, sed longé magis arduus, à vico Pinera (leucam I 7 à Canicâ distat ) statim ad laevam assurgit, montiumque inter vallem del Nafiego et del Carvallo intcrjectorum summa ii4 S- «AT. — Duriœi iter astiiricum. ferè juga tenet, qiio occurrunt San Luadoy Fenta de Tozaque (diversorium in ipso medio itinere) , Ladredo ( à via ad laevam paululùm a versus), Branas de Ahajo et Branas de Arriba : quam postremam viam ingredi solebat, quiim ad Leitarie^os (leucas 67 a Canicâ distantem) ascenderet Duriaeus. Arvorum frugibus gregibusque atque armentis aluntur in- colae, rebusque ad victum pertinentibus abundant. Garent nummis ad vitae commoditates sibi comparandas, utpote quibus nec ullum commercium nec ulla frugnm permiitatio. Prîedia ipsis^ per universam convalleni , in infinitum divisa, et pluri- mùm Rubis (non Oxyacanthâ) in sepes densas ordinatis, aut (in regione subalpinâ) mûris lapideis, schisti laminis sine arenato superstratis, septa. Prata multa habent, deductis montium rivis irrigata, fœnique optimi copiam prsebentia, quorum major pars,cum vicis paucioribus (verbi gratiâ Nat^iegOy 3 leuc. à Ca- nicâ distans) occidentale, seu in orientem inclinatum convallis latus, sinistramque lorrentis ripam occupât. Arvis plerisque re- servatur latus orientale et ripa dextra, per quam ad Leitarie^os iter est, ubi etiam longé plures quam in ripa oppositâ occur- runt vici. Quà prata et sata desinunt, ibi plaga incipit rupestris atque graminosa, in surnmos usque montes protensa , quam Asturum grèges atque armenta per totam œstatem depascunt. Vaccis enim tota convallis abundat, corpore parùm ma- gnis, à quibus, quum vitulos vix unquàm ab nbere depellunt , perpauculùm laclis obtinent, quo pessimum caseum parant. Sed et earum carne vescuntur vulgô , cujus tanta est vilitas, ut, in vicino oppido, Canicae nempè, majoris pretii est panis triticeus quam caro bubula. Bobus etiam utnntur staturd brevi- bus, sed acribus atque expeditis, quibus plaustro valdè rustico junctis, per abscissos montium clivos, nosîris certo jumentis invios, frumenti et fœai messem domum vehunt, fimumque pratis spargendum efferunt. Quo plaustro nec Turcarum arra- ba h, uecBacorum carri simpliciores. Perlica antrorsùm indi- visa, temonem efticiens, in bina finditur crura posteriùs , quœ ferreus basî continet annulus, j>lurimaeque impages distendunt. Hos super, tabulatum ex asseribus, clavis affixum, imponitur, cujus lalera paxilli vix ulli caucellant. Rotas humiles nec ra- J. GAT. — Duriœi iter aslurUuni. 1 15 diatas, sed è solido robore in discum tornatas, ferroque muni- tas, ferreus conjiingit axis. Nec se rot.ne, axi affixae, convolviinl , sed ipsa sub carro, stridore horrendo, volvitur axis. Popiili agrestis vêtus et rude artifîcium (i). In hortis non desunt arliores pomiferaî vulgares. Exulant ta- men à tolâ convalle nobiliores , in proximo agro Canicensi cii!- lœ , Ficus et Armeniaca Exulat et Vitis, qua3 à Canicâ dimidiani lencam ad Llanos procedit , ultra verô non excurrit. Triticum neutiquàm incolae, neque Hordeum , neque Ave- nam colunt. Solum Secale vulgo serunt , passim addito Panico italico ( Panizo dicte ) , quod qnamvis mediâ aestate non rare seminant , maturum tamen ante hyemem obtinent; cujus se- nientem 6» Jolii^ad S. Cristoval^ unius horae itinere supra Cani- cam , et ad S. Luado in regione ferè montanâ , factam vidit Duriseus. (2) Nunc etiam , ut in Asturiâ planiore , sic et in convalle del Naviego abundat Solanuin tuberosuni (vulgô Patata) , cum Se- cali in regionem usque subalpiuam ubique prospéré cultura , et incoiarum ferè praecipuuni alimentum. Cujus recens in Astu- riam adventus , initio minus faustè accidit. Clerus enim , dimi- nutiim indè decumanum frumentura aegrè ferens (quia sic dietae novae fruges immunes habebantur, nec decimae obnoxise), et de cathedra contra diaboli radicem (ita enim eam appellabant) ve- hementer declamabat, et manibns pedibusque obnixè fecit, ut stirpem advenam à provinciâ prorsùs depelleret, ad cujus vo- luntatem rts utique cessit. Nuper vero , quum secundà appa- Fuisset, eademque concitavent odia, oppugnantibus feliciùs restitit exoticum triber et, ratione publicâ adjuvante, demùm ita praevaluiî,, ut nunc per Asturiam universam, usque in ulti- mas convalles,non secùs ac nostrâ cultiore Enropâ septentrio- nali, in agrorum alternam culturam ubique sit receptum. Givi- lioris apud Hispanos cultûs indicium,et notalione sanè dignum. Hanc convallem del JMaviego ingredinntur scànduntque plus (i) Eumdcm carnim , in ulliniâ Narceiae convalle, aii GiUoii et Monastciio de f/ier'tnu , usitalum vidit Duiiaus. (2] II) pullesspis as, qnemadinodùm Ze;c farina , usiii^Kiliir ab iiirolis. ii6 j. GAT. — Duriœi lier asturicum. minus quàm plurimae stirpes Canicenses.' Ad vicum San Luado (scilicet ad qiiartam ferè totius ciivi Naviegensis partem, et verae regionis montanae initium) procedunt (i) Sibthorpia eu^ ropœa , Anarrhinum hellidifolium y Linaria triornithopliora ^ Umbilicus pendulinus , Adenocarpus parvijollus ,Lupinus va- rias et Spergula arvensis. Paulo altiùs, in regionem sanè inontanam (mihi cœterùm parùm cognitam) pénétrant Aira prœcox , Cynosurus echinatus^ Menziesia Dabeoci , Wahlen^ bergia hederacea y et Ulex europœus (ubique rariis et humilis ). Quaedam regionem subalpinam attingunt, nonnullceque ad extremos ejiis limites perveniunt, et hœ quidem,si totum Na- viegi in très partes distribuimus clivnm, earum duas infe- riores procul dubio occupant. Ad regionem itaque subalpinam progrediuntiir Aspidium Filix-nias et angulare , Agrostis alba , Avena flauescens , Holcus lanatus^ Uriza maximal^ Corylus Avellana^ Mentha sylvestris ^ (in alveo \.ovyq,i\\\s Naviego ubi- que), Melittls Melissophyllum , Veronica Chamœdrys, Digila- lis purpurea , Lithospermum prostratum!, Anchusa sempcivi- rens l , Erica arborea! ^ (ubique frequens) Campanula Lœflin- gii, Carduus n" u83, Galactites tomentosa /, Thrincia hirla , Hie- racium murorum^ Valerianapyrenaica (quae potiùs ad Naviegi vallem quàm ad FloramCanicensem pertinet), 5^Jm//z r^y^exw/y* ^thirsutum^ Rub us frutico sus ^ Spartium album (sursùm magis magisque rarescens et ad Brahas de Arriba supremum suiim ter- minum habens), Oxalis Acetosella^Androsœmum officinale^ Hy- pericum lineari/'olium ({owasi angustiiolisi) y Malva geraniifolia , Dianthus monspessulanus , Moehringia trineruia, Polygalavul- garis, Viola sylvestris et tricolor^ Helianthemum guttatum et alyssoides}^ Çardamine syhatica^X. impatiens^ Sinapis setigera^ et Corydalis claviculata. Regionem subalpinam superant et alpinam (suprà Leitariegos) intrant Polypodium vulgare, Asplenium Ruta-Muraria, Agros- tis capillaris , Aira flexuosa^ Anthoxanthum odoraium^ Briza (i) Fragariam ne hùc quidetn scandere, sed ad \icum Naviego , leucam fcrè inlegram infia San Luado ^ terminum suum habere, aut saltem locis siiperioribus maturam non esse inven- lam , Hotalii (li£,'iiiim est. Friiclifcra enitn ciipedi Diiriaio vix occurrebat, niai Canicae et infe- rioribus convallium ibi confliientiuio clivis. J, GAY. — Duriœi iter asturicum. i 1 7 média, Carex oualis ^iflaua^Merendera Bulhocodium^Quercus Toza (seorsim hinc indè, nunquàm gregatira vivens) Thesium pratense, Rumex Acetosella , Cùlluna Erica , Cirsium palustre^ Achyropliorus radicatus, Bunium deniiuatum^Chœrophjllum hir- sutum, Sedum brevifolium etanglicum^utrâquezonk alpinâfre- queiitiora et vegetiora , quàm in locis inferioribus), Scleranthus anniius, Tormentilla erecta , Lotus corniculatus , Géranium pj- renaicum. , Silène nutans , Sw^ina procumbens , Larbrea aqua- tica^ Arenariamontanal, Cerastrum triviale, et Polygala ser- pyllacea{i), quarum nonnullse, ut deinceps patebit, summa ipsa culmina non refugiunt. Reliqiiae aut è finibus Canicensibiis sursùm non migrant, aut à Duriceo cursim ambulante stirpes- qne Canicœ jam lectas minus curante pratermissge. Species paucissiinas, in valk; del Naviego infra regionem snb- alpinam primo occurrentes, et Canicse non antè observatas, enu- merat, Aspidium dilataium Sw. (per totam convallem fre- quentissimrm, usque ad lacummontisj^zco Je^n^a^-excurrens), Aspidium Filicem-fœminani Sw. (non minus vnlgatum, tàm altè verô nunquam scandens, et in faucibus suprà Trecastro siipremum snum terminum habens, Canicae verô cur desidere- tnr non intelligo), Galeopsin Tetrahit L. (inter San Luado et Leitariegos sata ubiqiie infestantem), Galium vernum Scop. , (ex inferiore convalle usque ad regionem alpinam inferiorem (i) Polygalam serpyUaceam Weih. {P.depressam Wender. , Koch Synops. FI. germ. p. 91I primùm iti Pyrenœorum regione alpiiiâ legi , posteà verô in Neustrià inferiore (praeserlim ad vicum Pirou, in praefecturâ de la lHanclie), cùm in ericetis siccis, lùm in paludibus spon- gjosis mullô frequenliorem, et indè ab ineunte Majo usque in exeuntem Septembrem floridam, inveni. Ejiis specimina mihi sunt , itisuper , ex agri Syrtici arenis maritimis , ex agri Burdiga- lensis ericetis , ex agio Petrocoriensi , Andegavensi, Meduanensi et Parisiensi, etiam è Mosel- lae prœfeclurâ ( circà Bitche) et é Vogesis! Quibus evincitur gallicam Polygalam serpyUaceam neque alpinam esse, iieque regionis occidentalis propriaœ, quamvis ibi magis vulgatain , sed per Galliam planiorein lalèsparsam , «ndè in montanam "^ogesorum, atque alpinam Pyrenaeo- rum regionem vagalur. Simili semet ipsam exiendendi, et à montiiim radicibus usque in regio- nem propriè alpinam raigrandi facultale gaudere Asturicam stirpem, è speciminibus et tes- timonio Duriœi non est Jubitandum. Synonymis ejus jam cognilis addenda sunt : Poly gala par- vlflora ïhuill. ! ined. aniè ann. 1812. = P. repens. Mérat. FI. Par. éd. 1» (1812) p. ss-ô. = P. auslriaca radicans Mér. ifcid. éd. 2» (1821); iï, p. 399. =: P. oxyptera Mér. ibid. éd. 3" 11. (i83i). p. 440, non Bchb. = P, alpestris var. florihus liiteis. I.ejeune ! Revue (1824I. p. i5o. ii8 j. G.\Y. - — Duriœi iter asturicum. iibique occurrens), Samhucum nigram L. , (iisque ad Branas de Abajo perindè frequens , quam propter vires medicas magni faciunt incolae, vulgô Sahuco dictam), Genistam Irptocladam (nov. sp.) et Erucastrum obtusangulum Rchb. (inter San Luado et Lieitariegos non rarum ). Has intei-, primum certè lociim ohtinet Genuta leptoclada ( quam ad vicum el Puelo^ inter Arganzam et Canicam , pri- mùin occurrisse suprà dixi, p. 129), piilcherrimus frutex, huciisque ignotus , omniumque apud Astures degentium , cum Ericâ arboreâ, facile princeps. In i5-pedalem statu- ram non raro surgit, densasque efficit sylvas, ubi ad lignandum eunt montium pagani, cùm desunt eis aliœ sylvce aiit ligna- tio provectior. Gaudet locis apertis editisque, et hinc nul- libi jiixtà torrentem in imâ convalle reperitur. Per montes orientales ad Zye//(3rz>^05 tendenti, medio ferè itinere , paulô mîrk San Luado, lencam plus dimidiam suprà Pinera, primùm occiirrit, sed rarus et humilis. Vico autem superato, mox fre- quentior atqiie vegetior apparet, ejusque radicibus Orobanche quœdam hœret , verisimiliter nova, mihi tamen nondùm satis explorata. Cum Ericâ arboreâ deindè, per latera ipsumque vaonûs pico de Tozaque fastigium, usque ad Leitariegos et ultra, parùm intermissus, progreditur, in zonam latè patentem leucarum non minus 4 porrectus. lisdem etiam limitibus in torrentis ripa sinistrà, nempè in montibiis vallein del Nainego îi Narceiae convalle disterminantibus, continetiir. Abielibus apud Aslures deficientibus subrogatum crederes, quae quidem in Helvetiœ Alpibus mediis orientaiibusque (Conf. lFahlenb.de P^eget- et Clim. Helv. sept, p, xxxvji et xxxvni) suprà Fagi ter- minum (678 hexap. s. m.) prœvalent, et gSi hexapodis s. m. ultimum suum terminum inveniunt. Sed Genistœ leptocladœ zona , abietinâ helveticâ infernè procul dubio multo calidior est, nec uUo modo pro regione Asturicâ subalpinâ adhiberi débet. Ego enim non aliam in Asturiâ regionem dicam snbalpinam, nisi cui, ex clirnale atqne vegetabilibus, cum helveticâ aut pyrenai- câ regione subalpinâ, aliqua cognatio intercedit. Talem regionem offerunt ultima vallis del Naviego et radiées montis pico de Arvas , ubi hùc illùc per clivos disseminanlur j. GAY. — Duriœi iter asturicum. 119 viculi pauperrimi Trecastro (ad Tivum Naviego) , Brahas de Abajo et Branas de Arriba ( in orientali convallis latere ) , quo- rum duo postremi à se invicem et à Leitariegos , altiùs posito, dimidiam leucam, ascensu modico , distant. E Leitariegos in vallem rectà descendenti haud unam magis et dimidiam leucam patet regio. Per dorsa vero montium vallem ab oriente et occi- dente disterminantium satis longe extenditur, vicum enim La- dredo U) , cum raonticiilis imminentibus, ipsumque montem (i) Clauslri gemis valdè singulare non procul à Zac?/-eiter pubescens^ Herbce Boreali-Americanœ. * Pedimculi calyce breploresj dentés calycinis ekmgati. 21-22. G. dasyantha, beterophylla. b, Pedunculi calyce breviores, dénies calycinis truncati brèves. 23-37. ^- fasciculata, Dominge^isis^ maritima, Plukenetii, purpurea. c. Pedunculi calyce longiores. 38-35. G. longifolia, linifolia, peduncularis, filifolia, striclifolia, tenuifolia, setacea, aphylla. Sect. V. Dargeria. CoioUaî lobi bifidi. Antlierae omties fertiles. 36. G. parviflora. Sect. VI. SopuBiA. Corollae lobi Integri. Antherarum loculus aller fertilis, aller cassus divergens. 37-42, G. Sopubia, stricta, delphinifolia , scabra, obtusifolia, filiformis. BBNTHAM. " — Synopsis des Gérordiées, 333 Sectio I, Cyrtocouon, Calyx prqfunde ^-fidus. CoroUaJlapa, tubo sœpius brepi incurvo,^nth$rœ muticce , omnes locuîis 2 fertilibus. Species omnes Boreali-Americanœ, il G. serpyllifoUa (Humb. et Kuiilli Nov. Gen. et Sp. Amer. 2. 343) pro- cumbens, foliis ovatis oblusis integerrirais, floribus axillaribus solitariis sessilibus, laciniis calycinis integerrimis (Kunth.) Hab. La Nouvelle-Espagne (Humboldt et Bonpl.) 2? G. prostrata {Yinmh. et Kuuth. 1. c.) proslrata, foliis pinnatifidis, laci- niis linearibus acuto-mucronatis, inferioribas incisis, floribus axillaribus solitariis sessilibus, laciniis calyciais pinnatifidis incisis (Kunth.) Hab. La Nouvelle Espagne (Humb. et Bonpl.) 3. G. virgaLa (Humb. et Kunth. 1. c. 2. 344*) erecta pubescens, foliis pin- natifidis, laciniis linearibus obtusis integris incisisve, laciniis calycinis oblongjs integris dentatisque, coroUse tubo decurvo, staminibus subae- quaîibus, antheris erectis glabris, capsula ovata acuta. Hab. Le Mexique. 4. G. macrophylla^ pubescens , foliis inciso-dentatis pinnatifidis, laciniis ovato-vel oblongo-lanceolatis, supremis subintegerrimis, floribus subses- silibus, calycibus hirsutis laciniis ovatis subdentatis, coroUœ tubo brevi incurvo intus villoso, staminibus didynamis, antheris pilosiusculis ( ? ) Seymeria macrophylla Nutt. Gen. PI. Amer. 2. 49. Hab. Les Etats-Unis, Ohio (Nuttall.) Kentucky (Docteur Peters.) Sectio 11. Otophylla. Calyx profunde 5-fidus. Corolla purpurea , campanulata. Stamina didy-' nama, antheris longiorum fertilibus, hepiorum minoribus cassis, 5. G' auriculata (Mich. fl. Bor. Amer. 2. 48), herba erecta. foliis oblongo- lanceolatis basi sœpius auriculato-lobatis, floribus subsessilibus, Seymeria auriculata Spreng. Syst. 2. 810. Hab. Les Ëtats-Unis; principalement les contrées de l'ouest. •234 BENTHAM. — Synopsîs des Gérardiées. Sectio ÏII. Pedicularoides. Calyx semi-5~fidus. Corolla flava tuhalosa-campanulata. Stamina didy- nama. jintherœ suhœquales, loculis binis fertilihus hasi calcaratis. Herbœ Boreali-Americanœjfoliis latiuscuUa sœpius induis. Corollœ lobi sœpissime ciliati. 6. G.jlava (Piusli! et Auct. an Linn.?) piibescens, foliis ovalo-lanceolatis oblongisve oblusis iatcgerrimis vel sinuato-lobalis^ calycis pubescentis laciniis oblongis obtusis tubo subbrevioribus. Hab. Les Etats-Unis, où cette espèce est commune. 7. G^ quercifolia (Pursli ! FI. Amer. sept. 2. A23.) glabenima, foliis infe- rioribus amplis bipinnatifidis,sapenoribus oblongo-laneeolatis pinnatifidis integemraisve , calycis subinflati laciniis lanceolatis acuîis tubo bre- vioribus. G. flava tinn. Spec. 848. ex parte non Pursli. Hab. Commnn anx Etats-Unis. 8. G, grandiflora , pubescens, foliis ovato-lanceolatis aculis'apice serra tis basi pinnatifidis, caljcibus pedicello longioribus, laciniis obtusis mte- gerrimis dentatisve, coroUis calyce quadruplo longioribus, Hab. La province de Texas (Drummond.) 9. G. pedicuîaria (Linn ! Spec. 849.) glabriuscnîa vel pubescens, foliis ovato-lanceolatis obtusis pinnatifidis, laciniis dentatis, calycibus pedi«J cello brcvioribus laciniis dentatis, coroUis calyce triplo longioribus. Hab. Commun aux Etats-Unis. 10. {?. joeciinato (Torrey! mss. ?) hirsuta, foliis pectinato-pinnatifîdis , l«bis subdentatis, calycibus brevissime pedicellatis hirsutissimis profonde 5- fidis, laciniis dentatis, corollis calyce tripla longioribus. G. pedicuîaria g pectinaia Nutt. Gen. PL n. Amer. 2. 48. Hab. La Caroline et la Géorgie (NuttalU) Rocky Mountain» (Torrcy.) 11. G. û?e?2s«/Zora, scabro-liispida, foliis pinnatifidis laciniis auguste linearibus acutis rigidis ciliato-scabris, floribus secundis spicatis, laciniis calycinis lanceolatis acutissimis, corollae tubo basi attenuato apice dilatato, cap- sulis obtusis. Hab. Le Texas (Djaimmond.) BEJNTHA.M. — Synopsis des Gérardîées, 235 SeCtio IF, EUGERA.RD(A. Calyx h-deiitatus rarius semi-b-fidus. Corolla purpureà campanuîata vel tubuloso-campanulala rarius ventricoso-tiibulosa. Anilierœ suhœqualeSy loculis binis feitilibus muticis. Ilerbœ suffraticesve Auslro- et Boreali- 'Amevicanœ, foliis linearibus rarius lanceoLaùs integerrimis vel infimis ra- rissime incisis. 12. G. Digitalis, glabra, foliis linearibus Iseviuscuiis^ fîoribus subscssiliLus', dcntibus calycinis brevibus truncalis muticis margiup villosissimis, co- rollis ample campanulatis yiliosis calyce 4-5 -plo le/igioribus. Hab. Maldonado dans l'Amérique du sud(T\yeedie.} i3. G. ligida (Gill. mss.) glabra, scabra, foliis linearibus acutissimis, floribus racemôso-spicatis, calycibus pedunculo longioribus truncatis, dcntibus brevibus acutis, corollis ample tubuloso-carapanulatis villosis caljce 4-5- plo longioribus. Hab. La province de Sari -Luis, dans rAmériquê du sud. (Gillies.) l4. G. brachyphylla (Cham. et Schlechl. Linnaia 3. i5.) fruticosa, glabra, laîvis, foliis parvis anguste lanceoîatis raucronulatis, floribus peduneuîa- tisjdcnfibus calycinis brevibus acutis capsula otoidea brevioribus. (Cham. et Schlecht.) Esterhazya alpestris Spix und Mart. Reisc in Bras. 1. 597, — iP^«r^«- laria alpestris Mart. Nov. Gen. et Sp. Bras. 3. 10. t. 2o5. Hab. Le Brésil tropix:al (Sellow.) 1^ G. laneeoiata, glabra^ laevis, foliis oblongo-linearibus mucronatis basi an- gustatis, floribus breviter pcdunculatis, dcntibus calycinis brevibus acutis , corollis ample tubuloso-campauuktis villosis calyce 4-plo lon- gioribus. Virgularia lanceolata Ruiz et Pavon. Syst. veget. FI. Per. i^i.— ^. re- voluta Ruiz et Pavon. 1. c. Hab. Le Pérou, entre Huariaca et Huanuco (Mattbews n. 908.) 16. G. linarioides (Cham. et Scblecht. in Linnaea 3. 1 3.) glabra, scabriuscula, foliis linearibus acutis uninerviis, floribus racemosis, calycibus pedunculo brevioribus, dentibus ovato-truncatis lanceolatisve acutis tubo multo brevioribus, corollis ample tubuloso-campatiulatis pubescentibus calyce 4-5-plo longioribus. îlab. La Banda orientale, dans rAmériquê du sud (Twecdic.) 236 BENTHAM. — Synopsis des Gérardiées. ly, G. genîstifolia (Cbam. et Schlecht. Linnœa Z. i5), glaLra, scahriuscula, foliis lanceolatis acutis suLlriaerviis, floriliiis racemosis, caljcibiis pe- dunculo brcvioribus, dentibus ovato-truncatis lanccolatisve acutis tubo multo brevioribus, coroEis ampîe tubuloso campanulatis pubescentibus calyce 4-5-plo longioribus. fiab. La Banda orientale dans rAïuéiiquc du sud (Tweedic.) 18. G. angustifolia (Mart. Nov. Geo* et Sp. Bras. 3. 12. t. 206.), perennis glaberriraa, caule erecto virgato-ramoso, foliis ultrapollicaribus augusto- linearibus acutis erecto-patulis, pedunculis ebracteatis folia subœquanti- bus, calycis aequalis dentibus mucronulatis, coroUis calyces 5-plo supe- rantibus (Martius.) Hab. La Province des Mines, au Brésil (Martius») 19. G. hispidula (Mart. L c. 3. i3. t. 207.}, annua patenti-hispida, caule fas- tigiato-ramoso, foliis ultra pollicaribus liuearibus acutis patulis prsesertim margine papillosis , pedunculis bibracteatis folia superantibus, calycis œqualis dentibus acutis, coroUis calyce triplo longioribus (Martius). HaL. Les provinces de Piaccbia et de Para, au Brésil (Martius.) ao. G. communis (Ciiam. et Scblecht. Linnaea, 3. 12.), glabra aevis, floribus subsessilibus, dentibus calycinis tubo longioribus^ coroUa tubuloso-cam- panulata dentés calycinos breviter excedente. Hab. Commua dans le sud du Brésil, depuis Rio-Janeiro jusqu'à la Banda orientale. ai. G. dasyantha (Schiede et Deppe Linnsea 5, io4.) caule bifariam puLes- cente, foliis liuearibus glabris, dentibus calycinis tubo longioribus, co- roUis extus pubescentibus calyce subdiiplo longioribus. (Char, ex descr. Cham. et Schlecht.) Hab. Terra Fria, au Mexique (Scliiede €t Deppe.) 22. G. heierophylla (Nutt. ! Trans. Amer. Phil, soc. 5. 180) glabra, foliis radicalibus latis incisis, caulinis liuearibus vel lineari-lanceolatis acutis rigidis margine scabris, floribus subsessilibus, calycibus angulatis, dentibus lanceolato-linearibus acutissimis tubo parum brevioribus, coroUis ample campanulatis extus tomentoso-pubescentibus calyce 3-4-plo longioribus. p. grandiflora. Hab. Arkansas (Nuttal.) Texas (Drummond.) 25. G. fascicuîata (Elliott Bot. of S. CaroL and Georg. 2. 11 5.) scaberrima, EENTHAM. — Synopsis des Gèrardiées. - 287 caule rigido superne ramoso, foliis anguste linearibus acutis, pedunculis brcvissimis, calycibus truncatisjdeiitibus brevibus acutis, coroUis amplis campanulatis leviter pubescentibus calyce 5-plo îongioribus. Hab. Jacksonviile (Drummond.) Caroline du sud et Géorgie (Ellict.) 24. G. Domingensis (Spreng. Syst. 2. 817.) perennis, tenuissime Lispidula, caule stricto erecto subfastigiato-raruoso, foliis subpollicaribus angusto- linearibus acutis erectiuscnlisj quam pedunculi brèves ebracteati triple Iongioribus, dentibus calycis aequalis acutis , coroUis calyces triplo su- perantibus (Mart.) Hab. Saint-Domingue (Bertero.) 25. G. maritima (Rafin. New-York Med. Rep. 2. 36 1.) liurailis, glabra, carnosa, foliis linearibus obtusis , racemo terminali, calycibus breviter pedunculatis truncatis, dentibus brevissirais obtusis muticis, coroUis gla- bris campanulatis calyce 3-4-plo Iongioribus. G. crinita Eddy. — G. purpurea f* crassifolia Pursh fl. Amer. sept, a. 422. p. grandi flora. Hab. Les marais salés dans les Etats de New-Jersey et de New-York, p. Texas (Drummond.) 26. G. Plukenetii (EU. Bot. of S. Carol. and Georg. 2. li4.) laevissima, foliis parvis remotis filiformibus subfasciculatis pedunculatis calyce foliisque brevioribus, calycibus truncatis dentibus brevibus acutis, coroUis tenuis- sime pubescentibus calyce vix triplo Iongioribus. Hab. La Caroline et la Géorgie (EUiott.) Le pays des Cherokees (Herb. Banks.) 27. G. purpurea (Linn, Spec. 848.) foliis linearibus acutiusculis planis mar- gine scabris, floribus breviter pedunculatis, calycibus subenerviis,denlibus acutis tubo dimidio brevioribus, coroUis glabris ample campanulatis, basi breviter tubulosis. «. parpiflora, coroUa vix 7-8-lineari> 3. grandiflora, coroUa poUicari. Hab. Commun aux Etats-Unis, a Botton. p. New-Jersey. 28. G. longifolia (Nuit. Trans. Amer. Pliil. Soc. 5. 180.) foliis anguste li- nearibus margine scabris, floralibus flores superanlibus, pedunculis ca- lyce multo Iongioribus, calycibus subenerviis, dentibus lanceolatb acutis a38 BENTHAM. *— Synopsis des Gérardiées. tubo vix brevioribus , corollis glabris ample campanulaîis basi breviter tubulosiis. Hab. Arkansa (Nuttal.) Red-River dans le nord-ouest (Douglas, } 29. G. linifolia (Nutt. Gen. PI. Amer. 2, 4/, caule virgato lœvi ramosis- simo, ramis apice floriferis, foliis linearibusacutis laevibus velscabriusculis pedunculo longioribus, calycibus truncatis campanulatis minute dentatis, corollis amplis campanulatis , fauce pubescente, laciniis omnibus cilialis. Hab. De la Caroline du Nord à la Floride (Nuttal.) Alabama (D' Gates.) 30. G. peduncularis, foliis linearibus raargine revolutis cauleque scaberrimis racemis paniculatis, calycibus longe pedunculatis angulatis truncatis, den- tibus brevibusacutis, corollis ample campanulatis pubescentibus margine longe ciliatis calyce 4- plo longioribus. Hab. le Mexique (Tate.J Si. C.JilifoHa(No.Xl.l. c. 2. 48.) foliis Gliformibus plerisque alternis sub- fasciculatis cauleque scabris (laevibusve ?) , racemis panicailatis, pedun- culis floriferis folio multo longioribus, calyce truncato dentibus brevibus acutis, cbroUa ampla ventricoso-campanulata. Hab. Floride occidentale (Nutt.), Jacksonville, Louisiane et Texas (Drum^ mond.) 32. G. strictifolia , foliis linearibus rigidis acutissimis cauleque ramosissimo scabriusculis, racemis subpaniculatis, pedunculis folio longioribus, caly- cibus truncatia dentibus selaceis, corollis campanulatis calyce iub-4-pIo longioribus. fiab. Le Texas (Drummond.) 33. G. tenuîfoUa (Vahl Symb. 5. ^9.) caule angulato laeviusculo, foliis li- nearibus supra plus-minusve scabro-pilosulis, racemis paniculatis, pe- dunculis folio demum sublongioribus, calycibus truncatis, dentibus bre- TÎssimis acutis^ corollis campanulatis glabriusculis calyce sub-S-plo lon- gioribus, capsula subglobosa calycem non excedente. C erecto Walt. FI. Car. 170. sec. Pursh. a. humilis, Iseviuscuîa, foliis maxirais vix ultrapoUicaribus latiusculis, corolîa 5-6-lineari. P. macrophylla , scabrior, foliis maximis 2-3-pollicaribus latiusculis, corolla 7-8-lineari. t. leptûphyllay scabriuscula, elata, foliis fiUformibus maximis rix pol* licaribus, coroUa 6-7-lineari. BENTHAM. ' — Synopsis des Gémrdiées» aSp Hab. Commun aux Etats-Unis. a. Boston. P. Jacksonville et Saiat-Louis (Drummond.) 1. Jacksonville et Louisiane (Drummond.) 34. G. setacea (Walt. fl. Car. 170 sec. Pursh et Nutt.) ramis gracilibus fo- liisque seîaceis scabriusculis, floribus paucis longe pedunculatis, calycis deutibus brevibus setaceis, capsula ovata calyce longiore. P. parvifoîlay foliis distanlibus 3-6-lin. longis, floribus racemosis. Hab. De la Pcnsylvanie à la Caroline, Saint-Louis (Drummond.) P. Jack- sonville. Z5. G- aphylla (Nutt. Gen. PI. N, Amer. 2- 47.) ramis clongatis fîliformibus subnudis scabris, foliis bre-yibus i emotis linearibus vel omnibus minutis squamaeformibus, calycibus pedunculatis truncatis, dcntibus brevissimis acutis, capsula globosa calyccm excedentc. p. fdicaulis, ramis gracillimis paucifloris, floribus parvis. If. grandijlora , ramis rigidis, floribus racemosis majuscubs. Hab. De la Carobne du nord à la Floride (Nuttall.) Jacksonville (Drum- mond.) Sectio F. Dargeria. ^lyx 5-dentatu3. Corolla purpurea, laciniis emarginato-hifidis.Stamina didynama, antJieris omnibus œqualiter bilocularibus fertilihus, Herba In- dica, foliis pinnatisectis laciniis linearibus. 3G. G./>amj^m(Bentb. in Wallich. Cat. n. 3888. Scroph. lud. 48). Caulis elatus, acute tetragonus. Racemi uumerosi, virgati, in paniculam amplam dispositi. Flores breviter pedicellati, Corolla vix 2 lin. longa. Capsula ovoideo-globosa retusa parum compressa, valvulis maturitate recurvia integris. Hab. Les monts Himalaya. • Sectio FL Sopubia. Calyx campanulatus $-dentatusl Corollce lacinlce infegrœ. Stamina didy" ma^ aniherarum omnium loculot altéra fertili erecto altéra minore divergente cassa. Capsulée valvulœ sœpius hifidœ, dissepimento apice' tantum vel fer e ad basin dehisceniia saluto. Herbœ Austro- Africanœ vel Indicée ^ foliis an- gustis plerumqu/^ incisiSf inflor&scentiE BRÉBissoN. ' — Siir Ics Diatomées. 2 53 ■s. Un troisième échantillon offre, entre deux laitielles de talc, bon nombre d'individus calcinés du Ncwicula viridis^ Ehrenb. Comme dans le Fragilaria pectinalis , le feu a dévoré la sub- stance verte organisée et animalisée; mais il n'a porté aucune atteinte à l'enveloppe ou carapace siliceuse de cet infusoire : on y voit, de la manière la plus nette, la côte médiane et les élégantes stries transversales qui caractérisent la coquille ou carapace de ces animalcules microscopiques et siabondans dans presque toutes les eaux. « Ces individus du Nai^icula viridis calcinés, comparés sous le microscope avec ceux à l'état fossile envoyés de Berlin, et composant, en grande partie toute la masse de certains tripolis, n'offrent aucune différence. Dans les uns et les autres il ne reste que l'enveloppe ou carapace silicieuse, incombustible, in- colore et transparente comme du cristal. Dans les deux cas, c'est la substance organisée et animalisée qui est détruite et qui a complètement disparu. « Il ja'y a véritablement qu'une différence de temps entre le résultat observé par M. Ehrenberg et celui produit artificielle- ment par M. de Brébisson. Le premier est dû à une combustion lente et naturelle de la partie mucilagineuse et organisée, tandis que le second s'obtient instantanément en brûlant avec violence cette même partie. (c II résulte de ces expériences que M. de Brébisson fabrique une sorte de tripol^ artificiel, puisque, comme ceux que l'on trouve tout formés dans la nature, son produit est une agglo- mération d'enveloppes siliceuses ayant fait partie, comme co- quille ou enveloppe, de plusieurs espèces d'êtres organisés. « Ces petites coquilles très dures, mais pourtant très fragiles, et dont la cassure rappelle celle du verre, étant souvent brisées ou pouvant se briser sous l'action du frottement, il n'est pas étonnant que de tels fragmens soient très propres à gratter, à nettoyer ou a décaper la surface des métaux. » 2 54 A. BOREAU. — Euphrasia Jaubertiana. Description sépales, offrent aussi six pélales; mais le nombre normal dos placentaires et des valves, c'est-à-dire celui de cinq, reste le même. ED. sPACH. — Sur les Cistacées. 269 ies sépales intérieurs, lesquels dans ces cas se trouvent recouverts en tout ou en partie par les premiers; leur estivation est val- vaire ou distante, et très souvent ils restent réfléchis ou étalés après la floraison; les sépales du verticille intérieur sont toujours plus ou moins inéquilatéraux et voûtés, mais rarement inégaux entre eux (i); sans exception ils se recouvrent plus ou moins dans le bouton, et le côté recouvert offre un rebord membra- neux ou scarieux ordinairement très large; en outre, leur partie siipérieureest très souvent contournée en estivation; étalés ou réfléchis au moment de l'épanouissement de la fleur , ils re- prennent immédiatement après l'anîhèse leur position primitive (sauf la torsion), et la conservent jusqu'à la maturité du fruit ; mais alors, suivant les espèces, ils se détachent dans les unes, et s'étalent ou s'écartent plus ou moins dans les autres. RrxEPïAcrj:. Le réceptacle se prolonge quelquefois en stipe staminifère très marqué, et articulé à la base de l'ovaire (2), mais en géné- ral il ne forme qu'un bourrelet peu saillant. Disque. Dans la plupart des Cistacées, on observe un petit godet sta- minifère plus ou moins charnu, inséré au réceptacle, inadhérent mais engainant la base de l'ovaire, et qu'on envisagerait peut- être à plus juste titre comme un androphore que comme un disque proprement dit; car, lorsque les étamines sont peu nom- breuses , ce corps est mince et évidemment formé par la con- fluence de la base des filets. Ce godet manque dans les Cistacées dont les étamines sont insérées sur un gyiiophore. (i) Lorsqu'il y a inégalité entre les trois sépales intérieurs (comme dans les Cistus Idrsiitus , C. monspessuïanus , etc. ) , deux de ces sépales sont égaux, conformes, et plus petits que la troi- sième, lequel est presque semblable aux deux sépales extérieurs. (2) Ce stipe réceptaculaire ne doit pas être confondu avec un rétrécissement stipitiforme de la base de l'ovaire, qu'on observe dans beaucoup de Cistacées-, mdis qui n'est jamais ni articulé ni staminifère. 17. a6o ED. sPACïi. — Sur les Cistacées. Corolle, La corolle (nulle dans quelques espèces) n'offre qu'un seul verticille de pétales soit isomères, soit anisomères avec les sé- pales, et toujours distincts. Lorsque les péîales sont au nombre de cinq dans des fleurs soit à cinq, soit à qoatre, soit à trois sépales (j), ils n'alternent ja- mais avec les sépales, ainsi qu'on l'avait supposé à tort jus- qu'aujourd'hui; mais dans les unes comme dans les autres ils n'affectent aucune symétrie régulière ni constante relativement au calice. (2)' Lorsque les pétales sont au nombre de trois (3), ils alternent avec les trois sépales du verticille intérieur. Dans la tribu des C/5/e^5, les pétales, sans exception très- caducs et insérés au réceptacle sous le disque, sont chiffonnés avant la floraison et contournés en sens inverse des sépales in- térieurs. Dans la tribu des Léchidiées, les pétales persistent en général plus ou moins long- temps et prennent même quelquefois de l'accroissement après la floraison; ils ne sont ni contournés ni chiffonnés en estivation, mais simplement imbriqués, et ils s'in- sèrent à la base d'un réceptacle stipitiforme, ou, par exception, au sommet même de ce stipe. Dans quelques espèces seulement de la même tribu, la fleur primordiale de chaque inflorescence est ordinairement 5-pétale, tandis que toutes les autres fleurs sont apétales. Étamines. Les étamines sont libres (à moins qu'on ne préfère envisager le disque comme un véritable androphore), marcescentes, uni- (i) Cette couformation est commune à la plupart des espèces, et, conjointement avec quel- ques autres caractères, elle constitue ma tribu des (7«teej. (2) Je suis arrivé à ce résultat en examinant sur le vivant un grand nombre d'espèces. (3) Les Cistacées tripétales, conjointement avec les apétales, constituent ma tribu des Ltckidce'es : toutes ont un calice pentasép. SPACH. — Sur les Cistacées. que des placentaires monospermes par avortement ne soient pas rares dans cette famille. Lorscpi'il n'existe que de deux à quatre paires de funicules sur un placentaire filiforme, elles sont superposées soit immédiatement, soit à des distances plus ou moins rapprochées. Lorsque les funicules sont en nombre in- déterminé sur un placentaire nerviforme dont ils couvrent toute la surface antérieure, ils paraissent trop rapprochés pour affecter un ordre régulier ; mais lorsqu'il n'en naît qu'aux an- gles latéraux d'un placentaire trigone, on distingue soit une seule série, soit plusieurs séries de chaque côté. La longueur des funicules varie suivant ies espèces, mais on peut dire qu'en gé- néral ils sont allongés, et par exception seulement très-courts ou presque nuls. Quant à leur direction, ils sont ou presque horizontaux, ou plus ou moins défléchis mais généralement re- dressés au sommet, ou bien ascendans presque dès leur base mais infléchis au sommet. Leur forme et leur structure offrent plusieurs modifications notables : dans beaucoup d'espèces, ils sont capillaires ou filiformes, sans aucune dilatation, ou n'of- frant qu'un épaississement peu sensible vers l'extrémité par laquelle ils s'attachent à l'ovule; dans d'autres espèces ils sont fortement renflés eu forme de iTîassue ou de toupie , et s'atta- chent au placentaire par an petit filet capillaire, lequel se con- tinue dans leur intérieur jusqu'à la chalaze ; dans quelques es- pèces leur partie inférieure est capillaire, tandis que plus haut ils sont beaucoup plus épais, moniliformes et fortement celluleux. Les ovules, en général assez petits ou minimes, sont ordinai- rement de forme ovale ou oblongue. Vers l'époque de la florai- son, ils se composent d'une primine pelliculaire perforée au sommet, d'une secondine plus ou moins débordée par la pri- mine et conformée comme celle-ci, enfin d'un très petit nu- celle (v. pi. 16 , fig. a). A l'exception de quatre espèces (con- stituant la section des Cistées-Fumaninées ) , ces organes of- frent constamment le type de Xèi^olution orthotrope : le hile, confluent avec la chalaze, forme une aréole ou un mamelon saillant à la base (tant organique que géométrique) de l'ovule ; les points d'attache de la secondine et du nacelle correspon- dent exactement à l'attache extérieure, et se font aussi moyen- ED. SPACH. — Sur les Cistacëes. 265 nant un aréole. Le plus souvent l'ovule est érigé (c'est-à-dire que l'exostome se trouve placé en haut, eu égard au sommet de l'ovaire) par suite du redressement du funicule, quelle que soit d'ailleurs la direction générale de celui-ci, et fréquemment lors de i'anthèse (peut-être toujours à l'époque de la féconda- tion), il est incliné vers le placentaire, auquel il touche avec l'exostome, mais sans adhérer; quelquefois l'ovule^ au lieu d'être érigé et légèreuient incliné, se renverse complètement, dirigeant l'exostome vers le placentaire, mais reprenant plus tard une po- sition érigée. Les Cistacées que j'ai signalées plushaut comme faisant ex- ception à l'orthotropie, ont des ovules presque anatropes, atta- chés un peu au dessous de leur sommet moyennant un funi- cule horizontal très court (v. pi. i6, fig. i), et par conséquent appendans; le raphé forme une petite crête [d) à la surface de la primine, depuis le hile jusqu'à la base de l'ovule, où il entre dans la chalaze (c); contrairement à ce qu'on remarque dans les Cistacées à ovules orthotropes, la primine se prolonge au- delà de la secondine en un boyau (v. même fig. b.) dont l'extré- mité supérieure est soudée au placentaire à l'époque de la flo- raison : connexion qui se maintient pendant quelque temps, mais se détruit dès que l'ovule prend de l'accroissement. Toutes les Cistacées offrent un style indivisé , non continu avec l'ovaire (excepté dans les Hudsonia et inséré au sommet de celui-ci dans une fossette qui le met en communication di- recte avec les placentaires ; il se dessèche en général peu après la fécondation, et, dans la plupart des espèces, il tombe long- temps avant la maturité. Le tissu de ce style, très différent de celui de l'ovaire, est analogue au tissu des stigmates et des pla- centaires. Souvent ascendant et géniculé à la base, ou quelque- fois décliné , le style des Cistacées est tantôt très court et tur- biné, tantôt grêle et plus ou moins allongé; ordinairement il offre autant d'angles que l'ovaire renferme de placentaires. Les stigmates sont en même nombre que les placentaires et correspondans à l'axe de ces derniers. Le plus souvent ils ont la forme d'une crête trigone ou condupliquée , plus ou moins charnue, et diversement plissée ou fimbriolée ; ordinairement ces 266 ED. SPACH. — Sur les Cistacées. crêtes sont cohérentes par leurs côtés et coniiiveiUes de ma- nière à simuler un stigmate indivisé (i); mais il n'y a jamais soudure complète, car il est très facile d'isoler chaque crête. Dans les Lechea et dans le Lechidium (nouveau genre) , les stigmates sont plumeux et tout-à-fait distincts. Dans les Hud- sonia, le style est terminé par trois stigmates dentiformes, mais imperceptibles à l'œil nu. PiRICA.RPE. Le péricarpe des Cistacées est sans exception une capsule à 3, ou à 5, ou rarement à 6-io cloisons soit complètes, soit plus ou moins incomplètes, ou moins souvent à 3 placentaires immé- diatement pariétaux. Sa consistance est ou ligneuse, ou coriace, outestacée, ou cartilagineuse, ou presque chartacée. Il s'ouvre de haut en bas en autant de valves qu'il y a de cloisons ou de placentaires: ces valves sont constamment cymbiformes et ab- solument dépourvues de côtes , de nervures, ainsi que de sil- lons; le plus souvent elles ne s'écartent que peu les unes des autres, et, sauf quelques exceptions, elles persistent après la déhiscence , laquelle, dans la plupart des espèces, ne s'opère que long-temps après la maturité des graines; d'ailleurs la diver- gence des valves dépend de l'étal de l'atmosphère : car, lorsque le temps est pluvieux, les capsules déjà ouvertes se referment; complètement; dans les Cistacées tripétales à capsule tri- valve , les valves sont placées devant les trois sépales intérieurs, et par conséquent alternes avec les pétales ; dans les Cistacées pentapétal^s dont la capsule est à trois valves, celles-ci alternent avec les trois sépales intérieurs; dans les Cistacées pentapétales à capsule 5-valve, les valves sont opposées aux sépales. Les cloisons, ou à leur défaut les placentaires, correspondent tou- jours à l'axe des valves, et en général la déhiscence ne détruit point la continuité de ces parties du fruit: toutefois, dans le Cistus monspessulanus , la capsule , évalve dans presque toute (i) Cette conformation, analogue à celle du stigmate des Tilia , est très évidente dans la plujpart des Cistus des auteurs. ED. SPACH. — Sur les Cistacées. 267 son étendue, s'ouvre au sommet en cinq petites valves , les- quelles se recourbent en arrière et se détachent complètement des portions correspondantes des cloisons (v. pi. 17 fig. 7); dans le Lechidium Drummondii Nob. (espèce nouvelle, indigène au Texas), la capsule est septifrage-trivalve dans toute sa longueur; dans plusieurs espèces à placentaires immédiatement pariétaux, ceux-ci finissent aussi par se détacher des valves. La consistance des cloisons est cartilagineuse, ou chartacée, ou membraneuse; ainsi que je l'ai fait remarquer au sujet de l'ovaire, elles se sé- parent souvent en deux lamelles. Lorsque les cloisons sont car- tilagineuses ou chartacées, leur cohérence avec les placentaires n'est point rompue par la déhiscence; mais lorsqu'elles sont pelliculaires, les placentaires finissent quelquefois par rester libres au centre du fruit : séparation qui, dans les Zj^c^ea , se fait déjà peu après la floraison. Ayant exposé, en traitant du pistil, tout ce qui se rapporteàla conformation des placentaires et des funicules, il ne me reste rien à ajouter à leur sujet, si ce n'est que les funicules persistent le plus souvent après la chute des graines. Oraiwes. Les graines des Cistacées sont orthotropes, excepté dans quatre espèces, qui ont des ovules et des graines anatropes; leur direction relativement au péricarpe est quelquefois vague, mais en général elles son* érigées, quelle que soit la direction du funicule, et elles se détachent de celui-ci lors de la déhis- cence ou même plus tôt ; dans un petit nombre d'espèces elles sont renversées ou bien appendanles. Le nombre des graines est défini ou indéfini ; chaque placentaire offrant toujours dans l'origine pour le moins une paire d'ovules, c'est par avorte- ment que les placentaires deviennent monospermes ( et la cap- sule, par conséquent, oligosperme), ce qui a lieu assez fréquem- ment; quelquefois même ce n'est que sur l'un des placentaires qu'un ovule prend de l'accroissement, tandis que tous les ovules des autres placentaires du même ovaire avortent, d'où résultent des capsules monospermes. A moins que les graines des Oista- lOS E». sPACu. — Sur les Cistacées. cées ne se déforment par défaut d'espace ou par compression mutuelle (v. pi. i6, fig. 5 et 12), elles sont généralement ovales ou ovales-oblongiies et souvent presque trigones : leur face an- térieure (c'est-à dire celle qui s'applique au placentaire) étant plus ou moins bombée, et la face extérieure pliée en carène. Le tégument de la graine, très lisse, ou chagriné, ou rare- ment rugueux, est plus ou moins épais. Il se compose de trois enveloppes, facilement séparables les unes des autres avant la maturité, mais finissant par contracter une forte adhérence entre elles. La plus extérieure de ces trois enveloppes est une pellicule ordinairement membraneuse, diaphane et d'un tissu réticulé ; elle se forme probablement par la soudure de la pri- mine et de la secondine de l'ovule; c'est toujours sur elle que se trouvent les papilles qui donnent aux graines de beaucoup de Cistacées l'aspect d'ir-e peau de chagrin (v. pi. 16, fig. t8 et 19J; dans certaines espèces, la macération dans de l'eau y dé- veloppe une épaisse couche de mucilage. L'enveloppe intermé- diaire est crustacée et plus ou moins épaisse. T/enveloppe in- terne est une pellicule d'un extrême ténuité, et paraît provenir de la quintine. L'exostome reste souvent visible au sommet de la graine, sous forme d'une petite cicatrice. La chalaze forme à la base de la graine une aréole circulaire ou un petit mamelon co- nique, et ordinairement elle est d'une couleur plus foncée que le tégument. Les graines de la plupart des Cistacées étant or- thotropes , leur hile coïncide avec la chalaze (v. pi. 16, fig. 18, 19 et 22), excepté dans les quatre esjfèces à graines anatropes, où le funicule s'insère un peu au dessous du sommet de la graine , et se prolonge jusqu'à la base en un raphé filiforme (v. pi. 16, fig. 3, 12 et i3.) Le périsperme est farineux ou corné et ne contracte qu'une faible adhérence avec le tégument de la graine; son contour offre à-peu-près la même forme que la graine entière, mais on n'y remarque jamais d'angle saillant; son épaisseur est plus ou moins considérable, et souvent très inégale en différens points, suivant la conformation spéciale de l'embryon (v. pi. 16, fig. 4, 5," 18, 20, etc.) - L'embryon, ordinairement d'un vert gai avant la maturité^ ED. SPACH. — Sur les Cistacées. 269 acquiert une couleur jaune en arrivant au terme de son déve- loppement, et son volume^est souvent très considérable , eu égard à la masse du périsperme. Dans plusieurs Cistacées- Lé- chidiées il est rectiligne ou presque rectiligne, axile, et à peine aussi long que le périsperme (v. pL 17, fig. 11); dauis toutes les autres Cistacées il est curviligne,, plus ou moins excentrique et très allongé : conformation dont les principales modifications sont les suivantes : i.;: 1° La radicule se replie soit sur lê tranchant, soit sur le dos des cotylédons, lesquels sont rectilignes. Cette structure est tout- à-fait semblable à celle de l'embryon des Arabis, Sisym- brium , etc. (\. pi. 16, fig. 20, 21 , 22.) 2° La radicule se replie sur le dos des cotylédons, lesquels sont ascendans jusque vers le milieu de leur longueur, puis géni- culés et réfléchis vers la base de là graine, de sorte que l'em- bryon offre à-peu-près la formé d'un sigma grec renversé : structure analogue à celle de l'embryon des Crucifères dési- gnées par M. de Candolle sous le nom de Diplécolobées (v. pi. 17, fig. 8). 3* Tout l'embryon se plie autour d'une portion centrale du péri- sperme, en décrivant un triangle plus ou moins irrégulier, dont les angles basilaires sont formés l'un par une géniculation de la partie inférieure de la radicule, l'autre par une génicu- lation des cotylédons. 4° Tout l'embryon est roulé en crosse autour d'une petite por- tion centrale du périsperme, en décrivant plus ou moins de circonvolutions (v. pi. 16, fig. i5 et 18.) 5* L'embryon est plié presque en forme de fer-à-cheval autour de la portion centrale du périsperme (v. pi. 16, fig. 23). La radicule est cylindrique et plus ou moins rétrécie à la base, obtuse, grêle, à-peu-près aussi longue que les cotylédons ou quelquefois même de moitié plus longue. Conformément à ce qu'on observe dans toutes les graines orthotropes, la radi- 270 ED. SPACH. — Sur les Cistacées. cule de la plupart des Cistacées est ascendante dans la direction opposée du hile; dans les espèces à graines anatropes, son ex- trémité supérieure déborde plus ou moins le hile (i). Relative- ment au péricarpe, elle est ordinairement supère (la plupart des espèces ayant les graines érigées) , ou rarement infère (un peut nombre d'espèces ayant les graines renversées), ou bien centri- fuge (lorsque les graines affectent une direction à-peu-près hori- zontale). Dans les Cistacées à embryon rectiligne ou subrecti- ligne, la radicule est ou absolument perpendiculaire à l'axe de la graine, ou un peu oblique relativement à cet axe ; mais dans toutes les autres espèces, elle offre constamment peu au-dessus de sa base nne géniculation prononcée. La plumule est imper- ceptible avant la germination. Les cotylédons sont minces, pres- que planes, et appliqués l'un contre l'autre dans toute leur lon- gueur ; suivant les espèces leur sommet regarde ou la chalaze , ou l'endostome, et, lorsque l'embryon est roulé en crosse, ce sommet occupe le centre de la spire. Quant à leur forme, les cotylédons sont ou linéaires, ou oblongs, ou elliptiques, ou sub- orbiculaires, toujours obtus et très entiers; quelquefois leur base se rétrécit brusquement en un court pétiole. Tout botaniste exempt de préjugés ne saurait être d'avis qu'un nombre assez considérable d'espèces, offrant des modifications aussi variées dans les organes les plus importans pour une clas- sification philosophique, dussent rester la plupart entassées péle- méle dans deux prétendus genres, caractérisés l'un [Cistus) par une capsule 5-io-valve, l'autre (Helianthemum) par une capsule 3-valve. Il m'a donc semblé indispensable de reconstituer sur d'autres bases les anciens genres de cette famille, et d'en pro- poser plusieurs nouveaux. J'en exposerai les caractères essen- tiels dans un des prochains numéros de ce recueil. (i) M. AHg. de Saint-Hilaire est dans l'erreur en présumant (Hist. des Plantes remarqua- bles du Brésil et du Paraguay, p. 824 ) que la radicule de tous les Helianthemum est dirigée en sens contraire du hile. ED. SPACH. — Sur les Cistacées. ij EXPLICATION DES PLANCHES. PLANCHE i6. Fig. 1-5 : Fumana thymîfoUa Nob. ï. Ovule entier : a. funicule; b. prolongement de laprimine, dont le bout adhère au placen- taire à l'époque de la fécondation; c. chalaze; d. raphé. — a. Ovule dépouillé delapri- mine : le nucelle paraît par transpai'ence à travers la secondine. — 3. Graine vue antérieu- rement : a. funicule ; b. chalaze. — 4. Id. , coupée verticalement : a. chalaze. — 5. Coupe horizontale d'une graine. Fig. 6-17 : Fumana arabica Nob. 6. Une étamine vue postérieurement. — 7. Id. , vue antérieurement. — 8. Un filet stérile. — 9. Portion supérieure du même , plus fortement grossie. — 10. Pistil : a. disque. — 11. Une des crêtes du stigmate déployée, fortement grossie. — 12 , i3. Graines; a. funicule; b. chalaze; c. raphé. — 14, i5. Id. , coupées longituflinalement. — 16. Coupe verticale d'une graine. — 17. Embryon , dont on a écarté les cotylédons. Fig. 18. Coupe verticale d'une graine de Cistus villosus Linn. (a. hile et chalaze.) Fig. 19-22 : Helianthemum variabile Nob. 19. Graine entière : a. hile et chalaze. — 20. Coupe horizontale d'une graine à radicule exactement commissurale. — 21. Coupe horizontale d'une graine à radicule obliquement dorsale. • — 22. Graine coupée verticalement : a. hile et chalaze. Fig. 23-24 '• Tuberaria annua Nob. 23. Embryon dans sa position naturelle. < — 24. Graine commençant à germer. - PLANCHE 17. Fig. 1-2 ; Ladanium laurifolium Nob. I. Coupe transversale d'un ovaire pour faire voir les lames placentairiennes formant des faus- ses-cloisons. — 2. Une valve du fruit, vue d'un côté, pour faire voir l'une des crêtes du placentaire , aux incisions de laquelle étaient fixées les graines. Fig. 3-4 : Ladanium officinarum Nob. 3. Capsule entière. — 4. Une valve, vue d'un côté, pour faire voir l'une de» crêtes du pla- centaire, laquelle est adnée à la cloison. 272 AD. STEiNHKiL. — ■ Genres Scilla ef Urginea. Fi g. 5-6 : Rhodociitus Berthelotianus TSoh. 5, Capsule entière (grandeur naturelle) pour faire voir sa déhiscence en cinq valves septifères incomplètes. — 6. Id. , dont on a enlevé deux des valves pour faire voir les cloisons et les placentaires. Fig. 7 : Capsule du Stephanocarpus monspessulanus Nob. ( grossie) , pour faire voir sa déhis- cence septifrage en cinq valves dentiformes. Fig. 8- 9 : Rhodax montanus Nob. 8. Coups verticale d'une graine pour faire voir le mode de courbure de l'embryon. — 9. Em- bryon isolé , dont on a écarté les cotylédons. Fig. lo-n : Lechea wV/o^a Elliot. 10. Graine entière. — ir. Id. coupée verticalement, pour faire voir la forme et la position de l'embryon. Fig. 12, Placentaires (très grossis) de V Heteromeris corymbosa Nob. * Quelques observations relatwes aux genres Scilla et Urginea^ <— Deux genres à établir dans la famille des Liliacées et des- cription d'une espèce nouvelle^ Par Ad. Steinheil. Dans mon mémoire sur le genre Urginea (i), j'ai montré qu'il était nécessaire de séparer la Scille maritime du genre auquel elle paraissait devoir désormais appartenir irrévocablement après avoir été tour-à-tour placéedans les genres Ornithogalum, Stellaris et Scilla. Je la fis entrer dans mon nouveau genre avec lequel elle avait des affinités évidentes , et ce rapprochement était forcé pour moi d'après ce que je possédais alors de con- naissances sur cette plante; pourtant ce ne fut qu'avec répu- gnance que je me décidai à l'adopter, non-seulement parce qu'il me fallait changer en un nom nouveau, un nom consacré (i) Ann. de«Sc. nalur. Paris , juin i834. i STEINHEIL. ' — Genres Scilla et Urgiriea. 273 par une antiquité aussi grande que possible et qui devait par cela même appartenir à cette plante de préférence à toute au- tre ; mais aussi parce que je reconnaissais l'existence de quel- ques caractères assez importans, de ces caractères de végétation et de faciès qui échappent souvent aux définitions rigoureuses^ qui cependant vous annoncent presque toujours une différence réelle dans le type et qui isolent la Scille au milieu du genre où je l'avais placée: ainsi j'entrevoyais confusément la nécessité d'en former un genre particulier, et j'étais peut-être encore engagé à le faire par cette tendance bien évidente qui nous pousse à donner plus d'importance aux caractères des espèces qui sont devenues d'un usage général ou ont produit un grand nombre de variétés, influence à laquelle sans doute on doit l'existence des genres Prunus, Cerasus, Malus, Pyras^ etc., comme si dans l'impossibilité où nous serons probablement toujours de limiter dans la pratique une grande partie des genres comme nous con- cevons en théorie la pensée du Genus, l'importance usuelle de ces plantes augmentait celle de leurs notes distinctives. Cependant celles que je connaissais paraissaient insuffisantes lorsque la découverte d'une espèce nouvelle, ou peut-être plutôt sa réhabilitation après un long oubli, m'ayant misa même d'étu- dier la Scille dans des circonstances plus favorables, je reconnus en elle l'existence d'un caractère distinctif à ajouter à tous les au- tres et plus important qu'eux; je me crus alors suffisamment au- torisé à en former un genre nouveau auquel je puis heureusement attribuer un nom qui aura l'avantage d'être celui des anciens et de bien rappeler le nom vulgaire (i). Comme mon genre Urgl-* nea n'a encore été inscrit dans aucun ouvrage général (2), je (2) Le nom de Squilla était plus ancien à Rome que celui de Scilla. A propos de cette question de noms, je suis bien aise de faire remarquer ici que l'on aurait tort de proscrire mon nom à'Urginea en vertu du précepte qui défend d'employer des noms de pays pour la forma- tion des noms génériques : il est évident que le nom d'une tribu arabe, comme celles qui oc- cupent successivement telle ou telle place dans la régence d'Alger (dans de certaines limites cependant), a beaucoup plus d'analogie avec ce qui est un nom d'homme qu'avec ce qui est uu nom de pays; je ne pense donc pas avoir mal fait en introduisant dans la science le souvenir d'une conquête qui a déjà coûté à la France bien des sacrifices en échange desquels elle promet de brillans avantages et dont la botaniqut retirera certainement aussi quelque fruit. (3) Pendant que je m'occupais de !a rédadiou de ce travail a paru le dixième fascicule du YI BoTAN. — Novembre. s 8 2^4 snaiNMiir.. — Genres Scilla et Urginea. pense que l'on ne pourra me reprocher ce changement et d'ail- leurs s'il n'est pas permis à un auteur de changer le nom une fois imposé par lui, ce n'est certainement pas dans le cas où il reconnaît par des observations postérieures que son genre doit être divisé. Je propose d'appliquer à celui que j'entreprends d'établir ici le nom de Squilla qui a été souvent aussi donné à la Scille , qui dérive du grec a%à\-n ou mieux de (jxuXXw ( je détruis) aussi bien que Sctlla, et diffère cependant assez de ce dernier pour pouvoir être conservé en même temps que lui ; on ne sera donc pas obligé de changer le nom des espèces nom- breuses qni font encore aujourd'hui partie du genre primitif. On s'aperçoit de suite que la Scille maritime diffère des Ur- ginea par les grandes dimensions de son ognon et l'on est tenté d'accorder quelque valeur à ce fait lorsque l'on réfléchit que la forme de cet organe suivant qu'il est tunique, ou écailleux, ou solide, ou changé en rhizome proprement dit par un dévelop- pement proportionnellement moindre de ses écailles, caracté- rise des groupes, qui dans les Liliacées coïncident d'une ma- nière assez nette avec les coupes génériques : la largeur de ses feuilles planes et étalées donne également à cette plante un aspect particulier; toutefois les feuilles non jonciformes, mais rétrécies et ondulées de l'^. undulata (i) forment sous ce rap- port un passage entre les deux types. A ces caractères, insuffi- sans par eux. mêmes, se joint la forme du fruit qui présente des différences importantes , puisqu'il est beaucoup plus gros , ar- rondi et ayant les bords de ses valves séparés par des angles rentrans fort prononcés dans la Scille maritime, tandis que dans Iles Urginea où j'ai eu occasion de l'observer, il est un peu ovale Mènera plantarum fiorte germt.nieœ par M. Nées d'Esenbeck, dans lequel mon genre a été adoplé; je ne sais pourquoi l'auteur ne mentionne pasl'I/. undulata parmi les espèces euro- péennes du genre; celte espèce en fait certainemunt parti» et elle se trouve en Sardaigne et en Corse {fid. herbar. Buchinger. ) (i)il est bon de faire remarquer que cette pilante diffère plus des autres espèces ^Urginea qu'elles ne différent entre elles; c'est un des mille faits qui démontrent l'impossibilité d'arriver à la formation de genres absolument monotypes , et confirment l'opinion que nous avons émise dans nos Obseroations sur ta végétation des dunes à Calais. ( Mèm. de la Soe. des Se. nat. de Seine-él-OiSe. Fèrsailles i835.) »TEiîfHF.iL. — Genres Scilla et Urginea. 275 et ne présente aucun pli ou angle rentrant sur le milieu des val- ves (i). Il faut surtout bien faire attention à ee fait, que cette différence dans le fruit se lie à une différence dans la forme de l'ovaire, qui est proportionnellement plus petit dans les Urginea et n'y présente aucune trace d'organes nectarifères. Dans la Scille il est assez gros pour empêcher les parties du calice et de la corolle de se tordre complètement lorsqu'elles se rappro- chent après l'anthèse, ce qui nous fournit une différence de plus ; enfin cet ovaire nous présente à son sommet un épaissis- sement glanduleux. Si, pendant mon séjour en Afrique, j'avais pu une seule fois observer des gouttes de nectar sur ce point, je n'aurais pas hésité à y reconnaître la preuve d'une différence générique , parce que, d'après des idées théoriques que je ne puis encore publier , j'attache une grande importance à ce fait qui avait déterminé Linné à réunir aux Hyacinthus les Mus- cari qui ne leur ressemblent guères d'ailleurs. Mais je ne pus réussir à observer ce phénomène, ce que je m'explique facilement en pensant qu'il me fut toujours impos- sible d'aller herboriser avant onze heures ou midi, et qu'alors la forte chaleur du jour avait probablement déjà fait disparaître le liquide sécrété. Je fus plus heureux en France et ayant vu fleu- rii à Versailles, dans l'intérieur d'une chambre, un individu de l'espèce de Scille dont il sera question plus loin, j'aperçus dis- tinctement et chaque fois qu'une fleur nouvelle s'épanouissait, des gouttelles liquides au nombre de trois et adhérant à la sur- face glanduleuse; mais il paraît que ce liquide, qui est en très petite quantité se dessèche très rapidement, car mon ami, J. Decaisne , que j'avais prié de le chercher de son côté sur un bulbe semblable cultivé en plein airau Jardin des plantes de Pa- ris, ne put réussir à l'observer; toutefois je l'ai vu assez nette- ment et assez souvent pour être assuré de son existence, et dès- lors, ce caractère réuni à ceux que j'ai indiqués ci-dessus, me paraît devoir décider la formation d'un genre nouveau qui se placera à la suite des Urginea (en mettant VU. undulata à la fin (i) Voy. la fig. que j'ai publiée Ann. Se. nat. Juin iâ3A. 2'^6 STEiîNHEiL. ■ — Gciircs Scilîa et Urginea. de ceux-ci, comme formant une espèce de passage par la nature de ses feuilles) et caractérisé de la manière suivante : SQUILLA. 'Calix coloratus ^ patena^ sepalis tribus. Corolla similis : petala sepalis vix suhlatiora. Slamina sex petalis bret^iora , fîlamentis gla- hris ^ hasi suhdilatatis , acuminatis, integerrirnis ; antheris muiicis ^ oblongis. Ovarium tripartitum apice glanduloso-melliferuîn, Stylus glaher^simpl9iora , filamentis gla^ bris y basi subdilatatis ^ acuininatis , integerrimis, antheris muticis^ x)blongis. Ovarium Bubtriparlitum., glabrum. Stylus glaber, simplex, corolla breuior. Siigma subtrilobum , papillosum , minimum. Peri- carpium, triloculare, sublongum , integro trigonum , obtusum. Se- mina plura biserinlia complanata., testa membranaceây i^asiductu Jaterali. — Perianthii partes linea dorsali subcrassiore sœpius colo- rata notatœ; bracteœ re-f'ractœ; folia angusta serotina; bulbus miner'. Hores post antliesin tortiles a basi decidui. Le genre Squillay tel que je le conçois actuellement, renferme deux espèces, dont l'une est la Scille maritime qui gardera son nom spécifique et devient la Squilla maritima^ l'autre paraît avoir été jusqu'à ce jour confondue avec elle, je propose de l'appeler Squilla Pancratlon^ nom dont je vais indiquer la source en faisant l'histoire de l'espèce. sTEiNHKiL. — Genres Scilla et Uigiiiea. 277 A la fin de 1 834 ? M. Martins reçut de Malte une certaine quantité d'ognons d'une Liliacée sans aucun autre renseigne- ment, et il en donna à plusieurs personnes ; dans l'état où ils s© trouvaient, ils ne pment être déterminés à cause de leurs peti-^ tes dimensions qui empêchaient de les rapporter à la variété blanche de la Scille maritime à laquelle ils ressemblaient d'ail-, leurs beaucoup. M. Martins eut l'obligeance de me donner deux de ces bulbes que je plantai dans des pots et j'eus soin de ré- pandre quelques fois un peu de sel marin sur la terre de ces pots; tous deux ne tardèrent pas à produire des feuilles assez analogues à celles de la Scille lorsqu'elles commencent à sedé^ velopper, mais l'un d'eux périt au bout de quelque temps j l'autre continua à se développer et produisit une tige(i) char- gée de fleurs que j'eus la satisfaction de voir s'épanouir en sep- tembre 1 835 : malheureusement ces fleurs tombèrent sans pro- duire de fruits, et la même chose arriva à un autre individu de la même origine mais beaucoup plus vigoureux, qui fleurissait dans le même moment au Jardin des plantes de Paris ; voici les caractères que j'observai dans cette plante et qui me la firent regarder comme une espèce très voisine, mais distincte de la Scille maritime. Le bulbe est à-peu-près de moitié plus petit que celui de l'es- pèce commune; cependant il grossit un peu pendant que les feuilles se développent. Sa couleur est d'un vert pâle ou plutôt d'un blanc verdâtre, qui devient plus foncé lorsqu'il végète sans être complètement enfoui dans la terre ; sa surface est lisse, il y en a probablement une variété rouge, comme nous le verrons par la suite; les feuilles sont beaucoup plus courtes que celles de la Scille, un peu plus aiguës, dressées ; elles sont aussi un peu moins larges et, comme celles de cette plante, disparaissent à l'é- poque de la floraison; peut-être leurs différences caractéristiques proviennent- elles en grande partie des circonstances dans les- quelles la plante s'est développée;,cependant j'ai vu la Scille ma-» (i) Je dis lige et nou pas hampe, pnice que, dans ce cas , le support des fleurs estvéïila- blemeul une rontinualion de l'axe principal de la plante e1 qne cFiaqiie bractée est de même or» dre de dévelw-ppement qu« les fenilics priceLit nies. 278 STEiNHEiL. — Genres Scilla e/ Uiginea. time cultivée en France avoir, comme celle de la campagne de Bone des feuilles longues et enfin étalées sur le sol; la tige est un peu plus glauque, d'un vert foncé à la base, blanchâtre; dans sa partie supérieure, elle est chargée de fleurs peut-être plus nombreuses que dans l'espèce commune et qui, dans le com- mencement sont fort rapprochées entre elles et accompagnées de bractées réfractées qui les dépassent à peine, car celles-ci sont proportionnellement plus courtes que celles du S. mari- tima. Le bouton , d'abord sessile, est porté ensuite par un pé- doncule cylindrique, glabre, verdâtre et coloré de rose à la base, dressé pendant qu'il se développe, mais qui finit par être tout- à-fait étalé quand la fleur s'épanouit; il est toujours un peu plus court que dans l'autre espèce ; le bouton porté par ce pédoncule est aussi sensiblement plus obtus; les fleurs elles-mêmes sont \\w peu plus petites, mais cette différence assez faible vient peut- être du climat ou du déplacement que la plante éprouve et qui a pu nuire à la beauté de son développement ; cependant elle paraît coïncider avec une augmentation dans le nombre ; le pé- rigone est bien étalé, les pétales et les sépales qui le composent sont blancs, ovales, obtus, mucronulés, marqués d'une ligne rose pâle sur le milieu du dos. Le sommet des étamines avant l'explosion des anthères, égale les divisions du périgone; les fi- lets sont blancs, glabres, aigus, insensiblement élargis du som- met à la base, comprimés d'avant en arrière ; anthères muti' ques versatiles, d'un bleu verdâtre, diminuant de volume par la déhiscence de leurs loges et devenant alors jaunes à cause du pollen qui les couvre; ovaire oblong, obtus, vert, portant au sommet trois points glanduleux nectarifères, style à-peu-près égal à l'ovaire, cylindrique, glabre, d'un blanc rosé, stigmate à trois lobes papilieux, très petits, ovules semblables à ceux du Scilla maritima; après l'estivation les parties de la fleur se rap- prochent et montrent une légère tendance à se tordre en spi- rale; le fruit n'est pas encore connu. J'ai vu dans l'herbier de M. Buchinger à Bouxwiller , un échantillon d'une Scille dont le bulbe paraît avoir été aussi plus petit qu'à l'ordinaire, mais d'un rouge assez foncé; les feuilles ressemblent à celles de ma plante, les parties de la fleur ont le STrmHEiL. — Genres Scilia et Ui'ginea. 379 dos rose, et les pédoncules sont sensiblement plus courts que dans l'espèce ordinaire; cet échantillon a été récolté à Cadix. Les principaux caractères qui distinguent mon espèce sont donc : un bulbe plus petit , rouge ou blanc, des feuilles moins allongées des bractées et des pédoncules plus courts, des bou- tons plus obtus, la présence d'une ligne colorée sur le dos des pièces du périgone, des anthères bleues ou d'un bleu Verdâtre et un ovaire plus petit et vert tandis que les anthères sont tou- jours jaunes et l'ovaire aussi dans l'espèce commune. J'avoue que ces caractères ne sont pas extrêmement tranchés et que j'ai vu trop peu d'échantillons pour être complètement rassuré sur leur constance et leur valeur; peut-être l'étude du fruit pourra-t-elle fournir quelques différences de plus. En at- tendant , j'ai cru devoir publier ces observations quoiqu'elles soient incomplètes, afin d'engager les botanistes qui sont sur les lieux à faire quelques recherches à cet égard; j'ai aussi accordé à la coloration des pétales un peu plus d'importance que ce ca- ractère n'en mérite peut-être; j'ai été engagé à le faire par cette remarque que dans la variété à fleurs non colorées de VUrginea fugax, la hampe est décolorée aussi bien que la fleur et toute la plante paraît plus pâle; or, ici si c'était une simple variété il semble que la coloration du bulbe devrait coïncider avec celle de la fleur, ce qui n'a pas lieu; quoi qu'il en soit, voici comment j'établirai provisoirement la phrase spécifique de mes deux, espèces* 1. Squilla maritima. S. foUis rnaximis demum patulis ^ hraciei» longioribus , Jlorihus albls alahastro subacuto , antheris luteis , ova^ rio crassiore Jlavicante , buïbu maximo, 2. Squilla Pancration. S. fbliis mino/ibus, subaculis? bracteis pediinculisque paulo breuioHbus , alabastro obtusato ^ florïbus albis^ linea dorsali rosea notatis ^ antheris cœruleO'pirescentibii s ^ oçario viridi y bulbo dlmidin minore. J^arlclas. a. Bulbo rufo, Var. p. Bu^bo pallido. J'ai dit au commencement de ce mémoire que mon espèce 280 sTEiwHKiL. — Genres Scilla et Urginea. est plutôt réhabilitée, ou mieux en quelque sorte exhumée que réellement nouvelle ; on trouve en effet dans plusieurs auteurs des preuves qu'ils l'ont connue et confondue avec la Scille, d'où résultent quelques divergences dans les descriptions fort nom- breuses que Ton a de cette plante; divergences qui, sans doute, auraient suffi pour faire soupçonner l'existence de deux espèces si plusieurs d'entre elles n'étaient évidemment le résultat d'une erreur, comme par exemple l'indication des graines anguleuses que l'on trouve dans toutes les descriptions postérieures à Lin- né et qui plus est dans certaines figures probablement copiées en l'air ou dont les analyses auront été faites d'après des des- criptions (1) tandis que les graines sont fort bien décrites dans les ouvrages de Stapel et de Clusius. Cette erreur nous paraît devoir être attribuée à la manière de Linné qui décrivait lon- guement les genres {Character naturalis) et fort brièvement les espèces , et à l'oubli trop complet dans lequel tombèrent après lui tous ses devanciers; de sorte que lorsque l'on eut besoin de donner sur une plante des détails plus complets, on dut recou- rir au caractère générique pour tout ce qui manquait; or, Lin- né avait attribué au genre Scilla des graines anguleuses. Dans un ouvrage assez ancien (2), on Ht que la fleur a six pétales rouges, mais qu'ils sont aussi quelquefois blancs. Comme Fau- teur ne paraît pas avoir été un fort botaniste, il y a tout lieu de croire qu'on trouve ici une mauvaise interprétation des noms anciens Scilla rufa et Scilla alba } ces indications me paraissent donc bien être des erreurs , mais il n'en est plus de même de quelques aîitres qui cependant n'appartiennent nullement à la plante que j'ai constamment observée en Afrique. Ainsi plusieurs auteurs disent que les fleurs sont tantôt toutes blanches, tantôt marquées de lignes roses sur le milieu des pièces du péri- gone. Mératdit que les anthères sont bleues (i); je ne connais pas l'ouvrage dont il paraît s'être principalement servi pour sa (r) Flore médicale (1818) t. 6, pi. 3i8. (2) Explication abrégée de sept cent dix-neuf plantes , etc. , suivant la matièra médicale de Geoffroy. Paris ^1765, page 3i3. (3) Dict. des Se. médicales de Panckouke. Taris 1S20. STEiwHEiL. — GV^re* Scilla é-/ Urginea. aSi description. Si nous remontons jusque dans l'antiquité , nous trouvons que du temps de Dioscoride on connaissait sous le nom de Pancration une plante extrêmement voisine de la Scille. Le Pancration de cet auteur a des racines rousses ou tirant sur le pourpre, une saveur fervente et amère , des feuilles sembla- bles à celles du lis mais plus longues; on l'emploie aux mêmes usages que la Scille, mais ses propriétés sont moins énergiques, on en fait des trochiques , etc. , qui se donnent surtout aux hydropiques , etc. Voilà certainement des docu- mens qui ne permettent pas de douter que le Pancration n'ait eu une très grande ressemblance avec la Scille (i), et il est im- possible de supposer que celle-ci ne soit pas le «jxjXXvj des Grecs ; au besoin, ce nom passé dans la langue arabe pour désigner la même plante (asquil ou z^^i/daus Avicen'ne) en serait une preuve suffisante; d'un autre côté il serait difficile de supposer que Dioscoride, qui avait voyagé et vu beaucoup (2) par lui-même, ait décrit une même chose sous deux noms différens. Aussi tous les premiers commentai eurs regardèrent le Pancration comme une espèce autre que la Scille, et firent tout leur possible pour le retrouver. Ruellius (3) en fait mention ; Matthiole (4) pense que la plante qui se trouve en Italie est le Pancration^ tandis que celle de l'Espagne est le Squilla; mais son opinion est fondée sur une base peu solide, puisqu'elle s'appuyait sur cette opinion attribuée à Théophraste et conservée par Pline, que la Scille fleurit trois fois dans une année, tandis que celle qui (i) Voyez Kurt Spreng Gisch. des Botan. Alt, iind. Leips. 1817, t. i, p. i35. (2) On peut voir avea quelque étonnement deux noms si différens appliqués chez les anciens â deux plantes si voisines ; et celte considération a dû suspendre noire décision à cet égard ; mais voici à cette objection une réponse positive fournie parBuffon (Man. de trait. l'Hist.nat.) « Des objets , dit cet auteur, qu'on ne rencontre que très rarement , ont des noms et des « noms consians dans cette langue (grecque) , preuve évidente que ces objets de l'histoire na- « turelle étaient assez connus et que les Grecs non-seulement les connaissaient , mais même « qu'ils en avaient une idée précise qu'ils ne pouvaient avoir acquise que par une étude de ces « mêmes objets, étude qui suppose nécessairement des observations et des remarques : ils ont « même des noms pour les variétés , et ce que nous ne pouvons représenter que par u.;e phrase « se trouve nommé dans cette langue par un seul substantif. » (3) De natura slirpium iSSj. (4)Comm. Venet. i56o. 282 STEiwHEiL. — Genres Scilia et Urginea. croît en Italie et qu'il connaissait ne fleurit qu'une seule fois ; or, ce n'est pas exactement cela que dit Théophraste , et on sait combien peu ses assertions méritent de confiance, quand bien même elles ont été répétées par Pline, même pour des faits que le compilateur latin était à même de vérifier par sa propre obser- vation (4). Théophraste d'ailleurs ne parle pas du Pancration dont il aurait peut-être dit la même chose. Le traducteur fran- çais de Théophraste, Martin Mathée (i58o) n'en sait pas plu» que Matthiole à cet égard, il pense que la petite Scille ou Pan- cration n'est plus connue, mais que l'on pourrait la retrouver dans la Pouille, où la Scille croît en abondance. G.Bauhin, dans son Phytopinax, distingue trois espèces de Scille; la rouge, la blanche et la Scille d'Epiménide , qui probablement était une plante toute différente et n'a pu être devinée; pour lui, \e Pan- cration est synonyme de la rouge et de la blanche. Lobel a cru devoir rapporter le Pancration au Pancratjum maritinium Lin. Mais cette opinion a généralement été regardée comme insou- (4) J'ai cherché à savoir quelle pouvait avoir été l'origine de cette idée singulière de trois floraisons que nous trouvons reprodqite dans ces vers du poète Rapin ( Hort. Ub. i. vers, b^i.') Scillaque , diversum triplici quœ flore per annum Lentisco simiUs , tria tempora monstrai arandL J'ai observé la Scille en Barbarie pendant deux années, et une autre fois en France, et j'ai vu qu'elle ne fleurit jamais que depuis la fin d'août jusqu'au commencement d'octobre ; il est vrai que ses fleurs durent long-temps, et qu'un petitnombre d'entre elles sont ouvertes en même temps , de sorte que quand le milieu de la hampe est couvert de fleurs épanouies, celles de la base sont déjà fanées, taudis que le sommet présente encore des boutons très petits; et ainsi l'on peut, par l'aspect, partager en quelque sorte l'estivation en trois phases. Les feuilles ne paraissent qu'en janvier; il est assez probable que ce fait de montrer en même temps comme trois périodes d'épanouissement aura acquis chez les anciens la valeur d'un mythe, une sorte d'CAplication superstitieuse, puisque, suivant Sprengel, la Scille était adorée chez les Egyp- tiens sous le nom de krommion; à Péluse on lui avait consacré un temple, où on l'adminis- trait contre l'hydropisie. On lui attribua encore bien d'autres vertus , comme , par exemple , de conserver les fruits quand on y implantait leurs pédoncules, de hâter la végétation des figuiers et surtout de préserver des maléfices les maisons à la porte desquelles on la suspendait; je pense donc que l'on doit se ranger à l'avis de Stapel qui veut que les trois floraisons signifient long- temps et en trois fois , montrant qu'il existe trois époques de semailles et non pas aux trois époques. Ce commentateur démontre que c'est à une explication vicieuse de Pline que l'on doit le préjugé qui a embarrassé Matthiole; c'est donc avec raison que M. Fée lui reproche de n'a- voir pas même bien connu le grec. ( P'oy. son comni. sur Plin», préfata, ) sTEiNHEiL. — Genres Sciîla et Urginea. a83 tenable, quoiqu'elle en ait produit le nom que ce genre a con- conservé jusqu'à présent. Ainsi le peu de fondement de l'opinion de Matthiole, l'aveu des commentateurs relativement à leur ignorance sur le vérita- ble Pancration , la confusion qui s'introduisit peu-à-peu à cet égard dans la science, et enfin, la grande analogie des propriétés attribuées aux deux plantes firent que l'on oublia complètement le Pancration et quon le regarda comme àpeu près identique avec la Scille elle-même. Stapel pense que ce n'est que la variété rouge plus grande et à feuilles dressées; Sprengel (r), d'après Anguillara , admet aussi que ce n'est que la Scille rouge dont le bulbe est d'autant meilleur à manger qu'il est plus blanc. M. Fée adopta récemment la même opinion (i). Or, Stapel et ceux qui l'ont suivi se fondent sur le texte de Dioscoride; il y est dit en effet que le Pancration est rouge et a la forme d'un grand bulbe (BoXSw, piyaXw, ôpoia), ce qui ne veut pas dire du plus grand, comme il l'aurait peut-être dit de la Scille, s'il en avait donné la description ; et ceci ne prouve pas du tout qu'il ait dû être plus grand que celle-ci. Pline dit positivement qu'il existe une Scille blanche et une Scille noire (la rouge, sans doute, dite noire, par opposition à la blanche ), ce qui prouve que ces deux espèces (4) Comment, sur Dioscoride, intitulé : Pedan. Dîoscor. Anaz. t. ii, p. 483 ■ Lips. i83o. Il y a ici une légère erreur dont je ne connais pas l'origine; Dioscoride ne dit pas que la Scille «oit bonne à manger, ni le Pancration ; elle a , de tout temps, été regardée comme un médica- ment très actif ou même comme un poison. Clusiua raconte , d'après Rondelet , une histoire de deux pêcheurs italiens, dont l'un voulant nuire à l'autre, lui frotta son couteau avec delà Scille, et celui-ci ayant mangé avec ce couteau mourut peu après; ceci paraît bien certaine- ment exagéré; mais les faits mieux constatés ne manquent pas. Avicenne dit qu'elle fait mourir les rats ; suivant Desfonlaines , elle est encore employée au même usage en Barbarie; les expé- riences d'Orfila montrent qu'elle est un véritable poison ; on trouve, à cet égard , des faits con- cluans dans le Dictionnaire des sciences médicales et dans la Phytographie médicale de Roques, (Paris 1821. t. I. p. 100), qui renferme une assez bonne figure de la plante. Morison, à la vérité, la place parmi les plantes dont le bulbe et les feuilles sont alimentaires f i^o/-^. nies, auct. 1669) ; mais sans doute il pense alors à la Scille d'Epiménide, ou son erreur provient de ce que disent les anciens, qu'on la faisait cuire dans de la pâte pour en prendre non pas comme aliment, mais comme médicament et seulement à la manière des alimens; Pline dit , et c'est le seul passage qui pourrait jusqu'à un certain point induire en erreur : Coquitur et in melle cibi gratia, maxime uti coctionem facias sic et intenora purgat, liv. xx. chap. ix. El , comme on le Toit , il faudrait encore que ce chapitre fût bien mal interprété. (4) Comment, sur la mat. médic. «i la bolan. dé Plinf. Paris i833. I. ni. p. 466. a84 siEiNHEiL. — Genres Scilla et Urginea. pouvaient être ronges; et il parle aussi du Pancration à un autre endroit (liv. 27, Ch. 12). Pancratium alïqui Scillam pusillam appellare malunt, folils albi lilii longioribus, crassioribusque , radice bulbi magni colore rufo. On sait où Pline a trouvé le mot qu'il traduit pdLrpusilla; Stapel, préoccupé de l'idée que le Pan- cration doit être l'espèce la plus grande, se demande si quelque exemplaire de Dioscoride n'aurait pas dans le premier membre de phrase renfermé l'épithète de taxpav mal écrite, et que Pline aurait lue : vjwpav. Malgré l'analogie des deux mots , cette double supposition nous paraît un peu gratuite; elle le parait comme à Stapel lui-même; d'un autre côté le mot pusilla indi« que, ce nous semble, une forme trop petite pour pouvoir être ap- pliquée à une espèce du même type que la Scille maritime; la des- cription de Pline convient très bien au Pancratium maritimum qui se trouve sur les côtes du bassin de la Méditerranée , depuis la France jusqu'en Barbarie ( Poiret), ou peut-être mieux encore à notre Scilla peruviana (1) qui, comme on sait, est originaire de Portugal et de Barbarie. Je suppose donc que Pline avait pris l'une de ces plantes pour le Pancration de Dioscoride, et son er- reur me paraît indiquer que de son temps cette plante était gé- néralement connue comme étant plus petite que la Scille. C'est pour cela que je pense que mon espèce qui a encore la forme d'un grand bulbe, mais est pourtant plus petite que la Scille est probablement la plante du botaniste grec dont j'ai conservé le nom comme nom spécifique. Je n'attache d'ailleurs pas à cette opinion plus d'importance qu'elle n'en mérite; des recherches absolument concluantes sur une question de cette nature sont probablement impossibles, car les anciens, qui ne connaissaient pas bien leurs espèces, savaient encore bien moins les décrire, et il n'est pas impossible que l'espèce appelée Pancration dans une localité n'ait été dans une autre confondue avec celle que l'on a appelait Scilla. Les résultats d'un pareil travail, quelque exacts qu'ils puissent êtî e , n'offrirontd'ailleurs jamais qu'une uti- (i) La variété cultivée de cette plante a les feuilles privées des cils qui en garnissent ordi- nairement les bords; ses flems sont aussi grandes que celles de la scille, mais la tige en est lilusjcourle. C'est bien à cette plante que Pline, qui a pu la voir cullivée dans des jardins , au- rait pu appliquer le nom de Scilla pnsilln. STEiNHEiL. — Genres Sciila et Urginea. 'àBS lité fort secondaire, à moins qu'on ne parvienne un jour à nous donner une histoire un peu complète des migration des plantes, ce qui serait certainement d'un haut intérêt. Je ne puis terminer ce mémoire sans profiter de l'occasion qu'il me présente pour publier quelques observations relative- ment à la manière dont M. Mutel a dans la Flore qu'il publie en ce moment (i), considéré les espèces de Scilles que j'ai fait con- naître, (a) Cet auteur regarde mon Sciila fallax comme une simple variété du Se. obtusifolia ,• comme j'ai, malgré son aiitorité, conservé ma manière de voir à cet égard , je renvoie à mon mé- moire pour l'exposé des motifs qui me l'ont fait adopter alors, et je crois inutile de les reproduire ici ; mais je puis me deman- der pourquoi M. Mutel , considérant une plante comme une simple variété en a changé le nom en celui de 5. angustifolia ? A quoi bon ? Les feuilles du S. autumnalis sont encore plus étroites; le nom que j'ai proposé a l'avantage de mettre en garde contre l'erreur de Poiret qui avait pris cette plante pour une variété du S. autumnalis^ tant peu il est naturel de croire qu'elle en soit une du S. obtusifolia : pour rendre la transaction plus facile entre ces deux plantes, M. Mutel suppose que le Sciila parviflora Desf. ou nwnidica- Poir. (3) n'est lui-même qu'une va- riété intermédiaire, comme il est en effet intermédiaire entre les deux autres pour la largeur de ses feuilles; il faudrait que ces deux botanistes se fussent bien étrangement trompés pour regarder comme espèce une variété intermédiaire entre deux variétés! Il est vrai que le S. pari^iflora a des bractées , et qu'elles sont complètement avortées dans les autres; mais elles sont petites et caduques ; ce qui n'empêche pas qu'elles soient ; ce qui a valu son nom a cette dernière espèce est que ses fleurs sont réellement plus petites, et quand même on trouverait du S. obtusifolia à fleurs aussi peti,tes, ce dont je doute, à moins qu'elles ne soient mal développées, cela ne suffirait pas pour les confondre, car la (i) Flore française pour servir aux herborisations. T. m, p. 298. (2) Ann. Se. nat. Paris, fevr. 1834. (3) M. Mutel dit n'avoir pas de doubles du Se. parviflora ; je n'en ai pas à offrir non plus >«»ais j'ai déposé dans l'herbier du Muséum à Paris des échantillons do mes cspèfes. 286 8TEINHE1L. — Genres Scilia et Urginea. forme du fruit est complètement différente, ce que M. Mutel ne paraît pas se rappeler, quoique j'aie donné la figure du fruit des deux espèces; enfin, l'ovaire qui diffère ainsi par sa forme, ne ren- ferme que trois ovules dans l'espèce à petites fleurs, ce qui est certainement bien différent du cas où le nombre des graines serait réduit à trois par avortement; toute personne tant soit peu habituée à étudier les ovules dans la fleur, comprendra trop bien la valeur de la distinction que je fais ici pour que j'y insiste davantage. Le Scilia pawifloraesl tellement peu une simple variété, que j'ai proposé d'en faire un genre particulier , sous le nom de Stellaris (i), et je regarde actuellement sa différence générique comme tellement certaine que, me reprochant de ne l'avoir pas établi alors , je veux aujourd'hui, revenu de ma timi- dité, donner ici le caractère de ce genre. STELLARIS Mœnch. (excl. spec. omn.) Perianthium pntens ; corolla calicl similis. Stamina corollœ sub- œqualia ; filamenta complanala acuta , lanceolala , glahra; antherœ muticœ. Pistilluni staminibui œquale; ovarium vlride ^ depressum triloculare, loculis monosperniis ; vasiductus suhhorizontalis. Fruc- tus pyriformis , trilohatus. Semina rotundata. Bracteœ minutœ. Stellaris parviflora. S.bracteis brei^issimis, membranaceis, déci- dais; floribus racemosis , parvulis , post fœcundationem pedunculo accrescente brevioribus, roseis ; antfieris uiolaceis; seininibus nigris; foliis , linearilanceolcdis ^ latiusculis, lucidis, — Crescit in Barbaria, circa Bonam et Hipporegium, in declipis montium umbrosis , secus rivum qui ad urbem ducit aquarn et iibi anno i853 legebam. Scilla patviflora. Desf. atl. i, page Zoo.— Pers. syn, v.p. 365. — Steinli. Ann. Sc.nat. Paris, fevr. i854. — Scilia numidica Poir. Voy. Barb. t. ^,p. i5o, (i) Note sur le genre Urginea. Ann. Se. nat. Paris; juin i834. Ce nom a le défaut d'être formé par un adjectif; cependant, comme il existe plusieurs noms généralement admis qui sont dans le même cas {Arenaria, Stellaria, etc.), j'ai pensé qu'il valait mieux conserver ce- )iii-ci qui existe déjà que d'en former un nouveau; si les botanistes auxquels il est donné de juger en dernier ressort ne partagent pas mon avis, il sera toujours temps de forger un motj la chose importe peu. BOREMT. — Sur le I.ylhrum alternifolinm. 287 Sur le Lythnim alternifoliiim. . Par M. BoREAU. Vers la fin du siècle dernier, un amateur de botanique trouva près de Dijon un Lj-^Arw/Tî différent de toutes les espèces contmes jusqu'alors. Un échantillon de cette plante conservé dans l'her- bier de M. Vailot, fut communiqué à Persoon qui le dectivit sous le nom de Lylhrum nummulariœfolia (Synops. pi. 2. 2. p, 8.) En i83o, MM. Lorey el Duret, préparant la publication de la Flore de la Côte d'or, soumirent cette plante à M. de Candolle, qui la décrivit soigneusement sous le nom de L. al terni fo Hum ^ en faisant abserver qu'elle offrait des caractères lendant à la rapprocher des E. hyssopifolium et Grœfferi. Cette description fut reproduite dans la Flore de la Côte d'or (2. i. p. 348. fig. 2.), et accompagnée d'une figure représentant cette rare espèce. L'analyse de la fleur était due à l'habile crayon de M. A. de Jussieu. Plus tard, M. Mutel n'hésita pas à admettre cette plante au rang des espèces légitimes, et il l'inséra dans sa Flore fran- çaise (tom. I. p. 379,) Jusqu'alors, en effet, cette plante n'ayant pas été retrouvée, personne n'avait été à même de résoudre la question posée par M. Lorey, qui demandait si cette plante n'é- tait pas un simple jeu de la nature. Ce fut donc avec un vrai plaisir, qu'au mois d'août i835 , j'aperçus au bord d'un ruisseau, près de Nevers, une plante qui me rappela sur le champ l'espèce figurée dans la Flore de la Côte d'Or; elle offrait la même pubescence, ses fleurs grandes et so- litaires sortaient de l'aisselle des feuilles alternes, orbiculaires et mucronées. Mais en voulant recueillir cette plante curieuse je vis qu'elle tenait, par sa partie inférieure à une tige de Ly- thrum Salicaria l Le sommet de la tige ayant été tronqué, il s'était développé des bourgeons latéraux qui, au lieu de produire un épi continu, n'avaient fourni que quelques fleurs axillaires. En effet, si l'on observe le Ly thrum Salicaria à l'état normal , on verra que son inflorescence est toujours parsemée d'une q88 bureau. — Sur le Lythnim alternifoliam. pubcscence grisâtre, même sur les formes glabres de cette plante ; que les fleurs sont accompagnées de bractées cor- diformes et mucronées , dont la disposition alterne est sen- sible surtout au sommet de l'épi. Or, si l'on suppose les ver- ticilles plus écartés sur un axe plus grêle et plus allonge , on comprendra facilement que les bractées, tout en conservant leur forme, puissent prendre l'aspect et les dimensions des feuilles, et que les fleurs, au milieu de ce développement des parties herbacées, deviennent plus grandes et moins nombreu- ses. C'est en effet là tout le mystère, et cette forme remarquable n'est due qu'à une plus grande distension de la spirale de l'in- florescence. Le Lythrum alternifolium devra donc ne plus figurer au nombre des espèce végétales, pas même comme variété, puisque cette forme, qu'on pourrait, pour ainsi dire, créer à volonté, est le simple résultat d'un accident. Sur la faculté que possèdent les plantes d'absorber les infu- sions colorées par leurs racines. Par J. G. TowERS. (i) ( Extr. des Transact. of the Horticult. Society of London: 2* série, t. 2, part. I, p. 41.) On sait que plusieurs naturalistes des plus distingués, dans la vue de découvrir les conduits de la sève, ont immergé des (i) L'auteur de ce mémoire ne paraît pas avoir eu connaissance des expériences sur le même sujet faites par le professeur Linli et publiées dans les Annales des Sciences naturelles, t. 28. p. 144. Ces expériences, exécutées d'après une méthode qui nous paraît propre adonner des résultats plus certains, ont conduit le savant professeur de Berlin à une conclusion tout opposée à celle établie par M. Towers. Cependant les expériences de ce dernier pouvant jeter quelque lumière sur ce sujet et être utiles aux personnes qui voudraient s'occuper de recherches stn- celte question, nous avons pensé qu'il était convenable de les consigner ici. Rédact. j. G. TowERS. — Ahsorptiondes liquides colorés. 289 boutures d'un grand nombre de plantes dans des infusions co- lorées. Pendant plusieurs anne'es je suivis le même procédé dans mes recherches sur ce sujet , et toujours je remarquai des dé- pôts de la matière colorante dont j'avais fait usage parmi les faisceaux de fibres qu'on regardait comme les vaisseaux conducteurs de la sève ascendante ; cependant je voyais ces dépôts plutôt autour que dans l'intérieur des faisceaux. J'employai à la recherche de ces effets tous 'les moyens que je pus imaginer et qui étaient à ma disposition; mais quoi- que j'en visse assez pour croire à la vérité des témoignages des auteurs que je consultai, je ne pus jamais en confirmer l'exac- titude jusque dans les détails minutieux que je voyais mention- nés. Le tacite assentiment que j'accordais à de graves autorités me fit conclure que mes propres procédés ou mes instrumens étaient jusqu'à un certain point défectueux ; cependant je ne demeurai pas satisfait, car il était évident que des branches coupées et par conséquent mutilées ne pouvaient pas fournir des preuves légitimes de la natiue précise ni même de la situa- tion des organes nutritifs qui sont sous Tinfluence du principe vital. Je résolus donc de suivre une autre marche, et pensant que la Balsamine m'offrirait un des meilleurs sujets d'expérien- ces, tantôt je fis enraciner plusieurs boutures au printemps, tan- tôt je pris de jeunes plants venus de semis, et après avoir lavé leurs racines, je les plongeas dans de fortes infusions de bois de campêche, où je les gardai dans des pots remplis de terreau que j'arrosai avec la liqueur colorée. Je trouvai que dans tous les cas la croissance était arrêtée; mais comme les plantes vi vaient, je les anatomisai au bout de sept, de dix et même de quinze jours, j'en examinai les parties sous tous les aspects, avec des verres de tous les pouvoirs, dans l'eau et hors de l'eau. Jamais dans aucune de ces circonstances \\ï\ç^ particule de la ma- tière colorante ne se montra dans quelque point de la tige, soit dans les cellules, soit dans un vaisseau. Comme j'annonçai, en passant, ce résultat dans un écrit sur la nutrition des végétaux, un auteur, en me répondant, avança que si j'avais employé de la garance, j'aurais découvert la li- queur qui aurait passé. Je me rappelai aussitôt que H. Davy \'\ Bn-'AW. — I^ovemhrc. 290 3. G. TOWKRS. — Absorption des liquides colorés. avait fait mention de celte matière colorante, et en consultant de nouveau la page i[\S de sa sixième leçon d'agriculture, j'y lus ce passage : « Les fibres radicales des plantes qu'on fait croître dans des infusions de garance se teignent en rouge. » Mais cela ne dit rien sur le point en discussion , car la simple coloration des parties plongées dans le liquide n'est pas une preuve de l'ascension de ce liquide. Cependant il ajoute « que les végétaux absorbent même les substances qui sont pour eux des poissons.» Cette assertion se rapporte au but de mes recherches, et pour la scruter j'employai trois modes d'investigation. Le 18 juillet iH34, je pris trois grosses branches de Balsami- nes à tiges bien blanches, je les plaçai chacune dans une fiole d'eau pure et je les rangeai toutes contre le vitrage latéral de l'ex- trémité orientale de ma serre-chaude; je ne les chauffai point par \ii fond et je ne les couvris pas. En peu de jours, des prolonge- mens se formèrent à leurs bases, et au bout de dix jours, le 28 juillet, les trois plantes étaient munies de racines parfaites, blan- ches et nombreuses. Je les enlevai avec précaution, une par une, de chaque fiole et je les plantai successivement dans une argile sablonneuse aussi pure et aussi homogène que je pus la choisir, sans y admettre la moindre particule de matière décomposable. Je leur donnai de l'eau seulement pendant un jour ou deux, et je les ombrageai jusqu'à ce que je fusse sur que la végétation avait repris toute son activité; mais elles ne se flétrirent pas et se couvrirent de boutons à fleurs dont la phipart furent sup- primés. Deux solutions avaient été préparées. La première consistait en un drachme de bois de Brésil réduit en poudre et mêlé à quatre onces d'eau avec addition de quatre à cinq gouttes d'une solution de potasse caustique. Ce mélange produisit sur-le- champ une couleur de mûre d'un cramoisi foncé, et la légère dose d'alcali devait ajouter à l'effet qu'on se proposait d'obtenir La seconde solution était composée de quatre onces d'eau de pluie et (i'un quart de drachme d'un oxy-muriate de fer en solution concentrée et d'une teinte orange foncée. Elle for- maitun liquide assez astringent pour qu'il fût désagréable de j. G. TowcRs. ■— absorption des liquides colorés. agi s'en rincer la bouche. C'est peut-être de toutes les préparations de fer, le réactif le plus sensible des prussiates. Avec chacune de ces solutions j'arrosai abondamment les Balsamines, après avoir soigneusement marqué les pots, de ma- nière qu'aucune méprise ne pût avoir lieu. J'arrosai une troi- sième Balsamine avec de l'eau pure seulement. L'expérience fut continuée jusqu'au i4 août; alors pour compléter la saturation du sol et ne laisser place à aucun doute, je versai une certaine quantité de solution de fer dans un vase en terre, et un peu de bois de Brésil dans un autre; puis plaçant chaque Balsamine dans le vase qui lui était approprié, je couvris le sol d'une cou- che de liquide qui atteignait le bord du pot; après quoi je lais- sai les plantes debout dans leurs soucoupes. Ainsi une jeune Balsamine avait été régulièrement arrosée pendant seize jours d'un liquide fortement coloré qui était versé à la surface du sol ; une autre avait été traitée de la même manière au moyen d'une préparation métallique astringente ; et finalement toutes les deux avaient été en quelque sorte immergées et laissées dans le liquide approprié à chacune jusqu'à ce que la dernière goutte en fût absorbée. La plante humectée d'eau n'en recevait qu'autant que cela devenait nécessaire. Je dois ajouter que comme la chaleur de la serre était quelquefois très grande et que les plantes étaient exposées en plein soleil, une fois ou deux je donnai à toutes également un peu d'eau de pluie qui tendait plutôt à délayer les fluides artificiels au milieu des particules terreuses qu'à tout autre chose. Mais lorsque les deux plantes furent immergées, je ne leur donnai plus d'eau, et le 17 je dé- tachai de larges tranches pour les examiner. Aucune teinte de rouge ou de jaune , ni aucune différence d'aspect ne purent y être découvertes soit par moi-même, soit par un de mes fils, ni à l'œil nu, ni au microscope. Alors j'é- prouvai par les réactifs les trois tiges, les trois portions que j'en avais détachées, et des tranches coupées transversalement sur chacune. Sur celle qui avait été arrosée avec l'infusion du bois de Bré- sil je fis agir une solution verte de sulfate de fer, qui, essayée sur une tache faite à du papier blnic avec l'infusion, la con- '9. 292 J- G. TOWKRS. — Absorption des liquides colorés. vcrtissait instantanément en un gris-bleuâtre funcé ; mais la plante et ses pièces ne manifestèrent pas la moindre trace de i?;ris et n'éprouvèrent aucun changement sous le réactif. La plante arrrosée de la solution ferrugineuse et ses por- tions furent éprouvées par le prussiate de soude, qui , mis dans liquide lui-même occasionait immédiatement un précipité de bleu de Prusse; cependant aucun signe de changement, au- cun dépôt bleu ne put être aperçu dans la plante ou dans ses parties. Alors la place entamée de la Balsamine arrosée fut touchée avec une gouttelette de sulfate de fer, qui est loin d êtr e aussi sensible au prussiate que la solution oxigénée, et celte fois^ en ajipliquant la pointe d'un épingle trempée dans le prussiate fie soude, la couleur bleue apparut a»i milieu des vaisseaux blessés. Enfin la partie amputée de la plante hîimectée d'eau fut cou- pée et mise en tranches qu'on traita les unes par le sulfate de fer, les autres par le prussiate de soude, mais sur aucune on ne put découvrir de tache bleue ou grisâtre. Ainsi j'ai démontré |)ar des procédés et des épreuves variés que des arrosemens avec des liquides et des agens chimiques ne mettent pas en évidence la nature ni k situation des vais- seaux séveux dans la Balsamine. La croissance des trois plantes vient xà l'appui de ce résultat; car les jeunes balsamines, au mo- ment où elles furent plantées dans les pots d'argile sablonneuse, bien qu'extrêmement fermes et vigoureuses, n'avaient que sept pouces de haut. Pendant la durée des arrosemens, elles végétè- rent bien et restèrent en bonne santé, et je n'aperçus aucune différence entre ellesjsi ce n'est que celle qui recevait le muriaîe de fer prit une apparence grenue et émit à^w^ ou trois pousses latérales, tandis que les autres restèrent droites; toutes conti- rraèrenià donner des fleurs avec tant de persistance que je cessai de les enlever. Au moment de l'examen anatomique, le sol qiii avait été arrosé avec l'infusion était entièrement noirci ; celui qui l'avait été avec le fer était coloré par de la rouille d'une teinte jaune. Lorsque l'expérience fut terminée, curieux de connaître quel tort éprouvc-'-aient les plantes blessées, je Us re- j. G. TOWEus. — Absorption des liquides colorés. ^93 tirai de leurs pois avec leurs mottes tout entières, et je les mis eu pleine terre dans une plate-bande. La plante arrosée avec de l'eau pure avait été trop profondément entamée, elle se cassa et sa tige dépérit ; celle qui avait été arrosée avec le ter ne fut pas fermement attachée et le vent la tordit, de manière qu'elle tomba, mais elle ne se rompit pas à la partie blessée ; elle a pro- 5. Adianthuin paluerulentum Liun.Sp. lô^g. Pliiui. Fil. t. 55. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) GQ. Cheilanthes dissecin Hook. et Arn. in Bcecli. bot. p. 75. — 1ns, Soc. (Lay et Collie.) 67. Notochlcena pilosa Hook. et Arn. 1. c. 74. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 68. pittarin rigida 'KauXÎ. Enura. 193. Bory in Dupen. bot. 274. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 6g. Vittaria zosierifoUa Bory ip Willd. sp. !o. p. 4o6. — Talti (d'Urv.) — An eadem ac praeced. ? 70. Dapallia pectinata Smiûi Mem. Acad. Taurin, v. 4i4. Hook. et Grev. le. Fil. t. jS^.Nephrodium Gaimardianum Gaudich. in Freycin. Bot. 335. t. 12. f. 1. — Ins. Soc. (Lay et Collie). Taiti (Menzies. Less. et d'Urv.) 71. Davallia contigua Swartz. Synops, i3o Hook. etGrev. Icon. Fil. t. i4i. Trichomanes cnntiguwn Forst. Prodr. n. 463, — Ins. Societ. (Forst.) 72. Davallia solida Swartz Synops. p. i32 et 3i4. Schkuhr Fil. t. 126. Tri- chomanes solidum Forst, Prodr. n. 475. An Davallia elegans Willd. sp. 10. p, 47' ; Bory in Duperr. bot. p. 279? — Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie). Taili (Bertero). Vulgo Tia tia maua. Plante très variable. Ses diverses formes représentent les D. magellanica et nitida Desv, in herb. mus. Par. 73. Davallia gihberosa Swartz Synops. i32 et 345. Schkuhr Fil. t. 128. Trichomanes gibberosum Forst. Prodr. n. 470. — Ins. Societ, (Forst. Lay et Collie). Taiti (Bertero.) 74. Davallia remota Kaulf. Enum. p. 223. — Taiti (d'Urv. et Less. ex Bory in Duperr. bot. p. 280.) jS. Trichomanes membranaceum Linn. Hook. Exot. 11. t. nS. — Ins. Societ. (Lay et CoUie.) 76. Trichomanes humile Forst. Prodr. n. 464. Swartz. Synops. i43. Hook et Grev. Icon. Fil. t. 85. — Ins. Societ. (Forst.) Taiti (Menz.) 77. Trichomanes minutulum Gaudich. in Fïeyc. bot. Sjy. t. 12, ï. 2. — Archip. Societ. (Lay et Collie). Taiti (d'Urv.) 3i6 j. B. A. GUiLLEMiN. — Zephjritis Taitensis. 78. Trichomanes Filicula Bory in Duperr. bot t. 283. T. bipunctatum Poir. Hymenophyllum Filicula Willd. sp. v, 528. — Taiti (Mcnz. d'Urv. Lay et CoUie.) 79. Iticksonia multifida Willd. Sp. 10. p. 489. — Taiti (d'Urv. ex Bory ia Duperr. bot. p. 280.) 80. Alsophila extensaHesw Prodr. 36. Polypodium extensum Forst. Prodr. 11. 453. Cyaihœa extensa Swartz. Synops. iSg. Schkuhr Fil. t. i32. An Cya- thea medullaris Willd. a Bory in Duperr. bot. p. 280. citata hue rcfcrenda? — Ins. Societ. (Lay et Collie.) Taiti (Bertero et Mœrenli.) 81. Sphœropteris harbata Wall. Plant, as. rar. t. 48. — Taili (Dav. Nelson Cook 3. it. ex Endlicher.) MARSILEAGE.E. 82. Marsilea quadrifolia? (absque fructificaliouc.) — Taiti (Bertero et Mœrenh.) Vulgo Patoa. LYCOPODIACE^. 83. PsHotum triquelrum Swartz Syncps. 187. Bernhardia dichotoma Willd . ■ — Taiti (Bertero et Mœrenh. Lay et Collie.) 84. Psilotum complanatum Swartz 1. c. 4i4. t. 4. — Arch. Societ. (Lay et Collie.) 85. Lycopodium cernuum Linn. Sp. i56fi. L. marianuni Willd. — Taiti (Bertero et Mœrenh. Lay et Collie.) S6. Lycopodium Phlegmaria Linn. sp. i564. L. mirabile et L. australe Willd. Sp. V. 1 1. Z. myrtifolium Forst. Prodr. 485.— Taiti (Bertero et Mœrenh. Lesj. et d'Urv.) Vulgo Mavè. 87. L. squarrosum Forst. Prodr. 479. Swartz Synops. 177. non FI. ind. occid. L. HippurisBesy. in Poiret Encycl. suppl. 3.559- L. Forsteri Poiret 1. c. 554. — Taiîi(Bertero et Mœrenh.) Ins. Societ. (Forst.) 88. Lycopodium ciliatiim Willd. ex Desv. in Hcrb. Mus. Par. — Taiti (Ber- tero et Mœrenh.) 89. Lycopodium volubile Forst. Prodr. 482. Hook. et Grev. Xeon. Fil. t. 170. Arch. Societ. (Forst.) 90. Lycopodium Arbuscula Kaulf. Enum. 19. — Borabora (Lesson et d'Urv.; 91. Lycopodium z/e/ii^s/a^a/n Gaudich. in Freycin. bot. p. 283. pi. 22. — Taiti (d'Urv.) j. B. A. GUiLLEMiN. — Zepfhritïs Taitensis. 817 CYPERACE^. 92. Cyperus pennams Lam. illustr. t. i44. — Taitî (Bertero et Mœrcnh.) Vulgo Mou. 93. Oyperus venustus Sohnà, et Forst.iï. 1^2^^ Browa Prodr. Nov.-Holl. 2irj, — Ins. Societ. (Banks et Soland.) 94. Cyperus stuppeusSolanà. exForst. Prodr. n. 496. — Ins. Societ. (Banks et Soland.) g5. Cyperus tinctus Soland. ex Forst. Prodr. n, 497. — Ins. Societ. (Banks et Soland.) 96. Papyrus odorutus Willd. in Act. acad. Berol. iSiST p. yS. Cyperus odoratuslÂxm. VaKlEnum. 2. 356. — Ins. Societ. (Forst.) 97. Mariscuspuniceus N alA.^ïium. ^.Z^jZ. Kyllingia puniceahmn. sîippî. io5. Gsertn. t. 2. f. 8.— Ins. Societ. (Lay et Collie. Taiti (Bertero et Mœrenh.) — Vulgo Manu pu tii tii. 98. Mariscus lœpigatus Rœm. et Schult. Syst. veg. 2. 24a. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 99. Mariscus macrophyllus Ad. Brongn. in Duperrey Bot. p. 179. t. Z3. — Borabora (Less. et d'Urv.) 100. Kyllingia monocephala Rottb. Gram. i3. t. 4. f. 4. K. monocephala et triceps Forst. Prodr. n. 5o et 3i. Trichocephalcn nemorale Forst. Gen. 55. — Ins. Societ. (Forst.) 101. Flmbristylis juncea R. Br. Prodr. 226. Scijpus juncuus Forst. Prodr. n. 29. — Ins. Societ. (Forst.) 103. Fimbristylis dichotomay si)û. Enum. 1. 287. Scirpus dichotomusJjinu. Zeyl. 4o. —Ins. Societ. (Forst.) io3. Fimbristylis Hookeri Endlich. F. affinis'Hook. in Bot. Beech. p. 72. non Presl. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) io4. Schœnus elevatus Soland. ex Forst. Prodr. n. 494.—Ins. Societ. (Banks et Soland.) io5. Lampocarya schœnoides R. Br. Prodr. 238. Gahnia schœnoides Forst. Prod. n. 59 — Taiti (Forst.) Culmus semiorgyalis , teretiusculus , inanis , striatus ; geniculalus, a letere interiore canali- culatus , marginibus canaliculi scabriusculis. Folia longissima, lineari-lanceolata, convoluta , apice seiacea, reclinata, sriata, extus ordinibus aculeorum glanduliformium relrorsum aspera , longiludine fere culmi. Vagînœ cylindrico-turbinatte , integrœ, slriatae, glabrœ, pol- licares. Margo foliorum membranaceus , nigricans, ad apicem vaginarutn. Paniculœ spicatœ axillares vaginarutn subsolitariae vel ternse, exteriore longè majore. PeduncuU ancipites, erecti, 3i8 -T. B. A. GtJiLLEMiN. — Zephfritis Taitensis. vix striati, carinis asperis, ciilmo arcte apressi, Involucrum universale, glumaceo-spatha- ceum , ovato-lanceolatuin, acuminatum, niucronatuni, compresso-carinatum, striatum, ca- rina vix-scabriuscula , cœterum glalirum, ustulatum, poliicare. /«co/wcram partiale simillimum universali, adsingula genicula pedunculi solitarium. Pedlcelli terni s. gemini ex quolibet in- volucro, aucipites, vix trilineares. Spiculœ 2 -s. 5-florœ, dichotomse, flosculo altero scilicet sessili , altero pedicellato. Involucellum ad singulam dichotomiam , involucro uciversali et parliali omniiio simiilinuim , semipollicare. CAL. G/j^/na quinquevalvis, valvulis ianceolatis acuininatissimis, compresso-carinaîis , glabris, ustulatis, semuncialibus , imbricalis. COR. bilvalvîs. Valvulœ ovalas a'bidœ acutaî , exteriore majore. STAM. Fllamenta quatuor (3 -6) capillaiia. Jntherœ liueares apice mucronatse, PIST. Gcrmen oblongum. Stylus filiformis erectus, staminibus longior. Sdgmata tria capillaria tortuosa. PER, nullum. Corolla cum slamiuibus excrescit. SEM. oblongum, liberum, glaberrimum, albicans. (Forst. Mss.) GRAMINE^. 106. Paspaluin filiforme Swartz Prodr, 12l'2. Panicum, fi,lLfurnie Lion. Spec. I. 85. Forst. Prodr. n. 38. — Ins. Societ. (Forst.) Culmus erectus, teres, filiformis, Isevis, obsolète uodosus, vaginis foliorum ad maximam partemteclus, bipedalis. FoUa graminea , lanceolato-subulata , subvaginaalia , laevia, erecto- appressa, circiter bipahnaria. Vaginœ convolutai, cylindricœ, apice laxiores. Membranu/a brevis dentata. Panicula spicata, simplex , erecta , slricta, spithaisea, radiis 4-7. Spicœ alternae, secundae, fdiformes, palmarès, virgafœ, ereetaî, una média terminali. Raclas line-r aris , compressa , undulata, ad latus ubi iloribus ouusta carinâ mediâ longitudinaii undatâ \ï\%\ruc\di. Pcdicelli alterni , brevissimi , tenuissimi, racheos lateribus carinae inserli, apice bi- fidi, divisuris brevissimis unifloris, Flosculi o^ati, vix lineam unam s. dodrantem poUicis expient. CAL. Gluma bivalvis uuiflora; valvulis œqualibus, ovatooblongis, duriusculis, gla- bris , convavis. COR. Gluma bivalvis , valvulis hyalinis calyce minoribus oblongis. (Forst. Mss.) Î07. Paspalam reimarioides Brongn. in Duperr. Lot. p. i4o t. 20. — Taiti (Less. et d'Urv.) 108. Paspaluin orhiculare Forst. Prodr. n. 5ô. — Ins. Societ. (Forst.) 109. Garnotia strlcla Brongn. in Duperrey bot. p. i33 t. 21. — Taiti (Les- son et d'Urv.) 1 10. Panicum, ciliare Retz Obs. 4. 1 6. Kunth Agrost. 82. Syntherisma ciliare Schrad. Gerra. 160 t. 3. t. 7. Digitaria ciliaris Pers. syn. 1. 85. Paspalum ciliare DC. FI. fr. ô. 269. Panicum sanguinale var. Trin. îc. 12. t. i44. — Ins. Societ. (Lay etCoUie.) 111. Panicum sanguinale Linn. sp. 84. Kunth 1. c. — Ins. Societ. (Forst.) 112. OpUsmenus setarius Rœm. etSchult. syst. 2. 48i. Brong. in Duperr. Bot. p. 123 — Taiti (d'Urv.) n3. OpUsmenus compcsÏÉns Rœm. et Schult. Syst. 3. 48^'. Kunth Agrost. p, i4i.Trin. Te. t. i 89, 190. OpUsmenus af ricanas Beauv. fl. Ow. 3. i5, t. 6j. f. 1. Orthopogofi compositus P*. Br. Prodr. 191. Panicum compositum Linn. spec. 84. — Ins. Societ. (Forst.) Taiti (Bcrtero et Mœrenh.). Yulgo Nanamu. j, B. A. GDiLLEAHiv. — Zephyritïs Taitensis. 319, ii'i. Ceiichrus anomoplexis\j?\ii\\. ^ov.-CnXcà. i^l. t. 19. var. ausiralis vSpreng. Ciir. post. 3. — Taiti et Boralsora (d'Urv.) ii5. Cenchrus echinatus Linn. spec. 1488. — Ins. Soc. (Forst.) 116. Cenchrus calyculatus Cavan. le. v. Sg. t. 463. — Taiti (Lay et Collic) 1 17. Thouarea média R. Br. Prodr. 197. — Taiti et Borabora (d'Urv.) 118. Cynodon Dactjlon Pers. Synops. 1. 85. var. 7 Brongn. in Duperr. Bot. p. 53. — Taiti (d'Urv.) 119. Eleusine indica Gseitn. de fiuct. 1.8. Trin. le. t. 71. Var. Foliis fere linearibus , spieis sœpins solitariis ^ raro geminis. Nob. Aa potius spec. nova. ^ — Ins. Societ. (Forst. Lay. et Collie) Borabora (d'Urv.) Taiti (Bertero et Mœrenh.) Vulgo Ama mau. 120. Lepturus repensB.. Br. Prodr. 107. Brongn. in Dupeney bot. î. 16. — Rottbcellia repens Forst. Prodr. n. i5\ . — Borabora (d'Urv.) Badix&iiQ%ai,... Culmus prostratus , repens, teretiusculus , filiformis , ramosissimus , genicuii» imuierosis inlerceptus. /?ami dichotomi, flexuosi, filiformes, ascendentes , geniculati, nume- vosis paululum incrassatis vaginis ex parte tecti , dodrantales. Folia graminea, lineari-lan- ceolata, margine aspera, denticulis vix nudo oculo distinguendis, erecto-patentia, planiuscula, hasi apiceque parumper convoluta , longitiidinaliter striata, biuncialia. Vaginœ teretes, con- volulse , cylindricœ, striatulœ , tenues , unciales. Membramda brevis, liyalina, erecta, lacera. Spica terminalis, simplicissima, filiformis, erecta, disticlia , palmaris vel sesquipalmaris. Rachis a flosculo ad flosculutn , une latere perfecte excavata, altère convexa striatula. FloscuU ad spicse latera duo alternatim positi, remotiusculi , sessiles, intra excavatioues radiées de- pressi, duas lineas longi. CAL. Gluma univalvis, unifiera, lineari-lauceolata, acuminata s. mucronata, parum convexa, striatula , viridis , rachi appressa , sub inflorescentiâ patens. Flosculus terminalis in ipso apice spicœ calyce bivalvi gaudef, valvula altéra racheos cavîe vicem gerente. COR. bivalvis. T^ahulœ oblongae, hyalina-servicœ , obtusiusculœ (dum clausœ) latentes intra cavum racheos, teetœque glumà calicinâ : exterior paullo longior , exius con- cava, margine involuto, interior intus concava, loris vero qiio rachin spécial, convexa. Ru- dimentum valvulae tertiae, inter glumam calycis et corolltc valvuiam exteriorem positum, corolla dimidio brevius, lineare, apice-spatulatum hyalinum. STAM. Filamenta 3 canillaria. ^/z;/«c7W lineari-oblongœ , basi et apice bifurcœ. PIST. Germen ovato-globosum. StjTi duo erecti, cylindrici , laeves , hyalini. Stigmata horizontaliter divaricala, plumosa, purpurea. lon- gitudine stylorum. PER. nuilum, Corollœ sese rursus intra alvum racheos recipiunl. SEMEN unicum , ovatum, Iseve. OBS. An varietas hujus speciei, quam semel reperi (ut opinor) in insulâ tannâ vel vicinâ, quse spicnlam !ri -s. quiuquefloram intra singulum calycem osle idebat.' Sed hujusmadi spi- culse mihi stériles atque abortivse videbantur. Folia magisaagusta, s. linearia in bac varietate erant, csetenim habitus idem ; ulteriore examine digna est. (Forst. Mss.\ 121. Saccharum officinarumlÀnn. Spcc. 79, F'ar. oceanica. — Taiîi (Lay et CoUie.) 122. Saccharum ftponianeum Linn. Mant. 1 83. Forst. Prodr. n. 3a, — Ins. Societ. (Forst.) 3*20 j. B. A. GUiLLEMiis. — Zephyritis Taitensis. 1 23. Erianthus floridulus Schull. Mant. iii. 563. Saccharum Jloridulum Labill. Ncv.-Caled. t. i8. — Taiti (d'Urv.) 124. Erianthus maximus Brong. in Duperrey bot. 97. — Taili (d'Urv.) 135. Eulalia glabrala Brongn. 1. c. p. gS. t. ly. — Borahora (d'Urv.) 126. Centotheca lappacea Desv. Journ. bot. 181 3. p. 70. Kunth Rev. Gram. p. 317, t. 70. Cenchrus lappaceus Linn. spec. i488. Poa latifolia Forst. Prodr. n. 44. Vahl symb. II. 18.— Taiti (Forst. d'Urv.) 127. Andropogon AUlonii DC fl. fr. m. 97. Heteropogon glaber Pers. Synops. II. 553. — Ins. Societ. (Lay etCoUie.) 128. Andropogon acicularis Retz Obs. v. 22. Raphis trwialis Lour. Fl. Coch. 676. Trin. le. t. 8, 9. —Ins. Societ. (Lay etCcllie.) 12g. Andropogon Taitensis Hook. et Arn. in Beech. bot. 72. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) i3o. Bambusa ? (Culmus et folia). — Taiti (Bertero et Mœrenh.) — Vulgô Ehaè. ARAGE.E. i3i. Dracontium polyphyllwn Linn. Forst. PL esc. n. 2g. — Colitur in ins. Soc. (Forst.) 182. Colocasia escM/é^n^a Schott Melet. 18. ArumesculentumlÀan.Yoxsi. PL esc. 26. — Colitur passim inter Tropicos (Forst.) Taiti (Bertero et Mœrenh. fide specim. floribus destituti.) ÏACGACE.E. i33. Tacca pinnatifida Linn. Forst. Prodr. n. 5209. PL esc. p. 28. — Ubiqne inter Tropicos culta (Forst.) Taiti (Bertero et Mœrenh.) Vulgô Pia. JUNCACE^. i34. Luzula campestris DC. FL fr. Juncus campestris Linn. Spec. 468.-^ Ins. Soc (For5t.) ASPHODELES. i35. Dianella ensifoUa Linn. Mant. ^3. Dracœna terininalis Forst. Prodr. n. i52. Jacq. ? non Linn. (ex Endlich.) — Dracœna ferrea Sprengel? — Ins. Societ. (Forst.) Taiti (Bertero et Mcierenh.) Vulgô Ti. ( La suite à un prochain cahier. ) c. MONTAGNE. — Cryptogantes nouvelles de France. 3- Notice sut' les plantes cryptogames récemment découvertes en France, contenant aussi l'indication précise des localités de quelques espèces les plus rares de la Flore française , Par C. Montagne, Docteur en Médecine. {Suite et fin. Voyez tome v, p. 280 et ^Zj, et vi. p. 28.) ALGUFS Roth. 1 (1).* Cystoseira Ahies marina Ag. Spec. 1. p. 84. — Gmel. Hist. Fuc. t.a.A.f. 1. J'ai observé cette Algue près de Marseille, où elle avait été rejetée sur la plage. Conservée long-temps sans nom dans ma collection, des échantillons du type recueillis aux Canaries et communiqués par M. Webb m'apprirent que je devais la rap- porter plutôt à cette espèce qu'à une variété du Fucus selagi- noides L., qu'elle simule d'ailleurs assez bien. L'espèce que M. Bory de Saint- Vincent a publiée sous ce nom dans la Flore de Morée, et dont je dois un échantillon à son amitié, est une plante tout-à-fait différente de celle de Gmelin et d'Agardh , et devra conséquemment recevoir un autre nom. M. Agardh fils, qui a vu ces deux Algues dans mon herbier partage cette opi - nion , qui acquiert ainsi plus de poids encore. "2.'*' Dictyota Solieri Chauv. in Mem. Soc. Lin. Norm. (ex schedulâ cxempla- libus cum Mus. Paris, à cl. Solier communicatisadditâ. — Laminaria padinipes Bory in litt. ail cl. Solier. Cette Algue offre beaucoup de ressemblance avec le Zonaria Schrœderi Ag. (^Uha Schrœderi Mart. Fl. Bras. I, p. 21. le. Se- lect, crypt. tab. 2. f. 3), et paraît n'en différer essentiellement (1) Nous ferons procéder du signe (+) les espèces que nous regardons comme absolument nouvelles, et d'un (*) celles qui n'ont encore élé insérées (huis aucune Flore de France. VI. BmAN. — Décembre. ai :'22 c. MONTAGNE. — Cryptogames noiwclles de France. que par la forme des soji, qui sont elliptiques dans la plante du Brésil, et beaucoup plus grands que dans celle de la Médi- terranée, où ces mêmes sori sont punctiformes et très nomr bieux. Quand les séminnles ou gongyles sont tombés, la fronde, regardée à contre-jour, paraît percée d une immense quantité de /oraminuies tellement petits, que, pour les faire, il semble- rait qu'on a dû employer l'aiguille la plus fine. Mais ces trous ne sont qu'apparens, les séminules n'entraînant dans leur chute qu'ime des faces de la cellule qui les recèle, et l'aulre face op- posée devenant par cela même plus transparente. J'ai reçu un bel échantillon complet de cette Algue de M. de Pouzoîs , qui l'avait recueillie en Corse. J'en ai vu aussi dans la collection du Muséum de Paris, des échantillons envoyés par M. Soher. 3 -|- Chondria obtusa A g. var. patentiramea (Montag. in herb.) : fronde filiformi ad axillas leviter incrassatâ, irrcgulariterque pinnato-iamosâ, ramis primariis longis surrectis, secundaiiis patentissimis deflexisque, ullimis tandem vei pinnulis brevissimis obîusis oppositis ternisque (N.) PI. 18 f. 3. Je n'ai pu me décider à passer sous silence cette forme, ou variété notable d'une espèce d'ailleurs très commune. On lui trouve bien un air de famille , quand on la compare à certains individus des Laurencia hybrida C\i3Mw.etgelatinosa Lam"., les- quels ne sont peut-être que des formes peu dignes d'être dis- tinguées spécifiquement d'un type commun. C'est pour ne pas multiplier inutilement les êtres que je rapporte ma plante à ce même type. Son port tout particulier semblerait pourtant , si je ne m'abuse, devoir l'en éloigner. On en jugera par une figure de grandeur naturelle que j'ai tracée d'une de ses plus petites frondes. Je l'ai trouvée sur le bord de la Méditerranée, à Mèze, où j'en ai ramassé plusieurs échantillons en 1828. 4. -j- GraLeloupia fdicina k^. var. 7-a/rae«/acea (Montag. in herb.) : fronde primariâ pinnisquc ramenlis spinajformibus undique obsitis. ISotre Algue ne diffère du Grateloupia filicina que comme le Fucus jubatus L. diffère lui-même du Sphœerococcus ciliatus Ag. c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. v^23 Sa fronde est plusieurs fois décomposée en segmens linéaires- lancéolés, qui sont chargés comme elle, sur leurs deux faces et sur les bords, de nombreux appendices spiniformes, longs d'en- viron une à deux lignes. La couleur de la variété n'est pas dif- férente de celle du type. Mes échantillons ressemblent cepen- dant beaucoup plus à des individus de cette plante recueillis dans l'Adriatique et communiqués par M. Rurr, qu'à ceux que j'ai reçus de l'Océan; je parle ici de la forme générale, faisant abstraction des appendices qui garnissent la fronde et qui n'existent que dans ceux que j'ai recueillis moi-même à Toulon; malheureusement, je n'ai pu les avoir en état de fructification. Cette variété est extrêmement commune dans la grande rade, à droite de l'arsenal , en allant à La Seine par terre. Il n'y a pas une pierre submergée du rivage qui ne porte, soit cette Algue, soit le Bryopsis arbuscula , soit même souvent les deux espèces réunies. 5. Halymenia Cah'adosii Montag, in hejh. — Damonlla Lam^. Dict, class. d'hist. nat. cnm icoue. — Duby Bot. gall. p. g4i. H. fronde gelatinoso-membranacea tubuloso-planâ dichotomâ, segmen- tis hneaiibiis sensim alteuualis, apicibus capillaribus tri-vel saepiùs bifiircatis. Noh. Cettebelle et très rare espèce paraît intermédiaire entre les //. Floresia et ligulata K^.^Wq diffère de la première, qui n'a point encore été trouvée sur notre littoral, par la division dichotome et non pinnéedesafronde, etde la seconde par l'absence de segmens sur les bords de cette même fronde, et quand, ce qui est fort rare, il en existe, par leur direction qui est ascendante et non horizontale, ainsi que par le défaut de tout rétrécissement à leur base. Au reste, n'ayant vu qu'un exemplaire desséché de l'une et de l'autre espèces, je ne saurais prononcer si ces différences, dans des plantes aussi polymorphes , sont suffisantes pour au- toriser une distinction. Je possède un magnifique échantillon (le l'Algue en question , lequel a été recueilli à Landevenech , près de Brest, et m'a été communiqué par M. Duperrey, par l'entremise de M. Hogard, géologue distingué. La figure qu'on eu trouve dans le Dictionnaire classique d'his- 324 c. MONTAGNE. — CryptogaïufS nouvelles de France. toire naturelle paraît avoir été calquée sur ma plante tant elle est exacte; ni dans le dessin, ni dans l'original, je ne vois les segmens obtus mentionnés dans la phrase diagnostique du Bo- tanlcon. 6.* Valonia utricularis Ag. Spec. i, p. 43 1. — Conferua utricularis Roth. Cat. I. t. i. f.,1. C'est sur les bords de la Méditerranée, près de Maguelone que M. Bouchet a trouvé les échantillons de cette Algue qu'il m'a communiqués. 3'ai cru devoir les mentionner, parce que cette espèce est la première du genre qui ait été rencontrée dans nos limites. 7.* Dasya elegans Ag. Spec. 2. p. 117. — Ejusd. Spec. 1. p. 821 (jexcl. synon.) — Dasya pedicellata Ag. Syst. p, 221. — Khodonema ele- gans Martens, Reise. — Dasja Baillowiana Maitens ex spccim. à cl. Kurr. mecum communicato, — Fucus Baillowianus Grisellini, fide ejusdem. J'ai pensé qu'il ne serait pas superflu de donner toute la sy- nonymie d'une espèce d'Algue très remarquable et non encore enregistrée dans la Flore française, bien qu'elle ne soit pas rare à Cette, d'où proviennent les beaux échantillons que j'en dois à la générosité de M. Bouchet. Ces échantillons se présentent sous des aspects si différens , que l'on serait tenté de voir, en chacun d'eux, des espèces essentiellement distinctes. On est détrompé quand on a pu suivre la morphose de la plante, et l'on reconnaît qu'elle peut, à ses différens âges, s'offrir avec des formes différentes, que M. Agardh a désignées sous les noms de 1° villosay 1° villosa et capsiiUfera , 3° nuda et cçipsulifera. La plante que j'ai reçue de M. Kurr, sous ie nom du D.Baillo- wianGi est originaire du port de Venise; selon M. Agardh fils, elle ne diffère pas du type. 8.* Dasya spinella k^. in Bot. Zeit. 1827, p. 544 et Spec. Alg. 2. p. 117.— Duby. 2^ Mém. sur les Ceram. p. i3. t. m. f. 1 et 2. ! — Ceramium Boncheti ejusd. Bot. gall. p. 969. Cette espèce, qui n'avait encore été trouvée que dans l'Adria- tique et la Méditerranée, habite aussi l'Océan, où elle est indi- c. MONTAGNii. — Cijptoganies noiwelles de France. ?>iB quée par M. Duby. Ce botaniste i'avait publiée, dans le Bota nicon gallicuni, sous le nom de Ceramium Boucheti^ pour le Gaillona ^oz/cto/Bonnem. qui estune toute autre espèce, comme il le reconnaît lui-même dans l'important mémoire sur les Céra- miées que viens de citer, et dont j'ai donné ime analyse dans ce journal. Mes échantillons viennent de Corse, où ils ont été recueillis par M. le capitaine Soleirol. Selon M. Duby, la même espèce a élé retrouvée près de Fréjus par M. Perreymond. 9. Dasya spongiosa Ag. 1. c. p. 121. — Conferpu Arbusciila Engl. Bot, t. 1916 iicc. Dillw. — CaUithamniun Arbuscula Lyngb. p. is>2. t. 38. (exclus, f. 4, 5, 6.) — Gaillona Arbuscula ! Bouncm. Hydr. !oc, in Mém. du Mus. 1824. p. 67. Celte espèce a été trouvée à Cette , sur les rochers submergés du Lazaret, et m'a été communiquée par M. Bouchet, avec beaucoup d'autres Algues de la même localité; je la tiens égale- ment de Bonnemaison. Ce qu'il est bon de noter ici, c'est que cette jolie plante marine n'avait point encore été mentionnée comme propre à la Méditerranée. 11 faut bien se garder de la confondre avec le Ceramium spongiosum DC. Fl. fr. , lequel est wn Çladostephus A g. 10.*^ Dasya Arbuscula Ag. 1. c [,. i3i. — Conferua Arbuscula Dillw. 85 et t. G. Je possède en herbier cette espèce , qui m'a été donnée à la Uochelle en 1823, sous le nom de Ceramium Pcrsoonii , pai- M. d'Orbigny père. Je pense qu'elle appartient à cette localité, explorée avec tant de .soin par le naturaliste que je viens de citer. 1 1.* Dasya simpliciuscula Ag. 1. c. p. 122. - Ceramium ocellaluni Gialel, in Hist. delà Soc. de Méd. de DIontp. 1807. p. .'54. f, 2. — Hatchui- sia ocellata Ag. Sysl. p. i58. — Polysiphonia ocellata Dal»y. Bot. gall. p. 966. J'ai recueilli cette petite Céramiée à Marseille, et l'ai reçue aussi de M. Bouchet, qui l'avait trouvée sur les rochers du La- zaret à Celte, Je ne la mentionne ici que pour 5a synonymie, ^-âS g. montagne. — Cryptogames iiouvelles de France. le genre Dasya, auquel elle appartient par sa fronde principale continue, méritant d'être généralement adopté. On voit qu'à l'exception du Dasya plana, qui croît dans l'Adriatique, et qu'au reste M. Duby regarde comme identique avec le D. sim- plicLuscula , nous possédons, sur notre immense littoral, toutes les espèces de ce genre élégant, (i) 12.* Ceramium patens Grev. Scot. crypt. FI l. 3 18. non Bonnemaison. C'est bien certainement, à mon avis, la plus élégante des Céramiées. Elle a été trouvée à Belle-Ile en mer, île des plus riches en belles hydrophytes, par M. le capitaine Toussaint. C'est à son ami, M. le capitaine Saubmet, que je dois l'échan- tillon que je possède, et d'après lequel j'ai déterminé l'espèce. l3.* TVrangeLia tenera Ag. 1. ç. p. 137. J'en ai un petit échantillon recueilli à Cette par M. Bouchet, localité d'où la tientM. Agardli lui-même. Il m'eût été facile d'en donner une description, qui aurait eu l'avantage de faire con- naître ce genre nouveau aux amateurs qui ne possèdent pas le Species Algarum- Mais je me suis fait une loi de ne décrire, dans cette notice, que les espèces tout-à-fait nouvelles, me bor- nant, pour les autres, à renvoyer aux sources où chacun pourra acquérir les notions à l'exposition desquelles se refuse la nature et les bornes de ce journaL (1) Voyez: Observations microscopiques sur it Ceramium lioucheri, ttlc. de MM. Cronau frères ( Ann. des Se. nat., 2*^ sér., toai. 3, p. 181 ). Je ne suis pas à même de vérifier les asser- tions qui y sont contenues, mais j'avouerai uéanmoins qu'il m'est difficile de croire que deux Céramiées aussi dissemblables que les Ceramium oceiïaium Gralci. et Gaillona versicolor Bonnem., ne soient que des formes ou des variétés d'une espèce unique. Si, comme ils le disent, les principes émis pai' M. Duby dans ses Mémoires sur les Céramiaires ont pu les conduire à une telle réunion, il faut convenir que ces principes, supposé qu'on ne les ait pas poussés au-delà des conséquences qu'ils comportent , doivent pécher par la base sur la- quelle ils reposent. Ceci n'est qu'une simple observation de ma part , puisque vivant loin de la mer, je ne puis m'ériger en juge compétent pour décider la question. J'ajouterai que le genre Dasya, publié en 1823, a l'antériorité sur le Gaillona de Bonnemaison qui ne l'a été qu'en 1824. C'est donc le premier de ces genres qui doit être adopté; à moius de violer les règles de la nomenclature. Si MM. Crouan , dont j'<'stime fort les travaux , avaient vu, comme moi, des échantillons parfaits du Dasya elegans Ag, il ne leur serait bien certainement pas venu dans l'idûe de les rapporter au genre Ceramium, même te! qu'il à été circonscrit par M. Duby. c. MONTAGNE. — Cî'yptogames uoLivcUes ilc Fni>wt\ 827 i4.* Scytonema Friesii Montag. in lierb. et Frics in lilt. — OscUlatoritt Friesii k^. Sysl. p. 61. — Scytonema Bangli FI. Dan. t. 1602. f. 1. -Lyngb. t. 28! Cette espèce, que j'ai trouvée dans plusieurs localités des Ardennes, où elle n'est pas rare, est un véritable Scytonema, ainsi que Lyngbye l'avait déjà vu. Elle appartient à la section de ce genre, dont les fllamens redressés forment des espèces de pinceaux terminés en pointe aiguë. Elle croît sur la terre argilleuse, nue et liu/nide. M. Lamy l'a aussi observée aux en- virons de Limoges. iS.*^ Mesogloja dwarkaia Ag. Syst. p. 5i. — Dudresiiaya cupreasina Bonncm. mss. J'ai recueilli cette Algue sur les côtes de Bretagne, soit à Belle- Ile, soit à nie de Groix, en face de Lorient. Elle ne diffère que par sa couleur rougeâtre du M. vermicalaris , qui est fusces- cent. La détermination de cette plante est due à M. J. Agardb. Ce n'est pourtant pas le DiMlrcsnaya coccinea de MM. Crouan. SUPPLÉMENT. MOUSSES. 1. i^ Daltoiiia Lain^ana (Moiilag. in Heib.) : aquaiica, calile ramoso, ramis j)aucis elongalis fliiitantibus infernè denuclatis , yb/iïs imbricatis latè ovatis concavis subacuuiinatis ohtusiusculls ncrvo ullramedio, yoeri- chcedalibus dentatis , thecis urceolatis bifariis perichaetio inuuersis, operculo hrevi conico-incurt-'o. PI. 18, fig. 2. ïige principale couchée et fixée aux rochers, émettant, à des iHstances assez rapprochées, quelques rameaux de 2 à 4 pouces de long, dénudés de feuilles dans le bas, comme cela s'observe ordinairement dans les Mousses soumises à l'action d'un cou- rant d'eau, et divisés eux-mêmes en un petit nombre de rameaux latéraux plus courts qui en sortent à angle aigu. Feuilles cauli- naires imbriquées, largement ovales, concaves, s'étrécissant un peu vers la pointe, obtuses, très entières, d'un vert sombre, ouvertes quand elie^ sont humides, appliquées dans l'état de 32 8 c. MONTAGNE. — Crjptogcimes noui^elltis de France. sécheresse, munies d'une nervure peu saillante en dehors, qui mesure environ les deux tiers de leur longueur. Feuilles péri- chétiales, les extérieures oblongues, lancéolées, acuminées, parcourues dans toute leur longueurpar une nervure; les inté- rieures ovales et sans nervures, les unes et les autres dentées (i). Aréoles du réseau formées de cellules punctiformes, disposées en séries parallèles longitudinales dans les feuilles caulinaires et périchétiales extérieures , obliques transversalement dans les feuilles périchétiales intérieures. Dans quelques cellules, on peut observer plusieurs grains de chromule. Pédoncules extrême- ment courts, à peine d'un quart de ligne, disposés le long des rameaux sur deux rangs opposés et sortant d'une gaîne oblongue. Capsule urcéolée, moins allongée que dans le D. heteromalla, brune à la maturité, munie d'un anneau composé de deux ou trois rangées de cellules, dont les plus extérieures sont les plus grandes, entièrement cachée par les feuilles périchétiales; les péristomes sont semblables à ceux du Daltonia heteromalla. Opercule court, conique et recourbé. Coiffe canjpaniforme, brune au sommet, irréguhèrement découpée à la base et cou- verte de petites aspérités. Sporules globuleuses, d'un quaran- tième de millimètre de diamètre, et d'un vert sombre. Outre les capsules mûres disposées, comme nous l'avons dit, de l'un et de l'autre côtés des rameaux, on observe en même temps, placés de la même manière, à l'extrémité de ceux-ci, des espèces de ramules qui supportent les organes femelles, dont le développement doit avoir lieu plus tard. Les feuilles périché- tiales qui les enveloppent sont enroulées l'une sur l'autre et forment des pointes analogues à celles qui terminent les tiges et les rameaux de VHjpnum cuspidatum. Occupant les deux côtés des rameaux , elles lui donnent un aspect plumeux tout particulier. Ces fleurs femelles (je n'ai pu trouver les mâles) sont composées de quinze à vingt archégones, environnés de quelques paraphyses un peu plus longues et cloisonnées; cel- (i) Dans h. Daltonia heteromalla les feuilles périchéliales extérieures sont oblongues, mous- ses, longuement mucronées par la nervure cjui les traverse, et parfaitement entières de même que les inléi-ieures, qui du reste sont ovales et sans nervure comme dans notre espèce. c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. ^29 les-ci manquent quelquefois. 3'ai observé quelques-unes de ces fleurs déjà fécondées. Cette Mousse, que j'avais d'abord considérée comme une forme fluviatile du D. heteromalla , m'en paraît, aujourd'hui que je l'ai étudiée à fond, essentiellement distincte, 1° par son habitat; 1° par son port remarquable dû en partie à la dispo- sition des capsules et des fleurs femelles non encore dévelop- pées, sur deux rangs opposés le long des rameaux principaux et secondaires, en partie à l'allongement que le courant du fleuve où elle vit, apporte dans ses tiges et ses rameaux; 3" par ses feuilles périchétiales autrement conformées et surtout denti- culées; [\ par les aréoles du réseau, qui sont ponctiformes et non linéaires ou en losanges; 5° enfin, par son opercule briè- vement conique et recourbé. J'ai dédié cette Mousse à M. Lamy de Luret, qui l'a décou- verte dans la Vienne, à Ile près Limoges, fixée sur des rochers, et confondue avec les Griminia r'wularis et Cinclidotus jonti- naloidesj en la compagnie desquelles elle flottait entraînée par le courant de la rivière. Pour rendre comparatives les deux phrases diagnostiques , je propose de réformer ainsi celle du D. heteromalla. D. heleromallaj arborea, caule decumbcntc inferne l'Amoso, foliis subimbricatis ovalo-acurainatis concavis acutis carinatis nervo ultra- raedio, perichœiialihus integerriinis j thecis ohlongis heteromallis subsessilibns perichœtio iinroersis, operculo conivo-acuminalo recto! HÉPATIQUES. 2.* Lejeunia (Junger : annia) platjphylloideaSch\^ein. in Lcbin. Pug. iv. p. 47. — Nées et Montag. Jungerm. Sp. in Ann. des Se. nat. 2" série, tona. 5. p. 58. J'ai trouvé cette Jongermanne sans fructification , dans l'er- mitage de Saint-Antoine de Galamus, localité des Corbières fertile en belles plantes. Je l'avais prise pour une forme inter- médiaire entre les J. platyphylla L. et lœpis^ata Schrad. Elle se rapproche , en effet, de la seconde par son port et de la pre- mière par la forme de ses feuilles et de ses amphigastres. M. Nées 33o ç. MONTAGNE. — Cryptogcimcs nouvelles de France. d'Esenbeck la rapporte^ à l'espèce de Schweiniz, dont j'ai aussi des échantillons de Madère, que je dois à M. Webb. 3.* Lejeunia (Jur.germannia} Cordœana lliibeu. Hepalicol. germ. p. 291. — /. platyphylla var. terresLris cl. Guepin in lilt. Si cette espèce est bien distincte, ce qui sera douteux tant que sa fructification restera inconnue, elle m'a été adressée d'Angers par M. Guépin, et de Pontivy par madame Cauvin. Je n'ai pas cru devoir la passer sous silence. Elle ressemble toute- fois bien davantage au L. Porella q{io/o«/c7^,r72 austriacum Jacq. et Soyera lampsanoides Monn. Prata interflnit , suprà inter rupes valdè coarctatus, infrà in fauces profundissimas dejectus, ubi vero viculum appropinquat humilis alveoque exiguo contentas, JSai^iego rivulus, ad cnjus oras subpaludosas Lepidium heterophyllum Benth. et Salicis species mihi ignota hospitanlur. Viculi tuguria tegunt stipulas secalinae, in conos densissimos summâque arte constrictse, atqiie ità dispositœ, ut de snmmo tecto in terram ferè propendeant, quap nisi confertissimè densis- âiméque compactas essent , nivium brumalium ingens pondus sustinere non vaîerent. Pulcherrimè aestate ineunte virent tecta haec strammea, et stirpibus plurimis vestiuntur, inter c\iiaSu4gros- tis capillaris , Galeopsls Tetrah.it, Erucastrum obtusanguliim et Senecio Duriœi. (nov. sp.), quarum secunda et tertia è regione montanâ proyciscuntur , et hic loci terrainum superiorem ha- bent ; suum vero inferiorem hic nactus est Senecio Duriœi. Ad orientem vicuh surgit, arduus quidem, imllis tamen gra- vioribus impedimentis interceptus, monsorientalis, cujns borea- lem clivum, inter Gas\^\iv\?iio nullibi occurrebat. Pascuis denique omnino propriae videntur, alibi nusquàm in Asturicis alpibus lectée, Luzula pediformisJ)C et Ajuga alpina L. , quae vero ibi rarissimae sunt , nec nisi pan- cissimis spcciminibus monstratae. Proximè supra geminas saxorum moles , quas Barhareâ pros- fr<2/(2 insignes jam dixi,eisque parallela, occurritoraangustissima, tyraminosa et paludosa, ad meridiem impervia [finissant en cul- de-sac ) , seplenîrionem versus usque ad Naviegi alveum lon- «iusculè protensa , montisque in scalas excisi gradum inferiorem f i) Ejus foiiiseoque loco crevit, ex Duriaei stirpibus agamis Asturicis, sola (juaî Montagneo nova visa est Sclerotiiun Eiythronii Montagu. ,cujus diagnosin ab auctore communicataai lu- benter exscribo : « Sel. innatum, amplûgenum, gregariiim, eUiptico-subrotundum, depressum, {•/("■ostim nio^rum, inths albidum , dcmùm epidermide foUi secedente iitrinque niidum. — Sel. vaiio Pers. affine, nec niiii vegetaliono amphigenâ forsàn diversnm. » T. GAY. — Duriœi iter asturicwn. 35 1 efticiens. Hùc vaccae viculi subjecti fréquentes concurrunt, her- bamqiie omnem avide depascimt. Eum igitur locunci prorsùs derasum invenit , nec ullam ibi intactam stirpem colligere valuit Duriîeus. Exreliquiis tamen nonnullis explorant! innotueruntP^^- dicularis sylvatica L. (alibi non lecta, nec à me visa)^ Saxifraga stellaris L. (regionis alpinœ propria, bic loci terminum siium infe- riorem habens), et Myosotis stolonifera (nov. species, perindè al- pina, ibiqiie terminum suum inferiorem habens , cujus planta nnica, in regionem subalpinam fortuitô delapsa, alpinisque multô vegetior et stolonibus imprimis luxurians,in faucibus supra Tre- castro inventa est). Rupibus quoque oram sursùm munientibus appendet Polytrichum alpinum L, ( n° i3i ) , quod, maxime al- pinum , terminum quoque ibi obtinet inferiorem. Sursùm pergenti permeanda Ericœ australis t^X Genistœ tri- dentatœ zona, quâ Carex leiocarpa {nov . sp. ), latiùs dissemi- nata , aliaeque stirpes plures, anguslioribus limitibus circum- scriptae , conîinentur , nec infrà inventse nec suprà. Zona ferè média recurrit (infra Leitariegos, regione subalpinâ, et ad Pena- florae rupes, in Asturiâ inferiore, jam lecta), indè in regionem alpinam superiorem continuata, Saxifraga umbrosa L. Zona nondùm totâ trajectâ, passusque à palude 200 et ultra progresse , occurrit alter montis gradus , prœcedenti ampii- tudine et directione similis, sed magis paludosus , et aqua- rum torpentium Sphagnorumque copia tremulus , quem vaecas igitur calcare et perambulare nequeunt. Mediam pakidem oc- cupât canaliculus aquâ pigrâ repletus , ubi Carex ampullacea Good., Sparganium natans L, et Veronica scutellata ^ latifolia, locis inferioribus desideratae, pullulant. Inter Sphagna alise , ex imâ Naviegi convalle profectae, hospitantur stirpes; alise regio- nibus subjectis prsetervisse, sed è planitie procul dubio advectae, Gentiana Pneumonanthe L. (quam posteà in Asturiœ inferioris ericetis frequentem vidit), Parnassia palustris L. (Gegioni se- riùs observata) et Cardamine pratensis\^.\ aliae in palude proxi- mè subjectâ jam visœ, Myosotis stolonifera (nov. spec.) et Saxi* fraga stellaris L. ; aliœ locis subjectis certiùs desiderata?, et in Asturiâ alpestres vel omnino alpinœ, Carex cespitosa L., Juncus squarrosus (pari altitudine in monte orientali jam lectusj, Pin- 352 j. GAY. — Duriœi iter asturicum. gidciila grandiflora (quœ in monte de Tozaque subalpina est, et in Astiiriâ inferiore montana), Erica Tetralix L. et Coinarwn j)alustre L. (parciùs florens, quam ob causam publicum Duriaei herbarium intrare nequivit). Oram paludis siccam vel minus uli- ginosam incolunt Cerastium triviale, è Canicâ advectum ; Eu- phrasia officinalis L., P^icia sepium (nana), Mœnchia quater- nella Ehrh. et Erophila vulgaris DC, locis subjectis omnes prae- tervisae; Vicia pyrenaica Poiirr. (2), quam hic loci non agnovit, ideoque minus justo curarvit T^urid&us; Aconitum ISapellus'L.^ ibi rarissimum, nec alibi iisquàm nisi Oveti, in Asturiâ inferiore, observatum, à me non visum ; et ^ngelica pyrenaica Spreng., ibi terminum suum inferiorem habens, et ad lacum proximè su- periorem, nec ultra, excurrens. È palude inferiora versus aliquantulùm aquae, quasi per in- cile, defluit, ad cujus oram, praeter stirpes nonnuUas jam enume- ratas, veniunt Marchanda commutaia Lindenb. (n. 66), Orchis maculata L. (aestate minium provectâ locis inferioribus prœter- visa, nec mecum à Duriœo communicata) , et Saxifraga Cliisii Gouan. (indè paulo altiùs procedens, infrà vero in Naviegi clivo nusquàm observata). Exiguo supra paludem intervallo, ubi ora jam sicca, complu- res aquae frigidissimae fonticuli scatuiiunt, quos, primùm erum- pentes, denso lœtoque cespite stipant stirpes duœ, Bryum latifo- liiim Schl. (n. i25) , stirps helvetica, maxime alpina, in Asturiae alpibus hoc uno loco inventa, et Larbrea aquatica St. Hil.^ ab agro Canicensi hùc nec ultra scandens. tJbi vero aqua, jam mi- nus glacialis, aperto coelo profluit, ambae statim consistunt, nec rivulum ampliùs comitantur. Eo ferè intervallo, quo duae paludes à se invicem, passus sci- licet 200 et ultra à superiore palude sursùm distat, alpestris jam memorata lacuna, gradum montis tertium, eumque in longitu- dinem minus patentem, occupans. Medio quidem clivo orientali collocatur, et totum quantTim clivum alpinum in duas sequas dividit partes. Illùc ex imo tendenti, reliqua Ericœ australis (i) Stirpe pyrenaica Iriplo altior et habitii ad V. mtlvaw proximè accedens, à qtiâ verô calyce et stigmate distinctissima est. j. GAY. — Duriœi iter asturlciim. 353 Genistoëque tridentatœ , jam rarior, mox verô prorsùs evanida Sylva, transeunda est, quo itinere stirpes plures occurrunt notatu dignœ: Jungermannia ad rupes, non rarse ; Carex leiocarpa{uov. sp.), eâdem montis zona, cùm infra lacum tùm in pascuis lateris inter Eu- rum et Austrura inclinati frequens , utrobique (ut in montis orientalis clivo australi) in Ericœ austraiis consortio vivens, cujus umbrâ allectari videtur. [Continuabîtiir.) Biasolettia. et Hladnikia , deux nouveaux genres de la famille des Ombellifères y par le prof . Roch. {Flora i836, n" ii, page i6r.) M. Biasoletto envoya à M. Koch quatre échantillons d'une Ombellifère, dont deux provenaient du Monte-Maggiorc en Istrie, les deux autres du Mont Velebt en Dalmatie. Il les rap- ])orta avec doute à \ Anthriscus fumarioides ; mais la plante s'é- loignant beaucoup par les caractères du genre Anthriscus , M. Koch y reconnut un nouveau genre auquel il imposa le nom de l'auteur des recherches sur les Algues microscopiques, et il donna à l'espèce le nom de bulhosa à cause de sa racine bul- beuse. Par sesvittœ le genre nouveau se rapproche du Chœro- phrllum<^X du Sphallerocarpus. Les fruits ont en petit l'appa- rence de ceux du Myrrhis odorata qui cependant présentent une structure tout-à-fait différente. M. Roch fait remarquer qu'en général les fruits des Ombellifères ne peuvent être bien examinés qu'après avoir été trempés dans Teau bouillante; ce procédé seul permettra d'en étudier avec certitude la structure inté- rieure. Voici les caractères que l'auteur attribue à son ^zVz^o- /é'^/«û5 ; « Calycis margo obsoletus. Petala olovata, emarginata « cum lacinuia infl^xa. Fructus erostiisa latere compressus. Me- « ricarpia jugis quinque, argutis, subulatis, sequalibus, latera- « libus. Valleculae plaTiae univittatae. Albumen antice sulco pro- « fundo exaratum. ^ La plante pousse une. tige haute d'un pied, simple, divisée à son sommet en deux ou trois rameaux dont chacun porte une ombelle; elle est légèrement cannelée, nue, portant à la base des poils raides recourbés; elle est un peu enflée aux arti- culations. Les feuilles sont lisses, bipinnées ; les folioles bi-oxi trifides, à bord un peu rude; leurs lanières sont lancéolées, pointues, linéaires aux feuilles supérieures. Les ombelles dépour- vues d'un involucre, présentent 9-12 ombellules. Les in volu- celles sont ovale-lancéolés, mucronés, lisses même sur Je bord, 3dC) koch. — Genres Biasoiettia et Hladnikia. toujours dressées. Les pédictlles sont, à la maturité du fruit, surmontés d'une couronne desoies blanches, courtes et raides. Le fruit est linéaire, de couleur de charbon quand il est mûr. Le carpophore est bifide vers le haut. M.Roch ne pense pas que la plante soit déjà décrite par quelque auteur. L'examen du THaânikiapastinaci/oliaReichenh. (publié dans les Centuries de cet auteur) ne présenta point à M. Roch des caractères par lesquels il lui fût possible de distinguer cette plante d'avec le Falcaria; il croit par conséquent devoir la ranger dans ce dernier genre sous le nom de F. latifolia. Cepen- dant pour ne pas vouer à l'oubli le nom de Hiadnik, qui a bien mérité de la science par l'étude des plantes de la Carniole, M. Roch propose de donner son nom à une autre plante, à ÏAlhamanta Golaka de Hacquet. Host place cette plante parmi les Z^7^;/5^/cw/72; Reichenbach en fait un Pleiirospermum; vàdà^ elle ne saurait être conservée dans aucun de ces deux genres et présente même un des genres les plus distincts de toute la fd- mille. Elle se T2i}^^Yoc\iQ àçs ^rchangelica, aut (hisce defîcientibus) 3'; interiora post anlhesin conni- ventia. Petala aut 5 ( calyce 3-v. S-sepalo ) , fugacissima (in Hudsonils tamen subpersistentia), sepalornm respectû^ haùd symmetricè disposita , aut 3 (calyce 5-sepalo), subper- sistentia, eum sepalis interioribus alternantia. Stamina (ca- lyce breviora) numéro indefinito (circiter 7-ioo),v. rarb 3 ( petalis^anteposita ) , aut disco hypogyno cupuliformi, aut thecaphoro inserta ; filamenta filiformia, libéra (nisi discum pro androphoro habere velis ) ; antherae innatae V. adnatae , dithecœ, antrorsùm vel latere déhiscentes ; connectivum arigustum , ultra thecas haùd productum. OvARiUM liberum,aut i-loculare placentis immédiate parie- talibus , aut plus minusve complète 3-v» 5 - (raro 6-ior) loculare, placentis septorum ( ex endôcarpio ortorum ) margini anteriori adnatis, sibi saepè appositis at nun- quàm nisi imâ basi in axin centralèm connatis ; ovula ad quamvis placentam gemina (funiculis oppositis) v. plura, funiculo ssepissimè elongato médian te basi affixa, ereeta^ V. raro inversa, orthotropal ( speciebus paucis paulo sub apice affixa, appendentia , anatropa^ exostomale sub an- thesi placentae adnatoj. Stylus quasi simplex (nonnunquam vix ullus), cum ovario haùd continuus (exceptis Hudsoniis) in ejusque verticis foveolâ ad [)lacentas usque productâ. 358 ED. SPA.CH. — Conspectus Cistacearum. receptus. Stigmata toticlem ac placentae harumque axi respondentia , sœpissimè arctè conniventia marginibusque subconnata, raro ex toto libéra. Pericarpium : Capsula locu- licida V. raro septifraga, valvis (placentis isomeris) cymbse- formibus , lœvigatis, esulcis, enerviis, sepalis aut interpo- sitis, aut autepositis; placentse valvarum axi respondentes. Semina orthotropa (speciebus paucis anatropa), exaril- lata, aptera, saepissimë arrecta, a funiculo decidua. Pe- risperraium corneum v. sœpiiis subfarinosum. Embryo intrarms , ssepissimè excentricus , varie curvatus , peri- spermio duplo-quadruplo longior (raro subcentralis, rectus V. subrectus, perispermio paulo brevior) ; radicula adscen- dens, elongata ; cotyledones subfoliaçese, facie plange, appo- sitse, dorso convexiusculse. Folia stipulata v. exstipulata, sparsa v. ssepiùs opposita ^ raro verticillatà , nonnunquàm in ramulis junioribus ab- breviatis imbricata. Flores ssepissimë horarii, vix odori. TRIBUUM, SEGTIONUM GENERUMQUE CHARACTERES SYNOPTICI.(i) Tribus I. ClSTEiE Nob. Sepala 3 , v. sœpiiis 5. Receptaculum planiusculum. Dis- eus CLipuliformis stamina excipiens. Petala (raro nuUa) 5^ caducissima , sepalorum respecta exsymmetrica, sub disco inserta , sestivatione imbricata et contorta. Stamina nu- méro indefinito. Placentse filiformes v. nerviformes, adnatœ. Ovula orthotropa v. rarissime anatropa. Stigmata trigona et conduplicata, plus minusvè connata , in pileum conni- ventia. Capsula 3-v. 5- (raro 6- lo-) valvis; valvae sepalis antepositse (diim capsula 5-valvis in calyce 5- sepalo ), v. (i) Exposilio locuplelior specieiumquc descriptio inveniunlur in opère nostro « Histoire des Piailles phaiiéiogames •• {Suites à Diiffon, éd. Rorel) , voL 6. ED. SPACH. — Conspectus Cistacearum. 369 sepalis 3 interioribus interpositœ (dum capsula 3- valvis). Embryo excentricus, nunquàm rectus. Sectio I. FUMANINE^ Nob. Staminum séries extima ananthera : filamentis tenerrimis cel- luloso-moniliformibus. Ovula anatropa, ])aulô infrà apicem affixa , funiculo brevi appendentia : priminâ sub anthesi ultra endostoma in rostrum productâ, exostomate supero, placentœ adnato. Semina raphe notata j embryo homotropusy subcircinnatus, v. replicatus, gracilis, excentricus. FuMANA Dunal. (sub Helianthemo.) Sepala 5; 2 exteriora minuta. Stamina 20-40; filamenta ca- pillaria: sterilia breviora, tenerrima. Ovarium quasi 3-loculare; placentae filiformes, 2-v. 4-ovulat8e; funiculi brevissimi, sub- oppositi. Stylus gracilis, supernè incrassatus, subdeclinatus. Capsula cbartacea, quasi 3-locularis, 3-valvis, 6-v. r2-sperma. Semina madefactione mucosa. — Folia opposita v. sparsa, sti- pulata V. exstipulata. Pedicelli infrà-axillares v. suboppositifolii^ racemosi, unilatérales, post anthesin deflexi v. decurvi. Petala crocea v. citrina. F. ARABICA Nob. (Cistus Linn.) — Hélianthe mum arabicum Pers. — /A ibericum Desf. ! Cat. Hort. Par. — Cistus ferru^lneus Lamk. F. LiEviPES NoL. (Cistus Linn. — Helianthemum Willd.) F. vuLGARis Nob. — a ; minor. — Cistus Fumana Linn. {Helianthemum Mill.) — Helian- themum Futnana et H. procumbens Diin. — p : major. — Cistus ericoides Cavan. (^Helianthemum Ban.) — Cislus Fumana A. Desfont. Allant, (excl. syn.) F. visciDA Nob. — Helianthemum glutinosum Benth. Cat. Pyrcn. — a: ihymifolia. — Cistus thymifolius et C. glutinosus Linn. [Helianthe- mum Pers. Dun.) — Helianthemum Barrelieri et H. viride Tcnor. — H. juniperinum La g. -- ^ '. longi folia. — Cistus lœvis Cavan. {Helianthemum Pers.) 36o ED. SPA.OH, — Conspectas Cistacearum. Sectio II. CISTINE^ Nob. Stamina omnia fertilia. Ovula arrecta v. raro inversa, basi affixa, orthotropa : priminâ in rostrum haud productâ, exostomate a placenta libero. Semina raphe orbata; embryo antitropus. Subdivisio i . Hiliaiïthemoibe^ Nob. Iriflorescentiœ racemosœ ; pedicelli post anthesin sœpissimè de- flexi. Folia plerumquè stipulata. Stylus sœpissimè adsceri" dens , gracilis , apice inflexus, Endocarpium membranaceum , suhpellucidum , mœsocarpio nonnisi valparum axi margini- busque adhœrens. Embryo longitudinaliter biplicaius (^di- plecolobeus)^ v. circumflexus yV. sœpiùs orthoploceus ^ coty- ledones oblongœ ^ v, ellipticœ , v. subvotundœ , perispermii diametro plerumquè subœquilatœ. Helianthemum (Tourn.) Nob. Sepala 5 : a exterioribus minulis. Ovarium i-loculare v. in- complète 3-loculare; placentse 3, filiformes (saepè supernè eva- nescentes), 2-12-v. rarô pluri-ovulatse; funiculi adscendentes v. resupinati, demùminflati. Stylus erectus v. adscendens. Capsula chartacea, subunilocularis, 3-valvis, oligo-v. pleio-sperma. Em- bryo orthoploceus. — Pedicelli post anthesin deflexi, v. rarô aut erecti, aut adscendentes. Folia stipulata, aut omnia aut saltèm pleraque opposita. Petala crocea, v. citrina, v. alba, v. rosea. Seclio /. Afhanantuemum Nob. Stylus reclus, erectus. Stamina 7-1 5j i-seriata, disci margini inserta; antherae obreniformes v. subrotundae ; fîlamenta capillaria, tenerrima. Hcrbae annuae. Raceiui terminales v. oppositifolii, secundi v. subdistichi. Petala minuta , saepè nonnulla abortieatia. a,) Pedicelli fructifia ri cirrecU, brèves. Placenlœ multiofulatœ} funiculi niduLantes. H. LEDiFOMUM Nob. — Clstus niloUctM et C. led'folim Linn. — Helian- ED. SPACH. — Conspectus Cistacearum. 36 1 ihemum nitoticum, H. ledifoUurn et H. villosum Pcrs.Dun. — H, lasiocar- pum Desfont. Hort. Par. b.) Pedieellifructiferidlvaricalii^, decllnali , elongati ^ calyce ar recto. Placentœ 8 - 12' owulatœ ; faniculi suboppositL H. SAUCirOLiuM Nob. {Cistus Linn.) — Helianthemum salicifixUumj H. denticulatum et ff. intermedium Vers. X>viUà c.) Pedicelli friictiferi dejlexi^ elongati. Placentœ 6- i^. 8 - ovulatœ ', funiculi suboppositi, graciles. H. SANGUINEUM Lagasca. — H. retrofractum Fers. Sieber. H. JEOYPTIACDM Mill. [Cistus Lian.) Sectio //. ERiocAnruM Dunal. Stylus adscendens. Stamina saepissimè i5-20, i-seriata,disci margitûinseita; antherae obreniformes, v. subrolundae. SufFrutices. Folia superiora sparsa. Kacemt secuadi, oppositifoliij bracteolati, nonnunquàm spiciformes; pedicelli post an- thesiis porrecti v. deflexi. Corolla calyce minor, plerumquè iDCon»picua. — Pla- ccntse 6-i2-ovulatae j funiculi oppositi. H. Lippu Nob. (Cistua Linn.) — c : pedicellatum. — H. LippU Delile î — H. lavanditlcefolium Sieber, exsicc. (non Pers.) — P; sessiliflorum.-'-' Cistus sessitijlorus et C. eliipticus Desfont. Âtlanl. — Helianthemum Lippiif H. sessilijhrum et H. ellipticum Pers. Varietates utr«que foliis angusîis plus minusve latis, floribus nunc majoribus nunc minoiibus, calycibus incanis birsutisve capsula nunc brevioribus nunc lon- gioribus occurrunt. H. K.AHIRICUM Delile. H. CANARiENSE Pcrs.' — Cîstus coTiariensis Jacq. ( Helianthemum Pers. Dun.) — H. mucronatum Dunal. — H. confertum Dun. Sectio III. EuHELiANTHBMUM Dunal. Stylus adscendens, apice inflexus. Stamioa saepissimè copiosa (20-100), pluri- seriata; antherae ellipticae t. subrotundo-ellipticae, utrinquè emarginaloe. Suffru- tices. Folia omnia opposila, Racemi terminales v. axillares (in ramulis subfolio- sis) terminalesque, secundi, bracteolati; pedicelli elongati, post anthesin de- flexi. Corolla couspicua. Plancentae 4-i2-(rarissimè *-) ovulalae (ovulorum nu- méro in singuli4 individuis saepc yariabili); funiculi oppositi, demiim turbinati. 36^ ED. SPACH. — ' Conspectus Cistacearum. a . ) Race mi lerminalen geminl u. terni , axillaresque opponiiii H. Broussoketh Dunal. H. LAVANDUL^f OLiuM Pcrs. (Clslus Liiin.) — ? H, stœchadifolium Pers.. (nubis haùd visuin.) b.) Rami floriferi simplicissimi^ racemo unlco ierminati. H. VARIABII.E Nob. {Euhelianthema Dunaliana omnia (scilicèt 35} praetcr suprà citata.) A. PLANiFOLiuiS : loliisnempè ovatis, v. subrotundis^ v. ellipticis, v- oblon- gis, margine vix aut ne vix revolutis. a. ) Petalis citrinis, v. cupreis, v. rarb pallidè suifureis. — a : virescens (foliis strigosis, v. hirsutis, v. raro glabrescentibus). — He" lianihemum grandiflorum De Cand. — H. obscurum et H. barba- tum Pers. — H. nummularium Mill. — H. sampsucifolium et ff. cistifolium Mill. (ex cl. Beutham.) — H. sulphureum Willd. — H. tauricum, H. Milleri et H. cupreum Sweet. — Cistus echiol" des Lamk. — P : discolor (foliis suprà puberulis v. g^labris, viridibus v. virescentibus, subtùs tomentosis v. incano-puberulis). — Cistus Helianthemum Linn. {H. viilgare Pers.) — Cistus tomentosus Smith '(^Helianthemum Peis.) — Cistus hirsutus Lapeyr. (ex Benlb.) — M. acuminatum Vers, (calycihus glahriuscuUs). — H. serpyllifolium Mill. — H. lucidum Horn. — H. stram^ineum et H. macranthum Sweet. — 7: hololeucum (foliis utrinquè incano-v. albido-tomentosis, v- canescenti- bus). — Cistus croceus Desfont. [Helianthemum, Pers.) — H. glau- cum et H. ouatum Pers. — H. nudicaule Dun. — H. Andersonii Sweet. b. ) Petalis albis v. roseis. — S: mutabile. — Cistus apenninus Lirm. Smith, (non Helianthemum apen- nifium De Cand. Dun.) — H. mutabile [Cistus Jacq.) eXH.fœtidam, Pers. — H. roseum De Cand. — H. diversifolium. et H. làncenla- tum Sweet. B. REVOLUTUM (foliis neiïjpc linearibus, v. oblongo-linearibus, v. lineari- lanceolatis, subtùs revoluîis.) a. ) Petalis albis v. roseis. — i : glaberrimum (foliis glaucis, crassiuscuiis). — Cistus glauc us Desfont. [non Helianthemum glaucum Vers.) — H. crassifoiium Pers. — Dunal (su"b scctione Pseuducistorum.) ^ ED. sPACH. — Conspectus Cistacearuni. 363 — \: ciliatum (foliis suprà glaucescentibus^ subtùs tomeotosis ; coslis calycinis setoso-bispidis). — Cistus ciliatus Desf. {Helianthemum Vers.) — H. asperum Lag. Dun. — n : calycinum (foliis angustè linearibus, suprà gîabris, subtùs tomentosis y calycibus Isevigatis, capsulam dimidio superanlibas). — Cistus race- mosus Linn. — Desfont. ! — h : polifolium (foliis oblongo-Knearibus, saepissimè utrinquè incanis v. to- mentosis ; calycibus capsulam superantibus). — Cistus poUfolius Linn.. — H. polifolium et H. apenninum Pers. — H. rhodauthum Dun. — H. canescens Sweet. — t : linearifoUum (foliis plerumquè angustè linearibus, suprà glaucis v. vi- ridibus , subtùs incano-toraentosis v. pube minuta canescentibus ; cap- sula calycem subaequante). — Helianthemum pulverulentum De Cand. — H. pilosurrij. H. lineare , H. strie tum,, H. vitgatum et H. racemosum Pers. — H. violaceum Pers. (calyce laevigato, atro- violaceo). — Hùc v. ad varietatera praecedeutem quoquè spectant : H. lanceolatunij H. variegatum et H. venustum Sweet. — k : hispidum. — Helianthemum hispidum Dun. — H, majoranœfo- lium De Cand. b ) Pelalis croceis v. Jlavis. — >•: hirtum. — Cistus hirtus Linn. {Helianthemum Pers.) — H. La- gascœ Dunal. — |A ; angustifolium. — Cistus angustifoLius Jacq. {Helianthemum Pers.) — H. leptophyllum Dun. — Cistus Barrelieri Bo*. Mag. Sectio IV. Argtrolepis Nob. Stylus adscendens. Staminag-ia, i-scriata. — Suffrutex. Folia omnia opposita, rarauliscalycibusque lepidoto-argentea. Racemi terminales (saepissimè gemi- ni, lotigè pedunculati), bracteolati, dense multiflori , distichi! ; pedicelli al- térai, approxiraati, post antbesin deflexi. CoroUa parva, crocea. Placentse 4-v.. 6-ovulat3e ; f uniculi oppositi. H. SQUAMMATUM Pcrs. [Cisius Linn. Cavan.) Rhodax Nob. Sepala 5 : 2 exteriora minuta. Stamina ao/jo Ovarium infernè i-loculare, supernè subtrilociilare; placentae 3, a-v. 4-ovulatge, filifoi'mes, supernè evanescentes; funiciili oppositi, capillares, resupinati. Stylus filiformis, adscendens, apice inflexus. Capsula 364 ED. SPACH. — Conspectus Cistacçarum. (arrecta) testacea, fragilis, subtrilocularîs, 3-valvis, saepissimè 6-sperma. Embryo diplecoîobeus. - — Folia stipulata v. sœpiùs exstipulata, opposita. Pedicelli post anthesin deflexi v. divari- cati , resiipinati. Petaîa citrina v. crocea. a.) Folia aut omniajautsaUèmpleraque inferiora exstipulata. R. MONTANUS. NoK — a : paniculalus.-' H. marifolium et H. paniculatum De Gand. Dun. — — H. rotundifolium Duu. — Cistus nummularius Cavan. Desfonl. — Cistus clnereus Cavan. (Helianthemum Pers.) — p: molUs. — Cistus mollis Cavan. (^Helianthemum Pèrs. Dun.) - — 1 : canus. — Cistus marifoUus, C. anglicua et C. canus Linn. — Cistus jpiloselloides Lapeyr. (^Helianthemum Dun.) — Helianthemum vi- neale Pers. — H. italicum Dun. (ex parte.) — i : virescens. — Cistus œJandicus. Linn. {Helianthemum De Cand. — Dun.) — Cistus alpestris Crantz. (Helianthemum Dun.) — H. obo- vatum. et H. penicillatum Dun. — H» italicum Dun. (ex parte). — •: ? oliganthus. — Cistus nummularius Allion. {Helianthemum Dun.) Propter ramulos apice i-3-floros (stylumque subreclum ?) speciem distinctam forsan sistit. B. OBIGANIFOLTUS Nob. ~ a-: glaber.-^ Cistus dichotomus Cavan. (Helianthemum Pers. Dun.) — P : pubescens. — Cistus organifolius Lamk. Cavan. (Helianthemum Pers.. Dun.) — Helianthemum marifolium Salzm. exsicc. h. ) Folia pleraque stipulata, R. roLYANTHUs Nob. (Cistus Desfont. — Helianthemum. Pers.) TuBERAHiA Dunal. (sub Helianthemo.) Sepala aut 3 (i-seriata), aut 5 : 2 exterioribus minulls. Stamina 20 vel plura, disci margini inserta. Ovarium incomplète 3-loculare; placentae nerviformes, multiovulatœ; fariiculi nidu- lantes, clavati, inflati, conspicuè cellulosi, deflexi. Stylus brevis V. brevissimus, reclus, obconicus. Stigma hemisphaericum, basi subtrilobum. Capsula (arrecta) testacea, incomplète 3-lo- cularis, 3-valvis, polysperma. Embryo circumflexus. — Folia En. sPAcn. — Conspeclus Cistacearum. 365 stipiilata V. exstipulata. Pedicelli post anthesin divaricati v. de- flexi, demùm adscendentes v. suberecti. Pelala citrina. T. ANNTTA Nob. — Cislus gultatm Linii. {Heiianthemum Mill. Dud.) — Helianthemum plantagineum Pers. Dun. — H. eriocaulon, H. inconspicuuniy H, punctatum et E. heterodoxum Dua. — H. macrosepa/um Salzin. exsicc. — H, bupleuroides Pers. {Cistus Lamk.) T. PERENNIS Nob. — «: melaatomasfolia — Cistm Tuberaria Linn. [Helianthemum Mill.) ■ — Helianthemum lignosum Sweet. ' — P : globularieefalia. — Cistus globulariœfolius Laink. [Helianthemum Pers.) Subdivisio a. Cistoidî:^ Nob. InfiorescentioB [nonnunquàm simpUcissimœ) cymosœ, p. cymulo' sœ, V. corymbosœ, v. raro umbellulatœ, rarissime racemosœ, sœpéin paniculam pedunculis ramisi>e oppositis dispositœ;pe' dicelli post anthesin semper calyceque erecti. Folia opposita (raro sparsa), exstipulata, Stylus sœpissimè reclus ^ erectus, pie- rumquè brevissimiis. Capsula 3-/^. 5-val^is [ nonnunquàm 6- lO'Palçis) : endocarpio a mœsocarpio haîid soluto. Emhryo circinnatus y gracilis : cotyledonihus angustis , linearïbus , apice spirœ centrum occupanlibus. Halimium Dunal. (sub Helianthemo,) Sepala aut 3 sequalia, conformia, aiit 4 v, 5: i v. 2 exterio- rtbus minutissimis. Stamina i5-ioo. Ovarium i-loculare v. in- trompletè 3-loculare (in specie unicâ quasi 5-loculare); placentae av. 4-v. pluri-ovulatae, filiformes ; funiculi oppositi v. nidulantes, resupinati. Stylus clavatus, brevis. Capsula coriacea ▼. subco« riacea, oligo-v.poly-sperma, ssepissimè subunilocularis, 3-valvis. — Pedunculi i-3-flori, in paniculam dispositi, v. ad ramuloruro apicem fastigiati. Petala albida v. citrina. A. Ciipsula b'iorularis, 5 - pahis j polysperma. Petnla alha. H, Ci.usii Nob. [Cislus Dun.) — Cistus Ubanotis Dcsfonl. ! Atl. (excl. Srnon.) — Cistus Libanotls : P Lamk. 366 KD. SPACH. — Conspectus Cistacearum. B. Capsula incomplète 5-locnlaris , Z-palvis , vligosperma [pla- centœ in ovario 2-v. ^-o^ulalœ ). Petala alha. II. ROSMARiNiFOLiuM Nob . {C'isius hibanolis Linn. — HelianthemumWiWà.) — Cistus rosmarinifolius Pourr. (ex cl. Bentli.) H. UMBELiiATUM Nob. [Cislus Linn. -^ Heliantliemum Mill.) — Cislus ver- ticillatus Brotero (ex cl. Dun.) C. Capsula incomplète ?> -loculaiis , polysperma [funicuU in ovario in quâi^is placenta subjiidulantes ). Petala citrina ( sœpissimè suprà hasin macula atropurpureâ notata. ) H. ïiETEBOPHYLLUMNob. — [Cistus ocymoides Lamk. {HelianthemumVevs.) — Cistus sampsucifolius Cavan. — Cistus algarvensis Sims. Bot. Mag. [He- Uanthemum Willd.) — Hélianthe muin microphyllum Swcct (non Dun.) — Helianthemum rugosum Sweot. (non Dun.) — Belianthemum candidum Sweet. — Helianthemum cheiranthoides Sweet(nou Pers.) — "i Helianthemum scabrosum Sweet (non Pers.) H. ATRiPLiciFOLiUM Nob. (Cistus LaiT.k. — Helianthemum Willd.) H. LBPIDOTUM Nob, — Cistus kalimifoUus Linn. (Helianthemum Willd.) — Helianthemum multijîorum Salzm. exsicc. (var. calyce lanato-tomenloso.) H. LASIANTHUM Nob. — «.'.alyssoides (minus; diffusum ; foliis adultis subviridibus.) — Helian- themum alyshrldes Vent. (Cistus Lamk.) — H. îMgosum Dun. — H. scabrosum Pers. — ^-.formosum (adscendens; foliis adultis vii'idescentibus ; pedunculis clon- gatis, in paniculam foliosam dispositis; floribus maximis.) — Cistus formosus Bot. Mag. (Helianthemum Dun.) — •^•.cheiranthoides (elatiiis; subeicr.tum; foliis sœpissimè utrinquè incano- V. albido-tomcntosis ; pedunculis brevibus, terminalibus.) — Cistus cheiranthoides , C. involucratus et C. lasianthus Lamk. [Helian- themum Pers.) Ladanium Nob. SepalaS, conformia, subaequalia, clemiim decidua. Sîamina copio.sa. Ovarium subglobosum, 5-io-goniim, quasi 5-io-loculare; placentae multiovidatae, anticè trigono-nerviformes, utrinquè in cristam margine funiculiferam productae; funiculi directione vagi. Stylus obconicus v. cylindraceus^ brevissimiis. Capsula ED. SPACH. — Conspectus Clstacearuin. 36^ coriacea V. sublignosa, quasi 5-io-Ioci;lar;s, 5-io-valvis, poly- sperma. — Pedunculi axillares, v. ramulos abbreviatos axillares terminantes, i-v. pluri-flori; pedicelli siibcorymbosi, v. cymosi, V. raro paniculati, semper erecti. Flores maximi ordinis. Petala alba. A. Capsula 5- locularis; placeniœ nonnisl infrà médium cris- taiœ : crislis dissepimenio haud adnatls ; funicuil brei^es. L. LAURiFOLiuM Noli. [Ci'stus Lînn.) — P? Cistus Ledon Lamk. B. Capsula 6- lO-locularis ; placeniœ a hasi ad apiceni crista- Lœ : crislis de miun dissepimenio adnatis; funiculi eîongati. L. cYPRiuM Nob. — Cistus cyprins Lamk. L. oFFiciNARUM Nob. — Cistus ladaniferus Linn. Rhodocistus Nob. Sepala 5 (demùm decidua) : 3 interiora conformia, subaequalia; li exteriora minuta, recurva. Stamina copiosa. Ovarium incom- plète 5-Ioculare; placentas nerviformes, subarcuatae, multio- vulatse; funiculi elongati, utrinquè nidulantes, directione vagi. .Stylus gracilis, subdeclinatus, stamina longé superans, basi subgeniculatus. Capsula lignosa, polysperma, incomplète 5-lo- cularis, ab apice ultra mediùm usquè 5 val vis, basi evalvis. — Tn- florescentise fastigiatae v. paniculatae; pedicelli sub anthesi por- recti, apice nutantes, flores igitur expansi verticales! Corolla purpurea v. rosea, magna. R. Berthelotianus Nob. ~ Cistus vaginatus H. Kew. — C. symphytifo- lius Lamk. — p: leucophyllus, — Cistus candidissimus Dun. Sweet. Cistus (Tourn.) Nob. Sepala 5 (persistentia): 3 interiora conformia, subaequalia ; 1 exteriora interioribus nunquàm majora , post anthesin imbri- cantia. Stamina copiosa. Ovarium quasi 5-loculare (unicâ specie incomplète 5-loculare); placentae nerviformes, multiovulatœ : fnniculis utrinquè i-seriatis v. nidulantibus, subhorizontalibus. Stylus gracilis v. crassus. Capsula lignosa, quasi 5-locularis, 5-val- vis , polysperma. — Inflorescentiae fastigiatae v. simplicissimae ; 368 ED. SPACH. — Conspectus Cistacearum. pedicelli semper arrecti, flores ideoquè expansi horizontales. Corolla purpurea v. rosea. Seciio 1. RHoooFsia Nob. Sepala exteriora intcrioribus duplo breviora , angusta, sub antbesi recurva. Pelata suprà basin macula atrosanguineâ picta. Ovavium globosum, incom- plète 5-loculare; funiculi diametro, loculorum sequilongi, ad quamvis pla- centam utrinquè i-seriati. Stylus brevis, staminibus superatus, obconicus, reclus. Pileus stigmaticus crassissimus, basi subqainquelobus. C. PURPUREus Lamk. Sectio II. EUciSTUS. Nob. Sepala exteriora intcrioribus subisometra v. paulo minora, sub antbesi patentia. Petala basi flava v. citrina. Ovarium ovoideum, quasi 5-loculare; funiculi elongati, in quâvis placenta utrinquè nidulantes. Stylus gracilis > stamina sub- aequans v. paulo superans, basi subgeniculâtus. Pileus stigmaticus bemis- pbaericus, vix lob.itus. C. vuLGARis Nob. — C. villosusj C. creticusy C. crispas j (7. alhidus et C. incanus Linn. — C. hetercphyllus Desfont. — C- garganicus Ténor. — C. eriosepalus Vivian. — C. rotundifolius , C. canescens et C. undulatus Sweet. Sectio III. LEDONELLA Nob. Sepala exteriora interioribus angustiora. Petala basi citrina. Ovarium quasi 5- loculare, vertice truncatum ; funiculi brèves, ad quamvis placentam utrinquè i-seriati. Stylus brevissimus, turbinatus, pentagonus. Pileus stigmaticus para- bolicus, basi 5-lobus. C. PARVIPI.ORUS Nob. — C. cymosus Dun. Sweet. — C. incanus Sibtb. et Smith. — C. complicatus et C. parvijhrus Lamk. — ? C. creiicus Sweet. (non Linn.) Cistum sericeum et C. hybridum Vabl. baùd novimus. Stephanocarpus Nob. Sepala 5 : 2 exteriora majora, postanthesin imbricantia; 3 in- teriora inter se dissimilia fdua minora, conformia; tertium exterioribus simile). Stamina copiosa. Ovarium quasi 5-loculare, vertice truncatum; placenlae nerviformes, /J-ovulatae; funiculi ED. SPACH. — Conspectus Cistacearum. 869 suprà placentarum médium affixi, refracti, oppositi, approxi- mati. Stylus clavatus, brevissimus. Capsula cartilaginea, quasi 5-locularis, apice septifrago-quinquevalvis, cœterùm evalvis.-^ Inflorescentia variabilis. Pedicelli semper erecti. Petalaalba. S. MONSPELiENSis Nob. [Cistus Linîi. — C. florentinus Lamk.) Ledonia Nob. Sepala 5 : 2 exteriora majora, post anthesiu imbricantia; 3 interiora inter se dissimilia (dua minora conformia; tertium exterioribus simile). Stamina copiosa. Ovarium quasi 5-Ioculare, vertice truncatum; placentse nerviformes, 8-i6-ovulatae; funiculi oppositi, approximati. Stylus obconicus v. clavatus, brevissimus. Capsula chartacea v. subcoriacea, quasi 5-locularis ; polysperma loculicida, 5-valvis. — Peduuculi (sœpè in ramulis axillaribus) terminales v. axillares terminalesque, i-5-flori; pedicelli sub anthesi demumquè erecti, plerumquè cymosi. Petala alba. a, ) Funiculi elongati. Pedicelli prœfLoratlone cernui. L. PEDUNCULARis Nob. — Cistus salpiœfoUus Linn. — Cistus hybridus Pourr. — Cistus corhariensis Pers. Sweet. L. popuLiFOLiA Nob. — a ; cordifoLia. — Cistus popuUfolius Linn. — C. latifolius , C acuii- folius et C. Cupanianus Sweet. — p : longifolia. ■ — Cistus laxus H. Kew. — Sweet. h. ) Funiculi breç^es. Pedicelli semper erecti. L. HETEROPHYLLA Nob. — Clstus longifoUus Lamk. ! — Cistus asperifolius, C. oblongifolius et C. obtusifoUus Sweet. L. HiRSUTA Nob. [Cistus Lamk.) — Cistus platysepalus et C. psilosepalua Sweet. Subdivisio IIL Heteromerike^e Nob. Lnflorescentiœ \ -florce , ^. racemosœ ^ u. cymosœ , v. cymU" losœ ( cymulis sœpè in glomerulos dispositis) j pedicelli pos' anthesin sœpissimè erecti. Folia sparsa, exstipulata. Stylus "VI. BoTAN. — Décembre, si Syo ED. SPACH. — Conspectus Cisiacearum. brevissimus y reclus. Capsula '^-{>aluis : endocarpio a mœ- socarpio haîid soluto. Embrjo circinnatus v. circumflexus , gracilis : cotfledonibus angustisj linearibus. — Flores sœpè aut omnes, aut saltèm plerique apetali , oligandri. Crocawthemum Nob. Flores omnes 5-/?e/<2//.Sepala 5 : 2 exteriora minuta. Stamina copiosa, pluriseriata. Ovarium i-locularev. subuniloculare; pla- centae 3, filiformes, multiovulatae; funiculi capillares, elongati, suberecti, nidulantes; ovula inversa. Capsula testacea, fragilis, i-locularis, 3-valvis, polysperma. Racemi pauciflori, terminales, V. pedicelli subsolitarii terminales. Corolla crocea. C. CAROLiNiANUM Nob. {Clstus Vent. — Helianthemum Michx.) C. BRAsiLïENSE Nob. (Cisius Lamk. — Helianthemum Pcrs.) ? Helianthemum polygalcefolium Sweet. HiTtROMERis Nob. Flores heterogenei : alteri (plerumquè paucissimi, majores, in quâvis inflorescentiâ unici, terminales) b'\^e\.d\\, polyandri , pleiospori ; alteri (plerumquè copiosissimi , multo minores ) apetali, saepissimè triandrl, oligospori. Sepala 5. Filamenta ca- pillaria; antherœ ellipticae v. obreniformes, innatae. Ovarium i-loculare V. incomplète 3-loculare; placentœ 3, 1-2-v. 4-v. pluri- ovulatae, supernè evanescentes ; funiculi suberecti, oppositi; ovula saepiùs inversa. Capsula testacea, i-locularis, 3-valvis, abortù i-3-sperma, v. rarissime pleiosperma; placenîae demùm liberae. — Pedicelli cymosi, v. subcorymbosi, v. fasciculati. Petala (dùm adsint) lutea. a. ) Flores plerique petalifei i. Ovula arrecta, H. MEXiCANA Nob. — Helianthemum glomeratum Lagasca ? h.) Flores plerique apetali. Ovula inversa. H. CANADENSis Nob. — Helianthemum canadense et ramulifiorum Miclix, H. cYMOSA Nob. - Helianthemum corymbosum Michx. ED. SPACH. — Conspectus Cistacearum. 371 H. poLiFOLiA Nob. in Hook. Bot.Mag. Comp.— H. rosmarinifolium Pursh.V (Species a Berlandiero necnon a Diummondio in Mexicanoram territorio Texas lecta.) TjENIOSTEMA Nob. Flores omnes apetali, oUgandri. Sepala 5 : 2 exteriora minuta. Stamina 3 (rarissime 4 v. 5); filamenta complanata, lineari-spa- tliulata; antherse minimae, suborbiculares , adnatœ. Ovarium 1- loculare; dissepimenta 3, rudimentaria; placentœ brevissimae, apice in funiculos 2 capillares divisse; ovula arrecta. Capsula subtestacea, i-locularis, 3-valvis, abortu 3-sperma.' — Pedunculi axillares terminalesque, brevissimi, plerumquè fasciculati. T. MicRANTHUM Nob. in Hook. Bot. Mag. Comp. — Lechea mexicana Hort. Berol. — Helianthemum glomeratum Lagasca ? Tribus II. LECHIDIEJE Nob. Sepala 5 (2 exteriora semper minuta). Receptaculum in thecaphornm stitipiformem cum ovarii basi articulatum productum. Discus nullus. Petala 3, persistentia v. subper sistentia, sepalis interioribus interposita, stipitis basi v. rarissime illius apici inserta , jestivatione imbricata nec tamèn contorta. Stamina stipitis apici inserta, sœpissimë 3 ( petalis anteposita! ), raro (in iisdem individuis)4-i2. Placentae 3: singulse laminam ellipticamv. suborbicularem diametro cavitatis ovarii capsulseque aeqnilatam efforman- tes , média lineâ dorsali dissepimenti margini adnatae , secùs basin faciei posterions utrinqaè ad angulum centralem uniovulifera3. Ovula orthotropa. Stigmata filiformia, dis- tincta, plumosa. Capsula 3-valvis. Embryo rectus v. sub- rectus, axilis. Lechea (Linn.) Nob. Sepala interiora cymbaeformia , ecarinata. Petala stipitis basi inserta. Stamina 3-i2 (saepissimè 3). Ovarium quasi 3-loculare; 24. 372 ED. sPACii. — Conspeclus Cistaceanim. funiculi brèves, adscendenles. Capsula teslacea, subtriîocularis, V. demùm subunilocuinris, locucido-trivalvis, abortu 3-sperma; placentœ fragiles, demùm iiberœ : singiilœ semen unicum am- plectentes, ovulo aborto hmc superstite. — Fruticuli. Folia in- feriora saepè opposita v. verticillata. Pedicelli racemosi, v. fasci- culati, V. irregularitèr paniculati, v. subcymosi. Flores minuti. L. Drummondu Nob. in Hook. Bot. Mag. Coinp. (Spccics nova, floridana) L, viLLOSA Elliot. — L. major. Michx. L. MiNOR Pursh. — L. thymifolia et L. racemulosa Michx. L. THESioiDES Nol). 1. c. ( spccics uova a cl. Drumraond in tcrritorio texano lecta.) Lec[Ifdium Nob. Sepala interiora cymbaeformia, dorso cristalocarinata. Petala slipifis apici inserta. Stamiiia 3. Ovarium quasi 3-loculare; funie culi brevissimi, adscendentes. Capsula subcartilaginea, quasi 3-locuIaris, septifrago-trivalvis, 6-sperma; placentse carlilaginae, a septis nunquàm solutae. — Fruliculus? Folia sparsa. Pedicelli laxè racemosi, secundi, demùm refracti. L. Drummondii Nob. in Hook. Bot. Mag. Comp. (Specie.s nova, Texana , a DiuHimondio lecta.) GENUS ANOMALUM. HiiDSONiA Linii. Sepala 3, Eequalia, aestivatione haud contorta. Receptaculum à calycis fundo parùm distinctum. Discus hypogynus, minutus, cupuliformis. Petala 5, sub disco inserta, subpersistentia. Sta- mina 9-20 (saepissimè i2-i5), uniseriata, disci raargini inserta, marcescenlia; filamenta capillaria, anisometra; antherae sub- rotundœ, emarginatae, innalœ. Ovarium oblongum, estipitatum, subuniloculare; dissipimenta 3, membranacea, plusminusvè in- completa; placentœ filiformes, suprà basin biovulatœ; funiculi capillares, oppositi, arcuati, adscendentes; ovula orthotropa! arrecta. Stylus cum ovario continuus! filiformis, rectus, apice quasi truncatus. Stigmata 3, dentiformia, minutissima. Capsula ED. SPA.CH. — Conspectus Cistaceariini. 873 àubtestacea, 3-valvis, i-locularis, oligosperma. Embryo ( ex cl. Nuttall) « perisperroio corneo immersiis ». — Fruticiili ramosis- simi. Folia sparsa , exstipulata, sessilia, acerosa, in rarnulis dense imbricaîa. Flores in ramulis gemmiformibus sœpissimè aggregatis terminales, solitarii, pedunculati; pedunculi erecti. Calyx lûtes- cens. Corolla citrina, H. ERicoiDES Linn. H. TOMENTOSA Nutt. H. MONTANA Nuit, (uobis haucl nota.) GENERUM CLAVIS ANALYTICA. Stylus cuin ovario conlinuus. Stigmata vix conspicua. Flores ad apiçem ramulorum gemmiformium solitarii.(Sep\la3j aequalia, aesliva- tione haiid contorta. Petala 5. Stamina 9- 20, disco cupuliforrai in- serta. Ovarium subuniloculare • placentis 2-ovulatis, fîliformibus }. HupsoNiA. Stylus cum ovario haùd continuus in ejusque vcrticis foveolà recep- tus. Stigmata couspicua. Ramuli floriferi nunquàm gemmiformes. Inflorescentiae saepissimè compositae . • 2, Filamenta exteriora ananthcra , tenerrima, mooiliformia. Ovula sc- minaque appendcotia , fnniculo brevi paulo iufrà apicem affixa, ana- tropa! raphe nota ta; embryo ferè homotropus. (Pedicelli racemosi, post anthesin recurvi V. deficxi) Fumana. Filamenta orania antherifera, nunquàm moniliformia. Ovula semi- naquc orthotropa, arrecta, v. raro inversa, raphe orJaata^ funiculôsse- pissimèelongato basi affixa; eOTZ»/joa«^«7ropMS . ...... 3. / Discus cupuliformis v. urceolaris, stamiua cxcipLens. Potala (raris- sime nuUa) 5, sub disco inserta, fugacissima, sepalorum respecta haùd symmetricè disposita. Slaraina copiosa ( i5- 100) v. rai'6 3-12. Pla- ceutœ filiformes V. nerviformes.Embryonunquâm rectus.(S'epala3-5.) 4. Discus iiullus. Petala 3, scpalis intcrioribus interposita, subpersis- tcntia, tliecaphoro slipitiformi inserta. Slaraina ibidem inserta, saepis-» simc3 (pelalis anteposita), v. rarô 4- 12. Placentae ovarii capsulaequç cavitatis diauietro subaeqnilatse ,facie posleriori ovuliferae. Embryo rectus v. subrcctus. (Sepala seraper 5 : 2 exterioribus minulis. ) \ ••••••:: . . . i5. Inflorescentias raccmosae, saspissimè secundae. Ovai-ium i- loculare, V. incomplète 3- loculare. Capsula 3- valvis, eudocarpio membrana- ceo, a ma;socarpio saepc solulo. Sepala ferè semper 5, : 2 exterioribus min II lis 5. Inflorescentiae simplicissimfe, v. cyniosœ, v. subcorymbosae, v. pa- niculalae, aùt raro umbcliulatac v. glorneruliformes : pcdiccUis post an- thesin arrectis. Ovarium ssepissimè quasi '6- 5 (raiô 6- 10-) loculare. Sepala 3- 5. (Embryo circiiinatus V. circumflcxus.) 8. 374 ED. SPACH. — Conspectus Cisiacearum. Racemi depauperati. Ovula inversa. Embryo circinnatus. — Folia sparsa , exstipuîata ^ Crocanthemum. Racemi saepissimè raultiflori. Ovula arrecta. Embryo haùd circinna- tus. — 'Folia aùt omnia aut saltèm pleraque (iuferiora) opposita, sae- pissimè stipulata , g. Embryo orthoploceus : cotyledonibus ellipticis v. subrotundis, pe- risperraii diametro ferè sequilatis. Folia stipulata... Helïanthemum. Embryo circùmflexus v. diplecolobeus r cotyledonibus oblongo-li- nearibus, perisperaiii diametro angustioribus. Folia saepissimè exstipu- îata «. Embryo diplecolobeus. Sepala 5. Placentas 2- v. 4- ovulatae, su- pernè evanescentes. Funiculi filiformes. Stylus adscendens. Folia om- nia opposita. Pedicellidemùmresupinali, calycearrecto. . . Rhodax. Embryo circùmflexus. Sepala 3 v. 5. Placentse multiovulatae. Fu- niculi clavati, cellulosi. Stylus brevissimus, reclus, obconicus. Folia superiora nonnunquàm sparsa. Pedicelli erecti v. resupinati. . . . TUBERARIA. Sepala aut 3, aequalia, v. subaequalia, conformia, aut 5 : 3 exterio- ribus minimis , q. Sepala 5 : 2 exteriora foliacea , interioribus subisometra saepèque latiora ...,,,.., n. Sepala semper 5. Flores aut omnes aut saltèm plerique apetali et oligaudri, saepissimè glomerulati. Embryo subcircinnatus . . . 1 4» Sepala 3 v. 5, Flores nunquàmnec apetali nec glomerulati, polyan- dri. Embryo circinnatus 10. Ovarium 1 - loculare v. incomplète 3- loculare ( rarissime quasi 5- loculare); placentae filiformes. Stylus brevis. Capsula saepissimè 3- valvis. Galyx 3- v. 5- sepalus Halimium. Ovarium quasi 5- 10- loculare; placentae utrinquè incristam raar- gine funiculiferam productae. Stylus brevissimus, crassus. Capsula 5- 10- val vis. Calyx^o- sepalus . . , Ladanium. Sepala exteriora posl anthesin imhricantia. Stylus brevissimus v. stamina vix superans, erectus. Capsula quasi (rarô incomplète) 5- locularis. Pedicelli semper arrecti^ flores ideoque sub anthesi horizon- taliter expansi 12. Sepala 2 exteriora angusta, post anthesin recurva. Stylus subdecîi- natus, stamina longé superans. Capsula incomplète 5- locularis , ab apice ultra mediùm dehiscens ( loculicida ) , basi evalvis. Pedicelli sub anthesi porrecti, flores ideoque expansi verticales. Corolla purpu- ï'ca Rhodocistus. Sepala 3 interiora subaequalia, conformia, exterioribus haiid minoFa. Stylus brevis v. stamina subs&quans. Capsula lignosa (locuhcida). Petala purpurea. Cistus. Sepala 3 interiora dissimilia ; duobus minoribus aequalibus, tertio majori sepalis exterioribus conformi et subisometro. Capsula charta- cea V. subcoriacea. Stylus obconicus v. turbinatus, brevissimus. Petala alba i3. AUG. DE SA.INT-HILAIRE. — Sur le Marsilea. 370 iPlacentae 8-i6-ovulatae. Capsula ab apice ad hasirvjoculicido- quinquevalvis Leïkjnia. Placentse 4-ovulatae : futiiculis refiaclis. Capsula apice septifiago- quinquevalvis, infernè evalvis Stephanocarpus. Flores heterogenei : alteri (plerumquè copio.4ssimi ) apetali, saepis- siinètriandii;alteri (plerumquè parcissimi, majores, longe peduncu- lati) pentapetali, polyandri. Filamenta capillaria. Antherae innatae. Placentae 2- v. 4- ovulatae (in floribus petaliferis 6- 12- ovulatae ) ; ovula saepissimè inversa Heteromeris. Flores omnes apetali; triandri. Filamenta lineari-spatbulata, com- planata. Antherae adnatae, mioimge. Placentse biovula tas; ovula arrecta. T^NIOSTEMA. i5 Sepala majora ecarinata. Petala stipitis basi inserla. Capsula loculi- cido-trivalvis : placentis fragilibus, demùm liberis, abortù monosper- mis. Pedicelli semper erecti Lechea. Sepala majora cristato-carinata. Petala stipitis apici inserta. Capsula- septilrago-trivalvis .• placentis dispermis, cartilagineis, a dissepimento nunquàm solutis. Pedicelli fructiteri deflexi. . . . Lechidium. Rapport fait à V académie des Sciences j par MM. de Mirbel , DuTRocHET et Auguste de Satnt-Hilaire , rapporteur ^ sur un Mémoire relatif à la structure et au développement des organes générateurs d'une espèce de Marsilea trouvée par M. Esprit Fabre dans les environs d'Agde. Dans nos marais croît une petite plante dont les tiges ram- pent sur la vase, qui se développe comme les Fougères, qui,^ au lieu de fleurs , présente des boulettes semblables à de petits pois, et dont les feuilles rappelleraient celles du Trèfle ou de rOxalide, si elles n'étaient composées de quatre folioles. C'est le Marsilea quadrifolia. Cette plante n'avait point échappé aux anciens botanistes. Camérarius l'appelle Lemma palustris al- téra ^ et Caspar Bauhin, Lenticula palustris quadrifolia. Dale- champ en publia la figure ; mais , trompé sans doute par les fleurs de quelque plante qu'il avait par mégarde recueillie avec ses échantillons, il attribua à son Lemma Theophrasti des fleurs blanches et sans saveur. Si celte erreur de Dalechamp ne pré- valut point, on tomba dans une autre , e;n considérant comme 376 AUG. DE sAiMT-HiLAiRE. - Suv U Marsilca. des f'ruirs les coques ou boulettes que porte la plante dont iî s'agit. Linné lui donna le nom de Marsilea quadrifolia con- servé par tous les botanistes modernes; mais il ne jeta aucune lumière sur son organisation, car, suivant lui, les feuilles por- tent des fleurs mâles, et les coques sont des péricarpes qui ren- ferment des semences. Il était réservé à un homme qui commença une révolution dans la science, de soulever une partie du voile qui cachait la vérité. Parmi le petit nombre d'écrits que publia Bernard de Jussieu, il en est un sur le Marsilea appelé par lui Lemma^ (1740)? m^^ l'ori doit peut-être citer comme un modèle, surtout pour la clarté de la rédaction, qualité malheureusement trop rare. Bernard de Jussieu crut voir dans les coques du Marsilea une cloison longitudinale membraneuse et ondée d'où partent, selon lui , des cloisons transversales qui diviseraient chaque moitié de la coque en sept à huit loges. Chaque loge renferme- rait une fleur hermaphrodite, et par conséquent la coque serait un calice. Les étamines de ces fleurs sont, dit notre célèbre bo- taniste, si petites et en si grand nombre qu'il n'est pas possible de les compter; elles ont la forme d'une perle allongée, atta- chée au placenta par la pointe, et elles s'ouvrent transversale- ment pour répandre des grains sphériques de poussière jaune. Les pistils, au nombre de sept à huit par chaque fleur, sont, ajoute-t~il, ovoïdes, placés sur le même placenta que les étami- nes et entourés par elles; ce sont autant d'embryons de graines enveloppés d'une pellicule transparente qui va former sur la tête de l'embryon , un stigmate court et obtus. Enfin, pour mieux fixer dans la mémoire l'image de ces pistils, Bernard de Jussieu les compare à un citron dont l'écorce représenterait la pellicule de l'embryon, le mamelon, le stigmate, et la chair l'embryon lui-même. Les idées de Bernard de Jussieu sur le Marsilea fièrent adop- tées avec éloge par Adanson (1763), et rendues en quelques li- gnes (1789) dans le livre immortel du botaniste illustre que nous regrettons tous. M. De CanrloUe (i8o5) s'étendit peu sur les caractères du Marsilea; mais il indiqua cette plante comme constituant, avec le Pilularia et le Salpinia, une famille natu- AUG. DE SAiNT-HiLAiRE. — Sur le Marsilca, 877 relie à laquelle, d'après Roth, il donna le nom de Rhizospermées; mais, il faut le dire , l'auteur de cette famille n'est ni Roth , ni Batsch qui avait imaginé, en 1802, le nom de Rhizocarpœ ^ c'est véritablement Bernard de Jussieu lui-même, car ce natu- raliste avait fait connaître l'organisation des deux genres Pilis- lana elMarsilea^ comme il avait indiqué les rapports qu*jîs ont entre eux , et il faut enfin reconnaître que c'est là con- stituer une famille, bien plus qu'imaginer une dénomination nouvelle. Brown, aux noms de Rhizocarpœ ou de Rhizospermœ substitua (1810) celui de Marsileaceœ ; il fit entrer dans la fa- mille le genre Azolla^ et émit quelques doutes sur la nature des parties prises par Bernard de Jussieu pour des pistils et des éta- mines : mais il s'en faut pourtant qu'il soit allé aussi lain que Necker, qui avait nié l'existence des étamines, des pistils et des graines dans le Marsilea^ et n'y avait vu que des corps repro- ducteurs. Paolo Savi crut avoir mis un terme aux incertitudes des bo- tanistes , en atmonçant que les ovules et les anthères, isolés les uns des autres, du Salvinia natàns, ne produisaient jamais de nouvelles plantes, tandis que, si on laissait les premiers dans l'eau avec les anthères, ils acquéraient la faculté de germer. Bientôt cependant les naturalistes durent concevoir de nou- veaux doutes; car M. G. L. Duvernoy et W. Bischoff annoncè- rent, chacun de leur côté, qu'ils avaient vu les ovaires du Sal' vinia germer sans le concours des anthères. Les choses en étaient là, lorsque l'un de nos collègues, M. A. Brongniart, publia, dans le Dictionnaire classique (1826), soîî article Marsiléacées ^ dans lequel il forme de cette famille deux sections, les Marsiléacëes proprement dites et les Salulniées , qui ont été adoptées par Lindley (i83o), et dont la dernière est devenue une famille dans le Conspectus regnivegetabilis publié (i835) par M. Mar- tius. Cependaut on ne pensa point en Italie que la question de la fécondation du Sahinia fût décidée sans appel. Pietro Savi, frère de Paolo, crut reconnaître, par de nouvelles expériences pubhées en i83o, que MM. Duvernoy et Bischoff avaient élé induits en erreur; il vit que lorsqu'au printemps, on met dans l'eau des ovules de Salçinia non fécondés, ils s'ouvient en trois 378 AiJG. DE SAiNT-HïLAiRE. — Suv U Marsilca. valves, et émettent une sorte d'expansion herbacée, mais qu'en- suite ils demeurent stationnaires, tandis que les ovules qui ont été mêlés avec des anthères ne cessent point de végéter. Alors que cette question occupait les savans, un botaniste se formait, loin des livres et des maîtres, par la seule force de son intelligence. Esprit Fabre, jardinier-maraîcher de la petite ville d'Agde, élevé dans une école primaire, plus habitué au patois languedocien qu'à la langue française , apprend à observer en cultivant ses melons. Entraîné vers l'étude des plantes par un penchant irrésistible, il achète la Flore française ; ce livre qu'il ne comprenait pas, le jette d'abord dans le découragement, mais il finit par triompher de tous les obstacles, et devient botaniste. Dans le pays qu'il habite, il trouve une petite plante qui excite son attention , un Marsïlea qu'on n'avait point encore découvert en France; il le transporte dans son jardin ; il l'étu- dié pendant trois ans; sans avoir aucune connaissance des tra- vaux de Bernard de Jussieu, de Paolo Savi, de Duvernoy, de Bischoff, de l'ietro Savi, il recommence leurs observations, et va plus loin qu'eux Le résultat de ses travaux se trouve consigné dans un écrit intitulé : Mémoire sur la structure, le développe- ment et les organes générateurs d'une espèce de Marsïlea trouvé dans les environs d'Agde. C'est sur cet écrit que l'Académie nous a chargés, M. de Mirbel, M. Dutrochet et moi de lui faire un rapport. La plante étudiée par M. Fabre est déjà cultivée au Jardin des plantes de Paris sous le nom de Marsilea Fabri ^ M. Dunal a également consacré ce nom et nous l'admettrons ici. La tige de cette plante se développe pendant la saison nou- velle, et produit les coques dont nous avons parlé. Cependant la sécheresse de l'été ou le froid de l'hiver font bientôt tomber ses feuilles; la plante meurt(i); mais la nature a déposé dans ses (i) si je me bornais à consulter les analogies, il me serait impossible de ne point considérer comme vivantes les tiges rampantes du M. Fabri. Voici quel serait à ce sujet le résultat de ses observations que je n'ai peut-être pas rendu, dans mon rapport, avec assez de précision. Selon ce botaniste, la plante, quoique ses feuilles soient tombées, conserve encore un principe de vie; el, sans être vivace, elle ne meurt réellement qu'au printemps qui suit celui où elle est née, aprè? que les organes floraux ont rempli leurs fonctions. AoGusTE Saiht-Hilaihe. AUG. DE sAiNT-HiLAiRE. — Sur le Maisilca. 379 coques ou plutôt dans ses involucres, les germes qui doivent re- produire l'espèce, lorsque la chaleur d'un nouveau printemps ra- nimera tous les êtres. Alors ses involucres, qui adhèrent dans toute leurlongueur à un pédoncule horizontal, et qui contiennent avant la déhiscence, de petits corps globuleux ou elliptiques, s'ouvrent en deux valves. Si Ton détache une de celles-ci, on reconnaît que le pédoncule est articulé, et l'on voit qu'à l'intérieur de l'invo- lucre, la partie du pédoncule supérieure à l'articulation, a donné naissance dans l'involucre même, à des expansions ramifiées qui recouvrent l'appareil générateur. Ce sont ces expansions qui, dans le Marsilea quadrifolia , ont été considérées comme des cloisons par Bernard de Jussieu. Leurs ramifications se subdi- visent, et les dernières branches, fort ténues, vont se perdre dans des espèces de petits épis. De l'involucre ouvert sort un cordon mucilagineux qui est courbé en anneau, et qui porte six à dix épis sessiles, ceux dont nous avons parlé plus haut. En grandissant , le cordon annu- laire entraîne les épis; plus tard, une de ses extrémilés se déta- che de l'involucre; il se redresse, et devient un pédoncule à extrémité nue, chargé latéralement d'épis sessiles. Si l'on exa- mine sa structure interne, on le trouve formé d'un tissu utricu- laire extrêmement délicat, très diaphane, gorgé de sucs mu- queux , dans les cellules duquel on découvre au microscope quelques globules sphériques extrêmement petits. Les épis se composent de deux sortes de corps rangés en spirale et fort rapprochés , que M. Fabre considère , les un& comme des anthères, les autres comme des ovules. Les ovules, au nombre de dix à quinze dans chaque épi, sont de petits corps terminés à une de leurs extrémités par un étroit mamelon jaune entouré d'une sorte de calotte proéminente que le mamelon dépasse. La cavité intérieure de ces corps est rem- plie d'un liquide dans lequel nagent de nombreux granules. Le mamelon terminal est toujours tourné vers les anthères. Celles-^ ci sont de petits parallélipipèdes formés d'un sac membraneux dans lequel se voient des grains de pollen qui, étant écrasés , laissent échapper des corpuscules d'une ténuité extrême. Quand 38o AUG. DE s,\ïNT-HiLAiu£. — Sur le Marsilea. la fécondation est opérée, les ovules se détachent, tombent aii^ fond de l'eau, et la germination s'opère. Mais, dira-t-on peut-être , quelle preuve a-t-on pour assurer que les corps nommés ici ovules, sont fécondés par ceux que l'on appelle anthères? M. Fabre , sans connaître les travaux de Paolo et de Pietro Savi , a employé les mêmes moyens qu'eux pour connaître la vérité (i).ll a isolé des anthères et des ovules, et les uns et les autres sont restés station naires, jusqu'au mo- ment de la décomposition. Mais, lorsqu'il les a laissés réunis dans le même vase, il a vu les anthères se rompre, et les grains de pollen se porter autour du mamelon des ovaires; il a vu les ovules se détacher pour gagner le fond de l'eau, et enfin il a vu naître du mamelon une petite tige qui s'est implantée dans la terre par son extrémité. Bientôt un filet capillaire s'est élevé de l'origine de la petite tige, filet qui n'est autre chose que le pétiole d'un cotylédon ; et successivement ont paru d'autres pétioles terminés par deux, trois et enfin quatre folioles. Ce n'est pas dans la saison où nous sommes que nous pou- vions suivre la série de phénomènes signalés par M. Fabre. Ce- pendant nous pouvons dire que l'un de nous a vu le cordon annulaire et diaphane qu'a découvert ce botaniste, et qui, par une singularité fort remarquable , s'échappe de l'involucre ou- vert du Marsilea Fabri. Au reste l'exactitude des observations de M. Fabre a pour garant un homme bien connu par sa saga- cité et son esprit philosophique, M. le docteur Dunal, que l'Aca- démie compte, depuis long-temps, parmi ses correspondans les plus distingués. Esprit Fabre a soumis ses observations à cet ha- bile professeur. Celui-ci les a vérifiées, les a rédigées, et y a joint quelques considérations qui lui sont propres. Nous ne savons si l'on approuvera la comparaison que M. Du- nal fait de la fécondation des Marsiléacées avec celle de divers animaux aquatiques; mais il sera difficile de ne peint penser, (i) Il est bien vrai que M. Fabre ne savait rien des travaux des deux Savi ; mais le mojea dont il a fait usage pour connaître la destination des organes Qoraux du M. Fabri, lui avait clé suggéré par M. de Girard, jeune botaniste plein de talent et de zèle. Adgustk Saikt-Hilaire. AUG. DE SAiNT-HiLAiRK. — Sui' le Marsilea. 38 r avec lui, que les Marsiléacées, d'après les observations de M. Fa- bre, doivent passer parmi les phanérogames. Déjà au reste l'un de nous, dans ses Elémens de botanique et de physiologie végé- tale, les avait considérées comme les cryptogames les plus voi- sines des phanérogames, et Brown les avait placées entre les Lycopodiennes et les Graminées. Par tout ce qui précède, on voit que M. Fabre est doué de constance et de sagacité; il n'a à sa disposition ni bibliothè- que ni herbiers; mais les espèces les plus communes, celles qui croissent sous nos pas fourniraient sans doute encore de beaux sujets d'étude; et nous croyons que l'auteur des Observations sur le Marsilea pourra rendre des services à la science, en sui- vant toutes les phases de la vie de certaines plantes indigè- nes, et principalement des espèces aquatiques. Nous pensons que l'Académie doit l'y encourager, et nous proposerons d'ad- mettre le mémoire qui lui est commun avec M. Dunal , dans le Recueil des savans étrangers. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VEGETALES. Observations sur les Biforines, organes nouveaux situés entre les vési- cules du tissu cellulaire des familles dans un certain nombre d'espèces végétales appartenant à la famille des Aroïdées, par M. TuRpiN . ... 5 Observations sur l'ascension de la sève dans une Liane, et description d'une nouvelle espèce de Cissus, par Charles Gaudichaud i38 Du réveil et du sommeil des plantes, par M. Dutrochet 177 Observations sur la propagation des Algues, par J. Agardh 198 Observations sur les Diatomées , par M. de Brébisson I48 ^/ Sur la faculté que possèdent les plantes d'absorber les infusions colorées parleurs racines, par J. G- Towers 288 Sur la faculté d'absorption attribuée aux spongioles des racines, par M. Knight 294 Rapport fail à l'Académie des Sciences par MM. de Mirbel, Dutrochet et Auguste de Saxnt-Hilaire, rapporteur , sur un mémoire relatif à la structure et au développement des organes générateurs d'une espèce de Marsilea trouvée par M. Esprit Fabre dans les environs d'Agde. Zqb MONOGRAPHIES ET DESCRIPTIONS DE PLANTES. Labiatœ herbarii Monthretiani j seu Labiatarum species novœ qiias inSyriâ et Asiâ-Minore CoUegerunt G. Coquebert de Montbret, et AucHER Eloy. Ex speciminibus herbarii Montbretiani descripsit G. Bentham. 37 Remarques sur les affinités du genre Helwingia et établissement de la famille des Helwingiacées, par M. J. Decaisne . &5 Synopsis des Gérardiées, tribu desScrophularinées, par M. G. Bentham. 225 Organographie des Cislacées, par M. E. Spach . . , . » 25? Conspectus monographies Cistacearum, auci. E. Spach 365 Annotationes botanicce ex indice seminuni horti academici Gottin- gensis, auct. Schrader, excerpiœ g8 Annotationes bolanicœ ex indice seminuni horti botanici Vratisla- vjferesis, ûMC^. Nées ab EsENBECKe^ScHAUER, ejîcer/jte io3 Annotationes botanicœ e delectu seminum horti botanici Hambur- gensis, auct. Lehuahs, excerptœ 107 Quelques observations relatives aux genres Sdlla et Urginea. — Deux genres à établir dans la familles des Liliacées, et description d'une es- pèce nouvelle, par Ad. Steinheil 272 TABLE DES ARTICLES. 383 Observalions sur le genre Galium et quelques genres voisins, par J. E. Tausch 83 Recherches sur les caractères des Gagea et sur la place que ce genre doit occuper dans les familles naturelles; par M. Bernhardi go Note sur les Euphorbia platyphyllos L., micrantha Steph., et slricla Smith, par M. HocHSTETTER 108 Description de YEuphrasia Jaiibertiana , nouvelle espèce du sous-genre Odoniites , par A. Boreau 254 S\xv\q Lythrum nummulari folium y i^divle même. . ^87 Note sur deux nouvelles espèces dugenrei^iVzeZ/a^parM.G. H. Schultz. 296 Ehizobothrya, genre de plantes nouveau de la flore d'Allemagne, par J. C. Tausch iga Biasoletlia et Hladnikia, deux nouveaux genres de la famille des Om- bellifères , par le professeur KocH 355 Extraits de Botanical register^oxxvV dénuée i835 et le mois de janvier i836 iSa Muscorum chilensium species nouas descripsit W. P. Schimper ... 1 45' Champignons d'Italie, principalement les espèces comestibles vénéneuses ou suspectes J décrites et accompagnées de planches, par le professeur D. ViviANi 109 Notice sur quelques cryptogames nouvelles; par J. Desmazières. . . . a42 FLORES ET GEOGRAPHIE BOTANIQUE. jP/ora /apore/ca y aucA F. DE SiEBOLD e< ZuccARiNi 76 Flora germanica exsiccata, curante L. Reichenbach . 96 Plantarum MonghoUco-chinensium decas prima ; auclore Al. Bunge . ^5 ; i ,) ^ Notice sur les plantes cryptogames récemment découvertes en France, con- tenant aussi l'indication précise des localités de quelques espèces les plus rares delà flore française, par C. Montagne 28,34^ ' ^^ Zephyritis Taitensis, Enumération des plantes découvertes par les voya- geurs dans les îles de la Société ; par J. A. Guillemin 297 extraits d'ouvrages généraux et mélanges. Prodromus systematis universalis naturalis Regni vegetabilis , sive Enumeratio contracta ordinum , generum specierumque planta- rum hue usque cognitarum , juxta methodi naturalis normas di- gesta; auct. P. A De Candolle 173 Mantissa muscorum adjloram pedemontanam j auct, J. de Notarts. . 191 Nopa gênera ac species plantarum quas m regno chilensi, Peruviano et in terra Amazonica , annis 1827 ad i833, legit Ed. Poeppig et cum St. YjUJiijXcn'B.VL descripsit iconibusqueUlustrapit 189 Duiiœi iter asturicum botanicumj anno i835 suceptum ; auct. i . Gay. 113,129,213,345 TABLE DES PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. Planches i . Anatomie de la tige souterraine du Caladlum esculentutn. 2. Blforines. Anatomie de la feuille du Caladium esculentum. 3. Biforines des feuilles du Caladlum esculentum. 4. Biforines des feuilles du Caladium seguinum. 5. Biforines des feuilles de plusieurs espèces de Caladium. 6. Osjris alla et Osyris quadripartita. j. Helwingia ruscifhra. 8. Pottia macrocarpa. g. Neckera chilensis. 1 o. Barbula Jlagellaris. 11. Pohlia clavata. 12. Germination des Conferça œrea, Ulva clathrata etBryopsis Ar- buscula. i3. Germination du Ceramium ruhrum. i4. Germination du Chondria pinnatifida. i5. Germination desi^wcws vesiculosusjSphacellariacirrhosa, G^îf' fichsia corallina. 1 6 et 17. Organographie des Cistacées. 18. Parmelia Saubinetii. Daltonia Laniyana. Chondria patentlra- mea, Sphœria parmelioides. Slilbospora botryosporq. Jrin. lùvJcù'iif. mit. 2^\^\'rio Bol. Toni. 6. PL o"o°o'°°''o'''o ° ° ° t^olàÇ^-Ç^"! ",°5 ^r°0<) ^>: o U ° o ^ii o^'c, g (S) @ es An,u;i<.uehc .(V«< . 1/1(1/ () ni i(> . //<' lii ///-/-m/it' ,/// ('ni-. juxt, JfJ'érie . Bot. Toni. a. PL -. B/'/ôr/ne,!' . 'II/,'/)////). '■^\ï'^^wr^> :..l/ .bi/i.. Cei^rnnuin riibi'uni .■ / //f'/?"- \ ' ^ ^ lrer/)uii(tlion du Choiuirui piiinatijula X l'uj. SS -!j.],l'urtur vcsiculosiis . t'ic]. 42-4^. Sphacellarici Cirrhosa h(j. 44. -^6, Criffitlisia coi'allina . .< d&r Cùùzcéi'j- MP'' F. Le^.;,i/rc M . jl/in*.'t/o7/i-Ae jfit//f- Ânn des Scienc . naf. 2'"^ Série . Sot.Tom.e.Flij . Oryanoç7^ap7m' c^ Cùfiwt'ej- . ' i: £e^^,Jre cfel . ^Tmtv^iii'Âe ^culp- Bol. Tom.h. FI. ,fi. Ficj, 2 /•/. Clwudna pnlenhranwa 4 ^^ '.'-ât-' M wn ■^^ ^>^.^*^ ;